Mots dits maux 4

Le contrat était le suivant. Elle allait travailler d’arrache-pied et j’allais l’aider pendant les vacances de Pâques et tous les week-ends. Elle tenait la décision dans ses mains. Mais nous allions former une équipe pour gagner son passage. « Et, ai-je ajouté, nous sommes une équipe qui gagne ! »
Elle m’a cru. Elle a bossé comme une malade. Ses résultats ont fait un bon spectaculaire. Elle obtint son passage en CE2. Nous avions gagné la bataille.

C’est à cette époque-là qu’elle a lâché le morceau chez son médecin, qui me convoqua séance tenante. Si elle se bloquait à l’école, c’est parce que son papa la tapait, et des fois ce n'était pas juste... Cela faisait quelques semaines qu’elle l’avait révélé à son psy, mais lui avait fait interdiction d’en parler à qui que ce soit. Elle venait tout juste d’accepter que je sois avertie. Et c’est ainsi que je reçus un paquet cadeau bien encombrant, dont je ne savais que faire…

Le Nôm

Pendant ce temps, l’état d’esprit de mon mari ne s’était pas amélioré. Depuis que Léone était entrée en maternelle, il n’était plus en congé parental. Il n’avait plus d’autre statut social que celui d’homme au foyer, ce qui ne lui convenait pas vraiment. Il ne faisait rien de ses journées et déprimait furieusement. Je voyais bien le problème et le poussais à chercher du boulot. Je ne sais pas s’il l’a fait. Il ne m’en a rien dit. Je voulais qu’au moins il s’inscrive à l’ANPE car, même s’il n’aurait pas touché d’Assedic, il pouvait au moins avoir accès aux offres d’emploi ou aux formations. Il n’a pas voulu. Sa demande d’agrément pour garder des enfants échoua lamentablement, moitié par sa faute, car il ne s’était guère montré coopératif, moitié par la faute de l’assistante sociale qui trouvait suspect qu’un homme voulut garder des enfants : « Ça ne pouvait être que pour l’argent… » Je pense que ce fut une vraie blessure pour lui.

Il se mit à vivre avec ses copains antillais, à se constituer une petite Guadeloupe à Paris, entre drivailles et tiercé. A la maison, il était de plus en plus irascible avec les enfants. « Mais trouve-toi un boulot ! » lui répétais-je, plus préoccupée par son état d’esprit que par les problèmes financiers. On ne roulait pas sur l’or, mais mon salaire nous permettait de vivre très correctement tous les cinq.

C’est moi qui ai fini par lui dénicher un job. Grâce à une amie qui travaillait dans une municipalité. Surveillant de cantine. Ce n’était pas la mer à boire. Deux heures par jour, quatre jours par semaine. Mais au moins, il revenait dans le monde des êtres qui existent, ceux qui ont un travail.

Commentaires

1. Le dimanche 30 décembre 2007, 14:58 par antagonisme

Je te lis souvent sans commenter. Là, je veux te laisser un commentaire mais je ne sais que dire. Courage. Ton histoire me touche énormément.

2. Le dimanche 30 décembre 2007, 18:04 par brol

Suis pas certains qu'on (r)entre dans le monde des gens qui existent par le travail. Je verrai plus cela d'un point de vue statutaire. Si ce que tu fais est reconnu, tu existes. Point barre.
D'un certain point de vue, c'est désolant à hurler ;-(

3. Le dimanche 30 décembre 2007, 21:48 par antagonisme

Pas d'accord. Je me suis jadis trouvé dans une situation où je ne travaillais pas (et j'avais de l'argent et je vivais dans une sorte de luxe). Au bout d'un moment, les journées se ressemblent toutes, et même faire la vaisselle devient un problème. On ne trouve plus le temps, parce que le temps cesse de s'écouler, et on passe du matin au soir sans comprendre comment. cela peut donner un sentiment horrible de gâcher, jour après jour, les heures, les jours, les semaines. Quand on travaille on rentre dans le temps, il y a les heures avant d'aller travailler, les heures d'après, et la journée prend une forme. L'idéal étant en plus d'être reconnu et d'aimer ce que l'on fait, mais là c'est Byzance. En gros, je faisais plus de choses quand j'ai travaillé qu'avant, je veux dire que je lisais plus, je faisais plus de sport et plus de cuisine, emportée par l'élan de mon travail. Sans compter les fois où je suis partie travailler avec undébut de truc qui je le sais peut chez moi évoluer en bronchite et où ça m'a passé, parce que je devais dépenser tellement de dynamisme pour parler et tout faire que ça devait, je suppose, me tuer la bronchite. Mais tout le monde n'est pas comme ça. Tout le monde n'a pas besoin du travail pour se tenir. D'un autre côté, il est possible qu'en France ou à Paris le ressenti ne soit pas le même.

4. Le dimanche 30 décembre 2007, 23:12 par persepolis

Je te lis depuis deux en et demi sans jamais commenter ni ici, ni ailleurs. Mais tes maudits maux trouve une résonnance particulière dans ma propre histoire et ma propre descente aux enfers de ces trois dernières années. Par certains côté la ressemblance de nos histoires est déconcertante pour moi.
Le fait de pouvoir nommer les choses et en parler c'est plus de la moitié du chemin. Je t'envoie toute ma sympathie et je te souhaite de voir le bout du tunnel.

5. Le lundi 31 décembre 2007, 14:10 par charlottine

Je suis trop touchée et émue .... je souhaite tant que vous sortiez tous les 5 de cette spirale infernale et si douloureuse ; je crois sincèrement qu'un travail à temps complet (ou celui à temps partiel + une recherche active et aidée par l' ANPE ou tout autre organisme sérieux ) fera une petite part de la thérapie nécessaire pour ton Nôm : la vie d'homme au foyer n'est toujours pas valorisante, quoique nous "femmes au travail" fassions (celle de femme au foyer est-elle elle même valorisée dans notre monde ? ) J'ai vécu cette "épreuve" quand mon homme s'est retrouvé sans travail à 51 ans en raison de la fermeture de son entreprise qui employait 6000 personnes sans compter les sous traitants dans notre petite ville de 30 000 habitants .... je vais être trop longue et ne peux tout raconter : je travaillais à 50 KMS de là et notre plus jeune était encore à l'école primaire ; mon homme a assumé beaucoup de choses, chômage , , tentatives de reclassement.....petits boulots , ma propre carrière continuait à progresser : on pouvait se payer la maison, les vacances : mais le moral , c'était pas cela , mon homme, sans jamais être physiquement violent est devenu tyrannique, maniaque : c'est lui qui entretenait le jardin, la piscine, puis la maison , Est arrivée la préretraite puis la retraite : aujourd'hui sa fierté est d'avoir occupé le site de son ancienne entreprise, évité une opération immobilière et ainsi permis que des jeunes - dont notre dernier fils travaillent aujourd'hui sur ce site ;
chère Ackinou, tout cela est bien embrouillé pour toi : je tiens surtout à te dire qu'il faut que ton Nôm retrouve - ce qu'il ressent plus ou moins consciemment - sa dignité: un travail, une vraie paye, la possibilité de s'assumer: ne plus dépendre de toi ....
Il nous reste de cette période difficile un blessure indicible qui tend à s'estomper ... mais que je sais toujours à fleur de peau ; mon homme redit souvent sa certitude que les problèmes de violence viennent essentiellement du chômage, il dit clairement que l'homme que l'on prive de son emploi perd sa dignité et je sais que tout cela il l'a vécu et - militant syndicaliste - combattu le plus longtemps possible : chômeur il se levait tous les matins pour aller occuper le site de son entreprise et faire toutes sortes d'actions: c'était sa façon de se tenir droit .
Ai-je raison de te raconter tout cela : hier je disais qu'il fallait vous séparer : je crois surtout qu'il faut que ton Nôm se retrouve avant de vous retrouver

6. Le lundi 31 décembre 2007, 14:24 par Fauvette

J'ai lu tes billets la gorge serrrée...
Je crois que tous les cinq, vous avez une formidable envie de vous sortir de ce guêpier, et de repartir sur de meilleures bases.
Cela ne va pas être facile c'est certain, mais je vous fais confiance, oui confiance...
Et tu sais que tes blogamies sont là... Je pense vraiment beaucoup à toi, à vous, avec émotion, et envie de vous aider...

7. Le lundi 31 décembre 2007, 15:05 par luciole

Fauvette que j'envie ta confiance... Charlottine, oui on pourrait se dire qu'il est une victime de son chômage comme beaucoup; il est d'avantage victime de lui même, de son inadaptibilité.

Je commente vos commentaires parce qu'ils me tuent comme l'espoir vain. Parce qu'il sont l'antinomie du travail que nous faisons avec mes frangines, parce que nous pensons que l'intérêt des filles et d'Akynou par voie de conséquence, c'est la séparation. Parce que nous connaissons le nôm autrement que par le regard d'Akynou. Comme j'aimerai continuer de me dire que cela peut s'arranger autrement, comme j'aimerai penser qu'il peut changer. Mais, je ne l'en crois pas capable et même je pense que cet espoir là, cet espoir qu'à Akynou qui le connaît mieux que quiconque et qui en même temps ne peut être objective à son égard, je pense que cet espoir lui complique les choses. Elle a tellement du mal à l'abandonner.

Pourtant aujourd'hui les choses se posent ainsi, entre deux abandons, celui de ses filles ou celui du nôm. Quelque soit son histoire à lui, quelques soit ses raisons, il est adulte, il doit se sauver lui même. Il est devenu un danger physique et mentale pour ses filles, c'est la seule réalité qu'il faut prendre en compte. Plus tard, quand la séparation sera faite, quand les filles auront repris contact avec ce que devrait être leur vie de petites filles, on pourra se soucier de ce qu'il est devenu lui.

Lui absent elles peuvent se reconstruire l'image positive d'un père, lui présent, il ne peut qu'incarner le danger. Ne pas oublier cela, cette terrible trahison quand celui qui doit protéger devient l'ennemi, c'est contre cela qu'il faut lutter, c'est pour cela qu'Akynou doit faire un acte fort, pour dire à ses filles, je vous protège, je vous protégerai toujours quoi qu'il en coûte.

C'est mon intime conviction, longtemps, j'ai eu peur de blesser Akynou en lui disant tout cela, aujourd'hui l'urgence fait que je dépasse ma peur pour lui parler comme je le fait ici, je le fait d'abord pour ses filles mais pour elle aussi, car a trop prendre du temps pour tenté d'arranger une situation qui ne s'arrange pas, les filles, elles, ne voient rien venir sauf les coups et la confiance en leur mère s'épuise aussi avec le temps qui passe.

8. Le lundi 31 décembre 2007, 15:49 par charlottine

Chère Akynou, tu as la chance d'avoir des soeurs qui t'aiment et aiment et soutiennent tes filles ; elles connaissent mieux la situation que nous qui ne la voyons que par tes mots si émouvants ; merci Luciole pour ton éclairage .

9. Le lundi 31 décembre 2007, 20:13 par antagonisme

Malgré ce que mon commentaire peut laisser croire, je partage le point de vue de Luciole pour la raison suivante : qunad on a dérapé si loin, quelqu'en soient les raisons, il ne faut pas faire preuve de fausse naïveté et croire que l'on peut revenir en arrière. D'autre part, on peut toujours choisir entre préserver l'un et l'autre parti ; mais on ne le doit pas. Entre l'avenir et le passé, c'est une erreur que de ne pas choisir l'avenir.

10. Le lundi 31 décembre 2007, 20:16 par andrem

J'avais dit radical. Moi, j'ai dit radical?

Alors, Akynou et Luciole, je vais vous faire le seul voeu qui me paraisse avoir un sens ce soir; en dehors de ceux que j'ai déposés ici et là et que je ne renie pas. Mais ici, après cette nouvelle intervention de la petite dernière mais au premier rang aujourd'hui, ce soir, un seul voeu me vient.

Il s'envole vers le nôm. Un voeu de bonne année pour lui. La force à trouver pour décider, lui et non les autres, qu'il faut s'éloigner, et que sa honte serait de ne pas le faire, que ce soit sa décision, qu'il comprenne qu'il doit passer par ce détour pour retrouver la paix, ou simplement la trouver, cette paix qui permet de se regarder dans une glace et s'y reconnaître.

C'est un voeu. Rien de plus, mais rien de moins. Bonne nuit mes deux amies d'écran.

11. Le lundi 31 décembre 2007, 22:46 par Bladsurb

C'est bien qu'il y ait déjà un psy pour enfants dans l'histoire. J'ai une grande soeur qui a vécu un divorce assez cauchemardesque (violences, kidnappings des gosses, chantages divers ...), et quand ça s'est définitivement terminé au bout de quelques années, toute la famille a eu tendance à refermer le dossier, genre "ouf, c'est fini, on passe à autre chose". 15 ans plus tard, l'ainée de ses enfants commence à déconner sérieusement, en écho de ces années-là, parce qu'elle n'avait jamais vraiment fait le ménage dans sa tête (c'est le cadeau qu'on a eu pour Noël ...).

Pour tes filles, un peu de pédopsychiatrie peut peut-être désamorcer des bombes futures, dues à ce qu'elles ont déja vécu et à ce qu'elles risquent de vivre dans les temps qui viennent (la séparation, même nécessaire, même vitale, ne sera pas moins douloureuse et pleine de potentialités traumatisantes).

Et peut-être un "professionnel" pourrait évaluer les possibilités de par exemple revoir leur père en ta présence, à intervalles réguliers ? Ou si ça serait encore pire qu'une séparation plus brutale et franche ?

A part ça, bonne année 2008, que tu saches cueillir le bonheur là où il sera, même plus rare, d'autant plus précieux.

12. Le mardi 1 janvier 2008, 22:49 par Vroumette

J'ai eu des nouvelles indirectes par Luciole et sans être soeur, j'aimerai m'associer à elles. J'ai eun père "qui tape", pas battue, mais qui tape allègrement, la nuance est subtile mais les dégâts peuvent être considérables (et qui niais, a nié et continue de le faire) ma dlivrance a eu lieu quand mes parents ont divorcé. Après beaucoup de errances et d'aides je me suis construite, mais pas mon frère...

Alors oui, protège tes louloutes Akynou et prends soin de toi. Plein de bises

13. Le mercredi 2 janvier 2008, 12:25 par Aude

Je n'avais pas écris depuis longtemps, et seulement pour dire des sottises, histoire de créer un sourire, peut être, ici ou là. Je suis une autre soeur, pour ceux qui ne le savent pas. Depus quelques mois je prend les tois princesses à la maison histoire de les soulager de cet enfer de voir son père se transformer en ogre et et sa mere en complice. Mon mari et moi apportons tout l'amour que nous avons à ces trois petites filles meurtries. parce qu'elles le sont immensément. Il faut les voir tendues comme des arc ,si proches de la rupture totale. Leur comportement ,sans logiques, des rires aux larmes, des cris aux calins, sans qu'aucune raison visible ne les expliquent est un crève coeur. Mes filles en perdent leur latin, et si elles ne savent rien, elles pré sentent et elles ne répliquent pas comme leur tempérament leur commenderait en temps ordinnaire. A la fin de chaque week end, a la fin de chaque vacances, je ramene les princesses à leur boureau. je dois leur lacher la main. Elles retrent chez elles le coeur sérré, mal au ventre et j'ai l'impression de les trahire à mon tour. Et Akynou, te voilà bloquée depuis si longtemps... Je ne peux plus te comprendre.., Je ne peux plus te pardonner, je te conjure de faire cesser tout cela. Tu es la seule a en avoir le pouvoir. Tu dois prendre des responsabilités biens lourdes à porter, je le sais dans ma chair, mais elles ne sont rien au regard de ce qu'il en coute à tes filles, aujourd'hui et pour longtemps. Ne vois tu pas que tu les condamnes? L'horreur qui te prétrifie est bien réelle et en lui tournant le dos tu l'alimente. Cette horreur c'est ce que subissent tes filles au quotidien. Comment peux tu encore aimer un homme qui leur fait du mal? A partir du moment ou il s'est de lui même placé dans le rôle du boureau, il a quitté sa place de père et d'époux. De quoi as tu donc peur? De voir la réalité en face? Mais elle est déjà là. Tu peux l'habiller de tous les mots, il ne reste q'une chose, la souffrance de tes filles face a cette double trahison. Celle de leur pere qui les maltraite au lieu de les protéger, et la tienne qui devient son complice de ne pas les protéger. Vous êtes leur foyer, vous êtes ce sur quoi elle se construise, et vous ne leur offrez que violence et lacheté. S'il te plaît Akynou, réveilles toi, tu peux mettre fin a ce cauchemard. Il sera temps ensuite de panser les plaies, et nous serons toutes, tous, là pour vous y aider. Mais réveille toi avant qu'il ne soit trop tard. Avant de perdre tes enfants, parce que c'est ce que tu risques, qu'on te les retire, et nous ne pourrons rien quand vous en serez là.
Je suis là, avec toi, derriere toi, contre toi s'il le faut, pour tes filles. je t'en conjure, Akynou, plus de scrupules, il est adulte, il est responsable de lui même et votre histoire de couple n'a plus aucune importance. Il en va de la vie de tes trois princesses. Parce qu'elles le sont. Elles sont douces intelligentes, aimante et méritent tellement mieux que ce que vous leur offrez. Sois en digne, s'il te plaît. Sois digne de leur amour, car les enfants sont comme ça, ils continuent d'aimer leur parents quoiqu'il leur en coute. et ce n'est pas une raison pour faire durer l'horreur. Tous les retards sont permis, pas l'absence. Il ne reste que quelques jours avant de passer de l'un à l'autre...

Mon texte est décousu, je tremble en l'écrivant. Il est maladroit. Je fais ce que je peux pour contenir ce hurlement qui me dévore chaque jour.

Je t'aime.

14. Le mercredi 2 janvier 2008, 12:47 par PMB

"ils continuent d'aimer leur parents quoiqu'il leur en coute" : ce n'est pas toujours vrai, les enfants peuvent divorcer de leurs parents, j'en suis le spectateur impuissant (et en même temps je me dis qu'il y a une justice).

Je suis un homme (père et grand-père) et je vote pour les soeurs d'Akynou.

Rôle difficile et indispensable... Courage et force à vous toutes.

15. Le mercredi 2 janvier 2008, 14:29 par Akynou

Ho hé, on se calme.

Est-ce que je peux revenir sur l'historique de quelque chose de ma vie, DE MA VIE, sans me faire traiter d'attentiste, de complice et je ne sais quoi d'autre. Je ne suis en train de réhabiliter personne et j'aimerais juste qu'on me laisse dérouler mon propos.

Ma vie, je suis la seule à la vivre et à savoir exactement où j'en suis. Avec les difficultés que la situation engendre exactement, déséquilibre et la peine des enfants comprise.

Dorénavant, sur les posts concernant ce thème je fermerai les commentaires. Du soutien, évidemment, j'en ai besoin, et on m'en a largement apporté, surtout mes sœurs et surtout ces derniers temps, mais aussi d'une certaine manière de tranquillité d'esprit.

Quant à l'état de mes enfants, leur nervosité, leurs angoisses, etc. je sais aussi qu'elle a été multiplié par cent ces deux dernières semaines. et que Garance a replongé dans le blocage à partir du moment où j'ai demandé à son père de quitter la maison. C'est une étape inévitable, cette panique, pour elle comme pour ces sœurs, je sais que je n'en ferai pas l'économie. Mais j'espère leur faire passer le plus en douceur possible.

Je ne suis pas bloquée depuis longtemps. Je fais bouger les choses sans arrêt depuis des années. Je me bats depuis des années. Je n'ai jamais arrêté. Mais jusqu'à ce que je trouve de l'aide dans l'école de mes filles, j'étais un peu seule pour me battre. J'aurais bien voulu, c'est vrai que les trempes cessent et préserver la famille. Ce n'est pas possible. On va donc faire autrement. Mais au moins, j'aurais essayé. Et autant pour mes filles, qui aiment leur père, que pour moi.

Quant à moi, si cette étape est aussi douloureuse, ce n'est pas tant à cause de mon mari que par ce que cela m'oblige à revivre. Mais exprimer la douleur n'a jamais signifié ne rien faire. En tout cas, pas chez moi.

J'apprécie les gens qui me laissent des commentaires sur la possibilité de reconstruire la famille plus tard, parce que ces commentaires sont une marque de leur générosité, de leur empathie. Et que cela me fait du bien. Mais ce ne sont de toute façon pas les commentaires sur ce blog qui feront que les choses sont autrement ou que je déciderai telle ou telle chose.

Je vis, j'agis, je souffre, je ne pense qu'à ça, je n'en dors quasi pas la nuit et je prends des décisions que je tiens. Et si je n'en parle pas c'est que je ne sais pas parler de ce que je fais, mais de ce que j'ai fait. Je ne peux être et dans l'action et dans l'écriture. Parler du passé me permet de trouver la force d'avancer dans le présent. Et d'avoir réussi à faire le tour de la question avec la psychologue de l'association qui nous suit m'a permis de trouver en moi les ressources de continuer à faire ce que je dois faire. Bien plus que quoi que ce soit d'autres. Parce que c'est fondé sur la réalité que je connais. Que c'est imparable.

En définitive, c'est ce processus-là que je voulais raconter. Et que je finirai de raconter coûte que coûte. Parce qu'il est surprenant, mais qu'il est important, voire primordial.