Racontars

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De l'art ou du cochon

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dimanche 21 février 2010

L'infinie tristesse de Nicolas Rey

La première fois que j’ai lu un texte de Nicolas Rey, il ne me faisait ni envie ni plaisir. J’étais secrétaire de rédaction à JVS*, je relisais ce jour-là les pages Culture, dont celle sur les livres. Et c’était un pensum. A cause de Rey justement. Contrairement aux autres chroniqueur (Assayas pour la musique, qui parlait toujours de U2 et Decoin pour le cinéma qui me donnait vraiment envie de voir les films), Rey faisait n’importe quoi. Son texte ne respectait jamais la longueur désirée, parlait de tout, sauf du bouquin qu’il devait chroniquer. Et c’était à nous, les soutiers, de trouver des solutions. C’est-à-dire le plus souvent de refaire la maquette pour qu’elle s’adapte car on ne pouvait évidemment pas toucher au texte de l’artiste, rédiger une légende intelligente du bouquin – pour que le lecteur comprenne de quoi on parlait et pourquoi telle photo d’auteur avait été choisie –, tout cela en 100 signes, alors que ce noceur de Rey en avait eu 2500 et n’avait pas été foutu de remplir son contrat.

Bref, Rey me mettait la rate au court bouillon. D’autant qu’il ne se limitait pas à la chronique. On le sollicitait souvent pour ce que j’appelais les pages mondaines : interview d’actrices, de mannequins. Il avait la plume pour ça. Du boulot vite fait bien fait à la rémunération confortable (une signature, ça se monnaie).

Et puis un jour, le salaud m’a bien eue. Pour une fois, il ne s’agissait pas d’un bouquin qui venait de sortir. Rey avait, paraît-il, beaucoup insisté pour en parler, même s’il n’était pas dans l’actualité. C’était ce roman-là, et pas un autre. Comme d’habitude, les responsables avaient cédé devant le caprice de la starlette. Je me suis retrouver de corvée. Je bougonnais tout en m’attelant à la lecture du texte. Pour voir si la maquette collait ou s’il fallait tout changer. Comme d’habitude. Mais là, je suis restée scotchée.

C’est l’histoire d’une petite maison dans la prairie. Deux gamins jouent dans leur bain, la mère vaque à ses occupations dans la cuisine. Et le père les observe tous les trois comme si c’est la dernière fois qu’il les voit. Parce que c’est la dernière fois qu’il les voit. Il les quitte pour toujours, il s’échappe, la nuit venue. Une histoire de désertion qui pourrait être banale, sauf que j’en ai eu le cœur serré et que j’ai eu envie de lire le livre. En deux feuillets, Nicolas Rey était arrivé à me faire oublier son nom pour m’embarquer et m’emmener du côté de la tristesse.

Le livre s’appelle Intimité, il est d’Hanif Kureishi, publié en 10/18. Je ne l’ai pas acheté. A l’époque, je n’avais pas beaucoup d’argent, même pour les poches et je ne lisais que les bouquins en service de presse. Mais je ne l’ai jamais oublié. Et je n’ai plus jamais lu Nicolas Rey de la même manière. Parce que, même quand il faisait n’importe quoi, il le faisait avec grâce.

Et puis un jour, sa chronique n’est pas arrivée, ni la suivante. On a improvisé. On a fait sans. Le rédacteur en chef chuchotait, sans plus s’étendre, que Nicolas était au plus mal, dans une clinique. Ailleurs… Nous avions déjà vécu cela, à JVS, des artistes qui partaient dans un sale état pour des hôpitaux desquels ils revenaient, ou pas. Qui ne bossaient plus pour nous. C’est la vie d’un journal : les gens arrivent, repartent. On les côtoie, ou pas. Parfois, on les a au téléphone, on les rencontre, on échange quelques mots. Parfois jamais. Mais de toute façon, ça finit toujours de la même manière. Un jour, ils partent. Ou c’est vous qui partez et vos chemins ne se recroisent plus. J’ai oublié Nicolas Rey.

Jusqu’à la publication de son dernier bouquin, que j’ai acheté. Parce que ai eu envie de savoir pourquoi il écrivait, comment il écrivait, ce qui le faisait encore tenir ou écrire. Il y raconte Un léger passage à vide, une manière assez élégante, plutôt dans son style, de dire qu’il a été complètement à la ramasse pendant bien trop d’années. Qu’il y a perdu trop de choses importantes pour ne pas avoir un sursaut. C’est léger, c’est grave, ça prend des airs de ne pas y toucher. Mais on retrouve, dans la plupart des pages, ce à quoi on ne s’attend pas de la part d’un noceur et qui pourtant les habite tous. Une infinie tristesse et beaucoup d’amour. C’est exactement ce qui m’avait séduite dans sa chronique sur Intimité. Un texte que l’on retrouve pratiquement tel quel dans son livre. Parce que, quand même, le Rey, il ne pouvait pas faillir à sa réputation…

 

Un léger passage à vide. Nicolas Rey, Au Diable Vauvert. 17 euros parce qu’il les vaut bien.

(*) JVS, c’est ainsi que Nicolas Rey nomme un journal pour lequel il a commis des textes et dans lequel j’ai cru reconnaître celui qui a été ma maison pendant de nombreuses années.

lundi 28 juillet 2008

Les peintures d'Eras

Dans le quartier où j'ai habité, peu de temps, il y a deux immenses murs. Le premier juste en face de chez moi, l'autre en bas de la rue. Les artistes des rues s'en occupent très régulièrement ce qui donne des œuvres étonnantes. Je trouve incroyable ce qu'ils arrivent à faire avec de simples bombes de peinture.

Cet hiver, ils ont refait le mur devant chez moi.

La couleur dans la rue...

Coloriages

En ce moment, ils repeignent l'autre. Ils viennent tous les week-ends.
Le Mur de la violence

Ce portrait-ci appartient à une série de trois, l'ensemble n'est pas terminé (mais vous pouvez voir les autres en cliquant sur celui-ci). J'aime beaucoup le reflet dans les lunettes. Petit détail mais qui situe la fresque. Vous remarquerez qu'il y a encore les tours du World Trade Center…

Un peu plus loin, un autre ensemble de portraits.

Le Mur de la violence

A part 50 Cent affublé d'oreilles de Mickey et le cul à l'air, qui amuse, le reste est flippant.

Le Mur de la violence
Voir des enfants avec des armes, des enfants soldats, ça ne laisse pas indifférent. J'aimerais bien connaître les motivations de l'artiste. Juste qu'il m'explique. Par contre, quand je lis que c'est un témoignage, ça me fait râler. Un témoignage part de la réalité. Et si les enfants soldats sont une réalité dans certains pays, il n'en est rien ni chez nous, ni aux Etats-unis, où semble se dérouler la scène.

Par contre, que ce soit une métaphore, c'est clair. Et c'est cela qui peut donner à réfléchir. Parceque lorsque les enfants prennent les armes, c'est le signe d'une société qui a plongé dans le désespoir.

Bon, Monsieur Eras, si jamais vous passez par là, n'hésitez pas à vous manifester. Et même si c'est violent, j'aime beaucoup ce que vous faites.

vendredi 7 décembre 2007

Sacrée Biennale 4

Suite et fin de la visite de la Biennale de Lyon, qui se tient à la Sucrière, 47, quai Rambaud, 69002 Lyon, jusqu'à janvier.

Nous descendons au rez de chaussée pour la fin de la visite. Une tente militaire est dressée dans laquelle est projeté un film, Nu River, d’une artiste chinoise, Cao Fei : on voit un groupe de copains à elle en train de camper. J’aimerais bien en regarder plus. Mais ce n’est pas au programme de notre guide…

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Sacrée Biennale 3

Suite de la visite de la Biennale de Lyon, qui se tient à la Sucrière, 47, quai Rambaud, 69002 Lyon, jusqu'à janvier.

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Sacrée Biennale 2

Suite de la visite de la Biennale de Lyon, qui se tient à la Sucrière, 47, quai Rambaud, 69002 Lyon, jusqu'à janvier.


Dès l'accueil, l'ambiance se gâte quand on me demande de rengainer mon appareil photo. C'est un truc qui me fait toujours râler. La Biennale ce soir est ouverte exclusivement aux journalistes et aux reporters photos de notre congrès, et nous n'avons pas le droit de prendre des photos. Le fait que nous pouvons écrire des articles et les publier avec des illustrations n'entrent pas du tout en ligne de compte. La plupart des musées, maintenant, préfèrent interdir toute image pour mieux commercialiser leurs propres clichés. Il n'y a pas de petits bénéfices. Nous sommes en plein dans la marchandisation à outrance de l'info, un des thèmes de notre congrès.

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Sacrée Biennale 1

Je suis descendue à Lyon quatre jours pour le congrès de mon syndicat de journalistes. Le SNJ pour ne pas le nommer. Les séances furent intéressantes. Nous sommes tous dans la même merde et ça fait du bien d'en parler ensemble... Mais les débats, ce n'est pas vraiment racontable. Cela ne fait pas de bon Racontars. Par contre, une soirée à la Biennale de Lyon, invitée par le conseil régional, voilà qui donne matière à jaser...


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