lundi 15 février 2010

ZeÏf





Musique : Hugues Le Bars. Double album J’en ai marre

samedi 13 février 2010

Clairs obscurs


[[akynou]]

C’était en 2005. J’accompagnais chaque mercredi les filles à leur cours de belly danse. Et j’ai pris des centaines de photos avec mon petit appareil de rien du tout de l’époque.

On part à Noirmoutiers passer la semaine. J’espère qu’il fera meilleur que tous les jours passés.

lundi 14 décembre 2009

Nearly 90

Il y avait deux spectacles phares en danse cette année au programme du Théâtre de la ville. Les deux ballets de Pina Bausch, et la dernière création de Merce Cunningham, présentée à New York le 16 avril 2009, le jour même du quatre-vingt-dixième anniversaire du chorégraphe, Nearly 90. Par une étrange et triste coïncidence, les deux chorégraphes sont décédés cet été, laissant un grand vide dans le monde de la danse.

J’ai eu deux places pour Vollmond, mais pas pour Masurca Fogo, la bagarre était intense pour les ballets du Tanztheater Wuppertal. Je n’ai, par contre, pas eu de difficultés pour Merce Cunningham. J’ai donc embarqué les deux dernières à Paris, l’aînée ayant une compétition d’escrime le même jour.

Je n’avais jamais vu de ballet du grand maître américain, dont on dit qu’il est l’un des plus grand chorégraphe de notre temps. J’étais donc très curieuse de voir cela. Je n’avais rien lu de précis, regardé aucune video. Je n’avais donc aucun préjugé. Le spectacle durait une heure et demi sans entracte. C’était parfait. Nous avions fait la route depuis Tours, étions arrivées sans encombre place du Chatelet, avions déjeuné au Sarah-Bernardt (brasserie qui jouxte le théâtre) comme il se doit. Je n’aurais peut-être pas dû. La fatigue de la route, plus la digestion, ont fait que j’ai piqué du nez plus souvent qu’à mon tour.

Nous étions placé au premier rang, entourées de jeunes adotes qui n’arrêtaient pas de gesticuler et de papoter. J’ai dû faire ma police. Elles m’empêchaient de dormir. Non, je plaisante. Mais c’est vrai que je n’ai pas été emballée par ce que j’ai vu. C’est de la danse de virtuose. Les danseurs exécutent des mouvements que l’on comprends extrêmement difficiles, car ils sont souvent au ralenti. Ils réalisent des figures compliquées, des épures techniques, des paraboles incroyables avec une grâce infinie. Mais la magie ne fonctionne pas. En tout cas pas toujours. Parce que je trouve cela trop technique justement. Trop virtuose. Aucune émotion. Ces danseurs et ce ballet m’ont fait penser à ces chanteuses américaines à la voix magnifiques mais qui passent leur temps à faire des vocalises et à “hurler” : Tu entends comme j’ai une belle voix, tu entends ce que j’arrive à faire avec… Mais degré émotion, zéro pointée.

Alors oui, il y avait des tableau d’une beauté à couper le souffle. Mais aussi de l’ennui. Garance a observé ça d’un œil technique, elle y a, du coup, trouvé son content. Léone a été époustouflée par certains passages, le reste du temps elle s’est ennuyée poliment en s’appliquant à ne déranger personne.

Je ne regrette pas d’y avoir été. Il faut apprendre. Mais je préfère définitivement les chorégraphes européens : Pina Bausch, bien sûr, mais aussi Koen Angustijnen, Jean-Claude Galotta, Anne Teresa De Keersmaeker,et même Maguy Marin, avec son art déjanté de la chorégraphie, car, à chaque fois, j’en sors remuée, émue, bref vivante. Samedi, j’ai eu un peu l’impression d’observer des robots.

Et je ne dirai rien sur la musique, pour moi, à la limite du supportable.

En plus, mes photos du salut sont merdiques car j’avais oublié mon appareil photo et je me suis contentée de mon portable…

mercredi 9 décembre 2009

Danse avec eux

C’était le spectacle de cette fin d’année. Rendez-vous compte, deux morts, un chorégraphe reconnu et de nombreux danseurs plein de mérites. Gainsbourg avait sorti L’Homme à tête de chou en 1976, qui avait connu un flop. Il n’était pas encore assez Gainsbarre sans doute pour que cette œuvre sombre et sensuelle puisse trouver son public. Bashung l’a repris à son tour, en 2006, pour ce spectacle, il en a surpervisé l’arrangement. D’une demi heure environ, la partition passe maintenant l’heure. Et Galotta l’a chorégraphiée. Avec ce trio incroyable, c’est sûr, le tout-Paris allait se presser au théâtre du Rond-Point.

Quand on m’a proposé ces places, je ne savais pas du tout de quoi il retournait. J’avais juste retenu Galotta et danse. Deux mots qui me suffisait pour acheter les billets. Quand la presse a commencé à en parler, je ne me suis même pas souvenue que j’avais ces places. Alors quand je les ai reçues, j’en ai été bien aise. Mais vu les critiques, il me paraissait difficile d’y emmener Garance. On parlait de nu, de scène trop érotique, d’une scène de masturbation inutile et vulgaire. Des mots qui n’ont fait qu’attiser ma curiosité. Entre les adorateurs zélés des deux disparus, qui ne pouvaient que se sentir trahis (musique trafiquée, voix désincarnée, c’est pas lui, c’est pas eux) et ceux qui aiment descendre ce qu’ils adoraient avant, c’est sûr, il fallait détester.

La salle était pourtant comble (comme les Champs Elysées d’ailleurs, c’est fou cette foule d’avant les fêtes de noël). Sur scène, comme lu, une chaise de bureau à roulette. Entre un danseur à la silhouette déguingandée, dandy nonchalant, une réincarnation de Bashung, puis arrivent les autres, des hommes, des femmes, des journalistes à scandales et des Marilou petites coiffeuses. J’ai beaucoup aimé le travail des danseurs, et le travail de Galotta sur les danseurs. Chacun incarne à sa façon, suivant son tempérament, le couple infernal. Il y a des filles à la sensualité etrême qui réveilleraient un mort, d’autres plus athlétiques, plus rentre-dendans, d’autres encore plus douce, presque passive-soumise. Chez les hommes, pareil, les dominateurs, les faibles, les révoltés. Chacun des couples ainsi formé donne un relief nouveau à l’histoire. N’en déplaise à certains, je n’ai rien trouvé de déplacé dans ce ballet, ni les gestes, ni les attitudes. Tout avait sa raison d’être, y compris ce danseur nu comme un ver, la tête couverte d’un masque de singe, assis que la chaise, transporté par quatre de ses camarades qui le dépose sur le devant de la scène. Gratuit ? Non, c’est la statue même de l’Homme à tête de chou


Photo DR

Le spectacle est un ballet, il ne fallait pas trop y chercher les ombres de nos chers disparus. Ce n’était pas un concert souvenir, pas un concert du tout. C’était des danseurs qui s’exprimaient de façon particulièrement expressive sur une histoire connue et donc plus facilement décryptable que d’autres ballets contemporains. Et c’était beau.



Cela dit, c’était beau aussi d’entendre la voix de Bashung, cette voix magnifique sur ce texte magnifique. C’était bon aussi d’entendre ces airs de Gainsbourg revisité par Bashung. Et de se rendre compte combien ces deux-là ont marqué notre vie d’un vrai talent. Et combien ils nous manquent. J’imagine que Galotta n’avait au départ pas tout à fait imaginé ce spectacle, parce que Bashung aurait dû chanter sur scène avec ses musiciens. Mais c’est pas grave, c’est beau quand même.

Mon seul bémol, c’est sur la chanson Quand Marilou danse reggae, à ce moment-là, la chorégraphie est tout, sauf du reggae… C’est dommage, mais c’est pas grave parce qu’on est quand même pris par tout le reste.

Le ballet est donné au théâtre du Rond-point jusqu’au au 19 décembre. Puis il ira entre autres en janvier à Chambéry (12 et 13), mars à Roubaix (11-13), mai à Blagnac près de Toulouse (4 et 5), Besançon (10 et 11), Alès (18 et 19), Combs-la-Ville en Seine-et-Marne (26 et 27) et en juin (1er-3) à Clermont-Ferrand. Si vous êtes des puristes de Bashung ou de Gainsbourg, n’y allez pas, vous n’aimerez pas. Mais en dehors de la résurrection des deux artistes, rien ne pourra vous satisfaire. Pour tous les autres, n’hésitez pas. Vous passerez un moment passionnant.




lundi 14 septembre 2009

Costumes de rêves

Quand nous avons prénétré au sein du CNCS, aucune des filles ne connaissait le nom de Noureev. A voir les photos, elles ont vite compris qu’il s’agissait d’un danseur. Mais c’était bien tout.

Et moi, qu’en savais-je en fait ? Qu’il venait de Russie, d’URSS même, qu’il était un des danseurs les plus fantastiques. Qu’il fut directeur de la troupe de l’Opéra de Paris. Qu’on lui attribuait une vie de débauche et de dépravation. Qu’il était mort du sida. Et à voir certaines de ses photos, qu’il avait un goût certain pour les tentures et les tissus riches, chamarrés… En fait, j’en connaissais plus sur son côté people que sur ce qui le constituait réellement : la danse, la scène.

J’ai passé deux heures à apprendre le danseur rien qu’en regardant les costumes des différents ballets qu’il a dansé, chorégraphié, créé. Et je suis sortie du musée fascinée. Quant aux filles, elles sont devenues des fans. La jeune femme qui nous a servi de guide y est sans doute pour beaucoup.

Revenons au début. Sur les bords de l’Allier, à Moulins, le quartier Villars fut construit au XVIIIe siècle pour accueillir un régiment de cavalerie. Puis il devint une caserne de gendarmerie. Celle-ci ayant déménagé en 2000, la municipalité décida de tout détruire et de transformer l’endroit en parking. Une association fut montée pour défendre le bâtiment, fort beau, et qui contenait un escalier absolument magnifique. L’association demanda à ce que l’escalier fut classé. Ce qu’elle obtint en 2005. Mais entretemps, la mairie avait tout de même envoyé les démolisseurs et une partie de la façade et de l’escalier avait été détruit. Je ne sais pas qui était le maire de Moulins à cette époque, mais ce n’était pas une flèche.

Heureusement, depuis, l’endroit a été entièrement restauré et a retrouvé de sa superbe. Les scènes nationales, telles l’Opéra de Paris, la Comédie française, le bibliothèque nationale (qui possède un fonds important concernant les arts du spectacle) cherchaient un endroit pour les entreposer les costumes dont elles ne savaient plus quoi faire. L’ancienne caserne fut proposée et acceptée. C’est ainsi qu’avec le partenariat d’une entreprise nationale (encore pour un peu de temps) d’énergie, des bâtiments furent construits pur entreposer des costumes, des décors, des maquettes. Bref, de merveilleux trésors du spectacle vivant. Au total, quelque 8000 costumes dont les plus anciens datent de la moitié du XVIIIe siècle. Nombreux sont ceux qui sont encore utilisés et qui font la navette entre le CNCS et le les scènes.

Depuis 2006, certaines de ces merveilles sont exposées par thème.

- Au fil des fleurs, scènes de jardin
- Mille et une nuits
- Jean-Paul Gaulthier, Régine Chopinot : le Défilé
- Christian Lacroix
- J’aime les militaires
- Théodore de Bainville
- Bêtes de scène.

Il y a un roulement tous les quatre ou cinq mois, sinon, les objets exposés s’abîmeraient trop. A l’été 2007, j’avais pu admirer les costumes de scènes créés par Christian Lacroix. Une pure merveille d’exposition. Dans l’auditorium, on pouvait regarder un documentaire sur la création des costumes de La Gaîté parisienne chorégraphié par Baryshnikov. On y découvrait le travail d’orfèvre du grand couturier français. Et c’était émouvant de voir le tutu prendre vie, du dessin de Lacroix aux répétitions, puis s’endormir dans la vitrine du musée.

J’avais prévu d’aller régulièrement à Moulins pour voir les expositions de cet exceptionnel musée. Mais les aléas de la vie en ont décidé autrement. Ma rentrée de vacances fut, cette année là, mouvementée, comme les deux qui suivirent.

Les filles étaient enchantées de revoir les lieux. C’est Lou qui a réclamé la visite guidée. Et elle a eu raison. J’aurais été bien incapable de leur en dire autant sur le génial Noureev. Sa fondation a passé un accord avec le CNCS. Elle cherchait un endroit pur exposer, entreposer tout les objets en sa possession : costumes, photos, notes, tissus… un trésor inestimable. Et dès l’an prochain, deux salles permanentes seront entièrement consacrées au danseur.

dLa guide nous accompagne tout au long de la vie de Noureev. De sa naissance à bord d’un transsibérien à sa mort à l’hôpital du Secours perpétuel de Levallois-Perret. Entretemps, on aura tout appris sur la naissance de sa passion pour la danse, à 5 ans, en regardant une représentation du Lac des cygnes, sur son entrée au Kirov à 17 ans, son passage à l’ouest en 1961, et son explosion dans le monde de la danse occidentale.

Difficile d’imaginer qu’une simple expo de pourpoings et de tutus puisse nous en apprendre autant sur la vérité d’un artiste exceptionnel. Il apportait un soin tout particulier à ses costumes, mais également à ceux de tous ses partenaires. Ce qui lui valu les foudres du Kirov ? Il refusait de porter le petit bloomer pudiquement imposé aux danseurs masculins. Nijinsky s’était fait viré pour la même raison.

Il modifia la coupe des pourpoings qu’il portait de façon à ce que rien ne bouge quand il dansait. et Dieu sait qu’il complexifia la danse masculine, la sortant de son rôle de faire-valoir. Le choix des couleurs, des matières avaient également leur signification. On suit la guide de vitrine en vitrine et on se prend à regretter de n’avoir jamais vu aucun ballet de cet incroyable génie.

Nous avons terminé la visite par l’auditorium qui donnait à voir un documentaire où Noureev parlait de lui sur des images de répétitions, de travail à la barre, où l’effort et la difficulté se lisent sur la visage, sur le tremblement d’un muscle. passionnant.

Garance, bien sûr est subjuguée. Elle aime tant la danse classique – et je n’ai jamais pu l’emmener voir un de ces ballets – qu’elle semble dans on élément. Mais plus surprenant, Lou est époustoufflée par les prouesses physiques. Quant à Léone, elle papillonne et rêve à des tutus brodés d’or ou d’argent.

A la librairie, je me ruine : le catalogue de l’expo, celui d’un expo précédente, des cartes postales, des albums et quelques livres à offrir plus tard à Garance. Elle ne le sait évidemment pas. C’est une surprise pour son prochain anniversaire.

Nous quittons la caserne enchantées de notre journée. Et nous nous promettons de revenir régulièrement découvrir de nouvelles expositions, si les trains nous le permettent. En décembre, les ballets russes. Ça va donner !

vendredi 31 juillet 2009

La danseuse

Nous avons reçu le papier quand nous sommes revenues de Paris.




Elle devait présenter à ce concours un solo en classique, un autre en contemporain. Plus un salut d’entrée et un tableau final avec les autres élèves, le tout devant un jury tout ce qu’il y a de plus officiel.



Elle a été admise en classe supérieure avec mention très bien. Non, là, sérieusement, pour le coup, je suis fière comme un bar tabac (comme Artaban, je sais, mais ça m’amuse…)

dimanche 5 juillet 2009

Les voyages forment la jeunesse

Quand par chance nous trouvons un train avec de vieux compartiments, nous en investissons un, fermons les rideaux et nous étalons. Dernière trouvaille en date pour décourager les voyageurs qui aimeraient, lors d’une escale, nous envahir : les filles font la java, commencent à jouer en sautant partout, ou, variante pour laquelle elles ont un don naturel, elles jouent les chiffonnières et font voler les noms d’oiseaux. Entre deux gares, c’est beaucoup plus calme. Ou presque…

mardi 30 juin 2009

Adieu à Pina Bausch

Je viens de l’apprendre, c’est un éclair douloureux, une boule de tristesse. Pina Bausch est morte. Jamais plus, je ne la verrai venir saluer sur scène, avec sa troupe, après chaque représentation au Théâtre de la ville, là où elle a créé pas moins de quarante et une pièces.
Jamais plus je ne pourrai découvrir une création d’elle.
J’ai rêvé tant d’années de voir ses œuvres, je n’ai manqué aucun de ses ballets depuis quatre ans.
J’irai encore, en novembre prochain, m’assoir dans les travées du Théâtre de la Ville. Pour un hommage. Pour la fidélité. Mais ce sera autre chose. Plus cette magie créatrice qui jaillit. La source est tarie.
Mais j’irai, parce que la vie sans Pina me paraît plus fade, moins magique, moins belle. Même si ses œuvres étaient loin d’être des images de paradis.
Adieu Pina, et merci


jeudi 14 mai 2009

Raccrocher ses chaussons


[[akynou]]

mercredi 17 décembre 2008

Le premier degré d'oppression, c'est le corps

Lu dans une interview donnée par un chorégraphe à une de mes étudiantes : 
« La danse contemporaine est très au fait des questions qui secouent la société parce qu'elle est porteuse de la fragilité du corps; tout simplement parce qu'elle met l'individu et le corps au centre de sa pratique. Le premier degré d'oppression, c'est le corps : quand un père frappe son enfant, c'est la première étape de la violence. En créant un défouloir poétique, la danse permet d'exprimer cette violence de nos sociétés, même quand elle n'est pas physique. »  
Le chorégraphe s'appelle Bernardo Montet.
Je dédie cette phrase à ma fille, Garance.

Ballerines

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