Une si longue absence

Ce matin, comme souvent, je jette un coup d’œil au compteur des jours. Douze semaines ! Cela fait douze semaines qu’ils sont portés disparus. Je vais sur la page du comité de soutien, relis la pétition que j’ai signé dans les premiers jours… Et puis soudain, le doute. Je l’ai bien signée au moins…

Je cherche, il n’y a pas de liste de signataires. Mince, je l’ai signée ? Je me revoie, le jour où elle a été posté sur Internet. Cela faisait un moment que ces deux-là ne répondaient plus à l’appel. Et personne n’en parlait. Motus, silence, bouche cousue. Mais j’avais besoin de nouvelles, besoin de savoir, si on faisait quelque chose, pour les sortir de là, s’ils n’allaient pas tout simplement tomber dans l’oubli, disparaître pour de bon dans l’indifférence ? Cette page, c’était déjà comme un signe d’espoir. Alors, immédiatement, je l’ai partagée, pour qu’un maximum de gens puissent la voir, et signer, signer, signer. Parce que c’est la seule chose que nous pouvons faire. 

Mais du coup, je me demande : ai-je pris le temps de la signer, moi ?

Vous savez quoi ? C’est con. Pas la peine de se prendre la tête et dans le doute, je ne m’abstiens pas : je signe, là maintenant, tout de suite. Qu’importe si c’est la deuxième fois. Mais comme cela, j’en suis sûre, c’est fait. 

C’est pas un pierre, c’est un tout petit caillou, à peine un gravillon. Et dans l’horreur quotidienne de ce qui se passe là bas, c’est même une chiure de mouche. Mais il faut le faire. Signez, s’il vous plaît.

La pétition est à cette adresse