Racontars

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mardi 23 avril 2013

Le temps des vacances

Attaque de spam, des centaines de commentaires. Quand ces gens comprendront-ils que tout ceci ne sert à rien et arrêteront de nous em… Malheureusement, en mettant ces petites crottes à la poubelle, j’ai jeté quelques commentaires amis. J’en suis toute désolée.

Ce sont les vacances, il fait beau, pas très chaud mais j’ai tout de même passé l’après-midi de dimanche dans mon hamac au soleil, et j’ai attrapé un léger coup de soleil. Le premier de l’année, dois-je faire un vœu ?

Nous sommes allées voir une délicieuse et magnifique exposition des photos de Jacques-Henri Lartigue. En sortant, j’ai pris quelques photos, sans doute inspirée par ce bon génie… j’en reparlerai

Et puis je travaille… Recherche sur Internet, VAE, tout est un tel foisonnement et il y a tant de choses à apprendre…

mardi 25 septembre 2012

Grosse fatigue

Hier, je démarre un peu tard ma journée. Je passé mon temps à lui courir après. Régler des problèmes administratifs et des rendez-vous médicaux pour les enfants, ça n’a l’air de rien, mais ça occupe des heures. Pendant que j’attends au téléphone, je m’occupe sur Facebook. Je dois passer à la Poste pour récupérer des colis et en envoyer un. Déjeuner, ah ben non, pas le temps de déjeuner. Je cours au boulot pour y récupérer des copies. Mais évidemment, dès que je me pointe là bas, j’en ai pour beaucoup plus longtemps que prévu. Il y a toujours un problème à régler, un emploi du temps qui change, un étudiants qui a un problème, un autre qui arrive… La vie la vie. J’avais rendez-vous chez ma sœur à 14h30, il est plus de 15 heures, et je n’ai pas encore décollé.
Et puis il faut que je passe à a grande surface acheter de quoi faire un pique nique pour la dernière qui sort avec sa classe le lendemain. Galoper à travers les rayons, trouver ce dont j’ai besoin. En profiter pour m’acheter deux sandwich que j’avale en conduisant. Pas très prudent, surtout quand il faut prendre l’autoroute, mais à la guerre comme à la guerre.

J’arrive chez ma sœur. Il s’agit d’appeler des foyers pour personnes âgées pour notre mère, mamie alzheimer. Elle veut bien que j’appelle de chez elle, être là pour discuter de ce que nous apprenons, mais c’est moi qui doit passer les appels. Je ne lui ai pas dit, je suis un peu phobique du téléphone. Une fois, deux fois, trois fois. Les directrices ne sont pas là. Ma sœur part récupérer sa fille. Entretemps je localise les foyers sur la carte de la ville. Puis nous appelons la dernière directrice. Bad news, une maison un peu trop vétuste ferme pour travaux. Il faut reloger ses trente-huit habitants, il n’y a aura pas de place avant six mois. Trop tard pour notre planning.

Je rentre à la maison avec pour mission d’appeler le lendemain matin le neurologue pour un rendez-vous et un organisme qui peut nous aider. A peine arrivée, je suis assaillie par la dernière qui a besoin de mon avis pour un devoir. Nous travaillons ensemble. Je monte pour corriger mes copies. J’ai deux exercices à debrieffer et à corriger pour le lendemain. A peine installée, la seconde appelle au secours pour deux exercices de français qu’elle n’est pas sûre de comprendre. Il faut dire que c’est clair comme du jus de chique. Je pars sur une interprétation, ce n’est peut-être pas la bonne, mais cela permet d’avancer. L’heure tourne… C’est long le devoirs des enfants, surtout quand ils sont plusieurs.

Il est temps d’aller préparer le dîner. Je descends, prépare des pâtes à la sauce tomate (faite maison, j’ai des tomates en rab). Le téléphone sonne une fois, deux fois, trois fois. Je n’arrive pas à avancer. Les filles ont faim et me le font savoir. Mon estomac aussi. Enfin, je termine. Dîner. Je m’attarde un peu pour passer du temps avec mes filles. A 21h30 nous montons, je m’attèle enfin à mes corrections. Ce sont des exercices sur la précision du vocabulaire. Je dois démontrer à mes étudiants que la langue française est une langue riche et qu’il faut savoir l’utiliser, mais à bon escient, pas en employant un mot pour un autre. Je dois donc argumenter toutes mes corrections. Je passe des heures sur le CNRTL, le dico formidable. Puis je rédige le corrigé.

J’ai fini, il est plus de 2 heures du matin. Je jette un coup d’œil sur Facebook pour me détendre. trouve deux ou trois liens intéressants pour le boulot, d’autres que je partage car ils sont drôles. Je rédige un mail que j’ai oublié d’envoyé. On va encore me dire que je travaille trop tard, mais si je laisse pour le lendemain, je me connais, je vais oublier. J’éteins la lumière, il est plus de 3 heures du matin. Je me dis que ça va être chaud pour me lever assez tôt, passer les coups de fil pour ma mère, aller à mon rendez-vous chez le médecin (j’ai une %$#° d’oreille bouchée, elle veut vérifier qu’elle peut me l’enlever et que c’est juste un bouchon). Puis j’ai un séminaire sur la presse à l’école, auquel je suis censée assistée avec tous mes étudiants. Je stresse un peu. Je m’endors. A 4h30 je me réveille. Le stress. Je suis tendue comme une arbalète. Je me dis que la journée suivante promet d’être dure avec aussi peu de sommeil.

Huit heures, le réveil sonne, j’ai dormi deux heures de plus. Je me lève, prends mon petit-déjeuner, je suis déjà en retard pour le rendez-vous avec le médecin. Il aurait fallu que je me lève à 7 heures pour tout faire. Je n’ai pas pu. Cela me fait stresser encore plus. Dix jours que je dois obtenir ce rendez-vous avec le neurologue de ma mère. Mais soit le téléphone sonne constamment occupé, soit je n’ai pas le temps parce que je suis en cours, ou avec les filles, ou en chemin, ou… Je pars. Je n’ai pas appelé. J’ai mauvaise conscience. Je suis chez le médecin. J’attends. Je me dis que je pourrais peut-être en profiter pour appeler. Je me rends compte que j’ai oublié mon portable à la maison. Merde ! Je reste cinq minutes avec le médecin pour qu’elle me confirme que j’ai bien un bouchon. Elle me donne rendez-vous pour jeudi soir pour l’enlever, je devrais pouvoir y arriver entre le moment où je dépose Garance à l’aviron et celui ou je vais la récupérer. La prévenir que je risque d’arriver un peu en retard. Ne pas oublier d’amener une serviette. En attendant je reste à moitié sourde.

J’arrive à l’école de journalisme. La conférence  a commencé depuis plus d’une demi-heure, elle bat son plein. Les étudiants ont l’air studieux, intéressés. Je ne peux pas rester, pas de place dans la salle. C’est ça quand on arrive en retard. J’en profite pour avancer la préparation d’un exercice pour la fin de la semaine. La conférence se termine. Déjeuner avec les invités du séminaire.

A 14 heures, à peine le temps de boire un café salvateur, je rentre ans ma salle de  cours. Un cours, c’est une dépense d’énergie folle. Je n’ai que deux heures, ça va le faire. Ça le fait. Je sors lessivée et reste encore une heure au bureau pour régler des problèmes d’agenda. Je rencontre deux étudiants de l’année passée. On discute. Plaisir. J’aime bien mes étudiants. Je finis par rentrer. La dernière est allongée sur le canapé. Sa sortie était intéressante, mais ils étaient dans le vent et sous la pluie, elle est fébrile. Par contre, elle a fait ses devoirs. Je n’ai pas besoin de m’y coller. Je range deux ou trois trucs dans la maison, consulte mes mails et récupère mon téléphone. C’est déjà l’heure de faire le dîner… Flan de courgettes en tarte. Un nom ronflant pour une recette simple. Ma deuxième ne descend pas à table. Elle dort déjà.

Il me reste ce soir à finir deux livres pour rendre mon verdict pour le prix des Assises de journalisme, je suis membre du jury. La réunion est demain, je ne peux pas y aller. Mais je dois envoyer mon avis commenté ce soir ou demain matin. et puis je dois appeler la neurologue, et l’association pour les renseignements. Je dois aussi passer au collège pour mettre sous pli le matériel de vote pour les élections. L’après-midi, je fais taxi pour les enfants… Peut-être le médecin pour la dernière si son état ne s’améliore pas avec une bonne nuit de sommeil.

Cela fait plus d’un mois que je n’ai pas touché ma VAE.

Mais comme dirait l’autre…

samedi 30 juin 2012

Petites choses triviales

Hier matin, j’ai été réveillée à 8 heures du matin par une bétonneuse. Sous ma fenêtre. Cela fait un mois que la maison en face est en travaux. Un mois que du matin au soir, quand je suis à la maison, j’entends les ouvriers se héler, se raconter des vannes idiotes, faire tomber des objets lourds dans leur camion, monter, démonter… La bétonnière, c’était la cerise sur le gâteau.

Le fait est que depuis quelques temps, je dors mal. Enfin, je m’endors mal. Rarement avant 3 heures du matin. Du coup je dors peu. Je deviens agressive. C’est ma fenêtre qui en a fait les frais. Je l’ai un peu claquée. Un peu. Pas très fort. Mais le carreau du haut s’est brisé. Il faut dire aussi que mes fenêtres sont de la merde. Pas isolées, laissant passer le froid et parfois la pluie. Le bruit à tous les coups. Le carreau devait avoir un pet, il s’est écroulé sur mes vêtements.

Du coup, je suis descendue râler en bas. Mais cela n’a pas changé grand chose. La bétonneuse a continué à tourner. Et la brouette à grincer chaque fois qu’elle était poussée sur la planche qui la menait dans la maison. L’après-midi, j’ai décidé d’essayer de récupérer en faisant une sieste. Qui n’a pas duré longtemps. Les ouvriers ont décider de nettoyer le bac à béton à grand coup de pelle. Toujours sous ma fenêtre bien sûr, pas devant chez eux. J’ai failli en casser l’autre carreau.

Du coup, ce matin, direction Leroy Merlin pour acheter des vitres. S’il y a quelque chose que je déteste faire, c’est bien remplacer des vitres. Je sais le faire. Je l’ai déjà fait. Je n’en suis pas à mon premier carreau cassé. Donc j’ai acheté les carreaux (deux parce qu’une vitre de la chambre des filles est cassé). Et ils sont restés sur mon lit parce que j’ai eu la flemme de les poser. Je ne suis même pas montée dans ma chambre, alors que j’y passe le plus clair de mon temps. J’ai préféré comater devant les championnats de France d’athlétisme. Ce genre de plan est parfait pour l’estime de soi. Je suis très douée pour ça.

Au point que demain, j’ai l’intention de continuer. Je vais aller chez Ikea pour acheter des planches pour équiper le dressing de ma fille. Mais ça m’étonnerait que je monte quoi que ce soit dans l’après-midi.

Je n’étais pas très vaillante ces derniers mois. Mais depuis trois semaines, je suis bloquée. Je ne fais que ce que je suis obligée de faire… mais le reste… je ne procrastine même pas. Je me suis juste arrêtée. Il va falloir que je retrouve la marche avant rapidement. Parce que je ramasse les désagréments à la pelle.

Par exemple, ce soir, c’est le repas du quartier. Je n’y vais pas. Passé les dix premières minutes où on m’adresse la parole par politesse, je m’y emmerde à 100 sous de l’heure. Mais là, en ce moment, à plus de 2 heures du matin, les festivités battent leur plein et j’ai droit à Abba à fond les ballons. Fermer ma fenêtre n’y changera rien. Je n’ai pas remplacé le carreau. VDM.

En attendant, il y a des fleurs dans mon jardin… Mais pour le moment, elles dorment, elles…

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jeudi 7 juin 2012

Ce dont je veux me souvenir

De notre rencontre.

C’était lors d’un de mes premiers Paris Carnet. J’étais encore toute timide participante n’osant pas aller vers les autres. Et c’est lui qui est venu vers moi. Je l’ai d’abord pris pour son frère, Benoît, que j’avais croisé la fois précédente avec le même accueil chaleureux. Mais de les voir côte à côte a dessillé mon regard. J’ai aimé sa gentillesse, son élégance, son rire tellement joyeux, léger… Il a fait parti des gens pour qui m’ont fait revenir, mois après moi, dans ces rencontres blogosphériques.

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De la première rencontre avec ma sœur

Luce passait une quinzaine de jours à Paris, chez moi, pour un examen. Et aussi reprendre des contacts car elle voulait rejoindre la région parisienne. Elle bloguait déjà depuis quelques temps, mais n’avait jamais pu venir aux Paris-Carnets. Donc je l’y ai emmenée. C’était une fête. J’étais vraiment heureuse de l’y amener. Mais sans savoir que cela ferait basculer sa vie. C’était dans un petit bistro, tout petit, dans un coin pas facile d’accès, mais sympa. Il y avait Vroumette, Martine, Kozlika sans doute, je me demande si Sacrip’Anne n’était pas là non plus, mais si elle est venue, elle est repartie tôt. Il y avait François. Qui n’a guère quitté note table et qui s’est immiscé sur la photo… Déjà, il me semblait qu’il portait un certain intérêt à Luce et cela m’amusait beaucoup. Pensez donc, deux familles de blogueurs s’alliant : la fratrie des Granger et la “sororerie” des Colmant…

Paris Carnet

Du pique nique au parc Floral

Parce qu’il est devenu clair qu’il avait pour ma sœur plus qu’une inclination. François n’a pas quitté Luce de la journée.

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De la naissance de Louise

Et de son ravissement devant sa merveille

Du côté de chez Louise


De la dernière chanson que nous avons écouté ensemble
C’était Ne me quitte pas, interprétée par un jeune mec qu’il attendait au tournant parce qu’il pensait qu’il allait assassiner la chanson. Mais qui l’a eu par surprise

De choses et d’autres
De sa présence, au côté de ma sœur, quand j’ai traversé ma tempête, de son soutien indéfectible. De ses silences, de ses sourires, de son rire encore, de sa voix, de son regard ironique.

Et je crois que je vais m’arrêter là.

Adieu François.

dimanche 1 janvier 2012

Mon gamin est sur Facebook, c'est grave docteur ? - 1re partie

Quelques uns de mes étudiants ont planché sur un sondage concernant l’usage des réseaux sociaux chez les 8-17 ans. Pour mieux corriger leurs papiers, je dois étudier ce sondage.

L’intitulé me laisse dubitative : une enquête sur les 8-17 ans et Internet, comment ne pas penser que cela mélange tout et son contraire… Qui y a-t-il de commun entre disons une petite Manon de 8 huit ans, scolarisée en CE2 et une grand Tristan, 17 ans, qui est au lycée, en première ?

J’ai donc téléchargé le sondage. C’est une enquête TNS Sofres effectuée à la demande de la Cnil et de deux associations de protection de l’enfance.

A priori, quand on sait comment fonctionnent les sondages, on se dit que, vu les commanditaires, Internet, a priori, est coupable. De quoi, on ne le sait pas encore. Mais forcément coupable. Toutes ces enquêtes, une fois réalisées, sont la propriété de ceux qui les ont commandées, et payées. Ils ont la possibilité de les divulguer, ou pas. Et logiquement, un organisme ne publie que les sondages qui vont dans son sens. Ici, nous avons deux commanditaires de la protection de l’enfance qui ont souvent la dent dure contre le réseau des réseau, ce nouveau fléau. Analyse faite, Internet ne s’en tire pas si mal que cela. Et le sondage fait bien la part des choses entre les plus de 13 ans (âge « autorisé » par Facebook pour ouvrir un compte) et les plus jeunes. Et le grand écart est effectivement là. Reste tout ce qu’on peut faire dire aux chiffres et certains ne s’en privent pas..

Premier élément donné : 48 % des 8-17 ans sont connectés à un réseau social. Ce qui en soit, n’est pas énorme. J’aurais cru plus. En fait, je me rends compte que non. Nombre de mes étudiants, et cela m’étonne toujours, n’ont eu  que très peu de contacts avec les réseaux sociaux avant de rejoindre l’école. Parce qu’ils n’en voyaient pas l’intérêt. Et je suis suis obligée de leur dire, que, si, ils peuvent y trouver de l’intérêt. Un intérêt professionnel. Et avant d’avoir 21 ou 22 ans, ils ont eu moins de 17 ans…

Cela dit, j’aimerais savoir quelle est, dans ces 48 %, la proportion des 8 ans, et celle des 17 ans. Ça ne doit pas être loin des 97 % chez les second et des 3 % chez les premiers. Deuxième chiffre sur la même page : 96 % utilisent Internet, 93 % chez les 13 ans et moins. Quand même… me dis-je in peto. Sauf qu’il ne s’agit que d’aller sur Internet. Et qu’évidemment la quasi totalité des enfants se connectent puisque le maniement d’Internet est une matière enseignée dès l’école primaire. Ma dernière fille (11 ans), dès le CM1, a eu des recherches à effectuer sur la Toile. Ce qui m’énervait plutôt. Pas parce que j’avais peur du grand méchant loup. Mais parce que faire une recherche sur Internet, ce n’est pas du tout quelque chose d’évident. Et qu’une fois qu’on a entré « Hercule » ou « Victor Hugo » dans Google, comment fait-on pour trouver quelque chose de pertinent ? Chercher sur Internet, cela s’apprend. Avant de lancer leurs élèves sur des recherches à faire chez eux sur la Toile, les enseignants seraient bien avisés de le faire, avec eux, en classe, en leur montrant les outils les plus efficaces. Et après leur avoir donné les clés d’utilisation de Wikipédia et les mises en garde nécessaires

Bref, 93% des moins de 13 ans surfent sur Internet. Je me demande pourquoi on n’arrive pas à 100 % vu les programmes scolaires…


Léone faisant ses début à l'ordi

Ils sont 18 % de moins de 13 ans à être connectés à un réseau social (mais l’analyse dit « près de 20 % », 18 %, ça ne doit pas assez parler…) Là encore, j’aimerais bien savoir comment se répartissent ces 18 % en fonction des classes d’âge. Et de comparer Manon, toujours 8 ans, à… Lola, 13 ans, en quatrième au collège.

Le chiffre existe. Le sondage le donne deux lignes plus bas. Ils sont 11 % des élèves du primaires à se connecter sur un réseau social. De cette première partie, le sondage conclut, à juste titre, que le déclic se fait en fait au collège. Et qu’à partir de ces années-là, les ados se connectent soit depuis leur ordinateur personnel, soit depuis leur téléphone portable, avec donc le forfait adhoc, plutôt coûteux. Ce qui m’étonne, c’est que, un peu plus haut, il disait que c’étaient les enfants dont la famille appartenait aux catégories populaires qui se connectaient le plus, plus que ceux des familles dites aisées. Pas d’explication à cette contradiction qui n’a surpris personne semble-t-il.

Les chiffres qui suivent ne concernent que les 48 % de jeunes qui admettent être sur un réseau social. FB ou un autre. Surtout FB.

Deuxième chapitre, L’attitude des parents face à l’utilisation des réseaux sociaux. Parent ! Vous ne vous occupez pas assez de vos gamins. C’est un peu la tendance générale depuis quelques années : mettre les parents en accusation et leur faire porter le poids de ce que la société ne peut plus faire. Hop hop hop, je suis hors sujet…

« Si 99 % des parents savent que leur enfant est sur un réseau social, c’est un sujet dont on parle peu. » Et pour cause. Vous avez déjà essayé de parler de ses copains avec un pré-ado ou un ado ? J’imagine très bien la conversation autour de Facebook. Enfin, je l’imagine… je la connais, je l’ai déjà vécue. C’est un parent qui cause tout seul devant son gamin qui soupire, lève les yeux au ciel et conclut en disant : « De toute façon, tu comprends rien… » Ce qui n’est pas vrai, mais ce que l’ado se plait à penser. Restons optimiste, il y a quand même 14 % des ados qui en discutent avec leurs parents. C’est énorme.

Cela dit, si les parents n’en parlent pas, ils suivent. Quasi la moitié des ados sont amis avec leurs géniteurs. Ma fille aînée (17 ans demain) m’a virée un jour en m’accusant de l’espionner. Au départ, je n’avais pas voulu être son amie, c’est ma fille, pas ma copine. Mais lors d’un de mes voyages, nous avons trouvé plus simple de nous connecter pour discuter en chat. C’est plus souple et plus pratique que MSN quand on se trouve dans un cybercafé aux portes du désert, ce qui était mon cas.

Je n’allais jamais sur sa page. D’abord parce que je refuse de l’espionner, ensuite parce que, de toute façon, je ne comprends rien à ce qui s’y raconte. Mais de temps en temps, je tombais sur une de ses actualités sur MA page. J’ai eu le malheur de répondre à l’une d’elle. Hop, virée. Depuis elle m’a remise. Puis m’a virée à nouveau. Et s’est plainte pas plus tard que ce matin de ne pas pouvoir lire ma page parce que je n’étais pas son amie.

Ma seconde fille (13 ans) doit son compte à sa meilleure copine, alors qu’elle n’avait pas l’âge requis. Vu le nombre d’heures qu’elle passe sur mon ordinateur (très peu, j’occupe la place), et qu’elle n’en a pas à elle, j’ai laissé faire. Elle m’a très vite inscrite comme amie. Elle aurait pu ne pas le faire. Quant à la petite dernière, je viens de lui créer une adresse mail. Mais j’ai refusé de lui ouvrir un compte FB. Appuyée en cela par l’aînée. Il faut dire que la petite n’a pas d’amie qui ait un compte FB avec qui converser. A part jouer (il n’y a que cela qui l’intéresse), elle n’y ferait pas grand chose. Mais il a fallu lui exliquer que ces jeux-là nécessitaient des amis pour avancer. J’en sais quelque chose. Cela fait deux semaine que je ne fais que ça, jouer…

Je connais des jeunes filles qui ont plusieurs comptes mais se ferait hacher menu plutôt que de le reconnaître. L’un est connu de leurs parents. L’autre non. On est content parce que, tout compte fait, notre enfant ne passe pas tant de temps que ça sur FB. On croit surveiller. On ne surveille pas grand chose en fait. On se fait avoir en beauté.

Le sondage poursuit : « Seul la moitié des enfants s’estiment surveillés ». Le total est effectivement de 55 %. Mais seuls 48 % des garçons disent l’être. Et 63 % des filles… Les vieux réflexes reviennent toujours. Donc, quand on dit que les parents ne surveillent pas leur progéniture, ça dépend laquelle. Mais n’en a-t-il pas toujours été de même ? Quand j’avais entre 13 et 17 ans, mes copines étaient bien plus surveillées que leurs frères (je ne pas dire la même chose, je n’ai pas de frère). Elles n’avaient pas le droit de sortir seules avant un âge avancé (la majorité en général). Si elles avaient un grand frère, ça allait, mais sinon… il fallait attendre le petit ami dûment adoubé par les parents. Pour les garçons, la surveillance était plus lâche on va dire… Et ça n’a pas changé.

En passant, les moins de 13 ans se sentent surveillés à 77%.

Super surveillés :-)


Léone faisant ses début à l'ordi

Le sondage constate cependant que la surveillance serait « plus quantitative que qualitative ». C’est-à-dire que les parents se contenteraient de limiter les moments où les 8-17 ans ont le droit de se connecter (28 %) plutôt que de vérifier ce qu’ils disent ou montrent (23 %). Evidemment, c’est peu. Mais si on isole les moins de 13 ans, le deuxième chiffre monte à 42 %. Dans toute cette partie, la surveillance des parents est bien plus importante pour les enfants de moins de 13 ans que pour les autres. En résumé, les parents sont assez peu associé à la pratique qu’ont les jeunes d’Internet et des réseaux sociaux. Et pour cause. Je les vois assez peu au-dessus de l’épaule de leur ado pendant que celui-ci surfe. Sauf à vouloir vivre dangereusement… Il faut remettre les choses dans leur contexte. La surveillance des parents est directement liée à la relation qu’ils entretiennent avec leur enfant. On ne peut pas focaliser uniquement sur les réseaux sociaux. C’est un ensemble. Que nombre de parents soient dépassés par leurs ados, je les comprends. Ce n’est pas tant la compétence technique qui leur fait défaut, que la compétence émotionnelle. Elever un ado, c’est dur. Et on fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a.

La majorité des enfants utilisent leur propre identité (92%). En général, comme leurs parents. Ça c’est moi qui le dis. Et je pense que les gamins ont déjà compris beaucoup de choses. J’ai un pseudo, sur ce blog. Mais je sais depuis longtemps qu’il est totalement transparent. Il ne faut pas chercher loin pour trouver mon vrai nom, éventuellement mon adresse. Tous ceux qui se sont fait licencié pour avoir dit du mal de leur entreprise dans leurs blogs personnels avaient des pseudos. L’entreprise même avait un pseudo. Qui n’ont servi à rien. Et je me souviens très bien de ce proviseur radié de l’Education nationale à cause de son blog. Il avait pourtant été très précautionneux, avec pseudo et tout… Il a heureusement, depuis, été réintégré…

Le mythe du contributeur anonyme est valable tant qu’Internet est utilisé par un petit nombre de gens. Mais plus la toile s’étend, est utilisée par un nombre de personnes de plus en plus grand, plus il est facile d’y retrouver n’importe qui. Même par hasard. Parce qu’on connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…

Et puis la plupart des ados se connectent aux réseaux sociaux pour communiquer entre eux : discuter, s’envoyer des blagues, des vidéos drôles, des confidences (qui d’ailleurs n’en sont plus vraiment). Bref, Internet est une vraie cours de récré sans la distance imposée par la présence physique (avec ce qu’elle peut avoir de paralysant ou d’inhibant à cet âge-là). Avec tout ce que cela comporte. J’y reviendrai…

Tous les gamins livrent des informations personnelles : leur vrai nom, leur âge, leurs centres d’intérêt, leur adresse mail, le nom du collège ou du lycée, leurs marques préférées. Mais ils ne sont que 9 % à donner leur numéro de portable et 5 % le fixe. Moins de 10 % d’imbéciles, c’est rassurant. Surtout avec des parents qui les surveillent aussi peu. Parce que les autres données, franchement, où est le problème ?

Les photos et les vidéos, qui risquent de vous poursuivre toute votre vie. Julie en vacances, Gaétan en train de faire des grimaces immondes et ridicules, les soirées plus ou moins alcoolisées suivant l’âge… Pour la plupart, des conneries. Il y a aussi beaucoup plus grave. Des vidéos filmées à l’insu des jeunes et mises en lignes contre leur gré. J’y reviendrai aussi.

Et puis, précise le sondage, les enfants disent à 58 % s’ils sont célibataires où s’ils sortent avec quelqu’un. Le chiffre monte à 71 % pour les garçons de plus de 13 ans. C’est quelque chose qui m’a toujours amusée. Avez-vous été voir des pages de jeunes de moins de 17 ans sur FB. Moi, quelques unes. Beaucoup de filles sont fiancées avec leur meilleure amie. Non, elles ne sont pas homosexuelles. Elles pourraient, mais ce n’est pas le problème. C’est juste une façon de montrer l’importance que cette amie là a dans leur vie. Il faut dire que la notion de célibat ou non, pour des jeunes de moins de 17 ans, à part quelques cas assez rares, c’est très très relatif.

Cela dit, si les enfants renseignent ces éléments, c’est aussi que leurs parents, comme la majorité des adultes, le font sans se poser de questions.

Mais surtout, et ce que dit le sondage à cet égard est tout à fait juste, pour la majorité des jeunes, les relations sur Internet n’ont rien virtuel. Tout simplement parce qu’ils utilisent ces réseaux sociaux comme leurs parents utilisaient auparavant le téléphone. Ils communiquent entre eux. Ils passent des heures à discuter. Comme tous les ados l’ont toujours fait. Seul l’outil a changé. Mais il coûte moins cher. Je me rappelle qu’à mon époque, la question de la facture de téléphone était toujours été une cause d’engueulades entre mes copains et leurs parents (les miens ne payaient pas le téléphone, c’était la boîte de mon père qui prenait la facture en charge). Puis les ados ont fait exploser la facture de leur téléphone mobile. Enfin on a inventé les forfaits bloqués et Internet. Et la paix des familles est revenue. Enfin, sur cette question. Donc oui, Internet, les réseaux sociaux, c’est la vraie vie parce que la plupart des gens que les jeunes y côtoient sont leurs propres amis, ceux du collège ou du lycée, ceux rencontrés en colonie de vacances. Leur bande, pour le meilleur et pour le pire. Qui n’est jamais certain, mais, quel que soit l’outil, n’est cependant jamais loin.

A suivre donc…

En photo, ma fille, moins de 1 an, faisant ses débuts sur l’ordinateur. Qui n’a aucun secret pour elle. Aujourd’hui, dix ans plus tard, elle aimerait bien un compte Facebook. Mais j’ai dit non… Quand elle aura des vrais amis qu’elle pourra retrouver, on réenvisagera la question. Mais pour le moment, elle n’en a pas besoin.

samedi 5 novembre 2011

Orage

Les colère d’adolescents sont comme des orages.

Il fait beau, chaud, pas même vraiment lourd. On est bien, encore. Et puis, d’un coup, le ciel s’obscurcit et puis ça tonne, ça pleut, ça vente, ça arrache tout sur son passage. Ça jette des horreurs à terre, ça piétine l’herbe. La foudre tombe, au hasard, sur vous, vous brûlant, laissant derrière elle une odeur de poudre et de cochon grillé.

Et puis ça part tonner ailleurs. Plus loin. On entend encore le vent, comme une porte qui claque. Ça s’arrête enfin. Demain, il fera beau à nouveau, on pourra rire, sourire. Ces orages-là ne durent pas. Ils laissent à peine une trace.

Mais ils sont fatigants.

vendredi 14 octobre 2011

Cette nuit

Je suis descendue sortir la brioche de la machine pour la mettre à sécher. Elle sera parfaite, demain, pour le petit déjeuner des filles. Par la fenêtre, j’ai vu le jardin éclairé par une Lune presque pleine. Alors je suis sortie me baigner dans cette lumière. Pas un nuage dans le ciel, juste une galette entourée de petites étoiles. Il faisait frais, mais presque doux, sensation délicate.

Alors j’ai décidé de sortir les boules Quies et de dormir la fenêtre ouverte. Eh oui, parce que même dans une rue aussi calme que la mienne, il y en a du bruit. Le livreur de la NR qui fait pétarader sa motobylette vers 4 heures du matin, les trains de marchandises qui quittent ou arrivent à Saint-Pierre-des-Corps, les gros camions sur l’autoroute. Et puis, au matin, les portières de voiture qui claquent, les voisins qui se saluent, les gamins qui partent à l’école.

Demain, je dors. Et je veux dormir longtemps. Je veux prendre le temps de rêver.

dimanche 18 septembre 2011

Mon blog fait la gueule

:C’est vrai, je l’avoue, cela fait des jours et des jours (et même plutôt des mois) que je le délaisse. Trop d’occupations, trop de choses à penser pour pouvoir écrire sereinement. L’image que j’ai de moi en ce moment, c’est celle d’une femme arc-boutée. J’ai de nombreuses casseroles sur le feu (mais non, pas aux fesses, pour qui vous me prenez-vous ?) et elles sont toutes remplies de lait. Pas simple.

- D’abord, il y a cette VAE que je devrais commencer et qui me terrorise. La masse de boulot supplémentaire que cela représente, et toujours des doutes quant à mes capacités. Entendons-nous bien : je suis un cador dans mon métier. Je pense être une bonne journaliste et surtout une excellente secrétaire de rédaction., même si je ne l’ai pas toujours clamé sur les toits parce qu’une fois, cela m’est revenu en boomerang. Je suis une bonne enseignante parce que je suis exigeante avec moi, avec mes étudiants et que je connais mon métier (que je leur enseigne avec passion). Mais je ne pense pas être un jour une bonne universitaire. Ces gens-là me fatiguent. Déjà, quand j’étais étudiante, je fuyais ce milieu autocentré sur son petit nombril. Et qui fait si souvent passer ses intérêts propres bien avant ceux des étudiants au service desquels il devrait être. « Oui, mais vous comprenez, les étudiants passent, nous, nous restons », m’a répondu l’un deux un jour après avoir essuyé mes critiques. « Oui, mais tu comprends, moi j’enseigne parce que je suis obligée. Je suis une chercheuse », m’a rétorqué récemment un de ces purs esprits.

Pourtant, c’est entre les fourches caudines de ces gens-là que je vais devoir passer si je veux un jour avoir une chance d’être titularisée et ne pas me retrouver au chômage dans trois ans.

L’avantage de travailler dans un IUT, c’est que la plupart de mes interlocuteurs et collègues sont des professionnels avant d’être des enseignants, qu’ils ont travaillé dans le privé. Cela donne des repères différents. Les vrais enseignants qui travaillent avec moi sont imprégnés de cette ambiance là, et cela se passe plutôt bien. Mais ailleurs, non de Dieu, quelle méconnaissance du monde, quelle petit esprit mesquin de chapelle. Il y a des UFR qui se la pètent grave. Alors que, franchement, il n’y a pas tant de raisons que cela de ramener sa fraise. Hou ! cela me rendrait presque vulgaire…

Cela dit, le travail intellectuel que tout ceci me demande comble probablement un creux que j’avais au préalable rempli par mon activité bloguesque. Je ne manque pas de matière à réflexion…

- Ensuite il y a mes démêlés judiciaires. J’ai perdu mon divorce, mais au moins, je suis divorcée. Cela dit, j’ai un énorme dette vis-à-vis de mon ex-conjoint. Cela fait quelques semaines que je veux écrire là-dessus (pas sur ma dette, mais sur cette chose étrange qu’on appelle la justice dans les affaires familiales). Mais comme je n’ai toujours pas réussi à digérer la pilule, j’attends encore. J’ai rendez-vous avec mon avocate en début de mois prochain. La CAF m’a donné de bons conseils (je déduis de la prestation compensatoire toutes les pensions alimentaires non payées. Et je rembourse la CAF mensuellement de l’allocation parent isolée touchée en remplacement. Avantage, c’est comme un prêt à taux zéro. Comme de toute façon l’ex ne me versera jamais cette pension… A 200 euros par mois, j’en ai pour un peu plus de six ans. Et je garde mon capital pour l’éventuel achat d’une maison (ou pour les études des filles).

Ce qui m’épuise à l’avance, ce sont les contraintes judiciaires (et financières) : notaires pour solder la communauté, frais de justice (j’ai eu 900 euros à payer pour la procédure auprès du juge des enfants), facture de l’avocat. Pour le moment, j’en suis à presque 10 000 euros en frais divers sur les deux procédures. Au bout de trois ans et demi. Je suis hallucinée par le coût.

- Il y a aussi mes veilles sur Internet. En fait, sous prétexte de veille, pour mes étudiants, je passe beaucoup trop de temps sur Fesse de bouc et sur le petit oiseau. Bon, je bosse aussi tout de même. Mais la plupart du temps je glande. J’ai une immense envie de glander. En réaction à tout ce qui m’est imposé, j’ai énormément l’envie de glander à donf !

- Enfin, il y a les enfants qui grandissent. Et avec lesquelles parfois, je me sens bien impuissante. Ou dépassée. Ou les deux à la fois.

Donc, voilà, arc-boutée, pas vraiment sereine. Pas assez en tout cas pour m’occuper de ce blog. Et pourtant, cela me ferait du bien. Allez, je vais essayer de m’organiser. D’autant que j’ai une furieuse envie de diptyque.

Repost du lendemain : Je me rends compte que j’ai oublié ma mère. Oh ! le bel acte manqué. Mais c’est vrai qu”à elle seule elle mérite un billet…

Repost 2. Ce blog a maintenant huit ans…


mercredi 24 août 2011

C'est quoi ma vie

Cette nuit, j’ai rêvé une histoire de geek. Je travaillais sur un petit ordinateur portable, façon tablette. Et puis j’avais un problème. Et là je recevais un message sur l’écran qui me disais comment faire pour m’en sortir. Mais comme je n’arrivais pas à faire ce qu’on me disait, pour masquer mon incurie, j’éteignais la machine et rebootait. En serrant les fesses pour qu’elle remarche.

je recevais alors un autre message qui m’engueulais, et me traitait de nulle à chier. Ce n’était pas les mots, c’était le sens. Alors j’inventais un gros char pour m’en sortir et faire en sorte que ces geeks veuillent bien toujours essayer de régler mon problème. Et très curieusement, c’est ce qu’ils ont fait. Nous avons commencé une videoconférence qui promettait d’être très instructive, puis mon rêve a changé de sujet et je ne me souviens pas de la suite. Juste du look des geeks. Des ZZ top modernes, la barbe, les cheveux, les lunettes, mais le pantalon baggy et encore les boutons d’acné. Génial… Une vraie caricature.

Comme je n’ai pas de problème informatique en ce moment, j’imagine qu’il s’agit de ma vie, ou une partie de ma vie. Sauf que si je m’imagine parfaitement raconter un bobard pour me sauver la mise, je me vois mal m’éteindre pour me rebooter. J’aurais trop peur qu’il y ai un problème à l’allumage. Donc il doit s’agir d’autre chose. Mais quoi…

lundi 15 août 2011

Le boulet du parking

A 22 heures, il n’y a pas grand monde sur le parking de la gare d’Austerlitz. Il faut dire qu’il est cher, et pas très grand. Les gens préfèrent à juste titre se garer ailleurs ou utiliser un autre moyen de transport. Pas de casemate avec un employé, au cas où il y aurait un soucis, pas de ballet de voiture, pas foule devant la machine où l’on paie. Juste moi, et ma carte bleue (qui n’est pas bleue, comme la plupart des cartes de paiement maintenant en France, mais on va dire “carte bleue” quand même, parce que “carte de paiement” pourrait rendre confus l’utilité de l’objet que je tiens en main, cela pourrait être juste une carte pour payer ce parking-ci et… non rien).

Pas bleue ma carte de paiement mais néanmoins gondolée. Et pas de rire. Enfin, je ne crois pas. Elle n’a pas aimé un séjour prolongé derrière le pare-soleil de la voiture (oui, j’ose le dire, il m’arrive d’abandonner ma CB à cet endroit, mais je n’habite plus Paris). Tant que c’est la puce qui sert de vecteur de paiement, pas de soucis. Par contre, la bande magnétique en a pris un coup. C’est le cas ici. La machine toussote et me refuse ma carte. Je dois payer 6,50 euros (pour une heure), comment faire ?

Une famille est arrivée derrière moi, je ne les vois pas mais je les entends commenter le prix. Oui, c’est onéreux, les gares rançonnent les accompagnateurs des voyageurs de manière odieuse, c’est sûr. Ils commentent tous mes gestes, de façon assez drôle. Ça me fait rire, mais ça me stresse. L’impression d’être le boulet qui amuse la galerie. Je fouille dans mon sac à main à la recherche de mon porte monnaie. Tout une histoire. Ce n’est pas un sac de fille que j’ai, c’est une caverne d’Ali Baba où tous les objets présents se passent le mot pour se planquer les uns derrière les autres. Ainsi quand je veux mes clés, je trouve le crayon que je cherchais désespérément dix minutes plus tôt, etc. Là, ça ne manque pas, je tombe sur la convocation de départ en colo de Lou qui m’ a échappée il y a une bonne demi heure. Quand j’avais retrouvé mon téléphone portable. Mais que je ne voulais ni appeler quelqu’un ni répondre au téléphone*. Je respire un bon coup, replonge dans le sac et finis par dénicher le porte-monnaie. Que j’ouvre pour faire la grimace. Il ne contient que des jaunets. Il y a peu de chance que j’arrive à réunir 6,50 euros avec ces piécettes.

– Vous n’avez plus que 5 secondes pour payer, dit la voix derrière moi, 4, 3, 2, 1. 

Mon ticket de parking ressort effectivement. Là, je frémis. La dernière fois que cette mésaventure m’est arrivée, à chaque fois que je remettais le ticket, la facture du parking prenait 50 centimes de plus.

Je réinsère le ticket de parking, ouf la somme reste a même. Reste la question du paiement. Je fouille dans mon sac à la recherche d’un billet de 20 euros qu’il me semblait avoir encore. Je ne trouve qu’un billet de 50 euros (oui, chez moi, c’est souvent tout ou rien, des pièces de 2 centimes et des billets de 50 euros) que je sors fébrile. Pour le donner à la machine. 

– C’est risqué, commente la voix. 

– Je sais, mais c’est tout ce que j’ai, réponds-je. et j’espère que ça va marcher.

Mon billet avalé, la loupiote clignote et… rien. Rien ne sort, ni billet, ni monnaie, ni ticket. Je m’affole un peu. Je ne sais plus que faire. Eh, la bécane, tu ne vas pas me bouffer 50 euros quand même !

– Annulez la transaction, fait la voix

J’obtempère, récupère mon billet et me lamente. Je n’ai pas d’autre moyen de paiement.

– J’ai la monnaie. 

Je me retourne avec un grand sourire. La femme est patience et sourire, l’homme, amusement, l’enfant, indifférence, il attend. J’apprécie l’absence de condescendance chez l’un comme chez l’autre. Je tends mon billet de 50 et récupère aussitôt la monnaie en coupures de 20 et de 10. Je paie, récupère mon ticket, remercie encore et avance vers ma voiture. Mais où son mes clés ? Pas dans ma poche. Ha oui, en cherchant l’argent tout à l’heure, j’ai dû les mettre dans mon sac. Je cherche, je cherche et ne trouve rien. Ha si, le billet de 20 que je cherchais tout à l’heure. En désespoir de cause, je retourne vers la caisse (il y a de la lumière), m’accroupie, et sors méthodiquement tout ce que contient mon sac. Mes clés jouent à cache-cache : j’aperçois un bout du porte-clé qui disparaît dès que je tends la main.

La famille qui m’a secouru passe à côté de moi en me souhaitant une bonne nuit, un poil d’ironie dans la voix. Mon sac est vide, son contenu git sur le bitume. Je trouve enfin mes clés. Je remballe tout en vrac. M’installe dans ma voiture et me dirige vers la sortie, le ticket de parking coincé entre mes lèvres : je n’ose plus le lâcher. Je suis derrière une voiture. Le couple devant moi se rend compte qu’il n’est pas passé par la case machine à sous et qu’il ne peut donc pas sortir. Ni lui, ni les trois voitures qui le suivent. Ça va, je ne suis pas seule au monde dans la boulettitude.

(*) c’est pour cela que je ne réponds jamais au téléphone quand on m’appelle. Si j’ai besoin de mon téléphone, je ne le trouve pas. En fait, il faudrait que les gens m’appellent quand j’ai besoin de quelque chose d’autre dans mon sac. Là, j’aurais peut-être une chance de leur répondre. Sauf si entre temps, j’ai eu besoin d’un autre truc. Enfin, c’est compliqué.

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