Racontars

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jeudi 29 juillet 2010

Dans les ruines du Chellah

En passant près du Chellah, Oxygène m’avait raconté : « Tu sais, nous venions ici en vélo. C’était notre terrain de jeux. Nous y passions des heures. » J’ai jeté un coup au terrain de jeux en question. Une forteresse aux murailles ocres, impressionnante dans la lumière de la fin d’après-midi, et qui semblait propice à enflammer les imaginations enfantines. Les murailles recèlent des trésors qui, depuis, ont été mis en valeur. On y trouve en effet pèle mêle des vestiges romains, une nécropole mérinides, une école coranique du XIIIe siècle et des HLM pour chats, cigognes et ibis.


A l’entrée, un homme nous aborde et me propose d’être notre guide. J’hésite. Très gentiment, il ajoute que ce n’est pas grave, mais qu’il a besoin de travailler. Qu’il n’est là que pour cela. Du coup, j’accepte, et franchement, j’ai eu raison. Il a commencé par nous parler de la végétation : le nom des arbres, des fleurs. Sur une terrasse, nous découvrons le panorama : le minaret de l’ancienne école coranique, le fleuve et plus loin la ville de Salé, tout blanche.


Le site domine la vallée le Bouregreg. Ce fut sans doute l’emplacement de la première agglomération à l’embouchure du fleuve, un comptoir carthaginois et phénicien. Mais les plus vieux vestiges trouvés sont ceux d’une cité romaine. Les restes d’une voie principale ont été dégagés ainsi que ceux d’un forum, d’une fontaine monumentale, d’un arc de triomphe, etc. On voit aussi l’emplacement des échoppes sur la rue commerçante et derrière celui des ateliers des artisans. Il s’agit sans doute de l’ancienne cité de Sala ou Sala Colonia. Nous découvrons le bas d’une statue de marbre. Le guide nous explique que le haut a été confié au musée archéologique de Rabat. Puis il nous emmène vers les anciens termes. Ils sont fermés. On envisage, toujours d’après notre guide, d’y installer un petit musée. Nous descendons encore et arrivons dans les jardins. C’est le royaume des flamboyants (au vue des feuilles, ce ne sont pas les mêmes qu’en Guadeloupe), poinsettias, agapanthes, volubilis, fleurs de canaa, oreilles d’éléphants…


Il y a également une variété d’hibiscus que je ne connaissais pas, des petites clochettes tigrées rouge et jaune, ravissantes. Nous remontons vers l’école, arrivons près du bassin où coule une source. L’eau est claire et si fraîche… L’eau s’écoulait ensuite dans un bassin, à l’intérieur de l’école, dans ce qui devait être un magnifique patio couvert de zelliges, et permettait aux élèves de l’école, aux pèlerins de faire leurs ablutions avant la prière. Sur le côté des patios, des murets encore debout délimitent les anciennes cellules des étudiants.

Notre guide nous explique que le premier sultan mérinide Abu Youssef Yakoub choisit les ruines de Salé pour construire une mosquée. Il y fut enterré en 1286 ainsi que sa femme et après lui quatre de ses successeurs. Mais c’est le sultan noir, Abou Al-Hassan érigea, sur les fondations des enceintes romaines, les impressionnantes murailles qui ceinturent la cité des morts. En 1339, il y fit construire un véritable complexe funéraire et perça ces murailles de la fameuse porte octogonale par laquelle on pénètre. Précaution contre les assaillants, la porte est en chicane. Mais elle est tellement gigantesque qu’on peut s’y presser en nombre.

Au centre de cette nécropole, il ne reste que quelques pans de mur de la Zouïa., un établissement religieux à la fois mosquée,  école coranique et centre d’hébergement pour les pèlerins et les étudiants. Nous quittons la salle d’ablutions pour aller voir le mausolée du sultan noir. On peut voir encore quasiment intacte la stèle du sultan noir ainsi que celle de sa femme, chrétienne convertie à l’Islam qui reposent tous deux ici avec un de leur fils. A côté du mausolée, les tombes des autres membres de la famille, descendants, cousins, frères, sœurs. La tombe de l’épouse du sultan, Lalla Chellah, couverte de zellige, est toujours un lieu de pèlerinage. Ce n’est pas le seul.


Juste à côté, la petite mosquée. Il n’y a plus de plafond, mais les arches sont encore là ainsi que les colonnes. L’ensemble est d’une grande finesse et légèreté. Une architecture tout en délicatesse. Notre guide nous indique l’endroit où se plaçait l’imam pour la prière. J’en profite pour raconter aux filles l’histoire de la mosquée de Cordoue, et sa phénoménale acoustique qui permettait à l’imam de se faire entendre dans toute la salle principale grande de 1,5 hectare. Cette prouesse fut détruite par les catholiques, lors de la reconquête, qui crevèrent le centre pour construire une cathédrale baroque. Ce qui leur valu le courroux de Charles Quint qui les tança en leur écrivant qu’ils avaient détruit ce qui était unique pour construire ce qu’on voyait partout.


Mais nous sommes au Chellah, au Maroc, et Cordoue est loin. Le guide après nous avoir montré la tombe de l’imam, nous emmène près des marabout, ces mausolées où sont enterrés des savants, des médecins et des lettrés et qui ont, nous dit-on, un pouvoir de guérison. Le petit chemin mène au bassin des anguilles. Tout autour, une vingtaine de chats dorment, certains le ventre à l’air, ce qui montre que s’ils ne mangent pas toujours à leur faim, ils ne sont pas pourchassés ni maltraités. Dans l’eau, comme dans tous les bassins de se type, des centaines de pièces de monnaie. Et les fameuses anguilles. L’une d’elle, grosse comme un bras d’une de mes filles, est réfugiée dans un trou du mur. Elle ne sort que sa tête et semble surveiller tout ce qui passe, comme une concierge acariâtre. 

Le vendredi, l’entrée du Chellah est gratuite. Les pèlerins s’y pressent alors. Notamment les femmes stériles qui portent des œufs en offrande aux anguilles dans l’espoir d’enfanter un jour.

Le guide nous ramène vers les hauteurs. Son travail est terminé. Vient le moment délicat du paiement. Je n’ai aucune idée du coût. Très simplement, il me dit que son tarif est de 50 dirham, soit un peu moins de 5 euros. Vu toutes les explications données, c’est très raisonnable, ce qu’Oxygène me confirmera en disant que c’est effectivement le tarif. Mais je n’ai pas la monnaie. « C’est pas grave, dit le guide. Tu feras la monnaie en sortant et alors tu me paieras. » Et il remonte vers l’entrée. Nous, nous repartons faire des tours et détours parmi les ruines suivies de près par les cigognes qui ne nous quittent pas de l’œil. Elles ont toujours fait halte ici, avant de repartir plus bas dans le sud. Mais avec le réchauffement climatique, elles ne se fatiguent plus à voler vers l’Afrique noire. Elles ont colonisé les lieux : arbres, minarets, murailles. Parfois sur plusieurs étages. Il paraît que c’est leur claquement de bac qui a donné son nom au fleuve.


Clap clap clap, c’est la fin de la visite. Clap clap clap, nous sortons de la citadelle, clap clap clap, je règle le guide au passage en le remerciant chaleureusement, clap clap clap font les portières de la voiture quand Karaba vient nous chercher. Nous rentrons à la maison après une bien jolie après-midi.

Trois jolis sites pour en savoir plus

Le chellah de Rabat, nécropole mérinide
Chellah un monument historique

La nécropole du Chellah

lundi 26 juillet 2010

Découverte de la Médina

Nous avons pris la route de Rabat. Elle suit la côte Atlantique. Mais à cet endroit, pas de plage, des falaises ocres qui se jettent dans un océan plutôt agité. Tout au long des pêcheurs. Sur plus d’une dizaine de kilomètres, entre Témara et les environs des Oudaïas, des fondations. Un projet faramineux, porté par les Emirats et stoppé par la crise qui prévoyait la réalisation des résidences, d’hôtels, de tours d’affaires, d’un centre commercial et d’une marina internationale. Le terrain fut cédé pour 1 dirham symbolique en échange de la construction des infrastructures. Il conduirait ni plus ni moins à la confiscation du littoral au profit des plus riches. Pour une fois, vive la crise.

De l’autre côté de la route, d’abord des villas cossues, et puis, au fur et à mesure que la ville se rapproche, un habitat de plus en plus insalubre. Mais on ne le voit pas, on ne fait que le deviner. Lors d’une visite de Nasser, qui devait passer devant les bidonvilles, un mur fut construit pour masquer la misère aux yeux du raïs. Un mur qui fut ensuite surnommé « Le mur de la honte ».

Il paraît que sur cette zone, Liautey avait eu l’intention de construire une zone de villas. On le comprend. Face à la mer, près de la ville, c’était un endroit idéal pour construire le quartier huppé de Rabat. Mais ses projets on fuité et une Français a acheté l’ensemble des terrains visés, pour une bouchée de pain évidemment. Il comptait se faire une grosse plus-value. Quand Liautey l’a appris, il a changé ses plans et à fait bâtir sur la rive du fleuve. Un exemple d’intégrité assez peu suivi de nos jours en France. Se sont installés sur ces terrains qui ne valaient rien tous ceux qui arrivaient des campagnes attirés par les richesses de la ville.

Nous passons les murailles et entrons dans la ville. Il semble que sous le règne du roi précédent, elles menaçaient ruines. Rabat était sale et repoussante. C’est ce que m’ont raconté nombre de mes amis voyageurs. Mais le jeune roi a fait le ménage, beaucoup de bâtiments ont été restaurés, dont ces imposantes murailles ocre rouge. Ça a une certaine allure. Nous nous garons sur un petit parking face au fleuve. Nous faisons confiance aux gardiens. Ils gèrent les emplacements, vous guident pour vous garer, surveillent les voitures. Et nous remontons vers l’entrée de la médina. Je lorgne sur les babouches, j’ai besoin de changer les miennes et j’adore celles à bout rond et à semelle en pneu.

Oxygène qui nous accompagne préfère nous montrer d’autres boutiques. Les commerçants qu’elle connaît. Nous la suivons en confiance. Nous entrons dans un magasin de cuir. Poufs classiques, sacs, selles de chameaux posés sur des tabourets construits à cet effets, sacs, trousses, mallette. Il y a de très belles choses et surtout dans des couleurs superbes. Nous sommes guidées par un jeune homme qui nous montre certaines de ses pièces et nous explique que tout est fabriqué ici, à l’étage. Bien sûr, nous pouvons aller visiter l’atelier. L’installation est sommaire mais le savoir-faire et la dextérité des artisans impressionnantes.

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Une homme coud les peaux entre elles en créant une broderie. Les filles sont fascinées par ses gestes saccadés à la beauté précise.
Plus loin, un jeune homme est en train de découper des lanières dans les chutes de cuir. Rien ne se perd, et surtout pas le cuir. Encollées les unes aux autres ces bandelettes serviront de pli pour la couture des coussins ou des selles de chameaux. Il propose à Oxygène de nous expliquer toutes les étapes de la fabrication des fameuses selles. Elle nous traduit au fur et à mesure. Seule Léone n’écoute pas, mais trop de choses attirent son attention : l’homme en bas qui dessine les coupes sur une grande peau de vache, celui qui coud, celui qui sifflote en passant la teinture… Chaque recoin du bâtiment est utilisé.

Les terrasses, elles, servent pour faire sécher les peaux avec teinture. On y voit les toits de la médina, le linge qui sèche dans les maisons voisines, plus loin, le fleuve, le grand bâtiment que le roi a commandé à Jean Nouvel, un manège forain, et la forteresse des Oudaïas bien à l’abri derrière ses murailles.

Nous redescendons, nous reviendrons voir ce magasin, mais non plus pour visiter, pour acheter.



Oxygène nous emmène quelques mètres plus loin, dans une boutique de babouches absolument renversantes. Joliment ouvragées, ce sont des chaussures élégantes, magnifiques. Et terriblement craquantes. Mais vite elle nous traine plus loin, chez le bijoutier de la famille. Nous entrons dans une boutique assez grande, pleine de vitrines de bijoux en argent vendus au poids. Des murs de boucles d’oreilles, des étagères de bagues et de bracelets. Mais nous n’avons encore rien vu. Oxygène pousse une porte et nous entrons dans la caverne d’Ali Baba où l’ont trouve des bijoux plus anciens. Il y a là des bijoux traditionnels d’une grande beauté, des fibules (boucle d’habit), des boucles d’oreilles, etc. J’ai oublié les noms de ces pièces. Evidemment, les filles craquent. Elles veulent toutes acheter quelque chose. Lou opte assez vite pour une bague, une chevalière berbère, simple et belle. Garance, après un bracelet qui me semble assez fragile, tombe en arrêt devant un semainier ravissant et la grande déniche pour la petite deux petits bracelets en argent. C’est la fête. Je leur fait plaisir. Pour un peu plus de 50 euros, elles ont toutes les trois de très jolis bijoux. Mais comme la connexion ne se fait pas pour la carte bleue (samedi, pas de connexion) je dois payer en liquide et la moitié de mon pécule s’ensauve. Bon, faudra que je trouve un bureau de change ou un distributeur.


Oxygène a un rendez-vous, nous prenons le chemin du retour. Mais nous savons déjà que nous reviendrons faire du shopping dans la médina. Je la suis chez S. que j’avais rencontrée à Paris pendant que Karaba emmène les filles déguster une glace face à la mer. L’appartement de S. est situé au rez-de-chaussée d’un immeuble labyrinthique. Evidemment, nous nous perdons. Nous l’appelons. Elle nous cherche aussi. Nous nous dirigeons à la voix. Nous nous retrouvons enfin. L’appartement de S. est joliment décoré avec des fresques peintes à même le mur. Cela me rappelle la terrasse d’une amie de ma mère, installée en Guadeloupe. Elle avait fait peindre le mur par un artiste de ses amis. C’est beau et original. Ça me donne des idées déco pour ma future maison, si j’arrive à l’avoir. Ça me changera des murs tout blancs.

Nous filons et retrouvons Karaba et les filles devant la maison. Nous sommes en nage. Le temps est lourd, un peu poisseux. Un drôle de temps qui fatigue. Mais le jardin de Karaba est là. Rien de tel qu’un jardin de sorcière pour se rafraîchir.

dimanche 25 juillet 2010

Impression de bonheur


[[akynou]]

dans le jardin de Karaba la vraie

Quelques liens du 25 juillet

Je vais ouvrir une nouvelle rubrique. Je l’appelle quelques liens. J’y mettrais en vrac les articles vu sur Internet qui m’ont intéressés avec un petit résumé. une espèce de revue de presse hebdomadaire (ou plus fréquente si assiduité).

Aujourd’hui, je vous parlerai de Saint-Aignan. La Nouvelle République du Centre dont le site a fait peau neuve et avec réussite publie un récapitulatif très intéressant ici. Il y a une importante communauté de gens du voyage dans le Centre. Chaque année, les étudiants de l’EPJ Tours vont les voir pour faire des reportages. On y lit la difficulté pour ces personnes à vivre dans notre époque, les bonnes volonté de part et d’autres. Et les pierres d’achoppement. Mais rien ne pouvait laisser prévoir une si soudaine montée de la violence, même si les raisons en sont évidentes. C’est calme, c’est calme, et puis ça pête parce que c’est la goutte qui fait déborder le vase des humiliations. Cela pourrait se passer exactement de la même manière ailleurs.

Même si la CFDT n’est pas le syndicat de mon choix, je suis sensible à la lettre que les dirigeants de la branche journaliste de ce syndicat ont écrit au « président de la République qui n’aimait pas la presse ». Sur nos confrères otages en Afghanistan, sur les relations journalistes/patrons de presse, sur l’envie de la population de lire de véritables enquêtes et sur l’affaire Woerth/Mediapart, je ne peux que souscrire à leurs arguments.

En parlant des patrons de presse, ils ont quelque soucis à se faire. Ils pensaient avoir trouvé leur sauveur avec l’Ipad. Il semble qu’ils se soient trompés, si on en croit la Cassandre de la presse sur Internet Novovision. Et du coup les insultes envers internet des hommes politiques qui leur sont inféodés risquent de ne pas diminuer…

Puisqu’on en est aux insultes, un portrait intéressant sur Fabrice Lhomme, journaliste d’investigation à Mediapart dans les Inrocks. Qui permet aussi de comprendre comment ces enquêteurs-là fonctionnent.

Je n’aime pas regarder le Tour de France à la télé. Je ne suis pas fan des compétitions de vélos sur route, je trouve que ce repaire de doppés/drogués manque d’intérêt. Mais j’aime la photo et ce portfolio en noir et blanc de la grande boucle est absolument magnifique

Rien ne va plus sur notre planète et le réchauffement climatique menace la banquise, tout le monde sait cela, mais il fait disparaître aussi nos glaciers. Un papier intéressant de France Soir sur la fonte du glacier des Bossons et ses répercutions.

Arte.TV propose de nombreux documentaires excellents en libre vision (pour peu qu’on ai une bonne connexion). Il faut en profiter. Par exemple en regardant celui-ci sur les réseaux sociaux d’Internet. Mais il y en a plein d’autres

Ce n’est pas parce que l’économie nous emmerde (en tout cas moi) qu’il faut se laisser raconter n’importe quoi. On entend beaucoup de gens parler de la sortie de la zone euro comme la panacée. Mark Cliffe, économiste en chef d’ING, banque néerlandaise a tenté de mesurer, pour les clients de sa banque, l’impact économique de deux scénarios évoqués par certains au plus fort de la crise grecque.
1/ La sortie de la Grèce de la zone euro.
2/ L’éclatement pur et simple de la zone euro.
« L’économiste ne se prononce pas sur la probabilité de ces deux hypothèses (ni sur ses convictions personnelles vis-à-vis de la monnaie unique), explique le papier du Point, mais, puisque le débat est sur la table et que certains l’évoquent ouvertement, “quelqu’un doit faire le sale boulot”, dit-il ironiquement. Il a donc mesuré aussi scientifiquement que possible l’impact des deux scénarios, en faisant tourner ses logiciels. » Démarche intéressante.

On en parlait hier à table. L’enseignement du français n’est plus ce qu’il était et les élèves/étudiants d’aujourd’hui sont des ignares au nombre de mots de vocabulaire réduit (ou souvent, ils ont du vocabulaire mais n’en maîtrisent pas le sens) et avec souvent un manque de connaissance de leur langue assez étonnant. Cela ne va pas s’améliorer avec la suppression des humanités. On ne fera plus passer le Capes pour le latin et le grec :-( Le chant du cygne est entonné par Pierre Assouline.

samedi 24 juillet 2010

Périgrinations

A croire que je suis fâchée avec les dates. J’étais persuadée que je partais au Maroc Le 20. Ce que j’ai annoncé à tout le monde. Et puis, vérification faite la veille de mon soi-disant départ, je ne partais que le 21. Ce qui nous fit une journée supplémentaire de piscine et de plage. Et de préparation de valise.

Je rentre le 10 en Espagne. Ainsi, je pars le 11, je fais étape le 11 au soir chez Samantdi et j’arrive le 12 à Tours. Le 13 et le 14 je fais les valises des filles pour les colos. Le 14 en fin d’après-midi, nous montons à Paris. Sauf que, quand j’ai voulu laisser date et heure de retour pour qu’on vienne nous récupérer à l’aéroport de Barcelone, je me rendis compte que je ne partais pas le 10, mais le 9. J’avais dû avancer d’un jour mon retour à cause du prix et sans doute aussi pour me laisser plus de temps à Tours pour préparer la fin des vacances des filles. En fait, nous resterons un jour de plus en Espagne puisque mes rendez-vous intermédiaires sont déjà fixé.

Je me suis fait foutre de ma gueule quand même.

Nous nous sommes donc présentées à l’aéroport de Barcelone le 21 à 20h30 puisqu’il fallait arriver trois heures avant le départ. Le guichet où nous devions enregistrer nos bagages était juste devant la porte par laquelle nous étions entrées, nous n’avons pas eu besoin de chercher. Il y avait déjà du monde, beaucoup de familles, avec de jeunes enfants. Des petites filles sages qui aidaient leur maman et des garçons qui couraient dans tous les sens et trouvaient toutes les bêtises à faire. L’homme qui était avant nous voyageait seul avec son fils. Il ne parlait pas un mot d’espagnol ni de catalan. Et visiblement, il y avait un problème avec un de ses bagages. J’ai donc fait la traduction pour aider. Ce qui lui fit gagner du temps à lui, pas à moi. Son problème était qu’il n’avait payé qu’une franchise de bagage pour 20 kilos alors qu’il en avait deux pesant en tout 35 kilos. Moi, je disais que la franchise devait être par personne. Oui, disait l’hôtesse, à condition de la payer lors de l’achat du billet. J’argumentais que ce n’était pas très clair sur le site, l’hôtesse me montrait les clauses du billet. En final de compte, le monsieur a accepté de payer les 22 euros supplémentaires pendant que je m’inquiétais. Allait-il nous arriver la même chose ? Nous avions tout de même 45 kilos à nous quatre.

En fait non. J’avais bien réglé, au moment de l’achat des billets, une franchise pour chacune d’entre nous. Je suis plus prévoyante que je ne le pensais. J’avais bien souscrit une assurance annulation qui m’a permis de changer le billet retour de Lou, alors que je ne le fais jamais. Bref, à nous quatre, nous aurions pu emmener 80 kilos. De le savoir, j’aurais proposé à l’homme de lui prendre sa valise. Cela n’aurais pas été très prudent. Mais je ne suis pas très prudente. Il a payé les 22 euros pour sa valise supplémentaire, ce qui n’est pas excessif quand on connaît les tarifs des compagnies régulières pour tout kilo superfétatoire.

Débarrassées des bagages, nous avons cherché un coin tranquille pour casser la croute. Et surtout boire les bouteilles d’eau qu’on nous avait donner avant de passer le contrôle. On emmène pas de bouteilles dans la zone d’embarquement. Nous avons fait un sort aux œufs durs, aux brugnons qu’on nous avait préparé. Garance n’aimant pas les œufs a boulotté son sandwich. Toute bouteille bue, nous avons passé le contrôle et sommes arrivées dans la zone de free taxe qui, à la grande déception de Lou, était entièrement close, vue l’heure. Il ne restait qu’une boutique de parfums, alcool, cigarettes et bonbons qui nous intéressaient relativement peu. Dans les bars voisins, la bouffe avait été dévalisée. Mais nous avons pu acheter quelques paquets de chips et des bouteille d’eau. Et nous avons commencé l’attente.

Ce qui est bien avec les charters, c’est qu’on demande d’arriver avec trois heures d’avance pour un avion qui la plupart du temps aura du retard. Ça n’a pas loupé. Le nôtre est arrivé à l’heure à laquelle nous aurions dû décoller. Ce qu’il y a de bien aussi, c’est qu’il ne font pas de remplissage à outrance en resserant les rangs de sièges. J’ai de longues jambes, c’est vrai, mais je n’avais tout simplement pas la place de caser mes cuisses entre mon siège et celui de devant. C’est donc très en retard et passablement contusionné que nous avons débarqué à Casablanca dans l’immense aéroport Mohammed V. Je pensais à Karaba qui nous attendait déjà depuis une bonne heure. Arriver à 0h45, ce n’est déjà pas un cadeau pour ceux qui viennent vous chercher. Mais à 1h45, c’est pire. D’autant qu’elle n’avait pas fini d’attendre.

Nous avons passer les étapes de contrôle et de douanes sans encombre. Nous nous sommes présentés devant le tapis roulant indiqué. Des valises étaient déjà en train de tourner. Pas longtemps. Les quelques bagages récupérés, plus rien n’est venu. Heureusement, un employé de l’aéroport est venu nous prévenir que le reste était livré sur un autre tapis, de l’autre côté. Heureusement, quelqu’un m’a traduit l’information. Nous nous sommes précipitées. Nous avons très rapidement récupéré la valise de Lou, la mienne. Mais celle de Léone, rien. Et puis à nouveau, le tapis a arrêté sa ronde. L’employé est revenu annoncer quelque chose. Et là, des femmes et des hommes se sont mis à râler, puis carrément à lui hurler dessus. Nous étions en plein happening et je ne comprenais rien de ce qui se disait. Un peu angoissant.Le pauvre, il n’était que le messager de la mauvaise nouvelle.

C’est l’homme que j’avais aidé à Barcelone qui m’a rendu la monnaie de ma pièce. Il m’a expliqué qu’un wagonnet de bagages avait oublié d’être chargé à Barcelone. Qu’il fallait faire une réclamation et que le bagage arriverait sans doute avec l’avion du lendemain. Ironie de l’histoire, c’était la valise pour laquelle il avait été obligé de payer un supplément qui avait été égarée. Il avait ses 22 euros un peu en travers de la gorge. Mais grâce à lui, j’ai gagné un temps fou. Les hommes derrière le guichet étaient d’une patience d’ange au milieu de toutes ces vociférations. Ils n’y pouvaient rien, c’était les bagagistes de Barcelone qui étaient en tord. Imperturbable, ils attendaient la fin des cris, les renseignements demandés, remplissaient les formulaires. J’ai admiré leur sang-froid.

J’ai pu rejoindre Karaba, qui nous attendait depuis bientôt trois heures. Mais c’était tellement bon de la voir là. Nous avons filé vers la voiture, parce que Rabat, ce n’est pas la porte à côté. Il fallait faire la route. Plus d’une heure de voyage. Nous sommes arrivées à 4 heures du matin heure locale. C’est-à-dire 5 pour nous. Karaba nous a installées dans nos chambres. Les petites ensembles, moi et Lou chacune dans la nôtre. Et nous avons dormi sans demander notre reste.

Nous nous sommes réveillées tard dans la matinée. La maison était silencieuse. J’ai ouvert les volets et découvert le magnifique jardin de Karaba. Nous y étions, enfin.


Ajout du vendredi 23. Karaba m’avait dit : « Il faudra que tu appelles l’aéroport. Eux ne le feront pas. » C’est ce que j’ai fait ce matin. Une voix féminine m’a confirmé que la valise nous attendait. Je pouvais venir la récupérer. Ni une ni deux, histoire d’être débarrassées de cette galère, Karaba nous a emmené dans son carrosse. Nous avons refait la route (autoroute) côtière. Presque trois heures aller-retour. Le temps de trouver le bon guichet, on m’a emmené près de ma valise. Elle était là, elle m’attendait bien sagement. J’étais contente de la voir. Je l’ai flattée de la main. Puis je me suis figée. On lui avait enlevé son cadenas. Je l’ai ouverte fébrilement et puis non, il ne manquait rien. Ni le sachet avec les maillots de bain mouillé, ni celui avec les médicaments, ni les vêtements de Léone, ni mon ordinateur. Oui, je sais, voyager avec un ordinateur en soute relève de la pure folie. Mais n’ai-je pas dit que je n’étais pas raisonnable ? (Cela dit, c’est la dernière fois.)

La fine équipe


[[akynou]]

mardi 20 juillet 2010

Dejate llevar por el viento


[[akynou]]

Aujourd’hui, piscine, plage.
Demain soir, nous partons pour le Maroc.
Je vais où le vent me porte

Je n’ai pas peur de la route
Faudrait voir, faut qu’on y goûte
Des méandres au creux des reins
Et tout ira bien

Le vent l’emportera

Ton message à la grande ourse
Et la trajectoire de la course
A l’instantané de velours
Même s’il ne sert à rien […]


Noir Désir

samedi 17 juillet 2010

Changement de look


[[akynou]]

On lui a coupé les cheveux et elle a emprunté les lunettes de sa grande sœur.

Lou est malade. Elle vomit. Nous revenons de centre médical. On ne sait pas exactement ce qu’elle a. On espère que ce n’est pas un appendicite. Le reste de l’équipe va bien.

vendredi 16 juillet 2010

La sirène


[[akynou]]

jeudi 15 juillet 2010

La pelle du 14 juillet

Je ne sais pas, mais le twitt du ministère de l’Intérieur à l’occasion de la fête nationale me rend toute chose. Surtout quand je repense à tout ce que j’ai écrit hier…

La mobilisation restera totale la nuit prochaine pour empêcher les voyous sans scrupules de gâcher ce moment de fête & de concorde nationale

Le choix du vocabulaire, la tournure de la phrase…

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