Trois jours, part 2

Dans le programme, le dimanche matin devait être LA grasse matinée qui devait me permettre de récupérer de la veille et de tenir la journée entière. Mais non, pas de ça Madame. A 7h30, j’avais les yeux grands ouverts et mon cerveaux était en mode : le stage de Lou, quelle solution… Je crois que j’ai trouvé, mais j’aurais préféré dormir.

Quand mon amie s’est levée, elle aussi trop tôt à son goût, j’en ai fait autant. Soulagée de ne plus tourner en boucle toute seule dans mon coin. Après un bon petit déjeuner, nous avons mis le mode ralentis. Papote et le cul sur la chaise. Cela dit, le fait de n’avoir quasi plus qu’une barre de batterie sur mon téléphone m’inquiétait beaucoup. Il fallait que je récupère le fils d’ami, Garance, Léone, dans des endroits différents pour les emmener au théâtre. Puis Lou à la gare et avoir le train. Sans téléphone alors que nous n’avions pas prévu de rendez-vous fixe. Mince, comment faisions nous quand nous n’avions pas de portable. Eh bien, si mes souvenirs sont bons, en stressant un maximum. Ce n’est pas de téléphoner qui me manquait, j’avais accès au téléphone de l’amie hébergeuse. C’était de ne plus être joignable s’il y avait quoi que ce soit. J’ai horreur des quoi que ce soit…

Je suis donc descendue rue de Flandres voir si une boutique de téléphonie était ouverte un dimanche matin. C’est le cas aux Abbesses. Je suis descendue de mon pigeonnier pour rien. Ici, les magasins de ce genre sont, paraît-il, fermés même le samedi. Alors le dimanche matin… 

Je suis remontée. Puis je suis redescendue chercher Garance qu’on me ramenait. Toujours ça de gagné. Nous nous sommes acheté des nouilles chinoises, avons grimpé les escaliers, elle quatre à quatre, moi en ahanant. Nous avons déjeuné en vitesse, puis nous sommes reparties pour aller récupérer, pas trop loin, le fils de l’amie que j’avais invité au théâtre (le fils, pas l’amie). Heureusement, son père ne vit pas loin (parce qu’il passait ce week-end là avec son père). Ensuite bus. Pris d’assaut par la foule du dimanche matin. Comment ça la foule du dimanche mati ? Mais oui la foule de ceux qui étaient refoulé par le métro, ligne 2 totalement fermée pour le WE. Evidemment celle que j’étais censée emprunter le plus souvent ce jour-là. Donc bus, heureusement direct jusqu’à Pigalle où nous avons failli ne pas descendre car de nombreuses personnes faisaient barrage de leur corps pour nous empêcher d’atteindre la porte. Puis, comprenant que c’étaient trois places qui se libéraient d’un coup, elles se sont désolidarisées pour se ruer à l’assaut. Je n’ai pas pris le temps de regarder quels ont été les vainqueurs, j’avais eu mon comptant d’émotions la veille.

Pour arriver dans l’appartement où était hébergée Léone, il fallait grimper jusqu’à la rue Ravignan. Puis ouvrir mon téléphone en espérant que ça marche encore et demander le numéro de code de la porte. Puis descendre environ un étage dans une cour, la traverser et remonter enfin quatre étages. Mes rotules m’ont traitée de tous les noms. J’ai cru qu’elles allaient déclarer grève. Cela dit, elles râlent, mais comme les Français, elles passent peu à l’action. Elles ont donc tenu le coup, ce qui, somme toute m’arrangeait bien.

Nous avons passé vingt minutes à récupérer avant de descendre tout schluss vers la place Clichy, emprunter une ligne qui fonctionnait, la 13, ce qui est, paraît-il, plutôt exceptionnel. Dix minutes après, nous étions au théâtre, suffisamment à temps pour laisser sacs et manteaux (en ce temps de novembre) au vestiaire et nous installer confortablement à de très bonnes places.

La pièce était une adaptation de plusieurs contes des frère Grimm réalisée et mise en scène par Olivier Py. Ça promettait d’être intéressant. C’était super. L’histoire était classique. Une jeune fille orpheline de mère, douce, intelligente (non, ça ce n’est pas classique, en général, les princesses sont douces et belles, on ne les voit pas avec des livres à la main) attend son père qui doit ramener sa nouvelle épouse. Evidemment, c’est une marâtre des plus nocives. Et sa fille, très belle, n’est guère bavarde. L’affreuse exige de sa belle-fille des tâches inimaginables. Les justification de ces diktats, concernant les bienfaits du travail sont des morceaux d’anthologie tout à fait grinçant et d’une certaine actualité. La belle-mère est affreuse comme un présiprince. Pour se débarrasser de la gamine, elle l’accuse d’avoir tué son père. Affolée, la jeune fille fuit dans les bois où elle trouve refuge, grâce au jardinier qui la protège, dans une cabane. Arrive un prince, qui tombe amoureux d’elle, de ses mots (elle n’est pas très jolie). Et part chercher sa couronne pour la demander en mariage. Las, il tombe sur la belle-mère. Celle-ci lui fait boire une filtre magique qui transforme le doux prince en dictateur abominable et le rend amoureux de la jolie fille muette de la marâtre.

Fille qui n’est en fait qu’une poupée à l’exacte effigie de son enfant morte. Tout finira par rentrer dans l’ordre parce que dans les contes des frères Grimm, s’il y a toutes les horreurs de la vie : la mort, la cupidité, la méchanceté, la violence, la maltraitance des enfants, il y a aussi, toujours, un happy end. Olivier Py a d’ailleurs tout un discours intéressant sur la question. Le spectacle fut beaucoup applaudi, par les enfants bien sûr, mais aussi par leurs parents qui ont crié moult bravos. Réservé au plus de 7 ans, il n’ pas déçu les plus jeunes (très nombreux dans la salle). Le petit garçon à mmon côté ne devait pas avoir plus de 5 ans. Il est resté extrêmement attentif et concentré pendant toute la représentation. Visiblement, cela lui parlait. Quant aux trois que j’avais amené avec moi, ils ont adoré et Garance m’a même commandé le DVD. Les décors étaient très beau, qui ressemblait (comme un peu la scénographie, au Soulier de satin, mis en scène par le même Olivier Py. Les comédiens, tous musiciens et quelques uns chanteurs étaient excellents. Notamment la marâtre joué par un homme, le même que celui qui jour le chef de la troue de théâtre. Oui, parce qu’il y a un théâtre dans l’hitoire. Ce qui permet aussi de parler politique. Et de faire rire les parents. Oui, ça a l’air un peu compliqué comme cela, mais allez-y, surtout si vous avez des enfants, c’est trop génial. Ça se jour jusqu’au 18 juin aux ateliers Berthier, près de la porte de Clichy.

A la sortie du théâtre, le temps tournait vinaigre une fois de plus. J’ai remis le fils à son père et nous nous sommes engouffrées dans le métro, direction gare Montparnasse. Ligne direct, métro à l’heure. Un truc simple, sans complication, tout ce qu’il me fallait. Lou nous a rejoint avec son père qui l’avait soutenu pendant toute la journée de la compétition par équipe. Et nous étions en avance ! Comme quoi, je suis réellement la reine de la logistique. Puis nous sommes montées dans le train pour, enfin, rentrer. J’avais hâte, j’avais assez bougé pour un moment.  Le truc, c’est que la SNCF, toujours pratique, quand on lui demande un carré famille, à la réservation, fait comme si c’était bon. On découvre ensuite, qu’en fait, non, pas du tout. Si au moins La SNCF nous avait laissées ensemble, c’est vrai quand on réserve quatre places dans un wagon avec une carte famille nombreuse, qu’on demande un carré famille, ce n’est pas pour être éparpillé dans le wagon… Mais non plus… nous étions toutes les quatre à des rangées différentes. J’étais derrière Lou et, de l’autre côté du couloir, Léone était derrière Garance. Nous avions toutes des places près des fenêtres, je dois remarquer cela, mais ce n’est pas ce que je demandais. Heureusement que le trajet n’est pas long et que les filles sont assez grandes pour se débrouiller seules sans leur maman… Pour discuter du stage avec Lou, par contre, c’était un peu compliqué. Elle venait de me remettre les papiers et je venais de découvrir qu’il me faudrait débourser 200 euros pour le stage, plus le trajet. Ha non ! pas ça en plus… Nous parlions donc des modalités à voix un peu haute et un des passager nous a demandé sèchement de parler moins fort. Je l’ai envoyé baladé. Il a fini par dire s’il vous plaît et je me suis tue. Il faut toujours demander poliment. Un grand garçon comme lui aurait dû le savoir.

Nous sommes enfin arrivées à Tours. Très contente d’avoir eu l’idée de laisser la voiture à proximité de la gare et de ne pas avoir à transporter les sacs jusqu’à la maison. Sur le pare-brise, un papillon bleu nous attendait. Je n’avais pas pensé que le parc-mètre avait également faim le samedi. Mais 11 euros, c’était de toute façon moins cher qu’une journée de parking. Alors … Le truc, c’est que lorsque j’ai tourné la clé de la voiture, le moteur a fait eueuhueugueuhueug, d’un ton assez poussif. J’ai eu beau réessayer plusieurs fois, attendre, réessayé. Rien n’y a fait. Ça nous a laissé le temps d’observer la foule des gens qui venaient déposer leur déclaration d’impôts dans la boîte aux lettres de la perception. Ça c’est un truc qui m’a toujours amusée. Outre que j’ai fait cette année encore ma déclaration par Internet, quel intérêt d’attendre le tout dernier jour pour être obligé, en plus, de se déplacer. Vous me direz : ça économise toujours un timbre. Internet aussi. Et avec le sans plomb à 1,35 euros le litre, il faudrait également penser à économiser de ce côté-là.

En tout cas, ce n’est pas nous qui avons dépensé de l’essence… Nous avons dû rentrer à pied. Epuisées et heureuses, jurant, mais un peu tard qu’on ne nous y reprendrait plus à vivre des WE aussi compliqués.

Commentaires

1. Le lundi 31 mai 2010, 21:55 par karmara

Je suis épuisée rien qu'à te lire... :) Je te souhaite un week-end plus tranquille cette semaine !

2. Le lundi 31 mai 2010, 22:08 par Leeloolène

quel intérêt d’attendre le tout dernier jour pour être obligé, en plus, de se déplacer
Pas d'intérêt non... mais pas de temps avant généralement... et puis c'est comme les dissert de philo... c'est toujours mieux écrit la veille au soir que pendant les 3 semaines de délais que l'on nous donnait généralement :)

3. Le lundi 31 mai 2010, 22:46 par Akynou

Leeloolène, dans la majorité des cas maintenant, il n'y a plus qu'à signer. Et Internet, pour ceux qui manquent de temps, c'est quand même plus rapide que d'aller se précipiter aux impôts le dernier jour à la dernière heure. C'est tellement français, je trouve ça drôle :-)

Karmara : oui, ça m'a épuisée aussi :-) Le WE prochain risque de ne pas être plus reposant. Finale départementale d'escrime. samedi Léone tire, dimanche, c'est Lou, ça fera toujours une couple et une médaille en plus ;-)

4. Le mardi 1 juin 2010, 01:41 par Lyjazz

Paris est finalement une ville pas si pratique que ça point de vue des transports en commun.... il vaut mieux avoir un vélo, des rollers, un scooter, et les éviter.... du moins à te lire !
Pour les impôts, moi, ce qui me gonfle, ce sont les gens qui veulent se garer juste devant, ou se font déposer en voiture juste sous les boites à lettres, dans une rue très passante, très étroite et très encombrée, qui a un parking à chaque bout ! je trouve tout à fait incivil de faire chier la moitié de la ville pour ça, alors qu'on peut se garer, faire 50m à pieds et poster le papier.... si on n'a pas fait la déclaration par internet, évidemment !
Décidément la vie de maman solo de sportives et amatrices de théâtre est pleine de rebondissements !

5. Le mardi 1 juin 2010, 11:08 par Akynou

Lyjazz : si, c'est très pratique. J'avais surtout des diagonales impossibles à faire et pas de chance de tomber un WE avec travaux de maintenance. Quant aux rollers (je sais pas faire), le scooter, ou le vélo, va donc transporter trois gamins avec toi, ou des valises, etc. Surtout sur de pareilles distances. J'ai traversé Paris du Nord au Sud plusieurs fois ce WE.
Pour les impôts, je suis d'accord, c'est d'ailleurs ce qui m'a fait remarquer le manège, les gens se garant n'importe où dont un à la hauteur de notre voiture nous empêchant de sortir. Cela dit, ça ne m'a pas vraiment gêner puisque que la voiture était en panne :-)
La vie de maman solo, surtout de trois et surtout de cet âge-là, c'est tuant. C'est quand je bosse que je suis en vacances ;-)

6. Le mardi 1 juin 2010, 12:47 par Valérie de Haute Savoie

Certaines déclarations ne peuvent se faire par internet hélas et c'est notre cas. En plus, nos déclarations sont assez compliquées et nous trouvons toujours plein de choses à faire qui recule d'autant ce truc si pénible et ingrat. Alors, le dos au mur, nous sommes en général obligés de déposer l'enveloppe directement dans la boîte (dieu merci éloignée de la ville et avec un grand parking prévu pour) en nous jurant (mais un peu tard) que l'année prochaine nous ferons un effort !

De ces week end chargés ne resteront bientôt que les bons souvenirs :D

7. Le mercredi 2 juin 2010, 10:10 par karmara

Tu m'as donné envie. Hier soir, j'ai pris des places pour la pièce ! On y va vendredi. J'espère que Claire ne sera pas trop petite... :)

8. Le mercredi 2 juin 2010, 10:55 par Akynou

Karmara : Yes ! Cette partie-là, je l'ai écrite en pensant à toi (d'autant que c'est un vieux reste de proposition du CE en septembre). Il y a suffisamment de magie dans cette mise en scène pour que Claire prenne du plaisir. Il y en a vraiment pour tous les âges et tous les goûts. Mais tu verras, ce qui est étonnant pour un spectacle pour enfants, ils sont tous très attentifs à ce qui se dit, il n'y a pas du tout de chahut et ça pendant une heure et demi. Mais bref, tu nous diras :-)