Racontars

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mardi 18 mai 2010

Diptyque 5.3

Déjà la troisième session. Il y a moins de participants que l’an passé, mais c’est pas grave, on s’amuse bien quand même.  Alors cette semaine

1. le texte à illustrer est extrait d’un billet de brol. Je vous laisse imaginer ce qu’il s’attend à ce que vous illustriez :-) Et libre de faire comme vous l’entendez.

Ado, je n’ai jamais eu de mobylette, scooter ou moto. Je n’ai pas le permis mais ai possédé pendant quelques années une voiture. Je sais, c’est débile.

Bref, la vitesse ne m’a jamais fait bander

Vous pouvez utiliser tous les médias à votre convenance : photo, video, dessin, etc.

2. La photo dont il faut inventer l’histoire a été prise par Bladsurb qui tel que je le connais va dire que du coup, il ne va pas participer. Mais il a intérêt à le faire. Sinon, je boude.

Je n’ai qu’un mot à dire : lâchez-vous (et créditez la photo et faisant le lien au-dessus donné).

Je posterai le récapitulatif de la précédente dès que j’ai un moment dans ma salle de jeux

La vengeance est un plat qui se mange froid

Oh c’est bon, nom de Dieu, qu’est-ce que c’est bon. Si j’avais su que cela faisait autant de bien, je n’aurais pas attendu aussi longtemps. Je suis au chômage, d’accord, mais quel pied je me suis pris, quel pied. Je me suis bien vengée.

Quel salaud quand même. Quel beau salaud. Enfin, je suis assez salope aussi, faut dire. Je l’ai bien eu. Il croyait quoi, ce gros porc, qu’il allait pouvoir me foutre dehors comme cela ? Sans que je bouge ? Je revois encore sa tête. Je me souviendrai de ça toute ma vie. Quand j’aurais besoin de me faire du bien, je repenserai à lui, à la tronche qu’il faisait. Oh je respire, je respire, il fait bon…

Il y a quinze jours, j’ai appris la nouvelle. Tu crois que c’est ce con qui me l’aurait annoncée. Ça fait deux ans que nous travaillons ensemble dans le même bureau. Que je fais partie de son équipe, que je lui écris ses textes, que je lui prépare ses cours, que je reçois ses étudiants. Voire même que je corrige les copies à sa place. En plus des miennes. Et puis l’université a décidé de supprimer des postes. Un fonctionnaire sur deux, vous connaissez la chanson. Encore plus facile quand on ne l’est pas encore, fonctionnaire. Il n’y a juste qu’à ne pas me renouveler mon contrat. Et mettre cela sur le compte de l’administration. Le pire c’est que lorsque je lui en ai parlé, il s’est presque mis à pleure : « Je n’y suis pour rien, je me suis battu pour toi tu sais, mais ils n’ont rien voulu savoir… » Tu parles. Ce qu’il ignore, c’est que la secrétaire de la présidente de la fac, c’est une amie d’enfance. Et c’est elle qui m’a appris la nouvelle. Et m’a décrit très exactement la façon dont mon patron avait défendu mon poste. En l’enfonçant gentiment, mais sûrement. Je ne suis pas indispensable.

L’infâme salaud. Quand j’y pense. Enfin, là, je suis peut-être au chômage, mais, lui, il est dans la merde.

Je me marre. C’est vrai, c’est drôle. Il a monté il y a quelques années un petit observatoire des inégalités hommes/femmes grâce à ses recherches en sociologie du genre. Au début, ce sont ses étudiants, dont je faisais partie, qui lui faisaient son secrétariat : saisie de données, gestion des fiches, courriers, agenda, etc. Et puis la structure a pris de l’importance, il lui fallait une secrétaire. N’ayant pas vraiment de statut ni de revenus, il ne pouvait bénéficier d’un emploi aidé. Alors une association, avec laquelle il travaille de temps à autres et dont il connaît le président, a fait la demande d’un contrat jeune travailleur auprès du conseil régional. Et la obtenu pour la mettre à la disposition de mon salaud. Ça fait un peu plus d’un an que dure cette petite magouille qui ne prête pas à conséquence. La jeune fille qui occupe le poste travaille réellement, dans un domaine intéressant, et comme elle est loin d’être bête, à la fin de ses deux ans, elle aura acquis suffisamment d’expérience en secrétariat et en communication pour postuler n’importe quel poste d’assistante. Alors qu’importe pour qui elle bosse vraiment.

Sauf que. Monsieur a également des ambitions politiques dans sa ville d’origine. Il est déjà conseiller général, mais là, il vise carrément la députation. Vous savez quoi, il a besoin d’un assistant là bas. Pas n’importe quel assistant, hein. Pas une petite secrétaire. Non, d’un jeune aux dents longues qui va pouvoir lui préparer le terrain. Mais il n’est pas encore élu. Alors il n’a pas les moyens de le payer. Et donc, qu’est-ce qu’il a trouvé comme idée lumineuse ? Hier, il a demandé à sa secrétaire, celle de l’emploi aidé, de démissionner, pour attribuer le contrat à son assistant. Le salopiau. Que la petite se retrouve au chômage, il n’en à rien à cirer. Elle était en larmes dans le bureau. Mais qu’est-ce que je vais faire ? Je n’ai même pas fait mes deux ans. Je n’ai même pas pu prévoir. Il m’a dit que j’avais deux jours pour lui donner ma démission.

Alors j’ai décroché mon téléphone. Et j’ai appelé son vrai patron. Le président de l’association. Et je lui ai demandé un rendez-vous, urgent. Deux heures après, j’étais dans son bureau, avec la secrétaire. Et j’ai tout déballé. Le contrat détourné bien sûr, mais aussi d’autres magouilles : les travaux des étudiants détournés, l’argent, les fausses signatures, bref, tout ce que deux ans de collaborations m’avaient appris. Evidemment, j’avais quelques preuves. On ne dégomme pas un mec connu et reconnu comme ça. Le président, d’abord estomaqué, était vert, de rage. A la fin, je lui ai demandé s’il avait besoin d’une secrétaire parce qu’en fait, il en avait une qui était très compétente et bosseuse. Il s’est tourné vers la jeune fille : « Nous sommes jeudi, vous pouvez commencer lundi ? »

Elle bichait. Mais avait un peu les pétoches d’affronter notre patron. Moi, plus rien à perdre, juste du mépris. Je lui ai promis que je serai au bureau le lendemain, au moment où elle cracherait le morceau. Je ne voulais louper ça pour rien au monde.

Ce matin, quand il est arrivé, elle était en train de ranger ses affaires dans un carton. Il lui a dit qu’elle prenait la bonne décision. Qu’il ferait en sorte de lui verser une prime pour sa compréhension de la situation. Elle ne répondait pas. Il s’est alors enhardi à lui demander s’il elle avait un autre boulot en vue. Là, elle a levé la tête. Si ses yeux avaient été des revolvers, je crois que j’aurais assisté à un meurtre. Elle s’est contenté de répondre : « Je commence à travailler lundi pour l’association. » Il a tiqué. Lui a demandé de répéter. Elle a pris ses affaires et est passée devant lui pour partir. Il lui a attrapé le bras. Elle a crié : « Ne me touchez pas ou je crie au viol ! » Il l’a lâchée, stupéfait. Elle est sortie de la pièce. Alors il s’est tourné vers moi. « Mais qu’est-ce qu’elle a cette folle ? Elle est complètement tarée de crier des choses pareilles. » J’ai souri. J’ai pris ma besace. Je me suis levée. J’ai contourné mon bureau que j’avais déjà entièrement vidé. Je me suis campée devant lui, et je lui ai raconté l’entrevue de la veille. Par le menu.

Il est devenu livide. Puis c’est mis à hurler. Il m’a traité de tous les noms : de salope, de mal baisée, d’enculée, de pute, et même de sale rouquine. Là, je me suis marrée. J’ai ouvert la porte. Mais avant de partir, je lui ai asséné le coup final. « Ah ! J’oubliais de te dire. Je crois que j’ai fais une bourde. Tu sais les photos que tu as prises avec ton étudiante de deuxième année, oui, celles prises à Eleuthera il y a deux mois. Tu vois, mais si tu vois, celles où vous êtes tous les deux en pleine action. Tu devrais protéger tes données tu sais…
- Quoi, beugla-t-il
- Eh bien, je l’ai envoyé à ta femme. Oups !

Et j’ai refermé la porte tout doucement. Je suis sortie de la fac. J’ai allumé une cigarette, j’ai rempli mes poumons d’air. Putain, c’est bon, c’est bon.

Ceci est, vous l’aurez compris, ma participation au diptyque 5.2, l’histoire de la photo. Elle m’a été inspirée par la photo de Jonas Cuénin et par une vieille histoire…

 

mardi 11 mai 2010

Diptyque 5.2

Les sessions du diptyque se bousculent. A peine l’une terminée qu’il faut déjà en aborder une autre. Alors pour cette nouvelle session

1. le texte à illustrer est aujourd’hui extrait d’un très joli billet de Marloute

Encore maintenant, quand je le croise le matin, qu’il se lave les dents ou prend son petit déjeuner, je ne peux pas m’empêcher de le faire rire. Une grimace, une imitation, une posture ridicule. Ses gloussements me réchauffent le cœur. Alors, je pars travailler avec le son de son rire dans un coin de ma tête.

Vous pouvez utiliser tous les médias à votre convenance : photo, video, dessin, etc.

2. La photo dont il faut inventer l’histoire a été prise par un de mes anciens étudiants, Jonas Cuénin, qui travaille et vit pour le moment à New York et dont les clichés m’enchantent. Qu’ils soient pris aux hasard des rues ou lors de séances de portraits. Ce petit-là, si les cochons ne le mangent pas, il ira loin… (il revient de loin aussi, mais c’est une autre histoire :-)

Je n’ai qu’un mot à dire : lâchez-vous (et créditez la photo et faisant le lien vers son site).

Je posterai le récapitulatif de la précédente dès que je rentre de Paris dans ma salle de jeux

lundi 10 mai 2010

Un tropisme particulier pour l'écrit

Je suis en train d’étudier les dossiers de candidatures pour l’Année que je dirige à l’Ecole publique de journalisme de Tours, nouvelle appellation de IUT de Tours département Infocom. Nous sommes une des douze écoles reconnues par la profession, et il y en a encore qui pensent que nous ne sommes qu’un cursus de préparation aux dites écoles. Pas encore journalistes et déjà bien informés…

Bref, je lis donc des pages de résultats scolaires, des pages d’articles publiés en tant que correspondant de presse ou pigistes irréguliers et maladroits. Et des lettres de motivation en veux-tu en voilà. Certaines sont vraiment bien tournées. J’aurais sans doute pu y lire ceci :

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

Mais le texte n’est pas celui d’un candidat. Il est de Chondre. Et ceci est ma participation au Diptyque 5.1, l’illustration du texte.

Fait-divers

20 minutes. Edition du lundi matin

Samedi sanglant au Palais-Royal.

Une bousculade tue trente personne dont de nombreux enfants.

Samedi 1er mai, Paris, place du Palais-Royal. C’est à une tragédie sans précédent qu’ont assisté les promeneurs du jardin du Palais-Royal. En ce samedi matin ensoleillé, les habitués de ce parc au cœur de Paris se promenaient en famille ou faisaient leur jogging. Sans que l’on sache exactement pourquoi, à une des grilles d’entrée, fermée le week-end, ont commencé à s’agglutiner nombre de touristes. D’après les dires d’un rescapé, il semblerait qu’une star du cinéma américain, connu pour ses rôle dans Roméo et Juliette et Titanic, avait été annoncée pour une séance de photos dans le jardin. Aucun des habitués du parc n’avait entendu parler de cette visite, aucun cordon de sécurité n’avait été prévu.

Toujours est-il que des visiteurs, à peine descendu de leur car, se sont postés à cette grille. Se demandant ce qui pouvait bien provoquer pareil attroupement, d’autres touristes se sont ajoutés. Puis des Parisiens en goguette. Les gens près de la grille ont commencé à être tassés. Les enfants ont été les premiers à s’inquiéter de la pression, comme en témoigne cette photo – terrible quand on sait ce qui s’est passé par la suite – prise par un photographe qui passait par là.

En fin de matinée, on comptait quelque deux cents personnes réunies là, sans qu’aucune mesure ne soit prise. Mais jusque-là, tout ce passait bien.

Et puis on ne sait pourquoi, peut-être un malaise dans la foule massée ou quelqu’un voulant se dégager, il y eut un mouvement de foule. Ceux à l’arrière, persuadés que la star américaine arrivait enfin, ont essayé de forcer le passage. Dans la bousculade, plusieurs personnes sont tombées et ont été piétinées. Des enfants ont été étouffés, jusqu’à ce que des personnes de bonne volonté arrivent à faire sauter le cadenas fixé sur les chaînes qui maintenaient les grilles fermées. Mais pour trente touristes, il était déjà malheureusement trop tard. Parmi les victimes, on compte quinze Hongrois, dont c’était le premier voyage en France, un couple de Bergeracois et un de leurs enfants. Le rescapé, âgé de 4 ans, a été retrouvé sain et sauf par miracle. Il a été remis à ses grand-parents dans la journée de dimanche. Les douze autres victimes sont toutes originaires de la région parisienne.

Le président Sarkozy s’est déplacé sur les lieux du drame, ainsi que le maire de Paris, Bertrand Delanoe. Les dépouilles des victimes ont été entreposées dans une église proche de l’accident. Après l’enquête préliminaire, elles seront rendues à leur famille et rapatriées dans leur pays respectif. Une cellule de psychologues a été mise en place pour les survivants et les familles.

Leonardo DiCaprio, en voyage en Italie au moment des faits, s’est dit troublé et profondément chagriné par la tragédie et a adressé ses condoléances à la totalité des familles endeuillées.

L. C. (texte) H. L.-B. (photo)

Le Petit Périgourdin. Ed. Lundi après-midi

Une famille de Bergeracois disparaît dans la tragédie du Palais-Royal

Paul et Marie Vergnaud, commerçants à Bergerac, étaient montés à la capitale pour le mariage de Cécile Vergnaud, la propre sœur de Paul. Le mariage civil ayant été célébré la veille à la mairie de Créteil, la cérémonie religieuse ne devant avoir lieu que le lendemain, la famille Vergnaud décidait de faire visiter les monuments de la capitale à leurs enfants, Léa, 10 ans, et Kévin, 4 ans. Mais c’est la mort que cette famille bien connue des Bergeracois, a trouvé sur son chemin. Ils ont été pris dans la bousculade qui a provoqué le décès d’une trentaine de personnes samedi matin, au Palais-Royal.

D’après le quotidien parisien 20 minutes, il semble qu’une star américaine ait été annoncée dans les jardins du célèbre palais. Une foule d’environ deux cents personnes s’est agglutinée-là pendant deux bonnes heures, tentant d’apercevoir ce qui n’était qu’un fantasme. Jusqu’à ce qu’une bousculade provoque chutes et étouffement. De nombreux enfants ont trouvé la mort (on parle d’une dizaine). Dont la petite Léa dont on aperçoit la mine inquiète saisit par un photographe de passage juste avant la tragédie. C’est la dernière image de Léa de son vivant.

Kévin a, lui, été retrouvé indemne près du corps sans vie de sa maman. L’enfant, en pleurs et profondément choqué, a été d’abord transporté à l’hôpital puis dans un foyer où il a retrouvé ses grands-parents montés eux aussi pour la noce. Noce endeuillée par la tragédie.

Le président Sarkozy a envoyé un message de condoléances à la famille qui a été reçue par le maire de Paris, Bertrand Delanoe. Une messe sera célébrée en mémoire de Pierre, Marie et Léa Vergnaud jeudi 6 mai, dans l’église Saint-Jacques, à 10 heures.

Mariane, la semaine suivante

Polémique autour d’une bousculade

Samedi 1er mai, près des jardins du Palais Royal, un attroupement a provoqué la mort d’une trentaine de personnes, dont une quinzaine de ressortissants étrangers. Parmi les victimes, on comptait de nombreux enfants. Hier matin, Nicolas Demorand interrogeait le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, sur les circonstances pour le moins étranges de la tragédie. On attribue la raison de l’attroupement à un twitt émanant du cabinet du ministère à destination de nombreux journalistes annonçant une prétendue séance de photos du ministre et de l’acteur américain, Leonardo DiCaprio. Séance qui était censée se tenir dans les jardins du Palais-Royal. Frédéric Mitterrand, très énervé par ces accusations qu’il a qualifié d’odieuses, a nié toute implication dans cette malencontreuse affaire. Après avoir assuré les victimes de ses sincères condoléances, il a ajouté qu’il ne comprenait pas que le maire de Paris n’ai pas pris de mesures pour empêcher ce genre de mouvement de foule une fois prévenu de l’attroupement.

Bertrand Delanoe a vertement réagi au journal de 13 heures. Pour lui, la préfecture de police, bien trop occupée à préparer son dispositif en vue des manifestations de l’après-midi, a négligé les appels la prévenant de ce qui se passait au Palais-Royal et ne s’est décidée à envoyer des renforts sur place que lorsqu’il était trop tard. Il a regretté que la logique sécuritaire du ministère de l’Intérieur l’ai poussé à négliger la sécurité de touristes venus confiant dans la capitale visiter ses monuments.

Brice Hortefeux n’a pas manqué de réagir au journal de 20-heures, sur TF1, en mettant en cause des agitateurs de l’ultra gauche – il reprenait en cela les propres termes de Michèle Alliot Marie – montés à Paris pour le 1er mai et désireux de saper l’autorité de la République. Il s’est prononcé pour la suppression des manifestations du 1er mai et dit réfléchir à un projet de loi dans ce sens.

En annonçant cela, le ministre a réussi là où la crise à échoué : l’ensemble des syndicats français se sont réunit et on annoncé une grande manifestation unitaire le 27 mai prochain.

Les touristes sont prévenus qu’il ne fera pas bon s’attrouper ce jour-là à Paris.

Ceci est ma participation au diptyque 5, session 1, l’histoire de la photo. Le cliché en question a été pris par Hughes Léglise-Bataille et évidemment les gens sur la photo sont tous vivants, en tout cas, ils n’ont pas disparu au Palais-Royal. Merci à Hughes pour le prêt de cette étonnante photo.

lundi 3 mai 2010

Première session du diptyque 5 : à vos marques, prêts, partez

Première semaine de la cinquième saison, printanière. Il fait moche dans la plupart des régions, on devrait avoir le temps d’écrire…

Toujours le même le principe, il faut lire le passage d’un blog et trouver la photo qui va avec et/ou regarder une photo que je vous propose et en raconter l’histoire… Vous trouverez les règles et le mode d’emploi ici.

1. Le texte à illustrer.

Il s’agit d’un texte tout récent de Chondre.

Nous sommes nombreux à avoir un lien fort avec la presse et les magazines. Avec l’écrit aussi. Maintenant, il faut pouvoir l’illustrer…  Vous pouvez utiliser toutes les techniques que vous souhaitez : dessin, photo, peinture, collage, montage… L’une ou l’autre ou mélangées… Quartier libre.

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

2. L’histoire de la photo

Une photo amusante d’Hughes Léglise-Bataille. Hughes est devenu photoreporter après avoir été primé au prix “Tremplin Photo” grâce auquel il a gagné une formation de l’EMI-CFD. Cela fait longtemps que je suis ses travaux sur Flickr. Il me prête cette photo pour le diptyque, à condition bien sûr de la créditer et de mettre le lien vers la page de Flickr. J’aime beaucoup son regard, notamment sur les mouvements de contestation. Ça change des photos que l’on voit dans la presse habituellement. Cela dit, ne vous laissez pas influencer par la légende. Le mieux est que vous écriviez votre petite histoire avant d’avoir voir l’original.

Je rappelle que vous devez poster votre participation sur votre blog et me donner le lien soit à l’aide d’un trackback, soit en me laissant le lien dans les commentaires (les trackbacks étant parfois de petites bêtes récalcitrantes) de ce billet. Seuls les gens qui n’ont pas de blogs peuvent m’envoyer leur participation par mail sur akynou[arobase]gmail.com.
Je clos les participations pour cette première session lundi 10. Mais comme je serai en goguette à Paris pour deux jours, le post récapitulatif n’aura sans doute pas lieu avant le mercredi. 

lundi 26 avril 2010

5 est le numéro du diptyque

C’était promis, il faut donc que je tienne mes promesses. Je devrais avoir un peu plus de temps dans les semaines qui suivent. Et si je ne le fais pas maintenant, je ne le ferai jamais.

Cette semaine, les Parisiens sont encore en vacances. Aussi, tenez-vous le pour dit, lundi prochain, 3 mai, je commence une nouvelle saison de diptyque, la saison 5.

Un rappel des règles pour ceux qui ont participé aux précédentes saisons, une découverte pour les nouveaux. A chaque session, je vous donne deux choses, un texte et une image. Et le tout se passe sur mon blog jeu.

Il s’agit

1. D’illustrer le texte au moyen d’une photo que vous prendrez spécialement pour l’occasion ou qui se trouve déjà dans votre photothèque, mais que vous trouvez qu’elle colle parfaitement au texte proposé. Bien sûr, moi, je préfèrerais que cela soit une photo prise pour l’occasion. D’autant que vous avez une semaine pour la réaliser. Mais à l’impossible nul n’est tenu et donc, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Par contre, cela doit être absolument une photo prise par vous.

Exemple. Pour la session1 de la précédente saison, je proposais un texte de Luciole : « Dans un léger délire ouaté de petite fièvre, de celle qui ne vous clous pas au lit, de celle qui vous donne juste cette vague impression que tout est un peu plus loin que d’habitude ; Dans un léger délire ouaté, donc, je comate… » Ce qui avait inspiré cette photo à Gilsoub.



2. De regarder la photo que je vous propose et d’inventer un texte, une petite nouvelle, un poème, un haiku, bref, ce que vous voulez. Mais le lien entre ce que vous écrirez et la photo proposée doit être évident. Le texte doit bien sûr être de votre cru.

Exemple : pour la dernière session du dernier diptyque, j’avais proposé cette très belle photo de  Jérôme



Et Laure avait proposé le texte qui suit…

Elle avait tout réussi dans sa vie. Toujours. Du premier coup.

Études brillantes, un chouette boulot. Bien payé, intéressant, des collègues avec qui elle s’entendait bien. Une vie sociale agréable et riche, des amis, des sorties. Elle avait acheté il y a quelques années déjà un appartement qu’elle adorait, qu’elle avait su décorer avec goût en chinant à droite à gauche.

Elle vivait en couple avec un homme comme elle, peut-être un peu moins brillant. Ils avaient décidé d’un commun accord de n’avoir pas d’enfant. Ils voyageaient durant leurs vacances, pensaient acheter bientôt une résidence secondaire en province, à la campagne.

Elle avait tout réussi dans sa vie. Toujours. Du premier coup.

Bref, une vie parfaite.

On aurait pu en déduire qu’elle était la femme la plus heureuse du monde.

Pourtant non. Elle était terriblement frustrée par sa passion, une passion étrange : elle était fascinée par les happenings internationaux. Elle était intarissable à se sujet. Elle pouvait vous dire quel photographe avait réuni le plus de corps nus pour la photo du siècle. Elle savait quand il faudrait à nouveau tirer une corde à linge et y accrocher une œuvre format A4 avec des pinces à linge en bois. Elle avait déjà participé à ces arrêts sur image qui s’organisent de-ci de là, où tous se figent un instant. Mais ce qu’elle aurait voulu, c’est organiser une de ses manifestations inutiles et impressionnantes.

Elle avait tout réussi dans sa vie. Toujours. Du premier coup.

Elle se démena alors dans ce sens, persuadée que comme tout ce qu’elle avait entrepris jusqu’alors, ce serait une grande réussite. Elle ouvrit un blog dédié à sa passion. Elle écrivit de nombreux articles documenté sur ce qui se faisait. Elle ne regardait jamais ses stats : la qualité de ses articles, la régularité avec laquelle elle écrivait, cela devait lui attirer un public nombreux. Et si les commentaires étaient rares, c’était simplement parce qu’il n’y avait rien à ajouter, rien à discuter.

Elle avait tout réussi dans sa vie. Toujours. Du premier coup.

Et un jour, enfin, elle lança elle son action. Elle avait prévu un vaste lieu, un jour où quasiment personne ne travaillait. Elle était sure d’elle-même : il y aurait des milliers de participants. Ça allait être formidable. Tout était sur son blog, pas la peine d’organiser un rendez-vous préparatoire. Pour une première fois, elle avait choisi quelque chose de simple. Il suffisait d’être, à l’heure dite, habillé de noir, prendre une pause particulière, la garder une minute, puis s’en aller comme si rien ne s’était passé.

Quand elle arriva sur la place, peu de gens s’y promenait, et bien peu parmi eux entièrement de noir vétu. Normal, elle était très en avance, et si on voulait que l’événement soit une réussite, mieux valait ne pas être trop nombreux à avoir l’air d’attendre quelque chose.

Elle avait tout réussi dans sa vie. Toujours. Du premier coup.

Mais le temps passa et la place ne se remplissait pas. A l’heure choisie ils était à peine une dizaine à être en noir sur la place, et elle fût la seule à prendre la pause, sous le regard étonné, amusé, ou effrayé des passants.

Du haut d’une fenêtre, son homme, qui devait prendre des photos de l’événement, prit cette unique photo, trace du plus grand échec de sa vie.


dimanche 28 février 2010

Morceaux de chanteurs, la solution

1 - Rachid Taha, Diwân.
2 - Tété A la faveur de l’automne
3 - Vincent Malone En voiture avec le roi des papas
4 - Isaac Hayes, At Wattstax
5 - Ali Farka Touré Savane
6 - Les Doors , album éponyme
7 - Tom Waits The Earth of Saturday Night
8 - R.Wan Radio Cortex2
9 - Ibrahim Ferrer Buena Vista Social Club presents Ibrahim Ferrer
10 - Seun Kuti, Many things
11 - Ray Charles Genius Loves Company
12 - Joey Starr Gare au Jaguarr
13. Alain Bashung Bleu Pétrole
14 - Chet Baker Chet
15 - Pigalle Neuf et Occasion
16 - Peter Gabriel, So
17 - Aaron Neville
18 - Les VRP Vacances Prolongées
19 - Eliades Ochoa Sublime Illusion
20 - Abd Al Malik Gibraltar
21 - Peter Tosh, Legalize it
22 - Seu Jorge Cru
23 - Jean-Louis Aubert Idéal Standard
24 - Fefe Jeune à la retraite
25 - Saian Supa Crew X Raisons

Ce qui nous donne pour les résultats

Leeloolène première avec 21 points
Esther, 2e, avec 18 points (les 10 points du bonus track avec Peter Tosh)
Carole : 3 points
Mavie : 6 points
Anne : 2 points
Odile : 1 points

Mention spéciale à Bladsurb qui a fourni des indices et pas donné toutes les réponses qu’il avait pour vous laisser jouer. Mais il aurait pu gagner.

Bravo à tous les participants, et Leeloolène, si tu veux la compil, tu me le dis :-)

mercredi 17 février 2010

Morceaux de chanteurs

C’est un jeu que j’avais fait, il y a longtemps, je vous présente des morceaux de CD et vous devez trouver le nom du chanteur ou du groupe.

1 point par nom trouvé. 1 point également si vous trouvez le nom de l’album.Et 5 pour le cd et le chanteur du 21. C’est le joker. Le but n’est pas forcément de tout trouver, mais d’en trouver le plus possible.

Comme je suis en vacances, je ne commencerai à vous donner des indices qu’à mon retour. C’est à dire samedi. Mais je suis bonne fille, je vous en donne un premier. La dernière fois, il n’y avait que des nanas. Ce coup-ci, il n’y que des mecs.

Amusez-vous bien. Qu’est-ce qu’on gagne ? Eventuellement la compil de cette pochette improbable…

vendredi 16 octobre 2009

La vierge des tueurs 2

La suite de là…

Au milieu de la nuit, je me réveille en sursaut. Une main fraîche et fine se pose sur ma bouche pour m’empêcher de crier.

– Chut, c’est moi, Dolores. Calmez-vous, et poussez-vous un peu pour me faire une petite place.
– Mais qu’est-ce que vous faites ?
– Je vous viole, vous ne vous en rendez pas compte ? Allez, soyez gentils, coopérez.
– Je ne sais pas si…
– Alleeeez ! Ne faites pas votre prude. Vous croyez que je n’ai pas remarqué comment vous me reluquiez pendant que nous discutions ? Je n’arrive pas à dormir. Vous êtes mignon, assez bien fait de votre personne et d’après ce que je sens, plutôt bien monté. Je ne suis pas laide non plus et, par contre, je suis chaude comme la braise. Entre personnes consentantes, on peut s’amuser un peu.

Avec de tels arguments, il est difficile de résister. Surtout qu’elle a des mains extrêmement actives. Une dernière réticence.
– Mais, il y a des enfants !
– Ils sont descendus avec leur mère à Brive. Il nous reste assez de temps pour nous amuser.
– Mais… Dolores…
– Appelle-moi Lol, fait-elle en m’embrassant furieusement.

Je rends les armes, si on peut dire. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’amour sur une couchette de train. Ce n’est guère confortable pour dormir. Ça ne l’est pas plus pour la gaudriolle. Mais Lol est d’une souplesse rare. Et je ne suis pas manchot. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires qu’elle feule déjà. Le ravissement de Lol V. Stein est plutôt bruyant et décuple mes ardeurs. Elle se met en tête de me grimper dessus, vu l’étroitesse des lieux, c’est plutôt risqué. Nous manquons de tomber plusieurs fois. Nous aurions dû descendre carrément par-terre, ou monter dans les couchettes supérieures, nous aurions eu plus de place. Mais franchement, je me ferai couper en morceau plutôt que d’interrompre ce qu’elle est en train de me faire là, maintenant, tout de suite. Je suis au bord de l’apoplexie, ou de l’extase, enfin, j’en sais rien, quand elle se redresse pour m’embrasser avec toujours autant de sauvagerie. Je n’en peux plus. Je saisis ses hanche pour les faire descendre, pouvoir l’empaler, elle lève son bras comme pour me frapper. Et là, tout dérape. La porte du compartiment explose, des individus se saisissent de Lol qui hurle. Un long hurlement de louve qui me glace le sang. Je reçois en pleine face la lumière d’une torche qui m’aveugle. Je reste ahuri, à moitié à poil devant des gens que je ne vois même pas et dont je ne connais pas les intentions. Je mets un temps à reprendre mes esprits. Je commence à beugler

– Lol ! Lol ! Espèces de salopards, qu’est-ce que vous lui avez fait ?
– Calmez vous Monsieur, me dit une voix. Et couvrez-vous. Nous n’avons pas besoin d’admirer plus longtemps votre artillerie.
– Mais putain, qu’est-ce qui se passe ici ? Et pourquoi vous m’aveuglez, je vois rien. Qui êtes -vous ?
L’homme baisse sa lampe. Mes yeux mettent quelques minutes à s’accoutumer. Le compartiment est littéralement envahi par quatre mastodontes en uniformes.
– Nous sommes de la gendarmerie, et nous venons de vous sauvez la vie.
– La vie ? Vous vous foutez de ma gueule. Je n’était pas en danger. Où est Lol ?
Celui qui semble être le  gradé s’assied sur la couchette, en face de moi, il doit courber la tête ce qui le rend légèrement ridicule. Je ne le suis pas moins. Je remets de l’ordre dans ma tenue. Puis je tente de faire bonne figure. Mais je ne comprends toujours pas ce qui se passe. Calmement, tranquillement, comme si j’étais un enfant, le gradé m’explique que Dolores V. Stein n’est pas le nom de ma madone des sleeping.
J’éclate d’un rire nerveuxe : merde, Lol V. Stein, ça puait le pseudo à plein nez. Comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte ? La ficelle était un peu grosse.
– Qui est-elle ?
– Anna Morice, 25 ans, serial killeuse que nous recherchons depuis trois ans. Elle a déjà occis une dizaine de types, tous dans des wagons de nuit. Nous avons réussi à mettre un nom sur ces meurtres à cause de son mode opératoire et de son passé. Quand elle était gamine, sa mère s’est fait violée et assassinée devant elle, dans un compartiment. Elle a été élevée par son père. Quand celui-ci s’est tué dans un accident de voiture, elle a commencé à occire des individus de votre genre dans le train. Nous pensons que l’assassin de sa mère devait avoir le même profil. Heureusement pour vous, elle s’est fait repérer. Elle vous suivait dans la gare. Nous avons installé avec vous un agent de surveillance – la mère de famille – et quand nous avons été sûr qu’il s’agissait bien d’elle, nous avons attendu le flagrant délit.
– Mais nous étions juste en train de…
– Vous savez comment nous l’avons surnommée ? La vierge des tueurs. Elle égorge ses amants au moment où ils vont la pénétrer. Quand nous sommes intervenus, elle avait ce couteau dans les mains. Une seconde plus tard, vous étiez mort.

J’avale difficilement ma salive. La garce ! 
– Quand je pense qu’elle m’a dit qu’elle traquait les serial killers.
– Elle vous a dit ça ? Vous auriez dû vous méfier. Parce qu’en fait, c’est vrai. Tous les hommes qu’elle a tué, jusqu’à présent, étaient des criminels, des violeurs, des assassins, des pédophiles que nous n’avions pas réussi à coincer.
Je relevais la tête pour fixer mon interlocuteur. Qui poursuit tranquillement.
– D’ailleurs, quand nous l’avons repérée, ce n’était pas après elle que nous en avions. Mais après vous. Alors, si on parlait de vous, M. Rosselló ?


C’est ma deuxième participation pour le jeu des 5 titres. J’ai utilisé les propositions d’Alixire, une de mes sisters. Et qu’Anna Morice me pardonne l’emprunt de ce nom… Toute coïncidence avec des personnages existants ou ayant existé serait fortuite et involontaire.

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