Racontars

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dimanche 1 janvier 2012

Mon gamin est sur Facebook, c'est grave docteur ? - 1re partie

Quelques uns de mes étudiants ont planché sur un sondage concernant l’usage des réseaux sociaux chez les 8-17 ans. Pour mieux corriger leurs papiers, et tenter de voir s’ils n’avaient pas fait d’erreurs, je dois étudier ce sondage.

L’intitulé me laisse dubitative : une enquête sur les 8-17 ans et Internet, comment ne pas penser que cela mélange tout et son contraire… Qui y a-t-il de commun entre disons une petite Manon de 8 huit ans, scolarisée en CE2 et une grand Tristan, 17 ans, qui est au lycée, en première ?

J’ai donc téléchargé le sondage. C’est une enquête TNS Sofres effectuée à la demande de la Cnil et de deux associations de protection de l’enfance.

A priori, quand on sait comment fonctionnent les sondages, on se dit que, vu les commanditaires, Internet, a priori, est coupable. De quoi, on ne le sait pas encore. Mais forcément coupable. Toutes ces enquêtes, une fois réalisées, sont la propriété de ceux qui les ont commandées, et payées. Ils ont la possibilité de les divulguer, ou pas. Et logiquement, un organisme ne publie que les sondages qui vont dans son sens. Ici, nous avons deux commanditaires de la protection de l’enfance qui ont souvent la dent dure contre le réseau des réseau, ce nouveau fléau. Analyse faite, Internet ne s’en tire pas si mal que cela. Et le sondage fait bien la part des choses entre les plus de 13 ans (âge « autorisé » par Facebook pour ouvrir un compte) et les plus jeunes. Et le grand écart est effectivement là. Reste tout ce qu’on peut faire dire aux chiffres et certains ne s’en privent pas..

Premier élément donné : 48 % des 8-17 ans sont connectés à un réseau social. Ce qui en soit, n’est pas énorme. J’aurais cru plus. En fait, je me rends compte que non. Nombre de mes étudiants, et cela m’étonne toujours, n’ont eu  que très peu de contacts avec les réseaux sociaux avant de rejoindre l’école. Parce qu’ils n’en voyaient pas l’intérêt. Et je suis suis obligée de leur dire, que, si, ils peuvent y trouver de l’intérêt. Un intérêt professionnel. Et avant d’avoir 21 ou 22 ans, ils ont eu moins de 17 ans…

Cela dit, j’aimerais savoir quelle est, dans ces 48 %, la proportion des 8 ans, et celle des 17 ans. Ça ne doit pas être loin des 97 % chez les second et des 3 % chez les premiers. Deuxième chiffre sur la même page : 96 % utilisent Internet, 93 % chez les 13 ans et moins. Quand même… me dis-je in peto. Sauf qu’il ne s’agit que d’aller sur Internet. Et qu’évidemment la quasi totalité des enfants se connectent puisque le maniement d’Internet est une matière enseignée dès l’école primaire. Ma dernière fille (11 ans), dès le CM1, a eu des recherches à effectuer sur la Toile. Ce qui m’énervait plutôt. Pas parce que j’avais peur du grand méchant loup. Mais parce que faire une recherche sur Internet, ce n’est pas du tout quelque chose d’évident. Et qu’une fois qu’on a entré « Hercule » ou « Victor Hugo » dans Google, comment fait-on pour trouver quelque chose de pertinent ? Chercher sur Internet, cela s’apprend. Avant de lancer leurs élèves sur des recherches à faire chez eux sur la Toile, les enseignants seraient bien avisés de le faire, avec eux, en classe, en leur montrant les outils les plus efficaces. Et après leur avoir donné les clés d’utilisation de Wikipédia et les mises en garde nécessaires

Bref, 93% des moins de 13 ans surfent sur Internet. Je me demande pourquoi on n’arrive pas à 100 % vu les programmes scolaires…


Léone faisant ses début à l'ordi

Ils sont 18 % de moins de 13 ans à être connectés à un réseau social (mais l’analyse dit « près de 20 % », 18 %, ça ne doit pas assez parler…) Là encore, j’aimerais bien savoir comment se répartissent ces 18 % en fonction des classes d’âge. Et de comparer Manon, toujours 8 ans, à… Lola, 13 ans, en quatrième au collège.

Le chiffre existe. Le sondage le donne deux lignes plus bas. Ils sont 11 % des élèves du primaires à se connecter sur un réseau social. De cette première partie, le sondage conclut, à juste titre, que le déclic se fait en fait au collège. Et qu’à partir de ces années-là, les ados se connectent soit depuis leur ordinateur personnel, soit depuis leur téléphone portable, avec donc le forfait adhoc, plutôt coûteux. Ce qui m’étonne, c’est que, un peu plus haut, il disait que c’étaient les enfants dont la famille appartenait aux catégories populaires qui se connectaient le plus, plus que ceux des familles dites aisées. Pas d’explication à cette contradiction qui n’a surpris personne semble-t-il.

Les chiffres qui suivent ne concernent que les 48 % de jeunes qui admettent être sur un réseau social. FB ou un autre. Surtout FB.

Deuxième chapitre, L’attitude des parents face à l’utilisation des réseaux sociaux. Parent ! Vous ne vous occupez pas assez de vos gamins. C’est un peu la tendance générale depuis quelques années : mettre les parents en accusation et leur faire porter le poids de ce que la société ne peut plus faire. Hop hop hop, je suis hors sujet…

« Si 99 % des parents savent que leur enfant est sur un réseau social, c’est un sujet dont on parle peu. » Et pour cause. Vous avez déjà essayé de parler de ses copains avec un pré-ado ou un ado ? J’imagine très bien la conversation autour de Facebook. Enfin, je l’imagine… je la connais, je l’ai déjà vécue. C’est un parent qui cause tout seul devant son gamin qui soupire, lève les yeux au ciel et conclut en disant : « De toute façon, tu comprends rien… » Ce qui n’est pas vrai, mais ce que l’ado se plait à penser. Restons optimiste, il y a quand même 14 % des ados qui en discutent avec leurs parents. C’est énorme.

Cela dit, si les parents n’en parlent pas, ils suivent. Quasi la moitié des ados sont amis avec leurs géniteurs. Ma fille aînée (17 ans demain) m’a virée un jour en m’accusant de l’espionner. Au départ, je n’avais pas voulu être son amie, c’est ma fille, pas ma copine. Mais lors d’un de mes voyages, nous avons trouvé plus simple de nous connecter pour discuter en chat. C’est plus souple et plus pratique que MSN quand on se trouve dans un cybercafé aux portes du désert, ce qui était mon cas.

Je n’allais jamais sur sa page. D’abord parce que je refuse de l’espionner, ensuite parce que, de toute façon, je ne comprends rien à ce qui s’y raconte. Mais de temps en temps, je tombais sur une de ses actualités sur MA page. J’ai eu le malheur de répondre à l’une d’elle. Hop, virée. Depuis elle m’a remise. Puis m’a virée à nouveau. Et s’est plainte pas plus tard que ce matin de ne pas pouvoir lire ma page parce que je n’étais pas son amie.

Ma seconde fille (13 ans) doit son compte à sa meilleure copine, alors qu’elle n’avait pas l’âge requis. Vu le nombre d’heures qu’elle passe sur mon ordinateur (très peu, j’occupe la place), et qu’elle n’en a pas à elle, j’ai laissé faire. Elle m’a très vite inscrite comme amie. Elle aurait pu ne pas le faire. Quant à la petite dernière, je viens de lui créer une adresse mail. Mais j’ai refusé de lui ouvrir un compte FB. Appuyée en cela par l’aînée. Il faut dire que la petite n’a pas d’amie qui ait un compte FB avec qui converser. A part jouer (il n’y a que cela qui l’intéresse), elle n’y ferait pas grand chose. Mais il a fallu lui exliquer que ces jeux-là nécessitaient des amis pour avancer. J’en sais quelque chose. Cela fait deux semaine que je ne fais que ça, jouer…

Je connais des jeunes filles qui ont plusieurs comptes mais se ferait hacher menu plutôt que de le reconnaître. L’un est connu de leurs parents. L’autre non. On est content parce que, tout compte fait, notre enfant ne passe pas tant de temps que ça sur FB. On croit surveiller. On ne surveille pas grand chose en fait. On se fait avoir en beauté.

Le sondage poursuit : « Seul la moitié des enfants s’estiment surveillés ». Le total est effectivement de 55 %. Mais seuls 48 % des garçons disent l’être. Et 63 % des filles… Les vieux réflexes reviennent toujours. Donc, quand on dit que les parents ne surveillent pas leur progéniture, ça dépend laquelle. Mais n’en a-t-il pas toujours été de même ? Quand j’avais entre 13 et 17 ans, mes copines étaient bien plus surveillées que leurs frères (je ne pas dire la même chose, je n’ai pas de frère). Elles n’avaient pas le droit de sortir seules avant un âge avancé (la majorité en général). Si elles avaient un grand frère, ça allait, mais sinon… il fallait attendre le petit ami dûment adoubé par les parents. Pour les garçons, la surveillance était plus lâche on va dire… Et ça n’a pas changé.

En passant, les moins de 13 ans se sentent surveillés à 77%.

Super surveillés :-)


Léone faisant ses début à l'ordi

Le sondage constate cependant que la surveillance serait « plus quantitative que qualitative ». C’est-à-dire que les parents se contenteraient de limiter les moments où les 8-17 ans ont le droit de se connecter (28 %) plutôt que de vérifier ce qu’ils disent ou montrent (23 %). Evidemment, c’est peu. Mais si on isole les moins de 13 ans, le deuxième chiffre monte à 42 %. Dans toute cette partie, la surveillance des parents est bien plus importante pour les enfants de moins de 13 ans que pour les autres. En résumé, les parents sont assez peu associé à la pratique qu’ont les jeunes d’Internet et des réseaux sociaux. Et pour cause. Je les vois assez peu au-dessus de l’épaule de leur ado pendant que celui-ci surfe. Sauf à vouloir vivre dangereusement… Il faut remettre les choses dans leur contexte. La surveillance des parents est directement liée à la relation qu’ils entretiennent avec leur enfant. On ne peut pas focaliser uniquement sur les réseaux sociaux. C’est un ensemble. Que nombre de parents soient dépassés par leurs ados, je les comprends. Ce n’est pas tant la compétence technique qui leur fait défaut, que la compétence émotionnelle. Elever un ado, c’est dur. Et on fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a.

La majorité des enfants utilisent leur propre identité (92%). En général, comme leurs parents. Ça c’est moi qui le dis. Et je pense que les gamins ont déjà compris beaucoup de choses. J’ai un pseudo, sur ce blog. Mais je sais depuis longtemps qu’il est totalement transparent. Il ne faut pas chercher loin pour trouver mon vrai nom, éventuellement mon adresse. Tous ceux qui se sont fait licencié pour avoir dit du mal de leur entreprise dans leurs blogs personnels avaient des pseudos. L’entreprise même avait un pseudo. Qui n’ont servi à rien. Et je me souviens très bien de ce proviseur radié de l’Education nationale à cause de son blog. Il avait pourtant été très précautionneux, avec pseudo et tout… Il a heureusement, depuis, été réintégré…

Le mythe du contributeur anonyme est valable tant qu’Internet est utilisé par un petit nombre de gens. Mais plus la toile s’étend, est utilisée par un nombre de personnes de plus en plus grand, plus il est facile d’y retrouver n’importe qui. Même par hasard. Parce qu’on connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…

Et puis la plupart des ados se connectent aux réseaux sociaux pour communiquer entre eux : discuter, s’envoyer des blagues, des vidéos drôles, des confidences (qui d’ailleurs n’en sont plus vraiment). Bref, Internet est une vraie cours de récré sans la distance imposée par la présence physique (avec ce qu’elle peut avoir de paralysant ou d’inhibant à cet âge-là). Avec tout ce que cela comporte. J’y reviendrai…

Tous les gamins livrent des informations personnelles : leur vrai nom, leur âge, leurs centres d’intérêt, leur adresse mail, le nom du collège ou du lycée, leurs marques préférées. Mais ils ne sont que 9 % à donner leur numéro de portable et 5 % le fixe. Moins de 10 % d’imbéciles, c’est rassurant. Surtout avec des parents qui les surveillent aussi peu. Parce que les autres données, franchement, où est le problème ?

Les photos et les vidéos, qui risquent de vous poursuivre toute votre vie. Julie en vacances, Gaétan en train de faire des grimaces immondes et ridicules, les soirées plus ou moins alcoolisées suivant l’âge… Pour la plupart, des conneries. Il y a aussi beaucoup plus grave. Des vidéos filmées à l’insu des jeunes et mises en lignes contre leur gré. J’y reviendrai aussi.

Et puis, précise le sondage, les enfants disent à 58 % s’ils sont célibataires où s’ils sortent avec quelqu’un. Le chiffre monte à 71 % pour les garçons de plus de 13 ans. C’est quelque chose qui m’a toujours amusée. Avez-vous été voir des pages de jeunes de moins de 17 ans sur FB. Moi, quelques unes. Beaucoup de filles sont fiancées avec leur meilleure amie. Non, elles ne sont pas homosexuelles. Elles pourraient, mais ce n’est pas le problème. C’est juste une façon de montrer l’importance que cette amie là a dans leur vie. Il faut dire que la notion de célibat ou non, pour des jeunes de moins de 17 ans, à part quelques cas assez rares, c’est très très relatif.

Cela dit, si les enfants renseignent ces éléments, c’est aussi que leurs parents, comme la majorité des adultes, le font sans se poser de questions.

Mais surtout, et ce que dit le sondage à cet égard est tout à fait juste, pour la majorité des jeunes, les relations sur Internet n’ont rien virtuel. Tout simplement parce qu’ils utilisent ces réseaux sociaux comme leurs parents utilisaient auparavant le téléphone. Ils communiquent entre eux. Ils passent des heures à discuter. Comme tous les ados l’ont toujours fait. Seul l’outil a changé. Mais il coûte moins cher. Je me rappelle qu’à mon époque, la question de la facture de téléphone était toujours été une cause d’engueulades entre mes copains et leurs parents (les miens ne payaient pas le téléphone, c’était la boîte de mon père qui prenait la facture en charge). Puis les ados ont fait exploser la facture de leur téléphone mobile. Enfin on a inventé les forfaits bloqués et Internet. Et la paix des familles est revenue. Enfin, sur cette question. Donc oui, Internet, les réseaux sociaux, c’est la vraie vie parce que la plupart des gens que les jeunes y côtoient sont leurs propres amis, ceux du collège ou du lycée, ceux rencontrés en colonie de vacances. Leur bande, pour le meilleur et pour le pire. Qui n’est jamais certain, mais, quel que soit l’outil, n’est cependant jamais loin.

A suivre donc…

En photo, ma fille, moins de 1 an, faisant ses débuts sur l’ordinateur. Qui n’a aucun secret pour elle. Aujourd’hui, dix ans plus tard, elle aimerait bien un compte Facebook. Mais j’ai dit non… Quand elle aura des vrais amis qu’elle pourra retrouver, on réenvisagera la question. Mais pour le moment, elle n’en a pas besoin.

jeudi 24 novembre 2011

La dernière composition


poires, sucre, boutons de rose,cardamome, anis étoilé

une tuerie

lundi 21 novembre 2011

Ma fille n'aime pas les psy…

En ce moment, elle est le spleen incarné. Elle traine ses journée en longueur comme sa moue. Elle nous toise, ne répond pas quand on lui parle, ou alors de façon agressive. Mutique, elle boude. Puis crie. Puis boude à nouveau…

Rien que de très normal pour une adolescente. Sauf que…

Hier, par exemple, après s’être vue dans la glace, elle a poussé un tel hurlement de désespoir que ses sœurs et moi avons grimpé quatre à quatre les étages jusqu’à sa chambre.

A par ça, a dit la psychologue, tout va très bien…

Au printemps, j’avais annoncé à ma princesse mélancolique que si elle n’allait pas mieux, je l’emmènerais chez le psy(chiatre). J’ai fini par le faire. Elle l’a vu deux fois et a décrété que cela suffisait comme cela. Les psy, elle ne les aime pas. Ce sont des incapables, incapables de faire quoi que ce soit si ce n’est écouter. Et elle, quand elle était petite, elle n’avait pas besoin d’être écoutée. Elle voulait être entendue, qu’on la sorte de là de cette vie qui la faisait souffrir. Quand elle a dit pourquoi elle souffrait, cela a été des ennuis à n’en plus finir. Le pire, c’est la menace de placement. Elle n’a gardé que cela dans sa tête. Assistantes sociales, psychologues, pedopsychiatres, que des beaux parleurs. Elle ne veut plus de ces gens-là. Même si je lui dit que ce qui s’est passé est plus compliqué que cela.

Après des vacances un peu mouvementée, j’étais contente d’apprendre que nous avions enfin une place au Centre pour adolescent. Bon d’accord, pas de psychiatre ni de pedopsy, mais au moins le Centre. D’accord a-t-elle dit sans barguinier. J’aurais dû me méfier.

Elle a donné le change à la psychologue. « Oui, je sais, ça n’allait pas fort. Mais j’ai décidé de me reprendre, de faire des efforts en classe… » La psychologue, impressionnée m’a dit : « Ecoutez, elle à l’air d’aller très bien votre fille…
– Oui, mais euh, comment dire. Je me demande si elle ne donne pas le change parce que, vous comprenez…
– Mais non, elle va très bien, il faut lui donner sa chance.
– Si vous le dites.
Comme si je ne la lui avais pas déjà donné des centaines de fois, cette chance.

Pas de suivi, donc, juste un rendez-vous de contrôle un mois plus tard. Et l’ado qui continue de donner le change devoirs faits, conduite pas irréprochable, mais bien meilleure, nouvelles amies… Au rendez-vous suivant, je ne peux que reconnaître qu’elle va mieux. La psy toute contente confirme donc le bon état général de ma fille.

En sortant, je a regardais du coin de l’œil en me disant : voyons combien de temps cela va durer.

Ça n’a pas loupé. Le lendemain, elle perdait pied. Bon sang ! ma fille !

Elle ne fait plus ses devoirs, ne promène plus le chien, ne le nourrit pas non plus, ne s’occupe plus de ses phasmes, envoie les gens balader. Elle n’a plus d’amies (en a-t-elle jamais eu). Les filles de sa classe se foutent de sa gueule. Les garçons la traite de champignons. Elle se déteste, souffre, parle de mourir.

Mais à par ça, Madame la psychologue, tout va très bien, tout va très bien…

mardi 15 novembre 2011

Saint-Pierre-des-Corps


[[akynou]]

11 septembre, le ciel en pleurs et nous à l'abri. Pour combien de temps ?

dimanche 6 novembre 2011

BDM

Non, ce n’est pas une VDM quelque peu enrhumée. Quoi que… C’est l’acronyme de bridage des mineurs. Et c’est le sujet du film de Maïwen, Polisse, que j’ai été voir avec ma fille aînée.

Dès que j’en ai entendu parlé, j’ai su j’irai le voir. D’abord parce que j’aime beaucoup cette femme. Ensuite parce que le sujet qu’elle avait décidé d’aborder frontalement me parlait. La vie des policiers membres de la brigade des mineurs. Brigade où j’ai passé un après-midi. Pas pour un reportage. Pour accompagner mes enfants et témoigner. Un peu comme la femme jouée par Sandrine Kimberlain, mais pour une affaire moins grave. Mon ex battait mes enfants, il ne les violait pas.

Le film est fort. Mal ficelé parfois, mais fort. Mal ficelé par exemple parce que je ne comprends pas trop le pourquoi l’histoire du petit Solal. Et je comprends encore moins pourquoi tant d’articles en parlent et présentent ce qu’il dit comme le moment le plus poignant. Pour moi, c’est le plus mièvre et aussi le moins crédible. Du violeur qui pleure et reconnaît ses tort à l’enfant qui n’a pas de séquelles et remporte sans trembler la compétition de gymnastique. Tout finit bien. Avec une belle image du garçon qui sourit et soulève sa coupe de champion. Les journaux ne le disent pas, ils ne parlent que de ses boucles blondes, de ses questions sur la pédophilie que je n’ai même pas retrouvées dans le film. L’histoire de Solal, pour moi, elle est de trop, elle ne sert à rien sauf à ajouter un moment rassurant. Parce qu’il est sans doute plus rassurant en effet de se souvenir d’une histoire qui finit bien. Même si la chute finale n’est pas si belle et qu’au bout il y a la mort.

Quand même, j’ai trouvé autrement plus poignante et forte l’histoire de cette femme africaine qui vient donner son enfant à la brigade parce que cela fait six mois qu’elle vit dans la rue avec lui et qu’elle ne veut plus de ça pour lui. Cela oui, c’est du vécu. Et cela finit mal, parce que, malgré toute la bonne volonté de la brigade, tous ses efforts, il faut séparer cette mère de son enfant car aucun foyer ne les veut ensemble. C’est quelque chose que j’ai vu, oui. La détresse de cette femme, avec son accent, sa voix douce, les choses terribles qu’elle débite avec ce calme que l’on n’atteint que lorsqu’on est totalement au fond du gouffre, ce léger zozottement qui ferait presque sourire, le désespoir d’abord muet, puis hurlant du gamin, oui, ce sont des choses que je reconnais, que j’ai vues dans les familles réfugiées dont les enfants étaient dans la même école que la mienne. La lutte de tous les jours de ces femmes. Ce sacrifice ultime pour que l’enfant, au moins, soit sauvé. Cette incroyable dignité dans le désespoir souligné par un geste, celui de se masquer les yeux. Non là, pas d’image d’Epinal, on ne va pas nous raconter le bonheur du gamin dans son foyer.

Fort aussi, mais on connaît son talent, le rôle interprété par Sandrine Kimberlain. Cette femme qui soudain comprend ce que lui dit son enfant, et le gouffre qui s’ouvre. Oh, pas tout de suite. Pas d’un coup. Mais c’est bien un gouffre dans lequel  s’effondre l’apparence tranquille du bonheur familial pour l’illusion duquel on consent à passer sous silence tant de choses. Mais la profondeur du gouffre, on n’en prend la mesure que lorsque le père incestueux admet très volontiers faire l’amour à sa fille et, avec un sourire cynique, affirme qu’avec les gens qu’il connaît, il ne pense pas en prendre pour vingt ans, non. Ignoble. Mais bien réel. Et quel comédien aussi. Il faut savoir jouer les salauds intégraux.

Car c’est peu dire que les acteurs sont formidables. Parce qu’on y croit à leurs histoires, celles qu’ils vivent, celles qu’ils reçoivent. On croit aussi à leurs fous-rires, aux cocasseries du quotidien. Parce qu’il ne fait pas croire, on rit beaucoup dans ce film. Et heureusement, parce que sinon, il serait insupportable. Et puis j’ai retrouvé des choses. Je me souviens de la jeune inspectrice qui nous avait reçues. Elle devait avoir à peine une trentaine d’années. Je me rappelle sa neutralité. Il n’y avait pas de bienveillance ni d’agressivité. Elle n’était pas là pour juger. Mais pour enregistrer nos dépositions et les transmettre. Elle était étonnée que j’ai pu déposer une main courante dans mon commissariat et qu’on l’ai reçue, là-bas. Alors que ce n’est pas du ressort du commissariat de quartier. Il aurait fallu qu’ils m’envoient à la brigade, directement. Elle m’a demandé si je voulais porter plainte. Je lui ai demandé si ça servait à quelque chose. Probablement à rien a-t-elle répondu.

La plupart de mes souvenirs sont flous. Au rez-de-chaussée il y avait des portiques de sécurité. Cela venait d’être refait. Il y avait du monde qui allait et qui venait. Je crois qu’elle est venue nous chercher. Je ne me souviens ni de l’étage ni des couloirs. On nous a installées dans une petite salle d’attente, pas dans les couloirs comme dans le film. Il y avait des livres et des jouets pour enfants, comme chez le pédiatre, la psy, les psychologues, les associations chargées de suivre les familles à problème… Bref, comme partout. Elle venait nous chercher les unes après les autres. Ça a duré longtemps. Elle ramenait une de mes filles, repartait avec une autre. Et puis ça a été mon tour. Je l’ai suivie dans les couloirs. Je ne me souviens pas si c’était au même étage, ou plus haut. Il y avait des travaux. Son bureau, qu’elle partageait avec quatre ou cinq collègues, était tendu d’un bleu soutenu. Exactement comme dans le film. La même couleur. Ça, j’ai reconnu tout de suite.

Il y a un autre truc dont je me souviens parfaitement, c’est que je n’ai pas eu peur. Je veux dire pas dans cette brigade. A aucun moment. Je ne risquais rien. Pourtant, j’étais en plein tempête. Pingpong entre les assistants sociaux, celle qui nous suivait dans le cadre de la mesure demandée par le juge pour enfant, celui du collège de ma fille aînée. La surenchère entre les deux. Et la menace de me prendre les filles et de les placer. Je vivais dans l’angoisse perpétuelle. Mais là bas, à la BDM, je n’ai pas eu peur. Comme si, pendant une après-midi, quelqu’un avait momentanément pris mon fardeau. 

A la fin du film, la salle est restée totalement muette et silencieuse. Pendant la quasi totalité du générique. Nous étions tous enfoncés dans nos fauteuils, sans dire un mot, à regarder défiler les noms des acteurs, des producteurs, des assistants, des caméramans, des perchistes… Il nous a fallu, à tous, un long moment pour descendre.

Quelque part, ça m’a rassurée. Je n’étais pas sûre de tenir le coup, je n’étais pas sûre de mes cicatrices. Mais j’ai reçu ce film comme les autres, comme s’il ne m’était rien arrivé de particulier, comme si je n’avais jamais mis les pieds dans cette brigade. Même pas mal. Cela me prouve donc que je vais globalement bien et me confirme que tout cela est derrière moi. C’est quand même une chouette chose.

Cela dit, il est 3h20 du matin et je ne dors toujours pas…

J’ai remis en ligne tous mes billets de cette période là.

samedi 5 novembre 2011

Orage

Les colère d’adolescents sont comme des orages.

Il fait beau, chaud, pas même vraiment lourd. On est bien, encore. Et puis, d’un coup, le ciel s’obscurcit et puis ça tonne, ça pleut, ça vente, ça arrache tout sur son passage. Ça jette des horreurs à terre, ça piétine l’herbe. La foudre tombe, au hasard, sur vous, vous brûlant, laissant derrière elle une odeur de poudre et de cochon grillé.

Et puis ça part tonner ailleurs. Plus loin. On entend encore le vent, comme une porte qui claque. Ça s’arrête enfin. Demain, il fera beau à nouveau, on pourra rire, sourire. Ces orages-là ne durent pas. Ils laissent à peine une trace.

Mais ils sont fatigants.

samedi 29 octobre 2011

Des citrons confits

Cela faisait longtemps que je n’en avais pas préparé. Mais j’ai ramené de nombreux citrons de chez ma tante. Elle les fait pousser dans son jardin sans engrais ni pesticide. Et puis j’ai ramené aussi de la bonne huile d’olive. Alors autant en profiter.

Il faut bien laver et essuyer les citrons. Ils ne sont pas tous bios. Et même quand ils le sont, on ne sait pas où ils ont trainé. Donc on lave soigneusement parce qu’on garde la peau.

Préparation des citrons confits

On les coupe en rondelles épaisses, on retire les pépins, on dépose les rondelles dans un saladier (ou une passoire) et on saupoudre de sel (fin ou gros, suivant ce que vous avez). On couvre le saladier d’un torchon propre. Il faut les laisser dégorger une demi journée. 

Préparation des citrons confits

On essuie à nouveau avec un tissu propre et on range les rondelles dans un bocal. On ajoute une gousse d’ail épluchée, un bâton de cannelle, de la coriandre fraîche. Mais on peut également varier les plaisirs. Je n’avait pas de coriandre, je l’ai remplacée par du thym et de la cardamome. On peut aussi mettre des clous de girofle. On fait suivant ce que l’on a sous la main et ses goûts. 
Une fois le mélange prêt, il faut couvrir d’huile d’olive et bien fermer le bocal.
Attendre minimum cinq jours pour consommer. Une fois le pot ouvert, les citrons se conservent très bien au réfrigérateur, à condition
 d’être toujours couverts d’huile d’olive.

Confit de citrons
Ces citrons confits s’utilisent dans un grand nombre de recette : tajine de poulet aux olives et au citron par exemple, que je vais cuisiner ce week-end pour ma sœur et son mari.
recette inspirée du livre Trésors du Sud, l’olivier, les olives et l’huile d’olive, de Martine Calais, éditions du chêne

jeudi 20 octobre 2011

Summertime


[[akynou]]

Pourquoi j’aime les photos d’été ? Parce qu’on y sent encore la caresse de la chaleur, l’alanguissement des journées et le bonheur de vivre, tout simplement…

mardi 18 octobre 2011

Shoot à la cardamome


[[akynou]]

samedi 15 octobre 2011

Pommes


[[akynou]]

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