jeudi 25 juin 2009

Ah ! la fac… 1

Je vais, peut-être, reprendre une carte d’étudiante. A 50 ans, c’est une bonne façon de rester en forme. En fait, si je veux un jour être titularisée à l’IUT ou à l’université, j’ai plutôt intérêt à passer un Master (j’ai deux licences et un certificat de maîtrise, ce qui n’est pas suffisant, on s’en doute, pour être enseignant à l’université). Et puis j’ai une autre ambition. J’ai toujours aimé réfléchir sur tout et rien. Surtout sur rien. Surtout sur mon métier, souvent mis en cause parce qu’au cœur de la démocratie.

C’est vrai, délivrer l’info, ce n’est pas rien comme responsabilité.

Le truc, c’est qu’en tant que journaliste, on a assez peu de temps à consacrer à la méditation. On a la tête dans le guidon. Et ceux qui s’érigent en têtes pensantes de la profession sont au degré zéro de la réflexion. Apathie, par exemple, qui confond étude de cas et leçon de morale. Tout le contraire de Bourdieu dont je viens de revoir les deux émissions consacrées à la télévision et au champs journalistique et télévision. Passionnant. Il en parle d’ailleurs, de ces gens qui parlent à la télé et qui dispensent leur pseudo science. Le royaume de la médiocrité. Je connaissais un Chilien qui avant d’être obligé de se réfugier en France avait écrit un bouquin passionnant : El Hombre mediocre. Qui n’a pas dû plaire aux sbires de Pinochet.

Enfin bref. Quand on travaille dans une rédaction, on est donc toujours à courir. Et on prend peu le temps de réfléchir. Ce qui est somme toute assez dommage. et dommageable. On devrait faire des séminaires régulièrement et obligatoires. Je ne crois pas que les patrons de presse soient prêts à financer ce type de formation. Un journalisme qui réfléchit sur ses pratiques professionnelles est une homme dangereux pour l’entreprise. Qu’il se contente de produire de l’info dans des délais de plus en plus courts, le nez dans l’ordinateur, à pondre de la page qui coute le moins cher possible.

Donc, je me suis dit qu’en tant qu’enseignante, j’aurais peut-être le temps de vivre, oui aussi, mais ce n’est pas de cela dont je veux parler. Non, le temps de penser, de lire, d’écrire.

Cette année, cela n’a pas été vraiment le cas. En plus des cours à préparer et à donner, des trois filles à élever (et Dieu sait que c’est épuisant et bouffeur de temps), je n’ai pas eu beaucoup le loisir d’écrire. Et l’an prochain ce sera sans doute pire. Parce que comme je le disais, je vais reprendre mes études. Enfin, j’espère. Car je n’en suis qu’au stade du dépôt de dossier. Kafkaien le dossier pour une personne dans ma situation.

Comme cela fait longtemps que j’ai arrêté mes études, je dois passer par le Sufco (nous sommes au royaume des acronymes). Mais comme je veux m’inscrire en socio et que j’ai des diplômes dans d’autres matière, il me faut une validation pédagogique de mes acquis universitaires. J’ai appris ça lundi, je devais rendre le dossier aujourd’hui. Youpi… La secrétaire, vraiment sympa, m’a proposé de m’envoyer le dossier par mail. Ce qu’elle a fait dans la demi-heure. Je me suis donc retrouvé devant une liste de documents à fournir et c’est là que les problèmes ont commencé.

La copie du relevé de notes et du diplôme du baccalauréat. Le diplôme, celui-là ou les autres, pas de problèmes, je l’ai. Mais le relevé de notes… J’ai passé mon bac en 1977. Alors, voyons voir, une relevé de notes. est-ce que j’en ai eu un. Ah oui, un petit feuillet rose. Mais je ne l’ai pas gardé. Je n’ai même pas imaginé que je pourrais en avoir besoin un jour. Je ne me rappelle même pas qu’on me l’ai réclamé. Cela dit, je me souviens de toutes mes notes. Ou presque. Mais je ne peux rien prouver.

Copie des relevés de notes d’examen obtenus après le baccalauréat et des diplômes. Mais qu’est-ce qu’ils me demandent mes relevés de notes d’il y a plus de vingt ans. Enfin, je peux comprendre. Moi aussi j’ai fait une sélection il n’y a pas longtemps. Et j’ai lu tous les relevés de notes. Enfin, pas tous, non. C’est long et chiant à lire. Et souvent incompréhensible pour les gens qui ne sont pas du sérail (ce qui est mon cas). Voir les diplômes avec ou sans mention a suffit à mon bonheur. Eh bien une fois de plus, ils n’auront que les diplômes.

Copie des relevés de notes de chaque année d’études post-baccalauréat. Ouh, je suis larguée, moi. Ce n’est pas la même chose que dessus ? Ce ne sont pas les notes du contrôle continu qui font que l’on a ou non son année validée ? Bon, de toute façon, je n’ai pas non plus. Inutile de perdre du temps avec ça. Ah si, j’en ai retrouvé trois. En espagnol. Mais il n’y avait pas marqué à quelle année ça correspondait. Je zappe.

Copie du programme officiel des études suivies après le baccalauréat (matières obligatoires plus options ainsi que le volume horaire). Non de d’la. Ils veulent ma mort. Je n’ai même jamais eu un document pareil. Et si je l’avais eu je ne l’aurais sans doute pas gardé pendant vingt-cinq ans. Par curiosité, je suis allée voir sur le site d’une de mes anciennes fac le programme de la licence d’espagnol. Eh bien, c’est plus du tout pareil. Ou alors c’est pareil, mais ils ont changé tous les intitulés. D’ailleurs, moi, à mon époque, ça s’appelait UV. Pas pour “bronzette en caisson” mais pour unité de valeur. Visiblement, nous n’avons plus les mêmes… Le volume horaire… pfff

Copie des pièces justifiant des acquis professionnels ou personnels. J’ai laissé tombé le personnel. Pour les acquis professionnels je me suis demandé s’il falait que je leur donne tous mes bulletins de paie depuis que j’ai arrêté mes études… y compris les bulletins de piges. Mais j’ai fini par abandonner. Je n’ai pas de brouette pour transporter le tout. Je me suis contentée de leur transmettre mon CV. Après tout, cela a bien suffit pour qu’on me donne un poste, ça devrait le faire pour une carte d’étudiant.

Eventuellement, copie de la décision de validation d’acquis obtenue antérieurement. Miracle !!! Je l’ai gardée.  Ouiii. Avec la décision positive. Ça m’a bien aidé d’ailleurs. Parce qu’en dehors des papiers à fournir, il y a le tableau des années universitaires à remplir. et comme j’avais fait la même chose ma dernière année, je n’ai eu qu’à recopier. C’est là que je me suis rendue compte que j’avais mis quatre ans à valider ma deuxième année d’espagnol. Et que s’est ouverte la porte des souvenirs.


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…/…

lundi 18 mai 2009

Un week-end entre amis 1

J’avais a peine quitté la vie, assise dans mon TGV que le ciel s’est dégagé, le bleu est revenu et le soleil a illuminé la campagne française.  Quand le train a traversé La Loire, dans cette lumière toute neuve de printemps, mon cœur a fait un bon. Je rentrais chez moi.

C’est une chose qui m’étonne chaque fois que je rentre. J’ai un sentiment violent et heureux de retour à la maison. Je reconnais les champs, les maison troglodytes, puis nous traversons la Loire, Saint-Pierre-des -Corps et sa gare tentaculaire, le centre commercial, les petites rues, le rond point que j’emprunte chaque fois que j’emmène les filles à l’escrime, la maison qui fait l’angle, la passerelle, toutes ces marques de mon quotidien. Puis, enfin, la gare. Pourtant, il y a encore un an Tours n’était pour moi qu’un joli labyrinthe (dont une rande partie reste cependant à déchiffrer). Comment passe-t-on d’étranger à familier ?

Ce que je préfère, quand je rentre, c’est la traversée de la Loire. Je l’aime, presque plus que la Seine. C’est un fleuve qui met du sauvage dans la ville, de la rébellion dans le béton, du pied de nez dans nos dessins de constructeurs. C’est un fleuve impétueux et baroque qui change chaque jour, gonfle puis s’abaisse, exhibe ses îles pour mieux les avaler, plus tard, jamais de la même couleur. Et habité, de poissons, de hérons, de cormorans, de castors, de ragondins, de loutres que l’on peut même apercevoir des berges citadines.


Mais pour goûter aux délices du retour, il a bien fallu que je parte. Ce que j’ai fait vendredi après-midi, sans les filles. J’avais décidé, oui, d’un week-end juste à moi, d’un petit voyage pour les amis. Je suis partie un peu à la bourre. A force d’avoir du temps devant moi, j’ai un peu trop traîné et surtout j’ai oublié que j’avais encore mon billet  récupérer au distributeur. La fois précédente, j’étais carrément arrivée avec dix minutes de retard. Je n’ai heureusement pas récidivé. Arrivée à Paris, je me suis tranquillement dirigée dans mon ancien quartier. C’est là que j’avais rendez-vous trois heures plus tard pour voir une pièce de théâtre avec ma sœur. Impossible de me baguenauder aux Abbesses sans croiser des connaissances et des amis. J’y ai vécu presque trente et j’en connais chaque recoin, même si les boutiques attirants les nouveaux riches changent tous les jours. Je me suis arrêtée à l’école des filles, pour tailler une bavette avec la directrice. Puis chez mes amies stylistes pour enfants. Puis je file au restaurant, je meurs de faim. Je suis presque en hypoglycémie. En fait, non, je suis en train de tomber malade, mais je ne le sais pas encore.
A 20 heures, je me dirige tranquillement vers le théâtre des Abbesses. Je reçois un SMS de ma sœur qui  me prévient de son retard. Je lui laisse la place à l’accueil. Le hic, c’est qu’en général, les ouvreuses replacent les gens juste avant le spectacle, pour boucher les trous. Et je ne suis pas sûre de pouvoir garder un siège voisin. En fait l’ouvreuse est sympa. Du moment que je certifie que ma sœur arrive, je peux lui garder la place. Il faudra que je la défende bec et ongle car les spectateurs moins bien placé tente de me la ravir. Heureusement, Aude arrive juste à temps.

La lumière baisse et nous voyons entrer sur scène une femme entre deux âges, vêtue d’une combinaison de soie, marchant pieds nus. Elle s’installe à une table et commence à raconter son odyssée dans un super marché. Les premiers rires fusent. Il faut dire qu’elle est drôlement corrosive, ou acidement drôle. Bref, tout le monde reconnaît la scène et on aurait aimé avoir ce talent là pour la raconter. Elle attend à la caisse. Devant elle un couple aux deux charriots plein à ras bord. La femme qui pose les produits sur le tapis de la caisse, et l’homme les bras croisés, qui critique tout : et pourquoi tu as pris ceci, tu sais bien que je n’en mange pas, et tu as vérifié le prix de celui-là ? Tu crois que l’argent pousse dans les arbres ?
Et notre héroïne de s’adresser in petto à sa congénaire : “Barre-toi ! Mais fous le camp, laisse le tomber, ce connard…” Elle s’interroge alors sur ce qui pousse les femmes à rester. Puis, après un grand silence, elle ajoute que, pour la première fois, après toutes ces années, elle se demande ce qui l’a poussé, elle, à faire ce choix. Parce que les femmes, les autres, ne l’ont pas ce choix. Elles sont nées comme ça, femme… Mais elle, elle a choisi de l’être, de le devenir. Notre héroïne est transsexuelle.

Pour qu’on puisse mieux comprendre, elle déballe alors sa vie, du jour de sa naissance à maintenant, la soixantaine sonnée. Ses parents, malheureux mais au combien compréhensif (le moment où ils apprennent qu’elle s’est fait opéré est un pur moment d’émotion et d’amour), ses années d’apprentissage du théâtre quand on la voulait en Roméo et qu’elle se préférait en Juliette, son voyage au Maroc en 1975 pour devenir la pramière transsexuelle belge, la prostitution, son mariage, son retour vers le théâtre enfin. Et tout au long, on rit aux malheurs de cette diva hors normes, jusqu’à ce qu’elle nous cueille, à l’émotion, et nous atteigne en plein plexus. Ouch ! Mais quel bonheur que cette pièce, quelle humour et quelle générosité. Merci Vanessa van Durme pour ce pur bonheur de vous voir, de vous applaudir, pour nous avoir fait partager cette vie bousculée et bousculante…




samedi 28 février 2009

Je suis en conclave

Les belles journées, c'est un jour sur deux. Mercredi, il a fait un temps radieux. Nous avons été nous promener sur la côte de Plougastel. Nous avons pris le soleil, Léone s'est à noubeau trempé les pieds. Nous nous sommes promené dans la lande. Une superbe après-midi.

Le soir, devant un bon feu de cheminée, j'ai commencé le tome 1 de Millénium. J'ai éteints la lumière à 4 heures du matin, ce qui n'était pas une bonne idée puisque le programme prévu était chargé. Nous devions aller du côté de Ouessant, revenir, aller faire un tour sur le port de Brest pour photographier les peintures murales. Puis rentrer et repartir pour Tours, 500 kilomètres environ.

Donc 4 heures du matin, ce n'était pas une bonne idée. En fait la mauvaise idée, c'était d'avoir commencé un gros pavé comme Millénium la veille de notre départ. C'était couru d'avance que je n'arriverai pas à finir le bouquin. Alors je suis partie avec. Non, ce n'est pas vrai... Je ne suis pas comme ça.

Je me suis levée bien plus tard que prévu. Il faisait gris plomb. Bon, pas trop le temps idéal pour une balade au bord de l'eau.  J'ai pris le bouquin et j'ai continué ma lecture dans le salon. J'ai laissé Léone dormir. Quand celle-ci s'est réveillée, elle n'avait pas envie de bouger. Je n'ai surtout pas insisté, je n'avais toujours pas fini le bouquin et puis, de toute façon, c'était trop tard pour Ouessant. J'ai fait le ménage. J'ai proposé à Léone de faire un tour sur le port en même temps que nous partions. Elle était d'accord et j'ai pu me remettre au roman l'âme en paix. Et puis je l'ai enfin terminé. Et nous sommes parties.

Nous sommes allées sur le port. Nous avons garé la voiture et fait le tour de quelques rues ou des bâtiments arboraient des tags, des collage ou des stickers. Il y en avait de franchement magnifiques, comme ces immenses mecs. Je me suis régalée à les prendre en photo, même avec mon téléphone portable. Faudra vraiment que je retourne à Brest avec un reflex...

Dans le port de Brest

Nous sommes passées ensuite devant un lieu de perdition une boutique de souvenirs et nous y sommes rentrées. Léone m'a demandé si on "pouvait acheter un petit peu...". J'aime beaucoup la notion. Nous avons donc acheter un petit peu. Puis nous sommes retournées à la voiture et nous avons pris la route pour Tours. Il y  a eu un peu de monde jusqu'au Mans... Mais la route s'est déroulée, tranquille. A 23 heures nous étions à Tours et retrouvions le chat qui n'en pouvait plus de solitude et qui nous a fait des câlins à n'en plus finir.

La petite et moi n'avions aucune envie de dormir, après la tension de la route. J'ai répondu à mes mails jusqu'à 2 heures du matin, notamment des trucs pour les parents d'élèves sur le réaménagement du temps scolaire. A 3 heures, je me suis dit qu'il était temps quand même d'essayer d'être bien dans mon lit. Le résultat n'a pas été terrible. Par contre, quand le réveil a sonné à 8h30 le matin, j'ai trouvé que dormir, finalement, ce n'était pas si mal. Mais voilà, ce n'était plus possible. Avec cette fatigue, la journée promettait d'être plutôt bordélique. Ça n'a pas loupé. Enfin, au moins, le temps a été radieux.

Je me suis habillée et je suis partie cherchée le chien à son chenil. Je vous passe la joie des retrouvailles, je ramène le bébé à la maison, je m'occupe de mes mails. Je finis par prendre un petit déj rapide, Ma sœur arrive sur ces entrefesses, avec sa fille et sa belle-fille. On se salue on papote on conclave et au bout d'une heure, alors que nous allions passer à table : "Où est le chien ?"

Nous cherchons partout et très vite, il faut nous rendre à l'évidence, le chien n'est pas dans la maison, ni dans le jardin. J'envoie Léone faire le tour du quartier. Elle fait chou blanc la première fois. La seconde, elle tombe sur les gens qui ont recueilli le chien et qui viennent quasi de le remettre à la fourrière. J'arrive à trouver le numéro de téléphone. Effectivement, ils ont bien le chien et j'ai une heure pour aller le récupérer. J'y vais, j'y cours même (c'est à l'autre bout de la ville), je reviens. On déjeune enfin. Je fais la vaisselle. Je me prépare à faire quelques courses. Luciole me propose de m'accompagner avec la Merveille. Nous partons en voiture et là, au moment de tourner au coin dela rue, j'aperçois une dame dont la tête me dit quelque chose, et pour cause, c'est la personne qui nous suit à la demande du juge pour enfant. J'avais zappé son rendez-vous. Je jaillis de la voiture, je l'accueille. Nous passons une bonne heure à parler ensemble. Puis elle repart.

Je vais faire mes courses. Je reviens. Je me mets à la fabrication d'un pain pour demain matin. Je lance la machine. Je papote, je discute, je conclave... Une bonne heure plus tard, j'avise un objet sur la table qui me rappelle quelque chose oui, mais quoi... Ah ! c'est très con, c'est la lame du pétrin de ma machine à pain. Je regarde dans la machone, effectivement, tout est à jeter. Heureusement pour moi, j'arrive à faire un petit salé aux lentilles convenable.

Et puis j'ai repris le conclave avec ma sœur. Il est sorti de cette réunion au sommet, sur la suggestion de la jeune belle-fille de ma frangine, que, désormais, on remplacerait le mot couilles, dans les expressions qui le contiennent, par le mot vagin et ses dérivés. Ce qui donnera :

- je m'en bat le vagin
- Sois passe casse-vagin
- Il a du vagin !
- Il est sévèrement vaginal !

Si vous avez d'autres suggestions, vous poubez nous écrire en poste restante via le mail ou les commentaires...

mercredi 25 février 2009

Coquillages et crustacés

J'avais écrit un long post, et au moment d'enregistrer, Internet m'a tiré la langue et pouf, mon post a disparu. Je déteste Internet, parfois. Il est 1 heure du matin, j'étais sur ce post depuis 11 heures. C'est pô juste.

Ce matin, quand la petite a ouvert les volets, elle a poussé un cri : "Il fait beau." Chouette, me suis-je dit, on va pouvoir aller voir la mer d'un peu plus près. Aussitôt dit, aussitôt pas fait. J'ai trainé. J'aime bien prendre mon temps le matin, quand je suis en vacances, je cours déjà bien assez comme cela. Le problème, c'est qu'ici, c'est N. qui nous l'a dit, quand il fait beau, il faut se précipiter, parce que ça risque de ne pas durer. Alors quand j'ai vu les premiers nuages pointer leur nez, j'ai rameuté ma troupe (qui est assez réduite, c'est l'habitude qui me fait dire ça) et nous avons filé à la voiture.

N. Nous avait indiqué une jolie promenade, un parc où il y avait un jardin botanique, une crêperie et une balade jusqu'à la mer et la plage du Moulin blanc. Le hic, c'est que je n'arrivais pas à me souvenir du nom du parc. Je l'avais pourtant repérer sur un plan de la ville trouvée chez Eor. Mais impossible de garder ce nom là en tête. J'avais cependant mémorisé la route. J'ai loupé une bifurcation sur la gauche. Nous nous sommes retrouvées à la plage du Moulin Blanc sans passer par la case parc. Ce n'était pas très grave. Pour la petite, ce qui importait surtout, c'était la mer. Maman, on va se baigner ? m'avait-elle demandé quinze fois. Ce à quoi j'avais répondu quatorze fois que non, on ne se baignait pas en hiver en Bretagne (et que même, en été, certains...). La quinzième fois, je me suis contenté de soupirer. Elle a très bien compris. Elle sait. mais elle n'arrive pas à se défaire de cette idée que la mer, c'est un endroit où on se baigne. Elle n'est pas moitié Guadeloupéenne pour rien.

Nous avons envahi le sable blanc. C'est qu'à nous deux, nous doublions d'un coup le nombre d'humains présents. Par contre, pour les mouettes, c'était probablement carnaval. Elles étaient en masse sur une ligne qui longeait l'eau. La petite a voulu les voir de plus près (en fait, non, elle voulait juste se mouiller au moins les pieds). Les oiseaux se sont envolés et ont reculé de 15 mètres. Nous ne risquions pas d'aller les embêter là bas...

La petite a trouvé l'eau froide. Elle a du mal a considérer que la mer puisse être autre chose que chaude. C'est l'atavisme, sans doute. Mais elle est restée pieds nus. Elle n'est pas frileuse des pieds. C'est toujours ça. Il y avait de très nombreux coquillages sur le sable. Des bivalves dont je ne sais pas exactement si ce sont des coques, des palourdes ou des praires. Mais dont je sais que, normalement, c'est comestible. Nous avons commencé par en ramasser des vides, pour alimenter la collection de coquillage à la maison. Puis je me suis dit que c'était idiot, quand même, ça nous ferait un repas. Alors nous sommes remontées à la voiture chercher un sac. Les deux autres bipèdes présents (je ne parle pas des joggeurs qui ne faisaient que passer) remplissaient déjà des poches.On a fait de même et en quelques minutes, nous avions notre dîner. Ni plus ni moins.

Puis nous sommes retournées à la voiture. Il nous restait à trouver la deuxième moitié de notre graal. Trouver une crêperie. C'était mardi gras, une bonne journée pour manger des crêpes. A défaut des beignets de carnaval. La radio m'a annoncée la mort de Pierre Castagnou, le maire du 14e arrondissement de Paris. Je le connaissais. J'ai bossé avec lui il y a longtemps. C'était un mec bien. Le ciel s'était plombé, mon humeur aussi.

Quand je ne suis pas à la recherche d'une salle d'escrime, j'ai plutôt un bon sens de l'orientation. J'ai retrouvé le quartier du parc dont m'avait parlé N. Puis j'ai enfin vu les flèches indiquant le jardin botanique. Cinq minutes plus tard nous entrions à Stangalar (le fameux nom dont je ne me souvenais jamais). Dix minutes plus tard nous étions installées à une table du Blé Noir (la crêperie). Nous nous sommes régalées. Un peu trop même. Nous étions gavées en sortant. Alors nous sommes parties nous promener, histoire de digérer les crêpes et les mauvaises nouvelles.

Nous avons découvert les prémices du printemps, les premières jonquilles et primevères, des bourgeons partout, des fleurs éclatantes. La petite a joué longtemps au bord d'un mini lac, nous nous sommes raconté des trucs. Elle m'a parlé de ses soeurs. Elle était à la fois très heureuse de m'avoir tout à elle et en même temps ses soeurs lui manquaient. Elle m'a dit qu'il faudrait que nous revenions ici toutes les deux, mais en été. Et sans ses soeurs. Mais c'est pas obligé que ça soit en 2009, ça peut être en 2011 ou 2010... J'aime beaucoup les précautions qu'elle prend... Et puis nous avons traversé une forêt de bambous...

Nous avons déambulé, crapahuté pendant deux bonnes heures. Nous avons retrouvé la voiture qui nous ramené direct à la maison. C'était pratique. J'ai mis les coquillages à dégorger. Puis je me suis plongée dans un bouquin pendant que la petite jouait, puis dessinait, puis s'ennuyait. Ha ! la vie sans télé, c'est dur parfois...

J'ai préparé les mollusques (après avoir vérifié sur Internet qu'il n'y avait pas d'interdiction). C'était bon. Puis nous avons fait la vaisselle et nous sommes reparties vers nos occupations. Moi, j'ai terminé La Voix, d'Arnaldur (vous remarquerez que j'ai adopté la mode islandaise de n'utiliser que le prénom, le nom de famille en tant que tel n'existant pas). Léone a emmené ses jouets dans son bain. La soirée est passée en douceur. En écoutant les infos j'ai appris qu'à Pointe-à-Pitre, en lieu et place du défilé du mardi gras, le préfet avait joué une mascarade. Mauvais karma.

Demain, c'est le mercredi des Cendres. La journée de deuil. Le roi du Carnaval est mort. Avant même d'avoir vécu cette année. J'espère qu'à défaut de pouvoir brûler Vaval, les Guadeloupéens ne brûleront pas autre chose. Quand à moi, j'irai vêtue de noir et blanc me promener le long de l'océan en rêvant à l'île aux Belles Eaux.


Il est 2 heures du matin, et je n'ai toujours pas mal au ventre. Vu que nous les avons mangé à 20 heures, je pense maintenant que les mollusques étaient comestibles... J'aime vivre dangereusement

mardi 24 février 2009

Poissons de Brest

Aujourd'hui, il faisait humide, mais pas trop froid. Gris surtout. Nous avons décidé (enfin, j'ai décidé et la petite était d'accord) d'aller à Oceanopolis. Je connaissais l'aquarium que j'avais visité avec les filles et le Nôm. Mais la petite l'était trop pour s'en souvenir, même pas 3 ans. J'ai encore plein de photos de cette période-là. Encore heureux, parce que je n'en ai pas du tout de cette visite-ci. J'ai pris quelques photos minables avec mon portable, mais je n'avais pas rechargé la batterie... Alors.

En tout cas, l'aquarium n'a guère changé depuis cinq ans. Il y a quelques nouveaus specimens, d'autres qui ont disparu. Je n'ai pas retrouvé ces énormes roussettes que j'avais aperçues la fois précédente. Par contre, on a pu admirer deux très beaux requins zèbres. Nous avons discuté avec le plongeur qui s'occupe du bassin tropical, assisté au repas des manchots et des phoques (pas en même temps, bien sûr). Et puis nous avons été me ruiner dans la boutique aux souvenirs. Comment peut-ont vendre des souvenirs ?

Je ne sais pas si c'est parce que j'y suis plus sensible, ou parce que la chose a évolué, mais j'ai trouvé l'aquarium plus proche des préoccupations écologiques que la fois précédente. En tout cas le signal d'alarme sur les coraux et sur les pôles était bien plus présent. Nous avons loupé de peu une semaine spécial Guadeloupe (ça se terminait hier avec un défilé de carnaval). Léone a voulu acheter une peluche. Mais elle ne voulait qu'une peluche WWF. Parce que c'était un signe qui était important pour Garance (la peluche est un cadeau pour sa soeur). Je suis de tout coeur avec cette organisation, mais les peluches siglées coûtait le triple des autres et je ne pouvait quand même pas en acheter une à 35 euros. Plus de 200 francs. Je calcule rarement en francs, sauf quand je veux me persuader de la chereté d'un objet. J'ai dit à Léone qu'avec une telle somme, je pouvais nous nourrir pendant une semaine. La suite me prouva que j'avais raison.

Nous sommes reparties peu avant 18 heures. Nous étions arrivées à midi. J'étais fourbue, elle avait mal aux pieds. Et puis le froid était tombé, elle n'était pas assez vêtue ayant refuser de prendre la polaire que je lui tendais en partant. Nous avons garé la voiture au pied de l'immeuble où nous sommes (génialement) hébergées et nous sommes parties à pied à la recherche du Biocoop qu'on nous avait indiqué. Je n'étais jamais rentré dans un biocoop. Dans des magasins bios, oui, mais pas dans un de ceux-ci. A Paris, les magasins bios sont le plus souvent des pièges à bobos fortunés. Ici, il y avait de tout, du raisonnable et du hors de prix. NOus nous sommes fait quelques petits plaisirs, prévu plusieurs repas jusqu'à notre départ. Un bouteille de jus de pomme pour elle, de cidre pour moi. Nous en avions pour 34 euros. Tu vois, lui ai-je dit à la caisse, le pris de la peluche. Elle a acquiescé d'un air grave. Plus loin dans la rue, elle m'a dit qu'elle aimerait qu'un jour, on ai beaucoup d'argent. Elle m'a rappelé sa grande soeur. Qui voulait qu'on arrête d'être pauvre. Mais nous ne sommes pas pauvres, tu ne sais même pas ce que c'est d'être pauvre. Ce n'est pas parce que je te refuse des trucs parce qu'en ce moment on ne peut pas, que nous sommes pauvres...

Je ne leur ai jamais rien caché question argent, parce que j'ai été élevée comme cela. Mais je n'ai jamais eu l'impression d'être pauvre, bien au contraire, je me sentais plutôt privilégiée. Mais je n'habitais pas dans le même milieu. Nous évoluons en milieu bobo ou très bourgeois. Dans mon enfance en Charente, je suis entrée dans des maisons qui ressemblaient plus à des taudis qu'à autre chose. Quand je repense à mes 10-14 ans, à mes camarades d'école, je mesure la différence avec ma famille et le milieu dont j'étais issue. C'est comme si, moi, je n'avais pas bougé de place, mais qu'autour le paysage, et donc le point de vue que l'on peut avoir sur soi même, avait changé.

C'est après-midi, j'ai éprouvé le même genre de sensation. Dans le pavillon polaire d'Oceanopolis, il y a la projection d'un film sur écran géant. Je ne donnerai pas de chiffre, je me tromperai. J'y réfléchissais d'ailleurs, dans la salle : ça ne peut être 360 degrés, puisque sinon, ce serait totalement circulaire. Pas non plus 180, mais plus de 90... Enfin, à un moment, on projetait une balade en hélicoptère au dessus de la banquise. Vu que la totalité de notre vue était capturée par l'écran, nous avions physiquement la sensation d'être dans l'hélico. Quand celui-ci se penchait pour virer, nous avions l'impression que notre corps penchait aussi. J'expliquais à la petite que les informations que donnait notre vue à notre cerveau trompait celui-ci et que c'était lui qui, de façon erronée, nous donnait des sensations que nous aurions dû vivre si nous avions été réellement dans l'hélico. Pourtant, nous étions toujours assises sur notre banc, dans la salle de cinéma. C'est juste le paysage qui avait changé et nous donnait un autre point de vue de nous-même.

Nous sommes rentrées avec nos courses. La petite s'est mise à jouer sur le canapé et j'ai continué un bon roman policier islandais emprunté à l'hôte de ces lieux. Arnaldur... Envoutant.

Et puis la soirée s'est laissée glisser. La petite dort maintenant. Entourée de toutes ses peluches qu'elle avait emmener de la maison. Donc un certain gorille noir dont elle ne se départit jamais. Un petit gorille noir qui me renvoie à d'autres points de vue, de ceux qui ne me font sentir nulle par chez moi. Oui, c'est ça. Depuis un an, je n'ai pas réussi encore à me considérer comme étant chez moi quelque part. Et c'est douloureux. Je pense que c'est aussi à cause de cela que je ne dors plus beaucoup. Il faut que je veille...

Le week-end prochain, nous devons monter à Paris. J'ai un rendez-vous désagréable. Mais comme les filles sont en vacances, je les emmène. Je n'ai pas d'hébergement prévu. Parce qu'à part une personne à qui j'ai osé (après des jours de tergiversations) en parler, les autres, niet. Simplement demander : est-ce que tu peux m'héberger ? à une copine, je n'y arrive pas. ça me renvoie à des mois en arrière. Ce n'est pas tout le temps comme ça. ça va ça vient. Quand je monte seule, je ne me pose pas de questions. Et quand je suis juste avec un des filles non plus. Mais quand nous nous retrouvons toutes là bas... Les angoisses remontent. Elles m'ont demandé ce voyage, je le leur ai promis. Mais ça me fait grincer des dents. Depuis quelques jours, c'est violent.

Je crois que le seul endroit où je serais bien, c'est sous mon lit. C'est pour cela que je me force à partir. Pour ne pas m'y retrouver, sous mon lit. Ce serait un putain de retour en enfance, quand je m'y planquais, sous mon lit...

dimanche 22 février 2009

Cap à l'ouest

Zone de stress, de gros stress. J'essaie de survivre dans les turbulences. Je serre continuellement les mâchoires et, du coup, j'ai mal partout. Je ne grince pas encore des dents, tant mieux, vu leur état, il ne manquerait plus que ça. Commes les filles vont beaucoup mieux, j'ai du mal, moi, à vivre. La gorge nouée, l'angoisse aux tripes. La moindre pécadille prend des allures de Bérézina. La moindre chose à faire me paraît absolument insurmontable. Je me déteste quand je suis dans cet état là. Je reste des heures devant mon ordi, sans rien faire de constructif, je ne me couche pas avant 2 heures du matin (de toute façon, je ne dors pas avant), je suis épuisée dans la journée. Et mon humeur s'en ressent.

Et puis j'ai appris une mauvaise nouvelle. Une grosse enveloppe de sous qui aurait dû me mettre à l'abri pendant quelques temps, me passe sous le nez. J'ai accueilli la chose froidement au début. Mais hier, la carapace s'est fissurée et j'en aurais pleurer toute la journée de rage, s'il n'y avait pas eu les filles.

J'ai été odieuse avec les filles aussi, pendant toute la journée. MAis ça, je sais pourquoi. Les deux grandes prenaient le train le soir même pour aller chez une de mes tantes. Et je ne suis pas encore prête à laisser mes chatonnes partir. La séparation m'est douloureuse. Elle m'angoisse. Au moment de partir, la grande avait oublié quelque chose, elle m'a donc emprunté mes clés pour entrer dans la maison. Une fois que je l'ai eu mise dans le train avec sa soeur, je suis retournée à la voiture avec la denrière, et là, le coup au coeur : mes clés ! Je lui ai envoyé un SMS fébrile, puis je l'ai appelée, une fois, deux fois, tombant sur sa messagerie. Pendant tout le trajet de retour, je m'imaginais escalader le mur qui donne sur le jardin, appeler les voisins à l'aide, me casser la figure dans mon jardinet, me rompre la cheville. Jusqu'à ce que je reçoive un appel de la grande me disant : "Mais enfin, Maman, je les ai mise dans la boîte à gants... Je te l'ai dit..." Je n'avais même pas pensé regarder. Ma capacité à me faire du cinéma n'a d'égal que... je ne sais pas.

Je suis rentrée par la porte, donc. Et j'ai préparé le repas. Puis je me suis affalée devant la télé avec mon verre de vin blanc. Je ne sais même plus ce que j'ai regardé. Puis je me suis affalée devant mon ordi (sans mon verre, je l'avais terminé). Et à 2 heures du matin, je me suis affalée dans mon lit essayant de me faire une place entre une petite dernière qui n'arrive toujours pas à dormir toute seule, le chat et le chien. J'ai viré le dernier parce qu'il se grattait les puces. Il a dormi dans son panier sous le radiateur.

Je me suis levée pas très fraîche à 9 heures, j'ai mis les animaux dans le jardin histoire d'avoir à éviter de ramasser trop de pisse et de crottes. J'ai surnommé le chien "Crotteux". Il commence à y répondre devant les mines scandalisées des filles ('mais je ramasse plus qu'elles, ça les dégoûte trop, quand elles auront eu des enfants à gastro, elles seront moins dégoutées), puis j'ai commencé à préparer mon sac. En effet, petite dernière et moi avons été invitées à Brest dans l'appartement du capitaine Eor. J'étais à la fois super contente de partir et super angoissée. Au point de ne rien avoir organisé avant. Du coup, il a fallu que je me dépêche à tout faire le matin.

Heureusement, j'avais tout de même trouvé une pension pour le chien (trop crotteux pour l'emmener où que ce soit) et des voisins sympas pour venir nourrir le chat. Bref, le chenil se trouvant sur la route du Mans, il était aussi sur notre chemin. Nous avons donc dit au revoir au chat et nous avons embarqué le chiot avec nous. Qui n'en menait pas large en arrivant devant don box trois-étoiles dans le vacarme assourdissant de ses congénères. Nous sommes parties très vite, petite dernière pleurant toutes les larmes de son corps. Les séparations, ce n'est pas son truc non plus en ce moment.

Et puis, nous avons repris notre route. JE n'ai toujours pas de GPS. Mappy m'a fait faire un détour de 16 kilomètres, on se demande bien pourquoi. Il a la faâcheuse manie de donner des noms aux routes qui ne sont plus ou pas encore indiqués sur les panneaux. J'ai cherché la D2 un moment, et puis en plus, ce n'était pas le plus court.

Le Mans, Rennes, Lamballe, Saint-Brieuc, Morlaix, Brest. La route du bout du monde est longue et bruineuse. Ne dites pas : comme en Bretagne : la pluie m'a suivie. N. qui m'a accueillie à Brest a passé l'après-midi à pique niquer sur la plage. J'espère que la pluie repartira avant moi.

Je me sens mieux depuis que nous sommes arrivées. La preuve, j'arrive à aligner trois mots sur le clavier. Nous allons passer une soirée tranquille, nous coucher tôt. Demain nous irons sans doute à Oceanopolis puisqu'on nous annonce un temps pas terrible (la pire journée de la semaine). Et ensuite, eh bien on verra : des balades au bord de la mer, manger des crèpes, boire du cidre (moi seulement, La petite se contentera du jus de pomme qu'elle adore), promenades, aération des poumons. Ce qui me fait bizarre, c'est de ne pas avoir d'appareil photo. Les grande en emmener les leurs. Le retour de mon reflex est annoncé depuis vendredi. Mais j'étais sûre qu'il attendrait que je sois absente pour revenir. Classique. Il ne me reste que mon téléphone portable. Et les photos ne sont pas terribles. Enfin, on fera avec, et puis je cacherai la misère en utilisant des textures...

En attendant, je remercie Eor de nous prêter son logement et Leeloolène pour avoir joué les entremetteuses. Ici, mes démons ont intérêts à s'envoler. Sinon, ça va barder, tonnerre de Brest !

Train train...

dimanche 1 février 2009

C'est quoi ton combat ?

Julio me pose une question : « De quel milieu tu es Akynou ! Puisque tu parle de 35h et de valeur sur le marché du travail. Moi je viens d’un monde de guerrier, de berger et de navigateur une société matriarcale, je suis une Cantabre. Le blog es très beau. C'est quoi ton combat ? » Ouch. Ça c'est de la question. C'est de ma faute aussi, c'est parce que je lui avais écrit ça sur le blog de Leeloolène. Je ne suis pas du genre à ma défiler. Alors voici une tentative de réponse.

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jeudi 8 janvier 2009

C'est l'hiver qui frappe à notre porte

Je me plaignais d'avoir de la neige alors que je vis au sud de la Loire (1 kilomètre), mais quand on voit la situation à Marseille et à Toulouse, bien pire, je me dis que j'ai de la chance.
Je me souviens de vacances passées à Toulouse, un hiver. La Garonne avait gelé. Pourtant, aux alentours du pont Neuf, elle est plutôt tumultueuse. L'eau des robinets était coupée à partir de 16 heures, sinon, à cause du gel, elle faisait péter les canalisation. On ne comptait plus les bras et les jambes cassées suite aux chutes sur le verglas auquel les Toulousains sont, à vrai dire, peu habitués.
Bref, en ces temps de froid, je pense à eux.

Dans le quartier, personne n'est venu pour saler. Les quelques employés municipaux que j'ai vu (deux) sont armés de pelles et cassent la glace. Moi je dis qu'il n'ont pas fini. Autant attendre le dégel. Les petits vieux ne sortent plus. Ou alors à pas menus. Les enfants sont aux anges. Le pare-brise de ma voiture était recouvert d'une couche de neige et de glace. Il a fallu que je verse de nombreux seaux d'eau chaude pour enlever tout ça. Certains ont cru malin de faire la même chose sur leur trottoirLe sol est maintenant recouvert d'une couche de glace transparente quasi invisible. Un vrai danger public.

En me promenant dans les rues, j'ai remarqué une chose. Je repère sans problème les endroits où s'exilent habituellement les fumeurs. En ces temps plutôt frais (entre -5 et -15 °C, je tremble pour mon Fatsia japonica), on ne les voit plus trop, mais l'odeur reste, plus vive. C'est quelque chose qui ne me frappe pas d'habitude. Et ce n'est tout de même pas les mégots pris dans l glace qui peuvent expliquer ce phénomène 


il a neigé à tours 2

(d'autant que pour ceux-ci, je soupçonne plutôt un automobiliste indélicat qui a vidé son cendrier dans le caniveau)

J'ai croisé une dame chaussée de drôle de brodequins. Sur ces jolies chaussures de vlle, une lanière de cuir tenait des crampons. C'était très seyant. Une paire de vieilles chaussettes aurait fait aussi bien l'affaire. Mais cela n'aurait pas été plus élégant. Mais peut-être plus chaud. Lou a enfin renoncé à ses Converses. Au bout du troisième jour, elle en a eu marre de se geler les pieds. Je lui avait proposé de lui prêter des chaussures plus adaptées, mais elle ne voulait pas en entendre parler. Hier, elle a fini par accepter et n'a plus quitté mes bottines fourrées de la soirée. Ce matin, elle est partie au collège avec. Idem pour le manteau qu'elle ne trouvait plus du tout à la mode et qu'elle porte depuis le début de la semaine.

Le chat reste cloîtré à la maison. Il réclame pour sortir, mais ne tient pas très longtemps dehors. Du coup, des oiseaux s'enhardissent et viennent picorer des miettes sur la table de la terrasse. Nous avons vu un rouge gorge et une mésange bleue, ravissante. Le chien lui ne sort pas. Déjà, marcher dans la rue en laisse, il ne sait pas trop faire et on est obligé de le tirer. Mais alors marcher avec une laisse sur un sol couvert de neige ou de glace, cela dépasse largement ses capacités. Il vient juste d'avoir 2 mois, il a le droit de garder ses patounes au chaud.

Mes radiateurs sont débordés. Même s'ils sont à fond, il ne faisait que 17 °C dans ma chambre ce matin. Le manque d'isolation des pièces par rapport à la cave  est maintenant patent.

Bref. il fait froid. Mais après tout, nous sommes au début de l'hiver. Quoi de plus normal ?


Il a neigé sur Tours 2

lundi 5 janvier 2009

Il neige

Depuis que j'habite au sud de la Loire (1 kilomètre au sud, c'est déjà le sud), j'ai fait une croix sur les hivers neigeux. Déjà qu'à Paris, la neige était toute virtuelle ces dernières années, ou subliminale. Alors, à Tours, un manteau blanc, je n'y pensais même pas. Ici, les autres, ils disent comme ça qu'ils n'ont jamais vu la neige, où alors il y longtemps, ou ils ont oubliés, ou c'était pas beau. Enfin, ils l'ont jamais vue. C't à cause de la Loire, vous comprenez... Cela dit, l'hiver est particulièrement froid cette année. Il a déjà gelé de nombreuses fois. Depuis fin novembre, à chaque fois que je monte à Paris, il neige. C'était le cas le 30 novembre, le 9 décembre, le 22 décembre et enfin le 30 décembre. Mais la neige s'arrêtait toujours au niveau d'Orléans.

Aussi, quand il y a eu l'alerte météo hier, je me suis dit que ça ne me concernait pas plus que ça. L'Indre-et-Loire, oui, mais pas Tours. On est trop à l'ouest, trop au sud, trop humide, trop Loire... La neige a commencé à tomber vers 13 heures. Et depuis, elle n'a pas cessé. La route devant chez moi est blanche. Le jardin est blanc. Le chat ne veut plus sortir, le chiot n'en parlons même pas. Et moi... pas vraiment non plus. La neige tombe et s'installe. Elle ne fond pas. Il faut dire qu'en plus, il gèle la nuit. Les deux pousses mise à tremper dans des pots d'eau pour faire des racines, à l'abri sous la terrasse, sont désormais prises dans un gros bloc de glace. Il faudra que je montre cela à Garance demain. Je pense que mes légumes auront plus chaud dans mon frigo.

Cela dit, c'est joli. Dans ce petit coin tranquille de Tours, la neige garde encore tout son mystère. Les quelques voitures qui passent n'altèrent pas le tapis blanc. J'ai pris évidemment plein de photos... Ne sachant rien de l'état des routes et si la municipalité a ce qu'il faut pour saler les principales artères de la ville, je me demande si je pourrai aller à l'IUT. Je n'ai pas de cours cette semaine, heureusement. Si j'en ai le courage, j'irai prendre des photos en bord de Loire...


PS : je sais, les québécois vont encore se gausser de nos 2 centimètres de neige. Mais à Tours non de Dieu, à Tours, il ne tombe pas 2 centimètres de neige. On est au sud de la Loire, merde quoi !

vendredi 26 décembre 2008

J'adore cette année

J'adore 2008. C'est vrai, c'est une année géniale, enfin pour moi. Bon 2007 n'était pas mal non plus. Mais 2008, pardon, quel millésime !

Je ne me rappelle pas comment je l'ai commencée. Aucun souvenir du jour de l'an. Le blog me laisse supposer que j'étais chez ma mère. Les photos ne me racontent rien du tout. Elles ont disparues dans le cratch de mon disque dur. Donc, non, je ne sais plus. Et puis la période était compliquée. Je devais tenir mes enfants éloignées de leur père, sous peine qu'on me les enlève.

Je me souviens bien par contre que ça a été ma préoccupation pendant les cinq premiers mois de l'année. Faire en sorte qu'on ne me les enlève pas. Pour ça, j'ai quitté mon mari et ma maison, j'ai changé de boulot et de métier, de ville aussi. Oui, 2008, une bonne année quand on y pense...

Mais c'est pas grave, parce qu'il y a eu quand même de bons cotés. Il y a eu plein d'amis qui m'ont aidée. j'ai trouvé un nouveau boulot que j'aime beaucoup, une nouvelle maison bien plus belle que la précédente, une nouvelle ville, une nouvelle vie. Et je suis toujours avec mes enfants.

Ce mois de décembre s'achève sur la même tonalité : une longue suite de merdes plus ou moins grandes avec ça et là des trucs plutôt sympas. Voici les faits :

Mardi, la personne mandatée par le juge des affaires familiales pour mener l'enquête sociale, nous avait donné rendez-vous chez le Nom. Comme je suis une brave fille, et comme nous étions donc obligées de monter à Paris, j'ai donc proposé au Nôm que les petites passent la journée de lundi avec lui, que le lundi soir nous fassions un "réveillon" de noël, qu'elles dorment chez lui (et mois avec, ce qui me réjouissait comme on peut bien l'imaginer). Et puis le mardi, en quête sociale pendant que je faisais des courses dans le quartier, déjeuner en famille et sur les coups de 15 heures retour vers le bercail.

Ça ne s'est pas passé exactement comme cela. Vendredi, déjà, le Nôm m'a dit qu'il ne pouvait pas voir es filles pendent la journée de lundi. On a décalé le rendez-vous à 18 heures. Dimanche, nous avons fait la route sans trop de soucis, j'ai déposé Lou chez une de me sœurs, puis j'ai rallié le 19e où m'attendait une amie. Nous avons passé une soirée sympa, à papoter et à déguster une soupe absolument succulente.

Lundi, l'amie est partie travailler. Les filles n'avaient pas envie de bouger. Nous sommes donc restées au chaud. Je me contentais de descendre toutes les deux heures pour mettre des sous dans le parc mètre et faire des courses chez le Chinois d'en bas : jambons de noël, apéritifs, nouilles, queue de cochon, colombo. Il n'y a que chez les Chinois qu'on trouve de bons produits antillais. A 17 heures, branle bas de combat. Le 18e et le 19e ne sont pas éloignés, mais à certaines heures, ça demande du temps d'aller de l'un à l'autre. Nous sommes effectivement arrivée trois bons quarts d'heures plus tard. Plus un autre bien tassé pour trouver une place. En passant plusieurs fois devant notre ancien imeuble, nous avons vu que l'appartement était désert. Pas une lumière.

Après avoir garé la voiture, je l'ai appelé. Il n'était pas dans les parages. Il était à Bastille. Il arrivait. Je n'étais pas très contente, les filles non plus. Nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur. Nous avons été faire un tour dans le quartier. J'ai acheté des pains au chocolat. Puis nous avons été acheter une paire de bottes à Garance qui n'en avait plus. Vous dire que le modèle qu'elle a choisi me plaît serait abusif, mais il fallait bien compenser d'autres frustrations et le prix était raisonnable. Puis nous avons refait un tour du quartier. Deux heures et plusieurs coups de fil furieux plus tard, nous en étions toujours au même point. Il pleuvait. Nous étions assises dans la voiture. A 20 heures, j'ai rappelé. Il était toujours à Bastille. Les filles pleuraient. Je lui ai annoncé pr téléphone que nous partions. J'ai démarré la voiture et nous sommes retournées chez ma copine. Qui, prévenue, et pour faire passer la pilule aux petites, s'est ruée sur le Monoprix le plus proche pour leur acheter des cadeaux. Nous étions sensées passer une soirée de noël.

Trois quart d'heure après, le Nôm appelait. Nous pouvions venir puisqu'il était rentré. Mais comme dit l'adage, après l'heure, c'est plus l'heure. Je l'ai envoyé promener. Il n'avait tout simplement pas imaginer que je pouvais faire ce que j'avais dit. C'est bien le problème. Il n'a jamais cru que je mettrais mes menaces à exécution. Même au début de notre rencontre. Il m'emmenait dans des soirées en Guadeloupe où il n'avait rien de plus pressé que de me laisser tomber pour aller papoter avec les autres hommes. Je me retrouvais assise, dans un coin, au milieu de femmes que je ne connaissais pas, qui parlaient en créole de choses dont je me balançais totalement. La première fois, j'ai encaissé. La seconde, je l'ai averti que s'il recommençait, je partais. Et je suis partie. Sans rien dire. Sans esclandre, sans scandale, j'ai pris la voiture et je suis rentrée à la maison. Il ne m'en a pas voulu. Ça l'a même fait rire. Juste il prenait la précaution de prendre les clés de la voiture pour un prétexte ou un autre. Mais il n'a pas compris que je fais toujours ce que j'annonce. Comme il n'a pas cru trente seconde que je pouvais quitter la maison avec les enfants alors que cela faisait trois mois que je l'en avertissait.

Grâce à mon amie, nous avons passé une très bonne soirée. J'ai commencé par descendre trois verre de vodka glacée, histoire de reprendre le contrôle de la situation. Les filles ont eu des cadeaux et elles en ont été ravie. Nous avons fait un petit réveillon qui pour improvisé qu'il fut n'en était pas moins très agréable. Après l'amer, la douceur. J'ai sans doute passé une bien meilleure soirée que si j'étais restée chez M. le Nôm. Mais cette soirée-là n'aurait pas dû être pour moi, elle était pour les enfants.

Le lendemain, à 10 heures, nous sonnions à sa porte, en même temps que l'enquêtrice. L'air était glacial. je me suis éclipsée vite fait bien fait. J'ai fait des courses, des photos. Une heure et demi plus tard, j'ai eu le droit de rentrer. Il était plus détendu. Il a fait comme si de rien n'était. Moi aussi. j'avais dit ce que j'avais à dire. Il a préparé un repas créole. Lou était censée faire des courses aux Abbesses. Je devais donc l'y rejoindre puis nous repartions pour Tours. J'attendais ce moment avec impatience. Mais Lou était en retard. Au lieu de partir à 15 heures, je l'ai retrouvée à 16h30. Une heure et demie, ça n'a l'air de rien. Mais nous étions à la mauvais heure. Embouteillage partout. Des voitures dans tous les sens. Je fulminais. Je pestais contre la grande qui nous avait mis inconsidérément dans la panade. Nous avons mis trois heures pour arriver jusqu'au péage. A peine deux pour faire le reste.

Vous me direz que tout cela n'est pas trop grave en regard à ce qui s'est passé, avant. Non, c'est juste que... vous savez l'histoire du vase, de l'eau et la petite goutte. Enfin, la vie était quand même belle, et c'était tant mieux. Le lendemain ma sœur et son mari arrivaient. J'avais prévu un bon repas avec jambon de noël et vouvray en apéro, rôti de biche, purée de panais et de pomme de terre, pommes de terre sautées. un bon petit vin.

C'était sympa de les voir tous les deux, à la maison. J'étais heureuse. Nous avons passé deux jours super chouettes. La bouffe était bonne, enfin je le crois. Parce que je n'en ai pas totalement profité. J'ai attrapé une gastro. La pharmacie la plus proche m'a sauvée à peu près des nausées. Mais là, maintenant que les invités sont partis, je me vide. Enfin, mes intestins surtout.

Vous me direz... Non, vous ne me direz rien du tout. Je n'ai pas besoin. Je sais parfaitement me remonter le moral toute seule. J'aime les symboles. Et il me plaît de croire que cette année qui se termine, eh bien je lui chie à la gueule.

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