mercredi 27 février 2008

Une si longue journée (drame en trois actes) 3

Troisième acte

Cela me faisait du bien de retrouver d’autres personnes, de voir des sourires, des gens heureux d’être ensemble pour aller voir Luisa Miller, cet opéra de Verdi auquel j’avais déjà assisté la semaine passée avec Garance. La distribution des places achevées (qui a la place de qui et qui paye quoi à qui…), nous avons rejoint, Traou, une de ses amies et moi, la corbeille du quatrième étage. Nous avions pignon sur scène. Et ce n’était pas mal. Andrzej Dobber qui interprétait le père de Luisa étant malade, il fut remplacé au pied levé par Paolo Gavanelli. Ma place et le nouvel interprète furent les deux seuls changements notables que j’ai notés. Mes impressions résumées restent les mêmes.

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Une si longue journée (drame en trois actes) 2

Deuxième acte

Je suis parti en courant et suis arrivée dix minutes en retard au rendez-vous avec l’assistante sociale et la psychologue qui nous suivent à la demande du juge pour enfants. Je savais que ça allait être dur. J’avais depuis le matin l’angoisse chevillée à l’âme.

Je vis, depuis deux mois, avec l’impression permanente d’une catastrophe imminente. J’essaie de la tenir à distance en me disant que la cata, elle n’est pas imminente. Je suis en plein dedans. Hier, pourtant, la tension était montée d’un cran.

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Une si longue journée (drame en trois actes) 1

Je me souviens d’un livre que j’ai lu enfant, et dont l’action se situait en Andalousie. On y disait que le mardi était un jour de malchance. Un peu comme les vendredis chez nous. Les vendredis 13 surtout.

Hier, ce n’était pas une journée de malchance. Juste un peu de malheur. Et un peu de bonheur. Une journée, quoi.

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mercredi 20 février 2008

La brigade…

Nous étions, les filles et moi, convoquées à la brigade des mineurs. Nous y sommes entrées à 14h30 pour en ressortir vers 19h40. On nous avait prévenu que ce serait long. Ça l'a été.

Garance est passé la première sur le grill. Plus d'une heure. Quand elle revenue, elle m'a juste dit qu'elle avait eu du mal à parler et à dire des choses. A sa grande soeur, elle dira que la dame (l'inspectrice) l'avait engueulée parce qu'elle ne répondait pas aux questions et qu'on allait y passer la nuit...

Puis est venu le tour de Léone, de Lou (long aussi) et enfin le mien... Refaire l'histoire, détricoter les liens une énième fois en essayant d'être le plus précis possible, parce qu'à force, tout fini par se mélanger...

Et puis on m'a fait lire les dépositions des enfants. C'est violent. Un condensé de mauvais souvenirs, de cris, de coups, de peur, sur deux ou trois pages. Et curieusement, celle qui est la plus violente, c'est celle de la dernière, Léone, qui pourtant a été la plus protégée...

Mais une fierté tout de même. J'avais dit aux enfants d'être le plus honnête possible, parce que de toute façon, elles allaient être interrogées sur des faits déjà connus. Elles ont suivi la consigne à la lettre. Nos quatre dépositions sont d'une cohérence aveuglante, y compris dans mes absences. Nous avons dit toutes les quatre la même chose, chacune avec nos mots.

J'ai juste précisé deux ou trois choses, pour la chronologie.

J'ai relu ma déposition, j'ai signé. Nous sommes sortie avec les filles, confrontant nos impressions, ce qu'on nous avait demandé. Pour ne pas en rester là et simplement rentrer à la maison, je les ai emmenées manger au restaurant et je leur ai offert la boisson qu'elles voulaient, le plat qu'elles voulaient et même le dessert qu'elles voulaient. Une petite note de sucré qui aide la potion à couler.

Voilà, maintenant, c'est derrière nous.

J'ai annoncé à Léone et Garance que je demandais le divorce. Lou savait déjà. Garance est restée de marbre. Léone s'est mise à pleure, d'un coup. Je lui ai dit que c'est loi qui divorçait, pas elle. Elle m'a répondu qu'elle savait. Puis elle a regardé un truc sur la télé et s'est mise à rire. Elle n'a que 7 ans et elle aime profondément son papa...

Je suis vanée. Quand je repense tout ce par quoi je suis passée depuis quelques mois, les convocations dans les organismes, l'impression de batailler seule pour une certaine cohérence de la chose, la menace qu'on m'enlève les enfants, la peur panique des enfants à cette idée...

Mais c'était quand même une très belle petite soirée entre nous quatre, de complicité et de rires. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts...

lundi 11 février 2008

Gestation

Le fait est
- que je ne me balade plus beaucoup dans la blogosphère
- que je n'écris pas beaucoup, ni sur mon cahier ni sur mon blog
- que je réponds assez peu aux mails que l'on m'envoie
- que je donne peu de mes nouvelles
- que je ne milite plus guère ou à mon corps défendant. Et que ça m'inquiète. Voir passer les posts, les textes, les manifs et être incapable d'y participer, voire de les anticiper me navre. En quoi suis-je utile ?

Je ne suis pas en panne. J'ai juste besoin de temps.

Des fois je me sens très seule. D'autres, très entourée.
Des fois je voudrais parler, parler, parler... Et puis d'autres, ne rien dire.
Je n'ai pas envie de raconter.
Je n'ai pas envie qu'on prenne partie.
Je n'ai pas envie qu'on me pousse.
Je n'ai pas envie qu'on me jette la pierre.
Je n'ai pas besoin de médecin accoucheur.
J'ai juste besoin qu'on m'écoute, qu'on me comprenne. Qu'on me dise : "Tu sais, ça ne se fait pas en un jour".
J'ai besoin de patience.

J'ai des hauts et j'ai des bas. Des colères, des fatigues, des espoirs aussi.
Enfanter se fait dans la douleur et pour ce genre d'accouchement, il n'y a point de péridurale. Ça durera le temps que ça durera.
Mais peut-on accoucher de la mort. La mort d'un amour, la mort d'une histoire ?
En attendant, il faut bien vivre.

Je remercie tous ceux qui me laissent des petits mots câlins, ici ou en mail, ou même par courrier postal. Ce sont des petits moments de bonheur, du miel, du soleil. Le morceau de sucre qui aide la potion à passer...


Le petit monde de Vana Xenou

dimanche 30 décembre 2007

Mots dits maux 4

Le contrat était le suivant. Elle allait travailler d’arrache-pied et j’allais l’aider pendant les vacances de Pâques et tous les week-ends. Elle tenait la décision dans ses mains. Mais nous allions former une équipe pour gagner son passage. « Et, ai-je ajouté, nous sommes une équipe qui gagne ! »
Elle m’a cru. Elle a bossé comme une malade. Ses résultats ont fait un bon spectaculaire. Elle obtint son passage en CE2. Nous avions gagné la bataille.

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vendredi 28 décembre 2007

Mots dits maux 3

Garance

Garance a un besoin viscéral de se rattacher à son père. Elle a longtemps parlé un sabir où l’on décelait des mots, des cadences, des phrases, qu’elle seule comprenait. Elle ne s’est mise réellement au français que lorsqu’elle y a été obligée, en entrant à la maternelle. C’est peu dire que sa scolarisation a été difficile. Elle en a piqué des crises de colère violente.
Comme son père, elle refuse de manger des œufs.
Ce qui est fou c’est que, plus petite, de visage, elle lui ressemblait terriblement : même profil, même dessin des yeux, même front, même air renfrogné.

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jeudi 27 décembre 2007

Mots dits maux 2

Le désamour entre Lou et son père est un crève-cœur, eux qui se sont tant aimés. Au fur et à mesure que je faisais des efforts pour éradiquer ma propre violence, voilà qu’elle la subissait de sa part à lui.

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jeudi 13 décembre 2007

Mots dits maux 1

Il y a des mots qu’on hésite à dire, encore plus à écrire, jusqu’à ce qu’ils vous prennent à la gorge, vous serrent le cœur, et menacent de vous faire exploser. Alors, à la recherche d’un soulagement éphémère, on se met bravement devant sa page blanche et son se dit : Mon Dieu, je suis déjà incapable de vivre cela, comment puis-je le raconter ?

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