Billet du soir, désespoir

Bonsoir Madame

Ce petit mot pour vous avertir que votre fille nous donne des motifs d’inquiétude; déjà la semaine dernière elle a été exclue du cours d’arts plastiques pour attitude insolente et gestes violents (voir son carnet à signer); aujourd’hui, elle n’a pas montré ce carnet à madame la prof d’art plastique et a refusé de lui présenter des excuses ; elle a refusé de travailler et en fin d’heure a effectué une simulation de « suicide » (ce sont ses propres mots) avec couteau et compas: descendue dans le bureau de madame la principale, elle a opté pour une attitude insolente à son encontre, refusant toute discussion.
Elle a vu ensuite l’infirmière qui n’a pu obtenir grand chose: Votre fille ne comprendrait pas ce qu’on lui reproche; dit que ça crie autour d’elle et que c’est comme à la maison où on ne prend pas le temps de l’écouter…Elle passe son temps à dessiner les mêmes motifs sur tous ses cahiers et n’écoute plus rien, ne suit plus les cours.

Cordialement

Le prof principal de votre fille

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de cette ravissante jeune fille qui me désespère. Ce soir, elle était toute contente car elle avait réussi à avoir la moyenne en histoire et en anglais…

Commentaires

1. Le mardi 12 avril 2011, 14:42 par charlottine

Ne désespère pas, elle attire l'attention et a sans doute réellement besoin d'être écoutée,(même quand elle prétend n'avoir rien à dire .... ) calmement, sereinement et je devine que ta vie plutôt bousculée ne favorise pas cette "écoute " ! Mais je suis sûre que vous vaincrez cette crise ....

2. Le mardi 12 avril 2011, 15:18 par Anne

Rohhh! Bon sang, pourquoi c'est si difficile parfois... Ils souffrent, ne savent pas de quoi, pourquoi, ne peuvent pas l'exprimer, surtout pas à nous... Et pourtant il faut que cela sorte!!! Et puis tout cela passe, ils passent à autre chose... Pour Victor nous avons appelé à l'aide et il voit, avec plaisir, une psychologue. Pour nous l'essentiel c'est de maintenir le dialogue, toujours!

3. Le mardi 12 avril 2011, 16:03 par Leeloolène

Ca me fait tellement de peine pour elle... pour toi... pour vous. Car je la connais si sensible, si émouvante. Sûrement les années difficiles de son enfance qui sortent maintenant...
Bon courage à vous, à elle... et embrasse là très très fort de ma part.

4. Le mardi 12 avril 2011, 19:20 par julio

Je ne sais quoi dire ! Parler patience et amour. Mais je suis sur que tu trouveras les mots qui apaiserons son cœur trop grand pour sais petit épaules !

5. Le mardi 12 avril 2011, 21:14 par L'impatiente

Je ne suis pas bien calé en ado qui en bavent; alors que moi même... mais cela me semble une autre vie...
je te fais une bise.

6. Le mardi 12 avril 2011, 22:11 par Anne la

bonsoir
je viens souvent vous rendre visite silencieusement;
je prends la plume car votre billet me touche, me fait faire un bond en arrière avec ma fille rebelle, douloureuse, agressive. Elle est devenue une adulte magnifique. L'adolescence est aussi violente pour eux que pour nous, les parents.. J'en suis sortie groggy et assez fière d'avoir résisté... ce que je comprends de vous me fait dire qu'elle a beaucoup de chance de vous avoir comme mère. naviguez à vue avec pour boussole votre amour et vos valeurs. Anne

7. Le mardi 12 avril 2011, 23:16 par PMB

Que votre fille se conduise comme dit dans la lettre c'est une chose (et pas amusante, croyez-en un père qui est passé pas très loin avec son fils, maintenant un père de famille tout ce qu'il y a de responsable - et prof d'arts plastiques :-).

Mais qu'on vous l'écrive au lieu de vous inviter à une rencontre, brrr...

J'ai eu dans ma carrière à gérer des cas d'élèves difficiles, mais jamais ça n'est passé par l'écrit !

8. Le mercredi 13 avril 2011, 08:09 par Akynou

PMB : je rencontre le prof principal assez régulièrement. Nous avons discuté longuement il y a moins de quinze jours. Nous nous sommes mis d'accord pour qu'il me prévienne par mail des "évolutions" de l'état d'esprit de ma fille. Il ne se serait jamais permis de le faire si nous n'tions pas d'accord. Depuis, il y a d'ailleurs eu d'autres échanges.

Anne la : merci pour vos mots. Je sais les tourments de l'adolescence. Et ceux particulier de cette fille-là. JE viens de réaliser un magasine avec mes étudiants sur la question. Ça n'empêche qu'elle joue aussi une partie de son avenir à cause de l'école et que je commence à m'inquiéter sérieusement. :-( Naviguer à vue, il n'y a effectivement que cela à faire.:-)

Leeloolène : Oui effectivement, cette enfance malheureuse dont elle n'arrive pas à se débarrasser. Le fait que la date d'appel se rapproche pour le divorce n'est sans doute pas totalement étranger à ses angoisses.

Anne : le problème est là, la liste d'attente pour obtenir une place chez un psy est longue. Nous attendons depuis quatre mois une place au CMDP. Et c'est pareil en privé. Aucune réactivité de ce côté là.

Charlottine : merci. Mais elle charrie quand elle dit cela. Je passe beaucoup plus de temps avec elle qu'avec ses sœurs qui n'en ont pas forcément moins besoin. Mais c'est pas son job d'être juste si je puis dire.

Julio : merci

9. Le mercredi 13 avril 2011, 09:26 par L'impatiente

Comme je te le laissais entendre je n'ai pas été une ado facile, loin (très loin) de là. A l'école, renvoi, colles par wagons, etc...j'ai quand même été jusque au bac, tirée, poussée, tractée, portée, forcée par la famille. Puis aujourd'hui je suis en master2, formation continue certes, mais sans aucun regrets finalement, et j'ai toujours été autonome (financièrement mais pas que) depuis mes 18 ans.
Un exemple, je ne suis pas une exception, une adolescence dure ne signifie pas qu'on va "mal tourner", l'inverse est vrai aussi... j'en suis convaincue.
J'imagine que ce n'est pas facile de rester confiante dans la tourmente... alors moi je te dis que même de loin, même sans vous connaitre toutes les quatre, j'ai confiance pour vous, ça va bien se passer (après). bises.

10. Le mercredi 13 avril 2011, 13:44 par Tili

Dur moments...
Elle a certainement besoin d'être entendue, à défaut de Psy, pouvez vous appeler à l'aide un adulte extérieur ? Grands parents, amis, marraine etc...

11. Le mercredi 13 avril 2011, 16:43 par luce

As tu reçu mon mail ? bisous

12. Le mercredi 13 avril 2011, 22:32 par Akynou

Luce, oui, je voulais sonder avant de te répondre sur tout. Mais sur votre venue, ce sera avec plaisir. Et puis tu diras à ta fille que j'ai été très émue et très contente qu'elle demande ainsi de mes nouvelles.

Tili : on est un peu loin de tout le monde malheureusement :-)

L'imatiente : merci, tu me rassures un peu :-)

13. Le mercredi 13 avril 2011, 22:41 par mwenpouzot

La rassurer...
Il lui faut trouver quelqu'un en qui se confier, psy ou un etre proche.
Bon courage!

14. Le mercredi 13 avril 2011, 22:48 par Lyjazz

Moi je dirais qu'elle a besoin de ta confiance.
Et tant pis si elle rate une année. De toutes les manières tant qu'elle n'est pas motivée (et elle doit avoir des tas de bonnes raisons pour agir comme elle le fait) elle ne pourra pas se concentrer sur des matières scolaires, surtout si elle les apprécie moyennement.
Elle a besoin de temps, d'écoute, de dire des choses. J'imagine que tu lui as proposé d'écrire, de photographier, d'exprimer son malaise.
Même par mail ou tel elle peut dire des choses à un adulte en lequel elle aurait confiance.
Sinon, un peu d'huile de millepertuis, quelques compléments alimentaires pour la rebooster ?
Et qu'elle prenne soin d'elle : hammam ? massage ? théâtre pour exprimer son malaise ?
Voilà pour mes idées.
Pour avoir traversé ces tempêtes et m'être cassé le nez sur l'incompréhension parentale, j'aurais apprécié qu'on m'écoute comme tu le fais avec elle...

15. Le mercredi 13 avril 2011, 23:08 par Akynou

Mwenpouzot : on va essayer

lyjazz : ce que tu dis me touche beaucoup.

16. Le vendredi 15 avril 2011, 00:35 par Lyjazz

Je ne sais pas exactement ce qui te touche dans ce que je dis.
Mais ce que je sais, pour l'avoir constaté sur maints ado de mon entourage, c'est qu'il faut savoir lâcher du lest sur l'école.
Encore il y a un mois j'en parlais avec un de mes anciens profs de fac qui avait dû laisser son fils passer plusieurs années sans rien faire. Il a douté. Mais il se félicite de lui avoir fait confiance. Et il constate que ça porte ses fruits.
De même, une amie jeune retraitée de l'Education Nationale me parlait de l'un des ses fils, qu'elle avait accepté de sortir de l'école, et qui se débrouillait très bien, était très épanoui dans son boulot.
Dans les 2 cas j'ai entendu parler de confiance (de doute aussi bien sûr, de navigation à vue) mais la conclusion est toujours la même : quand une personne est motivée pour arriver à quelque chose, elle se débrouille pour le faire, surtout si un adulte est à côté avec une présence bienveillante.

17. Le mardi 26 avril 2011, 11:44 par dieudeschats

A-t-elle des amies de son âge suffisamment intimes pour discuter de ses problèmes ? parce que les adultes c'est bien mais... voilà, quoi ;-)

18. Le mardi 26 avril 2011, 12:08 par Anne (Chiboum)

Pourquoi je ne vois ce billet que maintenant ??!!

Bref. J'espère qu'il y a un peu d'apaisement dans l'air, depuis. Et je ne sais que te dire sinon que j'ai confiance en vous, en toi, en elle, en ses sœurs. Mais que ça n'exclut pas des moments compliqués. Vous embrasse très très fort.

19. Le mercredi 4 mai 2011, 01:22 par Akynou

Anne : les vacances l'ont un peu apaisée. Mais Je suis convoquée chez la principale la semaine prochaine…
Dieuxdeschats : elle a surtout des amies parisiennes. Heureusement, elle a passé du temps avec elles pendant les vacances
Lyjazz : du lest lâché sur l'école, c'est malheureusement ce que je fais depuis très longtemps déjà. Et l'école, elle, ne lâche pas de lest. Je refuse qu'elle redouble à nouveau parce que le décalage d'âge est un de ses problèmes. Et elle a tant de capacités…