mardi 24 juin 2008

Dans ma maison vous viendrez

Le bail est signé


Grand appartement en rez de chaussée, avec une belle terrasse, un petit jardin, une cave immense, une belle hauteur de plafond, une rue tranquille, mais quand même au centre ville, à dix minutes de la gare…

J’ai signé le bail samedi. Il faut que je trouve un déménageur pour aout, le plus tôt possible en août bien sûr. D’ici, il faut que je sache ce que je vais emmener et ce qui va rester…

Ceux qui m’aiment prendront le train :-)

lundi 23 juin 2008

Mes championnes à moi que j'ai

Malgré tous ses déboires cette année, deux blessures, des maladies et la vie pas folichonne, Lou est arrivée troisième des benjamines parisiennes au fleuret.
Le jour de la finale, elle s’est fait battre en finale. A deux touches…

Finale des benjamin, ligue de Paris

On ne peut pas dire qu’elle était super souriante à la remise des récompenses…

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Dans le même genre, Léone a fait un match contre sa grande sœur. Elle a réussi à lui mettre une touche. Mais elle a perdu le match, ce qui est somme toute logique. Elle est partie furibarde en disant qu’elle ne ferait plus jamais d’escrime.
Elle semble depuis être revenue à de meilleurs sentiments, d’autant qu’elle a eu sa première médaille lors d’une compétition avec l’école…

Graines de championnes, va !

Moi ? fière, mais où vous avez lu ça vous ?


vendredi 6 juin 2008

Revigorant comme l'onde claire

Tiucce


Sur la plage de Tiucce, l'onde est si claire qu'on a l'impression qu'elle n'est même pas là. Enfin, le temps de quelques centièmes de secondes…
Et elle est si fraîche qu'elle est bien plus revigorante qu'une bonne paire de claques…

Drapé dans ton habit de suffisance
tu avais un peu chaud me semble-t-il
mieux qu'un soda, qu'une révérence
j'ai un truc sensass' pour les
problèmes de chevilles

Une bonne paire de claques
rien de tel pour faire circuler le sang
c'est du miel en plaque
c'est revigorant comme l'onde claire…*

Ce message ne s'adresse à personne. Il n'y a qu'un être au monde à qui j'ai envie de donner une bonne paire de claques. Et c'est justement à lui que je m'interdis de le faire... Cela dit, rien que d'y songer, parfois…


(*) Une chanson de Tété.
PS : de l'autre côté du clic, il y a d'autres jolies photos.

mercredi 4 juin 2008

Officiellement

J’ai remis ma demande de congé sabbatique à la DRH. Début septembre, je quitte le journal dans lequel je travaille pour onze mois (voir plus si affinités). Et je m’installe à Tours.
Où l’on m’a proposé un poste de maître de conférence associé.
Une éclaircie dans ce ciel bien noir (dans tous les sens du terme).

Pour le reste, j’essaie de tenir le coup, mais putain, c’est dur.

mardi 27 mai 2008

asphodèle

Fleurs du Liamone

mardi 6 mai 2008

Plage et médecin


Quand Lou est entré dans ma chambre et disant « Maman, maman, Léone a vomi, y en a partout… » J’avais l’impression de venir de m’endormir. Je regardais l’heure… je n’avais pas tord, il était 2 heures. J’ai gémis un peu pour la forme. Mais dans ces cas là, je suis terriblement fataliste. Les enfants, ça vomit. Parfois dans la salle de bains, parfois, non. C’est le vomis, c’est comme ça, faut faire avec.
Je suis montée à l’étage avec le seau et la serpillière, nettoyer les dégâts de mon bébé. J’enlevais le drap de lit, nettoyais le sol, auscultais ma dernière qui était fraîche comme un gardon. Et renvoyait tout le monde se coucher. Mais le sommeil m’avait fuit. Alors je repris mon livre et n’éteignis la lumière qu’à 5 heures du matin, Pour être réveillée par les voisins vers 7 heures. Morose.
Tout fut morose d’ailleurs cette matinée là tant j’étais fatiguée et j’avais mal partout. Merde, être en vacances et ne pas dormir tout son saoul, ça a quelque chose d’inconcevable. D’accord il y avait ce livre, mais il y avait aussi mes neurones personnels. Faudrait quand même y mettre bon ordre.
Je me levais vers 9 heures, préparais le petit déjeuner des filles qui étaient levées. Pris le petit déjeuner avec elles. Puis retournais m’allonger avec mon bouquin. Somnolais. Garance vint me voir pour me demander quand nous irions chez le médecin. Après déjeuner chérie, là, je suis en mode pause…
Je me relevais pour faire la bouffe. Léger. Salade, viande, oranges du jardin (une tuerie soit dit en passant).
Et puis nous nous préparâmes. Le programme était : médecin, plage, Piana pour y voir le coucher du soleil. Heu, c’est pas tout à fait comme ça que ça c’est passé. D’abord, de médecin, il n’y en avait pas avant 16 h 30. Il était 15 heures. Ensuite, Piana était paraît-il à deux heures de route. Je trouve que ça fait beaucoup quand on pense que Corte est à une heure et demi. Mais bon. Deux heures, quand même… Ça faisait quatre heures de route. Avec des ziiiig à gauche et des zaaaag à droite. Mon rêve de coucher de soleil sur les calanques en a pris un coup. Alors je changeais mon fusil d’épaule et proposais aux filles : on va à la plage jusqu’à 18 heures. Et puis après, on va chez le médecin. Et pour une fois on ne rentre pas trop tard. Banco ?
Banco
Les filles, du moment qu’il y a le mot plage calé quelque part dans le programme, tout leur va. Nous retournâmes donc plage du Liamone, décrétée plage préférée des filles. Et je ne peux vraiment pas leur dire qu’elles ont tord.
Là, j’ai repris mon livre. Il fallait que je lui fasse un sort. Il décrivait, entre autres, une façon de fonctionner dans une famille qui me parlait bien. Le mot était anglais, c’était sparky. En quelque sorte donner de beaux souvenirs aux enfants.
Le hic, c’est que l’histoire est triste, que la mienne n’est pas formidablement gaie non plus. Et que de voir mes filles rire et se poursuivre sur la plage me donnait, curieusement, un sacré coup de bourdon. Aurais-je réussi à leur mettre suffisamment de bleu dans la tête pour tenir les échéances à venir ? A midi, nous avions parlé de leur père. Enfin, parlé. Garance, plusieurs fois me demandait quand nous irions le voir. Il lui manquait. Manquer au point de vouloir revivre avec lui ?
Oh ben non, juste le voir.
Lou se marrait en disant que c’est son chat qui lui manquait.
Léone fit semblant de pleurer en grimaçant que son chat et son père lui manquaient
je peux reprendre de la salade, ajouta-t-elle aussitôt.
Fermer le ban, Il n’y a rien d’autres à en dire.
Je suis allée me baigner pour me changer les idées. L’eau était comme d’habitude, tout juste fréquentable. Niveau température s’entend. Pour le reste, elle est parfaite. J’ai joué avec les filles, un peu. Léone me montrait ce qu’elle savait faire. Et s’étonnait d’avoir presque oublié la nage grenouille (brasse). Je la rassurais en lui disant qu’en mer, aucune nage n’était possible. Je sautais sur place « pour faire bouger mes bourrelets » disais-je à Lou qui, morte de rire, faisais semblant de m’engueuler pour me dire que j’était trop dure avec moi-même. Ha ben non, pas dure, juste lucide.
La veille, dans la montagne, nous avions croisé un couple de marcheur que nous avons salué comme il se doit. Lou s’était attardé à regarder un lézard un peu gras du bide et en avait fait la réflexion.
‑ Oh, il est obèse ce lézard.
Elle entendit le mec dire à la compagne :
‑ Comme sa mère.
‑ C’est le cas de le dire, rétorqua celle-ci
C’est en tout cas ce que m’a rapporté Lou. Bon, obèse. J’ignorais. Mais bon, l’obèse, elle a quand même grimpé là haut dans la montagne. Et je ne sais plus la suite de la chanson. Tout ceci n’est pas très grave. Je sais que lorsque j’aurais retrouvé une vie plus calme, moins stressante, les kilos en trop partiront, j’ai toujours fonctionné comme ça. Cela dit, là où ils ont raison, c’est le poids, il faut le hisser, et ce ne fut pas de la tarte.
Bon, allez, au diable les cons.
Il fait beau, je me baigne et je fais sauter mes bourrelets parce que je le veux bien.
A 18 heures, nous avons pris le chemin du cabinet médical. Nous sommes tombées sur ce genre de médecin qui cause tout le temps, parfois pour dire des conneries et avec qui on ne peut pas en placer une. Et bien sur, forcément, on est légèrement débile. D’abord, il a pris Garance pour un garçon (elle était en jupe. Puis m’a répété quinze fois qu’avec sa peau il fallait qu’on fasse attention. Ça pour le coup, c’était un scoop. J’essayait de le rassurer, mais comme il n’écoutait pas ce que je disais, je laissais tomber. Faisant la conversation sur le ton qu’il attendait.
Il finit par faire la seule chose que je lui demandais, lui prescrire un antihistaminique. Les boutons de Garance, c’est comme sa peau, je connais.
Nous sommes remontées au village. J’adore cette route. Elle traverse les champs, les prairies. Elle est bordée de fleurs et elle sent bon le foin, l’herbe, l’été. J’ai préparé des pâtes aux aubergines et une quiche lorraine pour manger à la plage le lendemain. Puis nous sommes montées à l’étage toutes les quatre pour regarder le soleil se coucher dans la mer. C’était beau, comme d’habitude.
Le dîner achevé, les filles ont commencé une partie de Cluedo quand j’ai commencé à écrire. Et quand tout le monde a été couché, j’ai repris mon bouquin. Et je l’ai achevé, ce qui était somme toute la seule chose qu’il y avait à faire le concernant. J’ai fermé la lumière vers 2 heures. Mais le sommeil me fuyait. J’ai donc ressorti les petite pilules qui font dormir et j’ai sombré sans autre réveil que celui du matin.


lundi 5 mai 2008

La vallée de la Restonica

Quand le téléphone a sonné le réveil à 7h30, je me suis dit que c’était une mauvaise blague. Puis je me suis souvenue que non, c’était moi qui l’avais ainsi réglé. Du coup, je me suis octroyée une petite rallonge d’une demi-heure. Puis je me suis levée, j’ai mis le linge à sécher, commencé à préparer le petit déjeuner. Et j’ai été secouer les filles. Oh qu’il est dur le réveil de ces petits bouts qui ont tant envie de rester au lit. Faut dire que la perspective de marcher pendant des heures, après avoir fait une heure et demi de voiture ne les enchantait pas. Elles ont pourtant fini par descendre, par se préparer.
Nous sommes parties, il était pratiquement 10 heures.
Si nous étions restées à Paris, je me préparerais à aller voir le juge pour la conciliation avec mon mari. Eh bien je préférais les faire ces kilomètres. Et j’avais bien raison.
Nous avons été jusqu’à Corte. Et nous avons pris la direction de la vallée de la Restonica. En fait, cette vallée commence très vite après la ville. Une petite route très étroite, bordée d’un côté par un précipice au fond duquel courrait un torrent de montagne aux eaux magnifiquement claires et de l’autre des parois escarpées. Que du très classique, mais du très très beau quand même. La route nous menait d’abord au camping de Tuani, pour continuer plus étroite que jamais. Nous traversions des ponts sans garde-fou avec des précipices de chaque côte. Nous admirions les grands pins laricio, la roche abrupte, et puis encore cette eau magnifique qui donnait bien envie de se baigner même si nous la devinions glaciale. C’était trop beau. Lou pestait car elle était côté roche. Nous passâmes le pont de Tragone et se fut à son tour de s’exclamer.
Après un temps interminable (nous roulions à 2 à l’heure), nous arrivâmes enfin aux bergerie de Grotelle, départ de notre randonnée. Notre but était de suivre la haute vallée de la Restonica. Puis de suivre le chemin vers le lac de Melo. La pancarte annonçait une heure et demi de route. Le guide calculait quelque trois heures. Par expérience, je préférais faire confiance au guide. Ce n’est pas tant que les petites marchent lentement, elles ont bon pied, bon œil. Mais les chemins dits faciles sont toujours plus ardus qu’annoncés. Et les passages difficiles ne passent pas aussi rapidement que les autres.
Il était presque midi quand nous sommes parties. Nous croisions des gens super équipé, avec chaussures de marche, bâtons de randonnée, doudoune, Kway. Nous étions en short et bermuda, t.shirt et sandale de marche. Les filles au moins avaient un pull. Pas moi. Je me disais que j’étais vraiment une mère indigne d’emmener mes enfants aussi peu habillés pour la circonstance. Je me demandais si ça allait le faire.


Ça la fait. Et pourtant, ce ne fut pas facile. Il y eut des pleurs et des grincements de dents. Mais nous sommes passées.
Au début, le chemin était très caillouteux. Puis presque plat, plutôt agréable, avec des ruisseaux qui couraient partout. Nous sommes arrivées à un premier relais à côté duquel nous avons trouvé une roche accueillante pour pique niquer. Face à la montagne et à quelques cascades. Nous avions vu pire comme salle-à-manger. Comme de bonnes petites citoyennes, nous avons ramassé tous nos papiers et nous les avons fourré dans notre sac. Nous avons pu constater que ce n’était pas le cas de tout le monde. Et nous avons repris notre chemin.
Ça montait, maintenant, mais c’était encore très fréquentable. Et puis surtout, quel spectacle. A droite, la longue crète du Capo a u Chiostre (2295 mètres), à gauche le massif de la Rotonde (2622 mètres) et devant nous, barrant l’horizon, le Lombarduccio. Graphie italienne je le crains. En corse, cela s’écrirait bien sûr tout à fait différemment. Partout, des reste de neige agrippés aux pentes, des cascades, Vallée glaciaire, aux flancs abruptes et au fond plat, encombré de moraines, de roches arrachés aux parois par les glaces. Au bout d’une heure et demi de marche (dont en fait une demi heure de pause), nous sommes arrivées à la grande barre rocheuse qui retient le lac de Melo. Alors, là, le guide disait que les personnes habituées à l’escalade pouvaient en un quart d’heure atteindre le lac en franchissant la barre rocheuse, les passages les plus commodes étant indiquées par des marques jaunes. Il est plus aisé de s’y rendre, continuait-il, depuis le plateau couvert d’aulnes, qui traverse la Restonica, grimpe dans les Aulnes sur la rive droite et franchit la barre rocheuse par son rebord gauche (environ 1 heure,facile).
Le problème, c’est que la plupart des guides sur la Corse vous établissent une programme d’été. Et oublient complètement qu’on puisse faire ce genre de promenade en d’autres saisons. Le chemin ainsi présenté était tout à fait impraticable car entièrement couvert d’une épaisse couche de neige. Et la neige, en sandales…
Nous avons donc attaqué la barre rocheuse par sa face escalade, et ça a été plutôt sportif. La seule qui était vraiment à l’aise était Lou qui se relayait auprès de ses petites sœurs, j’avais pour ma part assez de mal à isser mes kilos plus ceux du sac à dos. Il a fallu grimper en se tenant à des chaînes, escalader des rochers, des échelles, j’en passe et des semblables. Au moins étions nous un minimum équipées. Mais je plaignais beaucoup les mamies avec leurs chaussures Damart et l’ado hollandaise avec ses ballerines ajourées. Mais oui, mais sur le guide, c’était quand même marqué : randonnée sans aucune difficultés…
En suant, en ahanant (j’exagère quand même un peu, vous pensez bien), nous sommes arrivées en haut de la barre rocheuse. Il nous restait encore quelques mètres à parcourir avant de découvrir un paysage magnifique. Entouré de murailles enneigées, un lac, en grande partie encore pris dans la glace hivernale. C’était beau à couper le souffle si nous en avions encore eu un. Les filles sautaient de joie. Elles avaient réussi à y arriver, elles étaient là, devant cette eau transparente et sombre, et elles ne boudaient pas leur bonheur. Elles trouvaient tout ça si beau, si merveilleusement beau. Et puis c’était encore plus merveilleux après leurs efforts. Et moi, je profitais à mort. C’était quand même beaucoup plus agréable que de voir la tronche de l’avocat de la partie adverse.

Nous avons trouvé une grande roche pour nous abriter du vent. A son pied, trois pierres plates, des sièges parfaits. Nous étions là, au soleil, admirant le paysage et racontant des conneries, à rire comme des bossues. Nous avons fini de partager le pain, le salami et la coppa. Nous avons fini la bouteille d’eau. Nous avons encore échangé quelques plaisanteries. Pris de nombreuses photos (surtout moi). Et puis nous sommes reparties.
Bon la descente n’a pas été une partie de plaisir. Sauf pour Lou à qui rien ne fait peur et qui aurait bien cavaler devant si son côté grande sœur de l’avait pas retenu auprès de nous. Il a fallu descendre la barre rocheuse. Et nous n’étions pas d’une élégance folle. Mes genoux me faisaient hurler de douleur. Je serrais les dents. Garance était encore plus blanche que d’habitude, à cause de son vertige. Et Léone payait le prix de sa montée à tout berzingue. Elle était crevée. Mais bon, on s’en sortait en se faisant beaucoup de câlins, en nous encourageant mutuellement. Mais les attendre continuellement, aller à leur rythme plutôt qu’au mien achevait de m’épuiser.
Lou avait fini par prendre le large. Au passage d’un torrent (il y en avait bien plus au retour qu’à l’aller, la journée était très chaude), j’ai rempli la bouteille d’une eau pure et glacée qui nous fit du bien. Et puis nous sommes arrivées, enfin, près de la voiture. Je ne l’avais pas fermée à clé. Je ne ferme jamais rien au village. Mais sur le parking hypra touristique des bergeries, c’était un peu tenter le diable. Cela dit, il n’y avait strictement rien à voler. Même pas un paquet de gâteaux puisque nous l’avions emmené avec nous. Mais c’est dans la voiture, sur le chemin de retour que je lui fis un sort.
Nous reprîmes la route de la vallée, toujours aussi émerveillées. Les filles exprimaient leur joie d’avoir réalisé cette randonnée. Je racontais à Lou le GR 20 et mon rêve, un jour, d’avoir la condition physique pour le faire. Elle me promit alors de m’aider et de le faire avec moi. Cela nous fera un rêve de plus à deux.

Arrivé à Corte, je m’arrêtais à une pharmacie. Garance, depuis avant notre départ avait des plaques rouges aux mains et aux pieds. Ce n’était pas la première fois qu’elle me faisait cela. D’habitude, je lui donnais un antihistaminique et tout rentrait dans l’ordre, mais là je n’en avais pas. Les boutons et les démangeaisons qui allaient avec empiraient. Il fallait trouver une solution. Je montrais les boutons à la pharmacienne qui nous donna des cachets et de la pommade à la cortisone. J’étais un peu étonnée, parce que la cortisone, pour une enfant, sans ordonnance… Mais bon… Elle connaissait son métier.
Tu parles. Une heure après, les boutons de Garance avaient empiré. Quand nous arrivâmes à la maison, ils lui brûlaient tellement qu’elle en pleurait. Je l’envoyais à la douche vite fait bien fait, puis lui appliquais une de mes pommades contre les gratouilles en tout genre. Elle se calma. Mais je décidais que le lendemain, je l’emmènerai chez le médecin.
C’est là que la vie m’a rattrapée. Je retrouvais mon portable, notais les messages qui m’étaient parvenus dans la journée. Une urgence du côté de Tours me fit rappeler l’amie que j’ai là bas. Il fallait se remettre sur le pied de guerre. Ce n’étais pas du tout le côté désagréable de ma vie de tous les jours qui me faisait signe. Mais le reste m’est revenu avec. Et l’angoisse. Je regardais mes filles jouer et rire. J’en était contente, mais je mesurais soudain combien notre hâvre était précaire. Et qu’il allait bientôt disparaître.

Je fis mine que tout allait bien et concoctais le repas. Pour nous féliciter de notre courage et de notre pugnacité, je fis sauter des pommes de terre dans de la graisse de canard et les servis avec le confit qui allait avec. Je m’ouvris une bouteille de vin. Et nous nous racontâmes des blagues de Toto et de blondes pendant toute la soirée. Nous étions mortes de rire et de fatigue. Nous avons débarrassé la table mais remis la vaisselle au lendemain. Les filles montèrent se coucher. Je pris enfin ma douche, rejoignit mon lit et mon bouquin. Je veillais un peu, un peu trop. J’ai comme qui dirait des problèmes pour trouver le bouton off le soir.

vendredi 2 mai 2008

Corte 2

Nous arrivons place Gaffori. Je montre la maison du général (photo) aux filles et les impacts de balle qui sont restés, traces des batailles qui ont fait rage dans la ville. « Mais comment tu sais tout ça maman ?
- Eh bien, avant de partir visiter un truc, je me renseigne, et après, je vous raconte ce qui s’est passé. Comme ça, c’est plus intéressant pour vous. Au lieu de ne voir que des vieilles pierres, vous voyez aussi leur histoire. »
Je leur narre alors que les Gênois, encerclés dans la ville par Gaffori et ses soldats, avaient réussi à s’emparer d’un des fils du général et l’avaient mis sur les murailles pour empêcher les Corses d’avancer. Le général Gaffori, atterré en reconnaissant l’enfant, faillit arrêter son attaque. Mais sa femme cria alors : « Oubliez mon enfant ! A l’assaut ! » Et les Corses, galvanisés, ont gagné la bataille.
- Elle était folle, celle-là
- C’était une autre époque, chérie.
- Mais c’était son fils. Et il est mort le garçon ?
- L’histoire dit que non. On le retrouva sain et sauf. Cela dit, les histoires exemplaires finissent rarement mal. Tu imagines qu’on dise dans les livres qu’on retrouva le cadavre du garçon ? Ça la foutrait mal… »

Corte


Nous partons enfin dans les rues fichées de galets. Il fait bon, nous suivons le chemin vers le belvédère. Partout de vieilles maisons, des petits jardins et des fleurs. Nous arrivons enfin sur une placette d’où nous avons une vue imprenable sur la citadelle. Arrêt photo, puis arrêt chats. Il y en a partout, pas vraiment sauvages. Lou les prend en photo, tente même de les caresser, pas toujours avec succès. Nous faisons le tour de la Citadelle et nous pénétrons à l’intérieur. Il y a là un musée, assez récent, sur la vie Corse. Je propose aux filles de le visiter. A ma surprise, elles sont enthousiastes. Tant mieux, parce que ce musée est un petit bijoux. La scénographie est parfaitement bien foutue, intéressante. L’évolution des salles bien pensée. Et tout le monde, adulte comme enfant, peut y trouver son compte.
Mais d’abord, on va investir la Citadelle. On monte, on visite le cachot, de petites salles d’armes, les chiottes sur la falaise, les remparts. Il y a des fleurs partout. Des meurtrières aussi sur la vallée en contrebas. Nous redescendons vers le musée que nous visitons tranquillement. Garance passe de salle en salle émerveillée. Tout l’intéresse. Elle veut faire un exposé sur la Corse à sa classe et ce qu’elle voit ici va l’aider, c’est sûr.

On redescend vers la ville. Suivons les petites rues au hasard. Il y a une épicerie qui a la réputation d’être la plus photographiée au monde (peut-être que celle qui a servi de décor au film Amélie Poulain à Montmartre lui fait maintenant concurrence). En tout cas, je comprends pourquoi, extérieurement, elle est ravissante. Du coup, j’y vais de ma petite photo aussi. On est touriste ou on ne l’est pas.

Corte

La lumière est belle, elle magnifie les ocres de certaines façades. Nous visitons l’atelier d’un potier. Léone est fascinée par leur travail. Moi par les objets expossés. Il y a notamment une théière absolument superbe. Mais alors tout à fait hors de mes moyens. Puis nous entrons dans l’échoppe d’un homme qui travaille le bois, essentiellement l’olivier. Très classique, mais beau. J’achète un petit tirebouchon qui ne prend aucune place mais est très ingénieux. Un joli petit objet.

Petit à petit nous redescendons vers la voiture. Nous nous arrêtons faire deux ou trois courses et enfin regagnons l’auto. J’en ai plein les patte et nous avons encore deux heures de route pour rentrer. Je profite de la voiture et de son lecteur de CD pour faire découvrir des chanteurs à Lou : Janis Joplin, Damien Saez, qu’elle adore, Wasis Diop qu’elle apprécie moins (mais c’est bien quand même…). Elle confirme qu’elle préfère le rock à tout le reste. Va falloir que je complète ma discothèque.

Nous arrivons enfin. Cela fait des jours que Lou veut me teindre les cheveux. Je cède ce soir, même si ce n’est plus l’heure. Mais sinon, de toute façon, ce ne sera jamais l’heure. Elle fait ça très sérieusement. Malheureusement, je lui refuse une broutille un peu plus tard et elle monte bouder dans sa chambre. Elle ne redescendra pas pour dîner. Et c’est avec les deux petites que je partagerai un délicieux plat de jambon purée… Bah ! on aura vu encore une fois un magnifique coucher de soleil. Allez, c’est pas tout ça, mais c’est l’heure de dormir. Programme de demain ? Ben plage, bien sûr !

Corte 1

Ce jour-là, nous avions décidé d’aller à Corte. Enfin, j’avais décidé que nous irions à Corte. C’est toujours moi qui décide ce genre de choses… Mais les filles étaient d’accord avec le programme. Elles avaient envie d’aller en visite.

Au départ, je voulais les réveiller vers 9 heures, pour partir à 10. Etre à Corte pour 11h30. Se balader, déjeuner, se balader de nouveau. Et puis rentrer par la Restonica et faire la balade jusqu’au lac de Melo.
Ça, c’est tout moi d’imaginer des journées intenables.

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jeudi 1 mai 2008

1er mai

1er mai. Bon qu’est-ce qu’on fait un premier mai. En général, on va manifester. En tout cas, cette année, c’est important de manifester. Je suis donc allé à la plage avec une feuille sur laquelle j’avais écrit : A bas Sarkozy. Et une autre avec : Touchez pas à nos retraites. Et enfin : on veut du pouvoir d’achat… Je suis arrivée la première. Puis d’autres femmes sont arrivées avec leurs enfants. Nous avons fait un sit-in. Et l’après-midi est passée comme ça. Bien sûr, à un moment, je n’ai pas pu résister, j’ai piqué une tête.

Tiucce


Les enfants allaient et venaient. Il y avait des concurrences d’âges, des groupes d’amis constitués, des garçons, des filles. Les mères, m’ont proposé une belote. Mais bon, la dernière fois que j’ai joué , ce devait être il y a, au moins, trente ans…
– Trente ans ? Si longtemps ? Mais t’es pas une grand-mère…
– Bé non, je n’en suis pas une. Mais j’aurais pu. En tout cas, j’en ai l’âge. J’en connais des plus jeunes que moi.
– Mais tu ne les fais pas…
– Merci, merci, ce sont toujours des compliments bons à prendre…

Bref, elles se sont mises à jouer à la belote. J’avais complètement oublié que ça se jouait comme cela. J’ai entendu des mots qui avaient un sens pour moi. Preuve que je n’avais pas non plus tout oublié. Ils sonnaient à mon oreille comme de vieux souvenirs qu’on exhume d’une malle : on avait oublié qu’ils existaient, mais on est content de les retrouver.

Pendant qu’elles jouaient, j’ai essayé de lire. Mais je suis d’humeur contemplative en ce moment. Et j’étais passionnée par les fillettes de 8-9 ans qui jouaient à la maîtresse et aux esclaves. L’une d’elle reposait, alanguie, c’était la maîtresse. Les autres s’affairaient, les esclaves : médecin ou servantes. Et puis il y avait J., 3 ans, qui jouait la fille de la maîtresse et s’en sortait fort bien.

Elle savait aussi que, quand elle avait du sable dans les yeux, il ne fallait pas aller voir sa « mère », mais la servante (sa sœur). Les miennes, de filles, étaient dans l’eau. Puis à côté de moi. Garance a des difficultés avec les filles de son âge et leurs «je t’aime moi non plus » pourtant courant à cet époque de la vie (et bien plus tard aussi d’ailleurs). Et puis parfois, elle n’a pas envie d’être avec d’autres que moi ou que ses sœurs. Elle a envie de n’être qu’avec nous. Elle angoisse. Je le sens. A un moment, elle s’énerve. Elle n’arrive pas à me parler. Alors je l’entraîne faire une petite promenade le long de la mer. Et là, elle me crache ce qu’elle remâche depuis quelque temps. « Quand je pense à papa, ça fait tellement triste que je n’arrive pas à travailler. C’est pour ça que je ne travaille pas bien à l’école. Et puis aussi, j’ai peur pour toi. J’ai peur qu’il soit tellement en colère qu’il te fasse mal. »

Je ne peux quand même pas lui dire que ça m’a aussi traversé l’esprit. Je ne crois pas que ça l’aiderait. Alors je lui glisse que son père ne m’a jamais frappée, moi. Et que je ne vois pas pourquoi il commencerait maintenant. En fait, si, je le vois bien aussi. Mais je le garde pour moi. Le dialogue étant complètement rompu, la colère qui ne s’exprime pas verbalement peut tout à fait sortir par un autre canal.

Garance se calme. Nous trouvons de jolis cailloux dans l’eau. Je retourne à mon sit-in, elle reste près de moi, puis retourne se baigner avec Lou et Cannelle. La crise est passée.

Le temps passe, lui aussi. Peu à peu les manifestantes s’en vont. Je reste seule avec les filles. Passer un moment toutes les quatre avant de remonter vers le village. Ce que nous finissons par faire vers 19 heures. Sur la route, je m’arrête quelques fois pour prendre des photos. L’heure exquise. Des fleurs, la campagne, la montagne, le village…


En revenant au village


Puis nous arrivons à la maison. Toujours la même manœuvre périlleuse pour garer la voiture. Depuis la fenêtre de la cuisine, le coucher de  soleil à l’air merveilleux. Alors, je monte à l’étage. On y a une vue magnifique sur toute la côte et sur M. Soleil qui prend disparaître dans l’eau. Les couleurs sont somptueuses. Je reste là, un bon moment. Et je salue l’astre qui plonge. Je redescends préparer le repas.

Demain, nous irons à Corte.

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