Don Carlo

Grâce à Traou, j'ai pu aller, avec d'autres prosélytes lyriques, écouter et voir Don Carlo, l'œuvre de Verdi sur un livret français de Joseph Méry et Camille du Locle. Cela dit, ce soir-là, nous avons eu droit à la version italienne. L'histoire, bien sûr est tragique, comme presque toujours chez Verdi. Et comme dans tous les opéras que je connais de lui, la relation père/fils est on ne peut plus compliquée et conflictuelle. Je me demande comment était M. Verdi père. Il faut dire que l'époque ne devait en rien favoriser le dialogue…

Je dois être trop axée sur les rapports au père en ce moment… Enfin, toujours est-il que d'après Verdi, entre l'infant Don Carlos, et son père Felipe II, ça n'allait pas très fort.

Le rideau s'ouvre sur une scène dépouillée avec au centre une croix de feu entourée de pénitents. Parmi eux, l'infant Don Carlos pleure et gémit. Il est amoureux de sa mère. On se dit : « Wow ! Œdipe quand tu nous tiens… » en fait, non, ça n'a rien à voir. Le premier acte a été enlevé. Il aurait pourtant dû nous apprendre que Carlos était fiancé à Elisabeth de Valois, une fille de France. Mais que Felipe II a préféré épousé lui-même la jeune fille pour renforcer l'alliance entre la France et l'empire espagnol… Carlos avait eu le temps de tomber amoureux d'Elisabeth, à Fontainebleau je crois. Evidemment, quand on sait tout cela (et en l'apprend en lisant le livret), on comprend tout de suite mieux.

Cela dit, ce n'est pas parce qu'il ne s'agit pas de sa vraie mère que les choses sont plus simples pour Carlos. Pendant qu'il gémit, un de ses amis, Rodrigue, vient lui parler des Flandres. C'est vrai, il n'a que ça à penser, des Flandres, Carlos. En fait, cette région est mise à feu et à sang par Felipe qui veut en extirper tout esprit hérétique. Il a du boulot et entre nous soit dit, il n'a pas choisi la meilleures des méthodes, mais bon… Carlos  raconte ses malheurs à son copain et Rodrigue le secoue : Allons ! il y a autre chose de plus important à faire, comme défendre les Flandres par exemple. Voilà une saine occupation plutôt que d'avoir des vues lubriques sur belle-maman…

Carlos se laisse convaincre. Il envoie son ami intercéder auprès de la reine, pour qu'elle accepte de le recevoir. Il voudrait qu'elle intercède pour lui auprès du roi afin que ce dernier le nomme gouverneur des Flandres. Un peu compliqué, certes. Pendant, ce temps, la reine ne se doute de rien. Elle prie avec son mari dans le couvent où vit retiré Charles Quint (en fait, je n'ai pas très bien compris si celui-ci était vivant et en retraite monastique comme le veut l'Histoire, ou mort et enterré ou en passe de l'être…) Devant sa porte, ses dames chantent et dansent, emmenée par la princesse Eboli, la célèbre borgne…



Don Carlo 1
Rodrigue de Posa fait son boulot, la reine accepte de recevoir Carlos. Mais, c'est plus fort que lui. Au lieu de lui parler des Flandres, il lui déclare sa flamme. Elle le repousse une première fois, très digne, il tombe dans les pommes. Elle s'inquiète. Du coup, ça lui redonne des forces : si elle s'inquiète, c'est qu'elle l'aime. Il devient pressant. Elle le repousse de nouveau et lui dit qu'elle ne peut lui donner que la tendresse d'une mère. Il s'énerve, insiste, rien y fait. Alors, il part en courant et la laisse seule en train de pleurer.


Don Carlo 2A


Don Carlo 2B


Carlos est une jeune imbécile impulsif… Parce que, au deuxième acte, quand il reçoit un billet non signé lui donnant rendez-vous dans les jardins de la Reine, il fonce tête baissé dans ce qu'il croit être un rendez-vous amoureux avec elle. Et quand il aperçoit la femme qui lui a écrit, il lui déclare sa flemme tout de go, avant de se rendre compte qu'il ne s'agit évidemment pas d'Elisabeth, mais de la princesse Eboli qui en pince pour le prince… Monseigneur !
Quand il se rend compte de son erreur, il essaie de temporiser. Mais la princesse n'est pas une andouille. Elle comprend bien que l'infant l'a prise pour une autre. Et elle devine aisément de qu'elle autre il s'agit, pour être borgne elle n'en est pas moins lucide. Comme elle n'apprécie pas du tout d'avoir une rivale, elle est très en colère. Très très. Et le fait savoir. Bien décidée à se venger et à venger son honneur. C'est qu'on ne badine pas impunément avec ce genre de concept dans l'Espagne du siècle d'or (et après…).
Là dessus arrive le Rodrigo, je n'ai pas bien saisi pourquoi. Sans doute pour envoyer le prince dans les Flandres, c'est un monomaniaque…Il faut dire que la scène se passant de nuit, on ne voyait pas grand chose de ce qui se passait…


Don Carlo 4

Alors, Carlos, en Flandres, ira ira pas ? Allez, je vous laisse devant cet insupportable suspens. Je vous raconterai la suite de l'histoire demain… (la dernière vidéo a un gros défaut, elle bégaie, je corrige cela demain).

Commentaires

1. Le lundi 7 juillet 2008, 12:25 par jeanpadupe

Je ne dois pas etre assez bien équipé car je n'entends que des sequences son que de qqs seconde renouvelées