Faudra-t-il partir ?

Comme je le prévoyais, le Nôm est revenu sur toutes les discussions précédentes. Tétanisé par la peur, l'angoisse, et la douleur de nous perdre, il s'accroche. Samedi soir, il déclarait ne plus vouloir partir. Non, il n'a rien trouvé (je crois même qu'il n'a pas vraiment cherché), et puis pourquoi faudrait-il qu'il parte, pourquoi ne pourrait-il pas continuer à vivre avec ses enfants et sa femme ?...
Je me suis mise en colère. Je lui ai répondu que les personnes qui nous suivent à la demande du juge pour enfant le lui avaient expliqué pendant plus de deux heures lors de notre dernier rendez-vous. Que nous en avions parlé tous les deux plus d'une heures ensuite. Que maintenant, le temps n'était plus aux explications, mais à l'action.
Donc, je cherche, soit un hébergement pour lui, une chambre, un studio pas cher (il n'a pas de sous ou très peu, je vais sans doute devoir payer dans un premier temps). Soit, surtout, un hébergement temporaire pour moi et les enfants. Parce que s'il n'est pas parti mercredi, je dois moi le faire, pour qu'on ne me prenne pas les enfants. Pour qu'elles ne soient pas placées.
Il faut aussi que je trouve de l'argent pour l'avocate. Plus d'un mois de salaire, j'ai fait ouf... Je ne sais plus ce qui est prioritaire. La payer, trouver un autre appart et financer un déménagement, avec les trois mois de préavis. Je ne sais plus où donner de la tête ni du chèque. Et puis surtout, tant que je n'aurais pas mis les filles à l'abri, le reste me semblera... moins urgent. Je n'ai pas le temps, moi, d'être tétanisée par la peur, par la douleur, par l'angoisse. Je dois agir. Je m'y suis engagée auprès d'elles.
J'ai eu ma belle-mère au téléphone hier, à qui j'ai raconté les dernières péripéties. Elle a ensuite parlé à son fils. Je ne sais pas ce qu'elle lui a dit. Mais je me suis rendue compte que Garance avait entendu ma conversation. Et que la menace de placement, dont je ne leur avais pas parlé avant, parce que je voulais qu'elles passent de bonnes vacances, qu'elles dorment tranquilles et reprennent des forces, maintenant, elles la connaissaient. Nous n'avons guère dormi ni les unes ni les autres cette nuit. J'ai passé la nuit avec elle. Je ne peux plus dormir avec lui.
Il faut qu'il parte. J'ai peur, j'ai trop peur...

Commentaires

1. Le lundi 10 mars 2008, 13:53 par sophie

Je ne me rendais pas compte de l'urgence de la situation. Ne pars pas, il faut qu'il parte, avec les filles vous avez déjà fait beaucoup de démarches... je croise les doigts pour toi.

2. Le lundi 10 mars 2008, 14:08 par Moukmouk

Tendresses... je te fais un petit mot.

3. Le lundi 10 mars 2008, 14:11 par Florence

Habituellement, je lis et me tais, savourant seulement tes mots et tes images...
Aujourd'hui, je m'arrête un peu plus pour t'envoyer des pensées amicales et beaucoup, beaucoup de force (bien sûr que si, la force, ça peut courir par les fils d'Internet ;-) )
Courage, tu es une Maman superbe.

4. Le lundi 10 mars 2008, 15:02 par Leeloolene

Je viens de te faire un mail...

J'espère que la mère du nôm va lui faire entendre raison... et qu'il va prendre sur lui pour trouver une solution d'attente.

Plein de pensées et un cargo de choses positives... enfin...

5. Le lundi 10 mars 2008, 15:38 par jack if

Impossible de t'aider autrement que par la pensée, et c'est très désagréable.
Je ne peux que rajouter une couche d'affection à toutes les précédentes, espérant au moins soulager un tantinet tes soucis nombreux et variés.
jk

6. Le lundi 10 mars 2008, 16:05 par Fauvette

Ne pars pas. Tu verras il va trouver une solution et se faire héberger par ses amis ;
Lui il peut demander une aide financière à l'assistante sociale, un foyer d'accueil. Il lui faut aussi se bouger et faire des démarches.
Ce n'est pas à vous de partir.

Je n'ai pas de solution d'hébergement à lui proposer mais je cogite.

Et toi et tes filles, je vous embrasse.

7. Le lundi 10 mars 2008, 16:46 par Anne

Ca me désole l'idée que peut-être, il faut que toi tu quittes l'appartement pour lequel tu as tant trimé et avec tes trois filles parce que lui, il a changé d'idée.

Ca me paraît compliqué de te proposer chez nous : loin des écoles des filles, pas du tout pratique pour leur assurer un quotidien au moins un peu confortable. Mais au pire du pire du pire.

Quant à une idée pour le Nôm, là, tout de suite, je ne vois pas, mais si j'ai une idée je t'en parle.

Et puis je vous embrasse fort, bien sûr.

8. Le lundi 10 mars 2008, 17:36 par Johann

C'est tétanisant d'être de l'autre côté de l'écran et se demander quoi faire ! J'ai bien peur de ne pas pouvoir être très utile.

9. Le lundi 10 mars 2008, 18:47 par Seashell

Mais… Il n'a pas de la famille qui peut l'héberger un temps, le Nôm ?
Comme les autres commentateurs, je pense que ce n'est pas à toi, à vous 4, de partir. Les filles viennent juste d'emménager…

Elle est où, la mère du Nôm ? En métropole ou pas ? Et les "cousins" qu'il était allé voir quand on s'est croisés en septembre ?

Je vous embrasse très très fort, très très très très.

10. Le lundi 10 mars 2008, 19:36 par Bladsurb

J'espère que tu ne vas pas quitter ton nid parce que le méchant loup fait l'autruche ! Ce ne serait pas zoologiquement correct.

11. Le lundi 10 mars 2008, 19:52 par luciole

Désolée, je n'ai pas eu le temps de te rappeler ... J'essaierai demain... Je t'embrasse ... Et ou en est l'éventuelle solution de l'atelier de ton amie ? Et pourquoi pas pour lui d'ailleurs ?

12. Le lundi 10 mars 2008, 19:53 par luciole

Il va peut être falloir envisager de scolariser tes filles ailleurs ... Je ne sais pas ce qui est le moins pire ...

13. Le lundi 10 mars 2008, 21:03 par PMB

"Tétanisé par la peur, l'angoisse, et la douleur de nous perdre, il s'accroche. "

Et incapable de comprendre que c'est en s'accrochant, et de cette façon, qu'il va vous perdre, perdre ses filles ! Comment arriver à lui faire comprendre que c'est en partant qu'il pourra les retrouver ?

Restez où vous êtes. Nous, au loin, sommes impuissants. Heureusement, vous avez des très proches qui ont les moyens matériels et affectifs de vous aider...

14. Le lundi 10 mars 2008, 21:38 par samantdi

Je pense à toi, le coeur serré.

Courage akynou, je sais au fond de moi que tu vas y arriver, que tu vas trouver la solution la meilleure, je sais que tu vas puiser dans tous tes talents, dans tout ton carnet d'adresses et que le Nôm finira par trouver un point d'accueil.

J'espère que vous n'aurez pas à partir, les filles et toi, mais je sais aussi que s'il ne reste que cette solution, il faudra la prendre.

Je t'embrasse affectueusement.

15. Le lundi 10 mars 2008, 21:39 par alixire

Les filles et moi suivons votre histoire, de loin malheureusement. Nous pensons beaucoup à vous. Suzanne et Julie embrasse très fort tes filles.
Cela m'embête de ne rien pouvoir faire de concret, pratiquement ou financièrement (je suis déjà tellement équilibriste...)
Je t'embrasse

16. Le lundi 10 mars 2008, 23:33 par Laurelin

Plein de courage et de pensées pour toutes les 3.
Des bisous

17. Le mardi 11 mars 2008, 11:10 par andrem

J'ai consciencieusement rempli les cases à remplir pour laisser un commentaire, mais me voici coi pour t'écrire. Conseil saugrenu? Plaisanterie incongrue? Amitié virtuelle?

Pourtant, je ne lâcherai pas ce clavier sans avoir fini le commentaire. Te dire ma honte de l'impuissance de ne rien pouvoir faire, parfois on se voudrait magicien pour de vrai. La rudesse du quotidien qui n'est peut-être qu'une bonne raison de se défiler, mais aussi une bonne raison de ne pas intruser dans l'équilibre instable et délicat du nécessaire et de l'impossible.

Parce que tout dépend de cette alchimie. La solution de continuité, comme disent les mathématiciens en un joli oxymore apparent au regard du langage commun. Ici, sur cette toile, nous avons nos mots que nous t'apportons et que nous déposons dans ta boîte à outils. Certains vont t'encombrer, et d'autres te secourir, et seule toi sauras ceux qui te conviennent.

Voilà pourquoi je ne veux pas échapper à cet exercice d'écriture, quitte à y passer un peu de temps d'atermoiement et d'hésitations au détriment d'autres obligations. Je te donne mes mots que tu ajouteras à ta pile. Je prends le risque que tu les jettes s'il y a une petite chance qu'ils te conviennent.

Quels sont-ils? Ils sont des mots d'amitié, d'encouragement, de confiance. Ils sont des mots de présence, de pensées, de sympathie, étymologique. Sympathie: te dire que je ressens ton inquiétude comme mienne n'a pas de sens, semble un peu ridicule et dérisoire, mais ne pas te le dire serait peut-être te priver d'un minuscule soutien, ajouté à d'autres il t'aide alors je risque le ridicule de le dire. D'autant que c'est la vérité.

Comment peut-on se prendre ainsi au jeu de la virtuelle réalité, comment peut-on soudain se sentir si proche de silhouettes d'écran quand des amis de chair et de longue date finissent pas nous être indifférents? Où est l'illusion et où la vérité?

Akynou, je pense, malgré moi, malgré mon quotidien trivial et professionnel, à toi et tes filles, et à ton mari. Si ainsi je contribue à la solution de continuité, j'en suis heureux.

Tant pis pour le dérisoire.

18. Le mardi 11 mars 2008, 11:40 par Clopine Trouillefou

bon, ben je te donne le seul viatique que j'ai sous la main...

. Ne le méprise pas pas trop, même s'il est alambiqué et pas très très bien dit. A moi il m'a vraiment beaucoup servi, et encore maintenant. C'est une phrase de Jean-Paul Sartre, tu te la répètes une ou deux fois pour bien saisir, et tu verras, normalement ça marche !

"L'important n'est pas ce que l'on a fait de vous. L'important, c'est ce que vous faites de ce que l' on a fait de vous"....

Sinon, comme tous ici, hein : autour de toi, de vous.

Clopine

19. Le mardi 11 mars 2008, 13:11 par Akynou

Bon quelques réponses.

D'abord, merci à tous. Vous ne pouvez pas imaginer combien vos petits mots (et mails) me font du bien. Ils me donnent du courage. Et surtout, m'assurent que je ne suis pas folle et me permettent de tenir le cap.


Hier, j'ai vu l'assistante sociale qui nous suit dans le cadre de la mesure judiciaire, qui m'a également confortée dans ma décision. Je n'ai pas le choix. Si lui ne part pas, je dois mettre les enfants à l'abri et donc partir avec elles. Dans ce cas, je ne crains pas un placement. Elles n'ont aucun moyen de demander une éloignement du père. En France, c'est la tendance, on n'éloigne pas le parent qui déconne, on place les enfants.


Je ne veux pas changer les enfants d'école. Dans cette période troublée pour elle, le seul repère qu'elles ont, c'est leur école et leurs copines. Je ne vais pas, en plus, leur enlever cela. Je ne peux de toute façon pas changer Lou d'établissement à cause de son cursus particulier. quant à Garance, elle commence à se faire confiance et à faire confiance à son instit, je ne peux pas tout casser maintenant. En plus, il y a le suivi par son pédo psychiatre et toute l'organisation autour que je ne peux pas changer maintenant.


La mère du Nôm vit, comme quasi toute sa famille en Guadeloupe. Pour les cousins, j'y avais bien pensé. Je le lui ai suggéré. Mais il me dit que cen'est pas possible. Ce que je crois surtout c'est qu'il ne leur a rien demandé. Sans doute trop orgueilleux pour dire...


Il n'est évidemment pas zoologiquement correct (merci Bladsurb pour l'image qui m'a fait sourire) que nous devions partir en laissant notre tanière au grand méchant loup. Malheureusement, en France, c'st souvent le cas. Les femmes et les enfants sont obligés de partir laissant le terrain au mari ou au père violent. Et s'il y a quelques tentatives pour que les choses changent, on est loin encore de la généralisation. Cela dit, la plupart du temps, le père est celui qui amène l'argent au foyer. Et la mère n'a bien souvent pas les moyens de payer le loyer seule. Dans mon cas, en plus, c'est le contraire. Je suis la seule à pouvoir payer et cet appartement, je l'ai eu par le 1% logement de mon boulot. Cela dit, j'espère que ce sera pour un temps limité. Soit qu'il comprenne enfin et parte. Soit que je sois obligée d'attendre d'être passée devant le juge des enfants (courant avril). Dont j'espère qu'il sortira quelque chose quand même.

20. Le mardi 11 mars 2008, 13:16 par Seashell

……… J'ai pas de mots là. Tout ça me paraît tellement absurde, et abusif. Non seulement que les lois soient si mal faites, mais aussi et peut-être surtout qu'il ne mesure pas l'importance, pour ses filles, de son départ.

Quant au fait que tu te retrouves, toi, à payer un lieu que vous devriez fuir… Je préfère ne pas en parler. C'est trop.

Je pense fort à vous, tes amours de filles et toi.

21. Le mardi 11 mars 2008, 14:58 par Akynou

Tu sais, je crois que d'abord, il manque d'empathie et de sympathie pour ses enfants, ce qui est assez grave pour un père. Il les aime beaucoup, là n'est pas la question, mais il est incapable de seprojeter vers elles pour les comprendre. Il n'analyse que de son propre point de vue, jamais de celui des autres. En tout cas pour ses enfants...

La deuxième chose, c'est qu'il est dans la pensée magique : "ça ne peut pas être, donc ça n'est pas..." Bon, c'est un phénomène normal quand on est enfant, mais il est un peu vieux… M'enfin, comme il ne doit pas être loin de penser que a femme est une sorcière... ;-)

22. Le mardi 11 mars 2008, 23:47 par luciole

Je parlais de l'envisager parce qu'il y aurait alors des solutions d'hébergements pour vous quatre, moins pire que leurs placements, je suppose et pire, bien pire que si c'est lui qui part ou vous qui trouvez une solution dans ton quartier ... Tu n'en es pas encore là et j'espère que tu n'auras pas à le faire ... Mais ...

23. Le mercredi 12 mars 2008, 16:00 par Tatami

Affectueuses pensées en ce jour difficile pour Akynou et les filles ....
Bon courage.

24. Le mercredi 12 mars 2008, 16:16 par Akynou

Bon, ben maintenant on y est... Le Nôm m'a fait savoir hier soir que non seulement il ne partirait pas, mais qu'il avait pris un avocat. Qui exige des preuves de ce que j'avance (menace de placement des enfants). Je me demande comment il va le payer cet avocat... Et ce dont il est vraiment au courant... Parce qu'à l'inciter à rester, on ne peut pas dire qu'il lui donne un conseil judicieux.



Le sort en est jeté !

25. Le mercredi 12 mars 2008, 16:30 par Anne

La "bonne" nouvelle c'est que quand l'avocat sera au courant, il sera vraisemblablement de meilleur conseil. Enfin j'espère, sinon ça ne sera pas un bon...

26. Le mercredi 12 mars 2008, 16:59 par Laurelin
  • soupir*

c'est dur de reconnaitre ses défaillances en tant que parent, et j'ai l'impression qu'en tant que père, c'est encore pire.
Courage

27. Le mercredi 12 mars 2008, 21:04 par luciole

Le sort en est jeté oui ... Alors, et vous ? Tu as trouvé une solution transitoire en attendant que le juge statut que c'est toi qui doit garder le logement ? Car bien sur c'est ce qui arrivera au final. Mais en attendant, quelle Merde !! J'espère que tu es en colère et que cela te donne de l'énergie, j'espère que tu as l'énergie d'être en colère ... Enfin, tu vois ce que je veux dire ... Je t'aime.