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vendredi 1 juillet 2011

L'heure du berger

Quand le bruit et la fureur du monde (ou plus simplement celle de mes enfants) se fait tonitruante, j’attends l’heure du berger. Entre 22 heures et 22 h 30, je fausse compagnie aux filles et je m’assoies au milieu de mon jardin ou sur les marches du perron. Le jour décline dangereusement. Les oiseaux volent dans tous les sens. Ils le font plus tôt aussi. Mais à cette heure-là, ils crient. Les martinets passent au-dessus de ma tête, plus ou moins haut suivant le régime des pressions, en s’époumonant. On dirait des écolières (pour l’aigu de la voix) sortant de classe. Ça piaille, ça se poursuit, ça se bouscule, ça rit aussi beaucoup.

Pourtant, d’après une étude dont s’est fait l’écho Mme la principale du collège de mes filles, environ 17 % des enfants se disent victime de harcèlement et être mal dans leur peau. Soit une moyenne de quatre par classe.

Dans le ciel de mon jardin, impossible de savoir si le ramier est dépressif ou la colombe harcelée. Je ne saurais jamais non plus si la mésange est neurasthénique. Elle a quitté le quartier et ne reviendra qu’à l’automne. 

Llà haut, un mouette toute blanche attrape les derniers rayons du soleil. il en va de même pour ces volatiles de fer appelés communément avions. Ils laissent leur trace blanchâtre qui peu à peu s’efface. Les martinets sont ceux qui s’attardent le plus tard. Ils volent en formation serrée, comme s’ils jouaient à chat. Les nuages deviennent roses. Une tourterelle ricane dans l’arbre voisin. On entend de moins en moins de bruit. La ville s’efface, il ne reste que les jardins et le ciel. 

Et puis, d’un coup, tout bascule. Une chauve souris fait son apparition. Et avant qu’une deuxième ne la rejoigne, tous les oiseaux disparaissent. Quand s’allume la première étoile,  les Microchiroptères se lancent dans la grande chasse aux insectes nocturne. C’est l”heure exquise, celle du berger.