Racontars

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Mes rejetonnes et autres histoires

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lundi 21 novembre 2011

Ma fille n'aime pas les psy…

En ce moment, elle est le spleen incarné. Elle traine ses journée en longueur comme sa moue. Elle nous toise, ne répond pas quand on lui parle, ou alors de façon agressive. Mutique, elle boude. Puis crie. Puis boude à nouveau…

Rien que de très normal pour une adolescente. Sauf que…

Hier, par exemple, après s’être vue dans la glace, elle a poussé un tel hurlement de désespoir que ses sœurs et moi avons grimpé quatre à quatre les étages jusqu’à sa chambre.

A par ça, a dit la psychologue, tout va très bien…

Au printemps, j’avais annoncé à ma princesse mélancolique que si elle n’allait pas mieux, je l’emmènerais chez le psy(chiatre). J’ai fini par le faire. Elle l’a vu deux fois et a décrété que cela suffisait comme cela. Les psy, elle ne les aime pas. Ce sont des incapables, incapables de faire quoi que ce soit si ce n’est écouter. Et elle, quand elle était petite, elle n’avait pas besoin d’être écoutée. Elle voulait être entendue, qu’on la sorte de là de cette vie qui la faisait souffrir. Quand elle a dit pourquoi elle souffrait, cela a été des ennuis à n’en plus finir. Le pire, c’est la menace de placement. Elle n’a gardé que cela dans sa tête. Assistantes sociales, psychologues, pedopsychiatres, que des beaux parleurs. Elle ne veut plus de ces gens-là. Même si je lui dit que ce qui s’est passé est plus compliqué que cela.

Après des vacances un peu mouvementée, j’étais contente d’apprendre que nous avions enfin une place au Centre pour adolescent. Bon d’accord, pas de psychiatre ni de pedopsy, mais au moins le Centre. D’accord a-t-elle dit sans barguinier. J’aurais dû me méfier.

Elle a donné le change à la psychologue. « Oui, je sais, ça n’allait pas fort. Mais j’ai décidé de me reprendre, de faire des efforts en classe… » La psychologue, impressionnée m’a dit : « Ecoutez, elle à l’air d’aller très bien votre fille…
– Oui, mais euh, comment dire. Je me demande si elle ne donne pas le change parce que, vous comprenez…
– Mais non, elle va très bien, il faut lui donner sa chance.
– Si vous le dites.
Comme si je ne la lui avais pas déjà donné des centaines de fois, cette chance.

Pas de suivi, donc, juste un rendez-vous de contrôle un mois plus tard. Et l’ado qui continue de donner le change devoirs faits, conduite pas irréprochable, mais bien meilleure, nouvelles amies… Au rendez-vous suivant, je ne peux que reconnaître qu’elle va mieux. La psy toute contente confirme donc le bon état général de ma fille.

En sortant, je a regardais du coin de l’œil en me disant : voyons combien de temps cela va durer.

Ça n’a pas loupé. Le lendemain, elle perdait pied. Bon sang ! ma fille !

Elle ne fait plus ses devoirs, ne promène plus le chien, ne le nourrit pas non plus, ne s’occupe plus de ses phasmes, envoie les gens balader. Elle n’a plus d’amies (en a-t-elle jamais eu). Les filles de sa classe se foutent de sa gueule. Les garçons la traite de champignons. Elle se déteste, souffre, parle de mourir.

Mais à par ça, Madame la psychologue, tout va très bien, tout va très bien…

samedi 17 septembre 2011

Putain ! 11 ans (troisième et dernière fois)

Ce soir, Léone fêtait ses 11 ans. Elle m’avait demandé de commander un repas japonais, avec des makis pour elle. Nous avons ouvert une bouteille de Montlouis. En dessert, ma tarte aux pommes concoctée avec amour. Un vrai bonheur. J’avais acheté des bougies dont les flammes étaient censées être de la même couleur qu’elles. Ça a marché au début, un peu moins ensuite, mais c’était joli.


Jour anniversaire

Et puis nous sommes passés aux cadeaux. Elle a été gâtée et heureuse.

Jour anniversaire

Jour anniversaireJour anniversaireJour anniversaire


lundi 9 mai 2011

Amande fecit

Notre petite rate est morte. Elle était bien malade. Elle est partie cette nuit



Léone est en pleurs. Nous irons l’enterrer ce soir, dans la campagne, près de la Loire.

mercredi 13 avril 2011

Dis maman

– Tu vas avoir quel âge ? 53 ans ?

– Ah non ! 52 !

– Ouf !

Entre nous, je vois pas trop ce qui mérite ce ouf de soulagement…



Saut de la Lézarde 2006
Saut de la Lézarde, Guadeloupe, 2006

lundi 11 avril 2011

Billet du soir, désespoir

Bonsoir Madame

Ce petit mot pour vous avertir que votre fille nous donne des motifs d’inquiétude; déjà la semaine dernière elle a été exclue du cours d’arts plastiques pour attitude insolente et gestes violents (voir son carnet à signer); aujourd’hui, elle n’a pas montré ce carnet à madame la prof d’art plastique et a refusé de lui présenter des excuses ; elle a refusé de travailler et en fin d’heure a effectué une simulation de « suicide » (ce sont ses propres mots) avec couteau et compas: descendue dans le bureau de madame la principale, elle a opté pour une attitude insolente à son encontre, refusant toute discussion.
Elle a vu ensuite l’infirmière qui n’a pu obtenir grand chose: Votre fille ne comprendrait pas ce qu’on lui reproche; dit que ça crie autour d’elle et que c’est comme à la maison où on ne prend pas le temps de l’écouter…Elle passe son temps à dessiner les mêmes motifs sur tous ses cahiers et n’écoute plus rien, ne suit plus les cours.

Cordialement

Le prof principal de votre fille

Mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire de cette ravissante jeune fille qui me désespère. Ce soir, elle était toute contente car elle avait réussi à avoir la moyenne en histoire et en anglais…

lundi 28 mars 2011

L'exemple des ados

L’adolescence n’est pas qu’un âge à problème. C’est aussi une période où l’on trouve plein de bonnes idées pour améliorer son confort quotidien et passer du bon temps. Il faut bien le reconnaître, certains ados sont très doués pour cela, même s’il nous pourrissent un peu la vie, parce que leur idée du confort n’est pas précisément la nôtre. Ou plutôt que les moments où ils décident de la mettre en œuvre tombe systématiquement quand nous avons besoin d’eux.

Mais, plutôt que de se mettre la rate au cours bouillon, ce qui n’est jamais sain, on peut aussi tirer quelque bénéfice de cette situation. Quand ma fille prend un bain, généralement au moment le plus inadéquat de la journée, elle installe tout son petit matos : l’ordinateur sur une étagère, les différents savons dont elle a besoin à portée de main, des choses qui sentent bon dans l’eau… elle est prête pour un long moment de détente. Pourquoi l’ordinateur ? Mais pour regarder sa série préférer, ou un film. Ou encore écouter de la musique.

Franchement, moi, je n’aurais jamais pensé installer mon portable dans la salle de bains. Mais après tout, pourquoi pas. Je lis bien dans mon bain, moi. Ce qui m’a entraînée plusieurs fois jusqu’à des heures indues. Pourquoi ne pas regarder un film ? D’autant que j’ai peu de temps pour visionner quoi que ce soit. Autant en profiter. C’est ainsi que, depuis quelques jours, je prends un bon bain chaud, le soir, en regardant un épisode de la saison 7 de Grey’s anatomy. Et c’est juste un parfait moment de pur plaisir gratuit. Le meilleur.

Cet épisode parle de la responsabilité des médecins. Et la voix off, celle de Meredith, explique : « On est responsables de nos patients. Le problème est qu’on donne tout au travail. Dans nos vie, on ne peut pas réfléchir. On ne fait pas le meilleur choix. On fait ça toute la journée à l’hôpital. Quand on doit faire un truc pour soit, on n’a plus rien. Est-ce que vaut la peine d’être responsable ? Si vous prenez bien vos vitamines, que payez vos impôts à l’heure, que vous ne franchissez jamais la ligne, l’univers vous donne ceux que vous aimez puis leur permet de filer entre les doigts, comme de l’eau. Que vous reste-t-il ? Les vitamines, et rien d’autres…»

Mon père racontait cela autrement. Mais c’est encore une histoire de médecin. A un patient qu’il suivait parce qu’il était atteint d’une saloperie de maladie, un spécialiste avait recommandé de ne plus fumer, de ne plus boire et de ne plus baiser.
– Et vous croyez que je vivrais plus longtemps, docteur ?
– Ah ça, je ne sais pas. Mais la vie va vous paraître beaucoup plus longue.

Je pense qu’on a tout à gagner à observer et à imiter, parfois, nos adolescents.

lundi 14 mars 2011

le premier récital de Léone ;-)

filmé par Garance. Parce que, mille fois hélas, je n’ai pas pu y aller. J’étais occupé à repeindre l’ancien appartement avec Lou. Je rends les clés mardi normalement. Il n’ me reste plus qu’à lessiver les sols. Le bout du tunnel. Mais j’enrage de n’avoir pu accompagner ma dernière. Encore plus frustrée quand je devine son sourire de satisfaction à la fin de son morceau après un regard inquiet vers son professeur.

mercredi 24 novembre 2010

La fille qui joue les divas

La semaine dernière, le chargeur de l’ordi portable est tombé en panne. En fait la prise qui le relie à l’ordi s’est détachée du fil. Parce qu’une fille qui joue les divas, ne fait attention à rien et n’écoute pas sa mère trimballe ledit portable avec le fil branché, le laisse trainer n’importe où et, surtout, à des endroits où on est susceptible de ne pas le voir et donc de marcher dessus…

Il y a quatre jours, c’est le four à micro ondes qui nous a quitté. C’est la fille qui joue les divas qui m’en a fait part. Mais je ne sais pas si elle y est pour quelque chose ou si c’est juste elle qui a constaté la chose la première. Le doute doit toujours profiter au suspect. Nous fonctionnons donc avec deux plaques électriques et le four normal en attendant que le nouveau cronde arrive (entre 2 et 10 jours). C’est pas très pratique, surtout quand on a une fille qui joue les divas, fait cramer le lait qu’elle chauffe le matin sans prendre même la peine de mettre de l’eau dans la casserole. J’en passe et pas des meilleures…

Hier, c’est le volet électrique des portes fenêtres qui donnent du salon sur le jardin qui est tombé en carafe. En position presque baissée. A cause de la fille qui joue les divas et de sa négligence. Depuis, nous vivons à la lumière des ampoules alors qu’il fait grand soleil dehors. Je me suis toujours méfiée de ces rideaux électriques qui semblent tellement pratique. La voisine a remplacé tous ses volets traditionnels, deux ceux qui se ferment à la main, par des rideaux électriques. De l’extérieur, c’est un rien moche. C’est comme si, sur un visage, il n’y avait plus ni cils ni sourcils. Et le jour où ils tomberont en panne… Le truc, c’est que je ne sais pas du tout comment se réparent ce genre de choses. Quand j’aurais une maison à moi, j’aurais des vrais volets.

En fait, je crois que ce ça ne va pas ensemble appareil technologique et fille qui joue les divas.

jeudi 14 octobre 2010

Drôle d'idée, drôle de temps

Des fois, quand je conduis, ou que je prends mon bain, ou juste avant de m’endormir, il me vient de drôles d’idées. Comme celle-ci

J’ai 51 ans. Ma fille aînée en a 15. Soit l’inverse de 51.
Je suis née en 59, elle en 95. Soit l’inverse de 59.
C’est la seule fois que cela m’arrivera, et avec cette seule fille-là.

« J’avoue, me dit-elle quand je lui en fis la remarque, c’est stylé… » Un peu fière, comme moi, de cette coïncidence amusante, mais qui ne sert à rien et dont tout le monde se fout. Et se demandant d’où pouvait bien me venir ce genre d’idée. Ben, je sais pas… C’est comme ça. Des fois, c’est plus constructif quand même. Mais bon, c’était amusant.

En attendant, fille aînée a fait sa première manifestation toute seule aujourd’hui. Et demain, elle va bloquer son lycée. Pour ça, elle ne fait pas l’inverse de sa mère. Elle fait juste pareil.

A bas Haby, y a d’l’abus, on viendra à bout d’Haby (Ça c’était le slogan d’une de mes premières manifs, alors que j’allais au lycée Guillaume-Budé et qu’on luttait contre la réforme Haby, ministre de l’Education nationale)
Les Riches ont des couilles en or, les pauvres des nouilles encore (ça, c’était un slogan de la manif contre les retraites, à Tours)

O tempora o mores

samedi 28 août 2010

Disparition

C’est le week-end de retour des filles. Je me dépêche de finir ce que je devais faire à la maison avant qu’elles n’arrivent. Pour le moment elles sont chez leur père. Ça me laisse un jour de répit. Mais je surveille les arrivées via mon téléphone portable.

Hier, Lou est arrivée la première. Une ado de son camp l’a prise en grippe pendant les quinze jours. Elle lui a piqué son portable et s’est acharné dessus. Quand Lou a constaté la disparition de son bien le plus précieux, tout le camp s’est mis à sa recherche. Et a trouvé des morceaux de la coque de protection, plus la batterie. Mais ni portable ni carte Sim. (Je lui foutrais des baffes à cette gamine). Lou m’appelle donc de la gare de Lyon à partir du téléphone d’un copain. Elle m’annonce que que les animateurs du camp on retrouvé le reste de son téléphone et la carte Sim dans la tente de la gamine. C’est toujours ça de gagné. Et elle ajoute : « Papa m’a dit qu’il fallait que je l’attende à la gare, qu’il ne viendrait que quand Garance arriverait. Ça me gave d’attendre trois heures toute seule. Est-ce que tu peux demander à papa si je peux pas aller avec E. ou B. (deux copines dont les enfants se sont retrouvés dans la même colo que Lou). »

Vu comme ça, je la comprends. J’appelle le père. Il est déjà à la gare. En fait, il n’avait jamais eu l’intention de la laisser attendre toute seule. Il l’a faisait marcher. J’adore son humour. Ma grande aussi… Enfin, ils se retrouvent. Je les laisse ensemble. J’ai à faire dans la maison.

Sur les coups de 21 heures, alors que je suis en réunion avec le bureau du club d’escrime, appel du père qui vient de récupérer la seconde. Il me l’a passe. Elle est en larmes. Ce qui est plutôt un bon signe. Oui, c’est le paradoxe du retour des colo. Plus l’enfant pleure, meilleure était sa colo, et plus sympas étaient les copains qu’il s’est fait. Je suis donc toute contente de l’entendre pleurer et je la console en lui disant combien je l’aime… Elle redouble de larmes et me repasse son père, un peu inquiet. Je le rassure. Je retourne à ma réunion.

22 heures et des brouettes. Coup de téléphone du père. Il a donné ses clés à Lou car elle ne voulait pas attendre Garance avec lui. Du coup, c’est le père qui a attendu tout seul. Ça lui apprendra à faire des plaisanteries idiotes. Lou est partie avec deux copines. Le problème c’est que le père est au pied de son immeuble avec Garance, mais Lou n’est pas là. Elle a dû déposer sa valise et ressortir (il voit ça à la position du verrou). Et elle n’est pas revenue. Du coup, il est à la rue avec Garance.

J’appelle E. et B. les deux amies qui sont venues chercher leur fils qui étaient dans la même colo que Lou. Ben non, elle n’est pas avec eux. Elles sont rentrées tout seules. Enfin, pas avec lou en tout cas. Je préviens le père. Il est maintenant 22h30. Je commence à me faire su soucis. Le père lui râle parce qu’elle a osé ressortir sans l’appeler. Du coup je m’énerve. D’abord, elle ne connait pas son numéro de téléphone par cœur. Il ne pense qu’à lui. Il ne s’imagine pas que si Lou n’est pas là à cette heure là, c’est peut-être parce qu’il lui est arrivé quelque chose. Je suis vraiment à cran.

Je retéléphone à mes amies. L’une fait la tournée des copains de colo dont son fils à le numéro de téléphone. L’autre voit du côté de l’HP. Je me sens totalement impuissante. Je rappelle le père que j’engueule copieusement. Il est paralysé devant l’appartement. Et Garance qui doit tomber de sommeil. Il est 23 heures passé maintenant. Je lui dis d’aller au commissariat. Une demi heure plus tard, il est toujours devant l’appartement. « Mais qu’est-ce que je fais de Garance ! Et puis comment je rerentre dans l’immeuble après (il y est entré grâce à un voisin…). » Une fois de plus, il ne pense qu’à lui…

Je suis totalement angoissée. Les amis du bureau deu club d’escrime tentent de me rassurer. De défendre le père (les hommes surtout : les mecs ne réagissent pas forcément comme nous et il doit aussi être pétrifié d’angoisse…). Je rappelle e. Rien de nouveau de son côté. Et elle me souffle à l’oreille : « Imagine qu’elle soit dans l’appartement en train de dormir… Mon fils, à peine rentré, c’est endormi d’un coup. Leur dernière nuit était blanche. » Je rappelle le père et lui soumet l’idée. Il y a bien pensé. Il a sonné : « Au moins cinq fois. » Et il ajoute : « Elle dort fort quand elle dort ? » Tu parles, dans certaines phases de sommeil, on pourrait faire sonner le canon qu’elle n’entendrait pas. Il a oublié ? C’est qu’il ne peut pas non plus faire trop de bruit à cause des voisins du dessous. « Oui, ils sont chiants, mais là, on les emmerde, non ? » Je raccroche.

Les amis autour de moi sont tous debout autour de la table. Ils sont tous inquiets et ne savent pas trop quoi me dire pour me rassurer. Nouveau coup de fil. C’est le père. Il a du sourire plein la voix. Lou était dans l’appartement. Elle dormait. Autour de moi, tout le monde se met à rigoler. C’est le soulagement général. Je rappelle E. pour la rassurer. Elle se charge d’appeler B. pour lui transmettre la bonne nouvelle.

Epilogue. Ce matin, le père a récupérer Léone, la petite dernière, à 6h54 du matin. Il ne m’a pas appelé pour me laisser dormir. Mais tout s’est bien passé. Quand je l’appelle à 11 heures, les trois filles sont en train de dormir.

Mortalité : quand la mère flippe, elle monte sur ses grands chevaux…
Mortalité 2 : quand la mère monte (sur ses grands chevaux), ça fait des vagues

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