jeudi 28 janvier 2010

Je m'suis fait timbrer

Dans le période de course contre la montre (un peu comme ces derniers jours), quand je n’ai pas le temps de passer au guichet, il m’arrive de commander des timbres sur Internet. A La Poste, service public.

Il y a quelque temps, j’ai découvert qu’on pouvait commander des timbres, tout à fait valable, fabriqués à partir de photos personnelles. J’ai trouvé l’idée amusante, j’en ai donc fait faire trois planches. Pas de ma tronche ni de celles de mes gamines, non, de jolies photos pour faire de beaux timbres. Et j’ai payé sans plus faire attention. Etant arrivée à bout de mon stock, j’ai renouvelé l’opération. Je viens de recevoir les nouvelles planches. Bon, l’impression n’est pas terrible, nettement moins bonne que la fois précédente. Disons qu’avec mon imprimante, je pourrais faire mieux et elle n’est pas de la dernière génération loin s’en faut, elle a à peu près l’âge de Léone (comme quoi, elle est solide).

Bref, je reçois mes timbres, je les montre aux filles et là, je regarde la facture d’un peu plus près. Les planches en sont tombées. Pour 30 timbres pour lesquels je fournis la photo, je fais la mise en page via Internet, etc., 35,99 euros. Pour 30 timbres édités par La Poste, j’aurais payé 16,80 euros, soit plus de moitié moins. Si ce n’est pas un appel au piratage, ça (surtout que ce n’est pas difficile à faire avec les nouveaux logiciels et vu la qualité merdique de ce qui est proposé)…

 La Poste est définitivement passé du côté obscur de la force. Quand à moi, je jurais, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendrait plus.

jeudi 14 janvier 2010

Dey

Dey-o m-rélé dèy-o
Ayiti roy (bis)
Ayiyti chéri min pitit-ou mouri
Sa ka poté dèy-là pou ou roy
Ayitoma min sab-ou lan draspora
Min péyi-a ap kaba
Sa ka poté dèy-la pou ou Ô

Ayiti jé fémin
Ayiti désonnin
Ayiti détounin
Sa ka poté dèy-là pou ou
Ayiti m-mrélé-m
Kok ou rélé tout san-ou
Kok péyi-a sanblé
Roy-Roy pou konbit-là



Deuil, je crie le deuil d’Haïti
Deuil, je chante le deuil d’Haïti
Haïti chérie, voici que tes enfants sont morts
Et que les autres sont nus
Qui va porter le deuil pour toi
Ayititoma, ton sang est en diaspora.
Le pays se meurt
Qui portera le deuil
Haïti rendue aveugle
Haïti détournée
Haïti zombifiée
Qui portera ce deuil
Haïti, je t’appelle
Je t’appelles pour que tu m’appelles
Que tu appelles et réunisse ton sang
Pour le grand Koumbite


Photo REUTERS/Eduardo Munoz vue sur Boston.com

Moi je ne sais pas quoi dire. Cette île, c’est tellement hors normes. A première vue, une histoire, des hommes et surtout des malheurs. Comme si elle était punie d’avoir été la première nation noire forgée par d’anciens esclaves. Un des endroits les plus pauvres de la planète, déjà, qui a, chaque fois qu’il a envisagé la possibilité de se relever, pris un bon coup sur la tête.

Mais à regarder de plus près, la réalité est à la fois plus compliquée et plus isimple. Pas de force mystérieuse ni métaphysique. Non, que de l’humain.

Haïti fut d’abord forcé d’accepter, en 1825, la reconnaissance d’une « dette de l’indépendance » vis-à-vis de la France alors que son économie commençait à tout juste à se relever. En effet la guerre de libération avait détruit toute l’économie, décapité les élites, ravagé les plantations… Pour la France, il s’agissait surtout de ne pas courir le risque d’autres guerres d’indépendance. Elle y a mis le paquet envoyant force navire de guerre, menaçant d’envahir, de réduire, de retourner à l’avant. Haïti a dû céder et, jusqu’à l’aube du 20e siècle, a dû se saigner aux quatre veines pour rembourser environ 150 millions de francs-or (renégocié ensuite à 90 millions, il paraît que ce serait l’équivalent de 31 milliard de dollars, c’est en tout cas la somme qu’Aristide à réclamé à la France, mais il n’avait aucun moyen de le lui imposer, lui), une somme colossale, en s’endettant et ce dès 1828. Les richesses (comme celles provenant de la vente du café) furent, dès le début, consacrées au remboursement.

Puis est venu le temps de la domination américaine. L’occupation de l’île d’abord. Puis les politiques agricoles hasardeuses qui ont entraîné la disparition des cochons de l’île puis la fin de la production agricole avec l’arrivée massive de riz américain. Les conséquences furent terribles sur la population campagnarde. Il faut ajouter à cela
- la dictature des Duvallier (qui ont amassé une énorme fortune en détournant non seulement l’aide internationale mais également les prêts des différents gouvernements, aggravant ainsi la dette du pays) et leurs sinistres tontons macoutes, dictature soutenue par les gouvernements occidentaux
- les fariboles sur le vaudou et les zombis (encore un coup des Américains), dont s’est d’ailleurs bien servi la famille Duvallier pour terroriser la population,
- Aristide qui a trahi son peuple après lui avoir donné tant d’espoir,
- une classe riche, mulâtre méprisante du petit peuple de crève la faim,
- des cyclones qui font plus de ravages sur un habitat de misère,
- et maintenant, un tremblement de terre de 7,5 sur l’échelle de Richter…

Pourtant, Haïti, qu’on connaît si mal, ce sont des paysages qui vous coupent le souffle, une population très pauvre, mais aussi très jeune, qui bouffe la vie, et qui aimerait bien bouffer tout court aussi d’ailleurs (allez voir le webdocumentaire que je viens de mettre en lien, il est remarquable), des musiciens internationalement connus (Tabou Combo, Dadou Pasquet, Wyclef Jean, Beethova Obas, Toto Bissainthe, Boukman Experyans, j’en passe et des pas moins bons), des écrivains remarquables (Frankétienne, Lyonel Trouillot, Jacques-Stephen Alexis, Louis-Philippe Dalembert, Edwige Danticat, René Depestre, Dany Laferrière, Jean Métellus, Jacques Roumain, pour ne citer que les plus connus, et j’en oublie), une diaspora immense présente de New York à Montreal en passant par Paris, et toutes les grandes villes d’Europe.

Alors oui, la nouvelle du tremblement de terre ce matin m’a laissée sans voix. Et puis j’ai été chercher dans ma discothèque ce disque de Toto Bissainthe et cette chanson, pour chanter, moi aussi le deuil. Porter le deuil. Solidaire de cette île qui souffre.

Mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut, dans la mesure de nos moyens, participer à la solidarité. Il faut donner, à la Croix Rouge, à Médecin sans frontières, à Médecins du Monde, à la Fondation de France (sans trop non plus disperser les dons parce que l’aide doit arriver au plus vite). Haïti a besoin de nous.

En dehors des auteurs que j’ai cité, on peut lire aussi la trilogie de Madison Smartt Bell sur l’histoire de l’indépendance haïtienne : Le Soulèvement des âmes, Le Maître des carrefours et La Pierre du bâtisseur. Fascinant et incroyablement documenté pour un roman. Des historiens et écrivains haïtiens ont salué cette œuvre d’un écrivain américain né dans le Tennessee.

Note : j’ai complété mon billet parce que j’ai encore ce matin entendu des journalistes se poser la question du pourquoi de la pauvreté d’Haïti. Et que si la nature est indifférente aux malheurs des hommes et choisit au hasard ceux qu’elle fait souffrir, ce n’est pas le cas des hommes. Haïti est la mauvaise conscience des grandes puissances.

lundi 21 décembre 2009

Vive Noyel

J’adore les vacances de Noël, les fêtes que l’on passe en famille, la neige, le froid… Vous ne me croyez pas ? Vous avez raison. J’ai juste envie de rester sous ma couette, bien au chaud.

Il y a deux ans, non, je préfère oublié le noël d’il y a deux ans. L’an passé, à la même époque, j’ai attrapé une superbe gastro-entérite qui m’a gâché le repas de noël et quelques autres (sans me faire perdre un seul kilo, la vache !). Cette année, je crois que c’est pire.

Vendredi matin, j’ai commencé à avoir mal aux dents. Je crains d’avoir un abcès à la gencive. Pas de rendez-vous chez le dentiste avant mercredi soir. En attendant, pour moins souffrir, j’ai pris du Nilf*luril (un anti-inflammatoire, le pharmacien était d’accord) et du di-antalvic (l’advil et l’aspirine étant aussi efficace qu’un cautère sur une jambe de bois).

Ma douleur va mieux. Mais mes intestins foutent le camp. 

Hier j’ai trouvé la force d’aller promener les deux plus jeunes et le chien sur les bords de Loire. Aujourd’hui j’ai été au marché où je me suis fait refiler 2 kilos de pommes de terre gelées et donc inconsommables par un connard de producteur. Ce n’est pas la première fois qu’il me fait le coup, mais c’est la dernière. La prochaine fois que je vais au marché, je vais lui dire ce que je pense de ses façons de faire. Aujourd’hui, je n’avais pas le choix, les trois quarts des agriculteurs étaient absents, avec la météo, ils n’avaient sans doute pas pu ramasser des légumes convenables et ne profitent pas que leur cliente ait le dos tourné pour lui refiler des trucs avariés.

J’ai passé le reste de la journée au lit et ce soir, j’ai commandé des pizzas. Les filles en mouraient d’envie, je ne suis pas sûre de les digérer.

J’ai un boulot monstre dans la maison, des devoirs à faire, des copies à corriger, des livres à lire, un mémo à préparer et un dossier sur  lequel me pencher. Les filles sont en électrons libres. J’ai peur de ne pas être à la hauteur, je vois le temps filer à tout berzingue et je flippe un peu.

Enfin, les cadeaux sont achetés (et aux chiottes les pleureuses anticonsommation, c’est pas le moment de venir me faire chier avec ça, de ce côté là, je suis servie), le repas de noël est à peu près conçu. Cette année encore, je devrai pouvoir survivre.

vendredi 24 juillet 2009

Privée de Maroc (ça devient une manie)

Ne voyez pas de lien avec le billet d’hier, les posts se suivent et ne se ressemblent pas. Même s’il est encore question de documents et d’énervement. Mais il n’y a aucune commune mesure, ni même rien à voir avec la situation faite aux sans-papiers. Je ne cherche pas à tout pris à rester en France, j’aimerais plutôt en sortir pour des vacances. Si ma situation est agaçante, elle n’a rien de dramatique.

Mais que cela ne vous empêche pas d’aller signer quelques pétitions de ce côté-là.

Je résume (asseyez-vous, quand je résume, c’est souvent très long). Karaba la sorcière nous invite au Maroc, moi et mes filles, depuis deux ans maintenant. Je rêve d’y aller. La première fois, je n’ai pas pu à cause du PMU (merci le Nôm) ; la deuxième parce que j’ai changé de vie (merci le Nôm).  Je pensais que la seconde quinzaine d’août serait enfin la bonne période. Je suis optimiste. Trop sans doute. On ne se refait pas. Ayant découvert qu’il était nécessaire d’avoir un passeport pour visiter ce pays je me suis mise en tête d’en doter toute la famille (moins le Nôm, il ne fait presque plus partie de la famille). En pensant les avoir fin juillet. Optimiste, je vous dis.

Il faut dire que la France, depuis quelques années, est prise d’une passion pour les tracasseries administratives. Il n’y a pas que pour les étrangers qu’il devient ubuesque d’obtenir des papiers. Pour les Français également. Surtout s’ils ont eu la bonne idée de naître à hors Hexagone. Ou d’avoir un parent né à l’étranger. Et je ne vous parle pas là des descendants de militaires dont toute la lignée a vu le jour dans les anciennes colonies. Qui sont maintenant des pays étrangers. Dont on refuse les ressortissants avec la dernière énergie. Pour eux, c’est kafkaïen. Je me souviens avoir pondu un billet sur la chose, impossible de le retrouver.
Heureusement, pour moi, c’est plus simple. Mes deux parents sont français, idem pour les leurs (faut pas remonter au-delà). Et je suis née en France. Grâce à cette situation qui frise la parfaititude, j’ai obtenu mon dernier passeport en quinze minutes chrono. Entrée à 9 heures à la mairie, j’en étais ressortie à 9h15 avec mon précieux sésame. Depuis, ça s’est salement corsé.Pare que la fabrication de ces laissés passer est maintenant centralisée et qu’il faut tout tout vérifier.

Voici la liste de ce que je dois fournir.

Deux photographies d’identité identiques, récentes et parfaitement ressemblantes, de face, tête nue (format 35 mm x 45 mm)
Justificatif de domicile ou de résidence,
ancien passeport,
justificatif de nationalité française sauf si le demandeur est né en France et que l’un au moins de ses parents est né en France,
justificatif d’état civil : un extrait d’acte de naissance avec filiation (une copie intégrale d’acte de naissance peut être également produite) ou, à défaut la copie intégrale de l’acte de mariage, sous réserve de la preuve de l’impossibilité de produire l’acte de naissance précité.
Et 89 euros.
Accessoirement, si je voulais utiliser un deuxième nom ou celui de mon époux (jamais !), il y aurait encore plus de papiers à fournir. Je passe sur le fait que l’Etat civil de ma mairie de naissance s’étant trompée dans le prénom de mon père, et malgré le fait que ce dernier ai fait rectifier la chose quand je me suis mariée, j’ai de temps en temps des soucis pour obtenir l’extrait d’acte de naissance avec filiation parce que “ben c’est pas le bon prénom
– Mais ça a été corrigé
– Ah oui pardon, j’avais pas vu
– Pas grave, j’avais justement envie de vous rendre une petite visite… J’ai que ça à faire de mes journée.”

Ça, c’est pour moi. Mais comme on ne peut plus mettre ses enfants sur son propre passeport, il me faudra donc pour chacune de mes filles

2 photographies d’identité identiques, récentes et parfaitement ressemblantes, de face, tête nue (format 35 mm x 45 mm),
le montant du passeport en timbres fiscaux (entre 19 € pour les moins de 15 ans et 44 € ceux qui ont entre 15 et 18 ans),
justificatif de domicile ou de résidence,
carte nationale d’identité (si le mineur en possède une),
justificatif de l’autorité parentale,
pièce d’identité de la personne exerçant l’autorité parentale,
sauf si le mineur est né en France et que l’un au moins de ses parents est né en France, un justificatif de nationalité française,
un extrait d’acte de naissance avec filiation du mineur (une copie intégrale d’acte de naissance du mineur peut être également produite)
idem que les parents si on veut ajouter un nom d’usage (voir à ce sujet le billet de Sophie qui ne manque pas de sel).

Et pour les mineurs, on recommence tous les cinq ans. Génial, non ?

J’ai donc fait la demande de quatre extraits de naissance. Fin mai. Via Internet. Je devais les recevoir en deux ou trois jours ouvrés. En fait, non. J’ai reçu ceux de l’aînée et de la dernière au bout de quinze jours bien passés. En manquait deux. Qui ne sont jamais arrivés. Fin juin, j’ai refait une demande. J’ai reçu le mien une dizaine de jours plus tard, juste avant mon départ pour Paris (j’avais décidé d’aller à la mairie du 18e le demandé sur place). Celui de ma deuxième fille est arrivé hier. Pour avoir le passeport mi aout, c’est déjà mort, pas la peine que je me précipite à la mairie. Ici, le délai, c’est environ un mois et demi. D’autant qu’on ne délivre plus que des passeports biométriques et nous sommes dans une période de vacances…

Il me faut un justificatif d’autorité parentale. Quand on sait qu’il est très très rare que l’autorité parentale soit retirée aux parents, on se demande bien pourquoi. Il faut vraiment avoir fait quelque chose de très grave pour être déchu de ses droits de parent (les coups, par exemple, ça ne suffit pas). S’il s’agit de savoir si le demandeur est bien le parent, l’extrait de naissance avec filiation devrait suffire. Mais comment obtenir un tel justificatif ? Dans mon cas, c’est relativement simple. J’ai le jugement du JAF concernant la non conciliation qui me confirme dans ce droit. Mais pour un parent lambda, comment faire ? Même la juge pour enfants, à qui j’ai posé la question la dernière fois que je l’ai vue, a été incapable de me répondre. Quant aux divers sites consultés, ils mettent bien un lien pour obtenir le renseignement, mais celui-ci renvoie immanquablement à la page consultée. Le serpent se mord la queue.

Bon, eh bien puisque c’est comme cela, samedi on part dans le Lot et Garonne et mi-aout, dans l’Allier. En fait, je comprends maintenant toutes ces lourdeurs et lenteurs administratives, c’est pour développer le tourisme en France… Mais je l’aurais, un jour, ce &%°£€*$ de papier…

jeudi 23 juillet 2009

Sans papiers

chaque jour, je reçois une alerte RESF qui ressemble à celle-ci

M.Pedro Oliveira Mayengo,  de nationalité angolaise, en France depuis 2002 et habitant Corbeil, arrêté le 1er juillet 2009 à Tournan (77) alors qu’il se rendait à son travail, est depuis en rétention au CRA du Mesnil-Amelot.  Le 15 juillet, il a été présenté à l’ambassade d’Angola qui n’a pas pour le moment délivré de laisser passer, mais peut le faire jusqu’au 2 août, date de fin de rétention. Son maintien dans la prison pour étranger en vue d’une prochaine expulsion, a été confirmé le 18 juillet par le juge des libertés. Amené au tribunal à 8h30, avec six autres retenus, audiencé à 11h 00 du matin, il en est reparti à 5 heures le lendemain matin, la dernière audience ayant eu lieu à 4 heures du matin. Tribunaux des étrangers, tribunaux d’exception… Le 22 juillet, parce qu’il faut tout tenter pour cocher un chiffre de plus, Pedro Mayengo a été présenté à l’ambassade du Congo qui, heureusement, ne l’a pas reconnu comme l’un de ses ressortissants.

En matière de nationalité, les préfectures ne font pas dans le détail : récemment, la préfecture du Puy de Dôme a voulu faire signer par Bessim AGOVIC, rom kosovare, un document où il attestait qu’il serait de nationalité serbe pour rendre possible son expulsion  !….

M. Mayengo et sa compagne ont deux filles nées en France : Grace, 1 an ½, et Olivia, 3 ans qui va  entrer en maternelle et qui, suivie à l’hôpital Robert Debré,  doit être hospitalisée en octobre.  M. Mayengo assure à lui seul les revenus de sa famille,  l’expulsion, si elle se produit, plongerait immédiatement celle-ci dans la misère, le risque d’expulsion du logement  et le désespoir.

Pedro Oliveira Mayengo est sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF), délivré par la préfecture de police de Paris.

Préfecture de police de Paris
fax Préfecture de police P 75 : 01 53 71 67 23
mail : prefpol.dpg-etrangers-secretariat@interieur.gouv.fr
Ministre de l’immigration
Fax ministère : 01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00  Standard 01 77 72 61 00
Secrétaire général secretariat.general@iminidco.gouv.fr
Secrétaire général : stephane.fratacci@iminidco.gouv.fr
fax :  01 77 72 61 30 et 01 77 72 62 00 
Ministre eric.besson@iminidco.gouv.fr
Matignon :
http://www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/ecrire
Et là où se prennent les décisions 
Elysée fax : 01 47 42 24 65
http://www.elysee.fr/ecrire/index.html
Maxime Tandonnet (conseiller immigration) maxime.tandonnet@elysee.fr

Le démembrement possible de cette  famille, comme celui de tant d’autres  est une décision intolérable. Le 14 juillet 2009, 5 pères d’enfants scolarisés ou devant l’être à la prochaine rentrée, et connus de RESF, se trouvaient en danger d’expulsion. Pedro Mayengo est celui qu’il faut sauver.

15 juillet 2009 : expulsion d’Emmanuel OLADIPO, père nigérian, dans un charter européen parti du Bourget quasi vide. A tous ceux qui ont appelé l’Elysée, un conseiller a fait savoir que le président était informé de la situation, et prendrait sa décision. La compagne d’Emmanuel, mère de leur enfant et d’une autre fillette, accouchera sans lui, dans quelques jours. Accompagnée de deux députés, elle s’est rendue à l’Elysée pour réclamer le retour de son mari.
http://www.liberation.fr/societe/06011119-marche-vers-l-elysee-pour-un-pere-expulse

16 juillet : Deux pères libérés par le tribunal, 7 enfants retrouvent leurs pères : au Tribunal administratif de Melun,  les APRF de Simao Mfinda (Angolais, père de deux adolescents scolarisés à Paris dont la mère a disparu en Angola il y a 10 ans, et d’une petite fille ) a été libéré par le TA. Idem pour M. Rodriguez, père bolivien de quatre enfants du XIVe arrt parisien.

19 juillet : Juean Ronel SAN LOUIS,  haïtien,  père de deux petites filles  refuse d’embarquer sur l’avion qui allait le conduire en Guadeloupe. Jugé pour ce refus, il est sorti libre du tribunal de Créteil condamné à 3 mois de prison avec sursis. Immense soulagement pour trois familles, et la bagarre de la régularisation à mener.

Ce n’est pas parce que nous sommes au coeur de l’été qu’il faut arrêter de s’indigner, de relayer, de faire savoir. Mais quand je lis, ici ou ailleurs, la façon dont notre pays traite les étrangers (traite les gens en général quand ils ne sont pas blindés de fric), je me dis aussi que j’en ai marre, vraiment ras la casquette de cette politique qui n’a rien de politique justement et ne gère en rien la vie de la cité.

Encore une fois, il ne s’agit pas de régulariser tout le monde. Mais de traiter humainement les gens et surtout de respecter les droits inaliénables des enfants, dont celui de vivre avec leur père et leur mère. Le Sinistre de l’Immigration préfère ignorer royalement que la France a signé la déclaration des droits de l’enfant. Il préfère ignorer tellement de chose d’ailleurs. La plupart des gamins dont il est question ces derniers jours, sont petits, nés en France pour la plupart.

Bref, si vous avez un peu de temps, rendez-vous sur le site de Resf, il y a toujours des pétitions à signer. 

Post scriptum, lu aussi sur Resf :

Emmanuel Oladipo est réveillé à 4h30 du matin et conduit au Bourget. Il est monté dans un charter d’une capacité minimum de 80 places où le rejoignent une femme, nigériane aussi et six policiers. L’appareil décolle pour Amsterdam. 33 Nigérians (dont des femmes et des enfants) sont à leur tour embarqués ainsi que 6 policiers néerlandais. Direction Madrid où quelques sans papiers supplémentaires sont chargés avec 6 policiers espagnols. L’avion part pour Lagos. Mais, pris dans des turbulences (un gros trou d’air, ils ont eu une vraie peur), l’appareil tombe en panne. Il fait demi-tour et revient à Madrid vers 19h. Bricolages tous azimuts, l’avion repart vers 1 h du matin et atterrit à Lagos à 6h40. 24h de voyage, plus le retour pour les policiers à qui on souhaite de ne pas emprunter le même appareil… On imagine le prix ! Pas étonnant que le gouvernement doive emprunter !

Y a pas à dire, virer les étrangers, c’est pas écolo.

mardi 23 juin 2009

La grande VALse commence-t-elle ?

Anne disait tout le bien qu’elle pense du journaliste de France Inter qui fait les revue de presse le matin. En dehors de notre amitié nous partageons quelques goûts communs (ceci expliquant sans doute cela) et j’avoue moi aussi apprécier Frédéric Pommier pour son talent, sa façon légère et grave de nous dévoiler l’actualité, sa liberté de ton aussi. Que ça fait du bien d’entendre un bon journaliste qui fait son boulot. D’autant que la revue de presse est l’exercice de loin le plus difficile que je connaisse.

Et puis j’apprends ce soir que la première action du sieur Val, deux heures à peine après son arrivée sur la chaîne, si on en croit le SNJ (c’est mon syndicat, j’ai pas de raison de ne pas le croire) aurait viré M. Pommier. La raison ? : “Notre confrère paye surtout le fait d’avoir cité Siné Hebdo dans la revue de presse. Philippe Val, à l’époque directeur (et actionnaire) de Charlie Hebdo, lui en avait vertement et devant témoins fait le reproche.”

Eh bien voilà un début de mandat qui promet. Un conflit d’intérêt doublé d’un règlement de compte, le tableau est joli. Tout ça en deux heures. Faut le faire. En même temps, personne ne sera vraiment surpris et, au moins, les choses sont claires.

Photo : VALERY HACHE/AFP

mercredi 10 juin 2009

Hadopi, alors là, je rigole

J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de la loi Hadopi. Alors quand j’ai appris, cette après-midi, la décision du Conseil constitutionnel la concernant, cela m’a beaucoup amusée.

La décision du Conseil constitutionnel ne dit pas autre chose que l’amendement adopté par les eurodéputés le mois dernier. Le premier affirme que la liberté de communication et d’expression “implique aujourd’hui, eu égard au développement généralisé d’Internet et à son importance pour la participation à la vie démocratique et à l’expression des idées et des opinions, la liberté d’accéder à ces services de communication au public en ligne […] Dans ces conditions, le législateur ne pouvait, quelles que soient les garanties encadrant le prononcé des sanctions, confier de tels pouvoirs à une autorité administrative dans le but de protéger les titulaires du droit d’auteur. Ces pouvoirs ne peuvent incomber qu’au juge”. Le second stipulait qu’« aucune restriction ne peut être imposée à l’encontre des droits fondamentaux et des libertés des utilisateurs finaux, sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne sur la liberté d’expression et d’information, sauf si la sécurité publique est menacée ». En clair, qu’il ne peut y avoir de riposte graduée sans décision de justice.

Bref, kif kif pareil la même chose. Et ce ne sont pas les tentatives pathétiques de la ministre de la Culture de faire bonne figure qui y changeront quoi que ce soit. Je me rappelle d’ailleurs, la concernant, d’une phrase lue chez maître Eolas dans un billet qui décortiquait la loi Hadopi.

Patrick Bloche, Martine Billard et Didier Mathus sont trois députés très hostiles au projet. De l’opposition, me direz-vous. Mais l’opposition, sur la loi DADVSI, avait réussi à infliger un camouflet au ministre de la culture de l’époque dont la carrière politique ne s’est jamais remise.

Au delà de l’amusement, je suis contente qu’on en revienne au droit, à la présomption d’innocence. Les droits d’auteurs, aussi important soient-ils, ne peuvent pas s’assoir sur des droits fondamentaux qui défendent les citoyens.

jeudi 7 mai 2009

Je suis contre Hadopi (et je suis de gauche)

Je ne suis pas une spécialiste du droit d’auteur, loin s’en faut, même s’il m’a fallu m’enquiller un certain nombre de textes pour suivre des réunions de négociations sur le droit d’auteurs des journalistes là où je travaillais. Fondamentalement, je suis pour les droits d’auteurs. Je puis pour qu’un artiste continue à toucher des droits sur ses œuvres chaque fois qu’elles sont reproduites. Et surtout, je suis absolument pour qu’on soit obligé de demander l’autorisation à un artiste pour reproduire son œuvre quand on l’utilise à d’autres fins que strictement privées. Pour gagner du pognon soyons clairs.

Prenons un exemple au hasard. Une de mes photos. Je refuse avec la plus grande énergie qu’un journal, un média en général, qui gagne de l’argent avec son activité de média, publie une de mes photos sans me rétribuer et/ou sans me citer et/ou sans le demander mon avis, et/ou en modifiant ladite photo. Par contre, si un site, un blog, un fanzine, un journal école me demande gentiment de me prêter une photo, m’explique dans quel cadre, m’assure que ça ne leur fera pas gagner un centime, me cite comme auteur de la photo et ne la trafique pas, je donne mon accord. Et puis il y a des photos que j’accepte qu’on modifie. En général, elles sont signalées comme telles avec la licence creative common qui va bien.

Pour mes textes, c’est pareil. En tant que journaliste, bien que j’écrive assez peu, c’est pareil. J’ai un contrat de travail avec une entreprise de presse. Si je ponds un article pour cette entreprise, que ce soit pour le print (le papier) ou le Net, cela entre dans le cadre de ma rémunération. Mais si mon papier est vendu à une autre entreprise de presse, je demande une part de la somme ainsi acquise. Si mon papier est republié sur un autre support que celui pour lequel il a été écrit, mais dans le même groupe, j’estime avoir également droit à une somme, pas le montant initial, bien sûr, ce n’est qu’un papier d’occasion, mais une petite ristourne tout de même.

Enfin et surtout, j’estime avoir un droit de regard sur les conditions de republication : regard sur le support (imaginez qu’un de mes papiers soient vendus à un journal de droite, voire d’extrême droite, je dis non, non, non), regard sur les conditions de publication (pas de tripatouillage, qu’on ne me fasse pas écrire ce que je n’ai pas écris). Jusqu’ici, la publication non autorisée et non rémunérée  d’un de mes papiers, où que ce soit, relevait de la contrefaçon et constituait une atteinte au code du travail si c’était mon entreprise de presse qui s’y aventurait.

Rapport avec Hadopi ? Eh bien cette loi qui soi-disant s’élève pour défendre les droits d’auteurs contient un amendement qui porte atteinte au droit d’auteur des journalistes (source SNJ) en autorisant une entreprise de presse a republié autant de fois qu’elle le veut, dans les conditions qu’elle veut, dans les titres qu’elle veut (pour peu qu’ils lui appartiennent) tout article d’un de ses journalistes, pigiste ou salarié. Imaginez : vous avez écrit un long papier dans Geo. Vous le retrouvez quelques mois plus tard raccourci et tronqué dans les pages de Voici sans qu’on vous ai même averti. Je serai un journaliste de Geo, je ferai la gueule.

L’adoption d’Hadopi , comme le démontre parfaitement cet article d’Acrimed, et son application « ne profiteraient qu’aux grands groupes de presses soucieux de faire des “économies d’échelles“ en mettant en place des “plateformes multimodales“ et en pressurisant encore plus la “masse salariale“, dans une profession déjà très précarisée. »

Ce texte qui – affirme-t-il – s’érige contre la contrefaçon portant atteinte au droit d’auteur (en s’attaquant aux petits internautes) la légalise quand il s’agit des groupes de presse. Je tape sur les petits et je légalise la délinquance des puissants. Je ponctionne les petits et je garantis les rentrées d’argent des puissants (tiens, c’est curieux, ça me rappelle autre chose). C’est à cela qu’on voit que le droit d’auteur, y compris le droit moral des auteurs, les rédacteurs d’Hadopi, ceux qui l’ont votée, n’en ont pas grand chose à faire. Est-ce que leur but ce ne serait pas plutôt de voler au secours des majors (musique et cinéma) ou des gros groupes de presse — qui pourtant sont loin d’être pauvres — et de les conforter dans leur course au profit. 

Partant de là, j’ai du mal à comprendre l’interpellation des élus qui ont voté contre la loi Hadopi par cinq artistes, au nom de la Gauche. J’aurais plutôt tendance à dire que c’est justement le rôle de la gauche de lutter contre cette loi. Au nom de ses valeurs mêmes (si elle en a encore).

D’autant que les modalités prévues par le texte pour lettter contre les pirates petits ou grands sont absolument sidérantes et portent atteinte à bon nombre de libertés. Et c’est bien pour cela que les eurodéputés ont adopté (407 voix contre 57, excusez du peu) un amendement qui stipule qu’« aucune restriction ne peut être imposée à l’encontre des droits fondamentaux et des libertés des utilisateurs finaux, sans décision préalable des autorités judiciaires, notamment conformément à l’article 11 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne sur la liberté d’expression et d’information, sauf si la sécurité publique est menacée ». En clair, qu’il ne peut y avoir de riposte graduée sans décision de justice.

J’aimerais bien que les cinq artistes qui défendent l’Hadopi et en appelle à la gauche veuillent bien étudier la lettre ouverte à un représentant de la nation de Michel Reynaud (Slater), et notamment toutes les atteintes aux libertés indivuelles soulignées dans ce texte.

« Accepteriez-vous, écrit-il, de voter une loi permettant d’envoyer des avertissements écrits à une personne au motif qu’une infraction a été commise dans ou à proximité de  l’immeuble ou du ce quartier où elle réside et ce sans que sa participation à l’infraction ne soit prouvée ? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi (article L. 331-24).

» - Accepteriez-vous de voter une loi précisant qu’à réception d’un de ces courriers le destinataire n’ait aucune possibilité de se justifier? C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi (article L. 331-24 dernier alinéa).

» - Accepteriez-vous de voter une loi précisant que, après deux envois de ces courriers, il soit possible à une autorité administrative et non judiciaire de couper l’accès au téléphone et/ou à la télévision pour tous les membres d’une famille parce que personne n’a pas mis en place dans le logement les moyens pour que la prétendue infraction ne se produise plus (toujours sans qu’aucune preuve ne soit rapportée sur l’identité de l’auteur de l’infraction ni même sur le fait que cet auteur fasse partie de la dite famille)?  C’est ce que prévoit la loi dite Hadopi pour l’accès à Internet (article L. 331-25).

» - Accepteriez-vous de voter une loi précisant que, en cas de vol d’un véhicule et d’accident causé par le voleur, le propriétaire du véhicule voit son permis retiré sans possibilité de se justifier avant le retrait et soit exposé à une peine de prison en cas de victimes dans cet accident? C’est ce que prévoient les dispositions combinées de la loi dite Hadopi et de la loi DADVSI en créant un être juridique nouveau qui sans être une infraction en est cependant une: la non sécurisation de sa connexion (article L 336-3). Cet être juridique nouveau devient encore plus étrange lorsqu’on sait que des institutions aussi prestigieuses que la Nasa la NSA ou le Pentagone n’arrivent pas à protéger totalement leurs connexions. Vous ne manquerez pas de vous poser la question de savoir comment l’utilisateur lambda va pouvoir être plus performant que ces institutions pour arriver à respecter la loi. »

Allons, M. Arditi, M. Piccoli, M. Le Forestier, Mme Greco, M. Murat, pensez-vous que les atteintes au droit des personnes, aux droit moral des journalistes à disposer de leurs écrits soient la solution pour préserver les droits d’auteurs ? Pensez-vous qu’il faille en passer par la violation de libertés publiques pour défendre les artistes ?

Alors, les droits d’auteur dans tout ça. Eh bien il va faloir trouver une solution, sans doute autour de la licence globale. Dans mon entreprise, quand je l’ai quittée, la négociation sur les droits d’auteurs tournait autour de cette idée : une somme globale forfaitaire pour tous les journalistes, suivant leur statut (avec maintien du droit moral). Cela se fait également de façon privé aux Etats-Unis où « l’industrie musicale a choisi de créer sa propre «contribution créative» privée: Warner Music a décidé en 2008 de conclure un accord avec les universités permettant aux étudiants de télécharger autant de musique qu’ils le souhaitent sur les systèmes d’échange de fichier qualifié en France de «pirate» (BitTorrent, eMule…) en toute impunité en échange d’un forfait de 5 dollars par mois. Selon le magazine Wired, deux autres majors, EMI et Sony Music, s’apprêtent à rejoindre ce projet baptisé Choruss en ajoutant leur catalogue. » (Médiapart)

Pour la petite histoire, un de mes amis a été victime d’un vol d’image. Alors qu’il vérifiait ses statistiques, qu’elle n’a pas été sa surprise de retrouver une de ses photos de Guadeloupe sur le site du PR/UMP de l’Aube. Rhp m’écrivait

“Faites ce que je dis pas ce que je fais …
En ce matin de 1er Mai, rejetant ma cagoule dorénavant proscrite je m’apprête à enfiler le masque Anti-grippe porcine pour aller défiler. Je suis encore empli de mes songes sur la rencontre qu’auront aujourd’hui Ellie Domota et Olivier Besancenot en Guadeloupe et mes rêves de victoires sociales me galvanisent en ce matin ensoleillé.

Toutefois mes ardeurs gauchistes calmées, comme tous les matins, j’embrasse mon épouse et nos enfants, et, immédiatement après, en internaute limite « no life », j’interroge ma boite mail puis l’actu et enfin flickr pour connaître l’activité sur mes photos.

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C’est alors que m’étant couché en militant de gauche, je me découvre à ma plus grande surprise photographe attitré de la Fédération du Parti Radical de l’Aube !!!

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J’interroge mon épouse sur l’existence de symptômes insomniaques qui pourraient m’avoir touché, mais celle-ci me confirme que comme tout le monde je me suis endormi devant une série américaine sans intérêt aucun, ce qui en l’occurrence est peu avouable pour un gauchiste.

Je vérifie sur la toile un éventuel revirement du gouvernement concernant la Loi hadopi, mais rien ne tend à laisser penser que le viol de la propriété intellectuelle soit devenu légal, au contraire, ma lecture me laisse à penser que seuls les droits individuels semblent menacés.

En conséquence, je me résous à annuler ma participation à la manif et m’astreint à informer tout un chacun pour que personne n’ignore que le modeste art photographique que je développe n’est pas destiné à nourrir les pages de l’UMP.


On défend Hadopi d’un côté, on vole des images de l’autre. Cherchez l’erreur.



Quelques liens supplémentaires

Hadopi est-il de gauche ou les artistes sont-ils de droite?
Hadopi: une loi plus CONTRE Internet que POUR la création





lundi 4 mai 2009

La culture est aussi un combat

«Deux fois dans ma vie j’ai compris ce qu’était le génie. La première fois en regardant la définition dans le dictionnaire et la seconde fois en rencontrant Pierre Étaix» Jerry Lewis

Pierre Étaix, clown, magicien, dessinateur et cinéaste de génie est l’un des derniers dépositaires de la tradition burlesque telle qu’elle s’est construite sous l’impulsion de Buster Keaton puis de Jacques Tati dont il fut l’un des plus proches collaborateurs. Dans les années soixante, Pierre Étaix réalisa cinq longs-métrages, (dont quatre, co-écrits avec son ami Jean-Claude Carrière).

Aujourd’hui, à 80 ans, Pierre Étaix ne peut plus montrer ses films. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’une société sans moyens, une « coquille vide » se considère toujours détentrice exclusive des droits d’exploitation des films de Pierre Étaix, malgré son incapacité manifeste à restaurer et exploiter cette œuvre exceptionnelle !

De quel droit s’accapare-t-on le travail d’un artiste contre sa volonté ? De quel droit l’empêche-t-on de restaurer ou de projeter ses films (même gratuitement) ? Enfin, de quel droit nous prive-t-on de cinq longs métrages qui comptent parmi les plus originaux du cinéma français ?

Si, comme nous tous, vous trouvez cette situation inacceptable et injuste, dites-le !!

CLIQUEZ ICI & SIGNEZ LA PÉTITION POUR LA RESSORTIE DES FILMS DE PIERRE ÉTAIX
Si votre navigateur n’affiche pas le lien, recopiez cette adresse : http://www.ipetitions.com/petition/lesfilmsdetaix/
IMPORTANT: Vos signatures doivent absolument être enregistrées avant le 10 mai 2009. Elles seront remises à Mme Christine Albanel, ministre de la Culture et de la Communication le 12 mai 2009, la veille de l’ouverture du 62e Festival de Cannes.

PS: N’hésitez pas à copier l’adresse de cette page et faites suivre le lien à tous vos amis !
Et puisqu’il ne peut plus montrer ses films… Pierre Etaix a décidé de monter sur les planches. Pour en savoir plus…

Le texte qui précède n’est pas de moi, c’est l’appel à signer la pétition pour sauver les films de Pierre Etaix. Et si je relaie cette pétition c’est outre que j’aimais beaucoup ses films que j’ai eu la chance de voir enfant, c’est qu’il m’est totalement insupportable que quelqu’un s’approprie une œuvre et interdise aux autres de la voir contre le consentement même de son auteur qui n’y a lui-même plus accès. Si un tel scandale persiste, cela sera une preuve éclatante que le gouvernement, bien loin de se préoccuper du sort des artistes à travers une loi débile et dangereuse comme Hadopi, continue de servir la soupe au pseudo entreprises culturelles.
Soutenir cette pétition, c’est également soutenir un droit à la culture, bien menacé ces temps-ci (mais on se demande ce qui ne l’est pas).

mardi 28 avril 2009

J'en ai entendu de belles

J’étais dans la voiture, partie pour Chateaudun récupérer les filles. Je suivais les infos d’une oreille distraite quand j’entendis parler (à nouveau) de la Société générale (qui n’en rate pas une pour se faire de la pub à moindre coût). L’info consistait à reprendre celle donnée par Libération concernant un nouveau déficit liés à des actifs pourris. On parle de 10 milliards d’euros… une paille… La journaliste décrypte le sujet (en reprenant de large part du billet de Libération, si vous ne l’avez pas encore lu, faites-le, c’est édifiant). Puis elle conclue en disant  que nous ne sommes pas à l’abri d’autres scoops de ce genre dans les mois qui viennent. « La plupart des banques auraient au fond de leurs comptes des pertes possibles, à hauteurs de 4000 milliards de dollars, dit le FMI, c’est vertigineux. Les banques ont eu l’autorisation de ne pas être transparentes, de changer leurs normes comptables pour ne pas donner tout de suite les mauvaises nouvelles qui ne sont pas encore sûres. »

J’ai eu comme un blanc. De quelles banques s’agit-il ? Ça veut dire quoi “moins transparentes” ? Qui leur a donné l’autorisation ? Est-ce que cela voudrait dire que lorsque qu’on nous vantait ces banques françaises moins atteintes que les autres car plus prudentes, on nous racontait des bobards ? Mais qu’est-ce que c’est que ce système à la con où on change de thermomètre pour faire croire aux gogos (nous) que le malade l’est moins qu’il n’y paraît !

Un peu plus tard, un autre truc m’a fait rire. Lancement du sujet sur le voyage de notre présiprince en Espagne : « Dix jours après la polémique qui avait défrayé la chronique suite aux propos de Nicolas Sarkozy sur José Luis Zapatero…»

Nouveau blanc

Si j’avais été persuadée que le présiprince n’avait pas tenu ces propos, si j’avais eu un doute, j’aurais plutôt dit “attribués à”, ou “les propos qu’auraient tenu…”, enfin, quelque chose comme ça. Mais là, j’ai l’impression que, en France tout au moins, tout le monde est tellement persuadé que ces propos ont bel et bien été tenus qu’on le dit comme ça, toc.

 A par de ça, Bernard Tapie se relance. Il a toujours voulu s’amuser, explique le journliste, alors il va s’amuser (grâce à tout l’argent que lui a donné l’Etat). Après avoir été homme d’affaires, ministre (le journaliste a oublié “acteur”) va sans doute faire des coups en Bourse qui pourraient lui rapporter des millions d’euros. Eh bien on est content (j’allais écrire comptant) pour lui.

Je trouve que le monde va vachement bien. Allez, promis, le billet prochain, je vous balance une belle photo. Histoire de nous remettre.


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