Racontars

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Politique ou la vie de la cité

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samedi 16 octobre 2010

Les parents de lycéens ne sont pas les nantis que l'ont décrit

Je lisais un papier de Thomas Legrand sur Slate, avec lequel j’étais plutôt d’accord au début, car il disait qu’on ne peut pas instrumentaliser la jeunesse [voyez mon propos sur Facebook (*), on ne pouvait pas mieux tomber]. Mais vers la fin, j’ai lu ça :

« Si les lycéens et les étudiants ou les jeunes travailleurs sortaient de leurs gonds, ils seraient sans doute soutenus par les plus anciens. Les plus anciens, leur parents, qui ont profité de la planète, de la croissance, du plein emploi et de promesses d’avenir meilleur. »

Ce sont des propos que j’entends depuis quelques jours à la radio, depuis que les lycéens sont entrés dans la danse. Les lycéens ne connaîtront pas le même Nirvana que leurs parents. Eh bien, si je regarde autour de moi la plupart des parents lycéens que je fréquente, je cherche encore les privilégiés, ceux qui n’ont jamais connu le chômage, etc. Alors, j’ai répondu ce qui suit.

Je suis mère de lycéenne. Plutôt plus âgée que la moyenne des parents car j’ai eu mes enfants tard, j’ai 51 ans. Et je ne me reconnais absolument pas dans le descriptif des parents fait ici. Le plein emploi n’était déjà plus qu’un rêve quand je suis arrivée sur le marché du travail. J’ai travaillé tout en faisant mes études. J’ai accumulé les CDD jusqu’à environ 30 ans et les périodes d’essai “non concluantes” (de trois mois renouvelées une fois, donc six) jusqu’à environ 30 ans. Cette décennie-là, celle des quatre-vingt, on vu aussi mon père, cadre commercial, mis au chômage. Il avait beau multiplier les candidatures, ses CV lui étaient retournés sans commentaire, sans lettre, avec parfois juste l’âge entouré. 48 ans.

Je suis devenue journaliste. J’ai continué les CDD. J’ai signé mon premier CDI, je devais avoir 32 ans…

Ai-je profité de la planète ? J’ai surtout été très regardante sur les prix pour nourrir ma famille. Je n’ai jamais eu les moyens de le faire avec des produits bio, bien trop chers pour les miens. Nous étions 5 à vivre sur mon seul salaire, nous ne sommes plus que quatre depuis que je me suis séparée de mon mari. Il ne me reste rien à la fin du mois. Je ne suis pas propriétaire, les lendemains ne chantent pas. Et si mes enfants tiendront plus tard le coup face à la situation qui se prépare pour eux, c’est que je leur aurait donné déjà des ficelles, parce que j’ai vécu ça avant eux. 

La seule chose oui, qui me restait, c’était la retraite. Mais étant née en 1959, malgré mes trois enfants, les promotions qui me sont passées sous le nez parce que justement, j’avais trois enfants, etc., eh bien si je veux qu’ils fassent un minimum d’études, il faudra de toute façon que je travaille jusqu’à…

Je ne suis pas la seule dans ce cas-là. C’est la même chose pur toutes les mamans solos par exemple. Et puis toutes les familles entre deux eaux, pas franchement pauvres, mais pas riches non plus. Qui n’ont pas la sécurité de l’emploi. Qui s’adaptent, et qui trouvent le système du chômage de plus en plus dur. Alors qui serrent les fesses quand ils ont un emploi, parce que le perdre…
Alors, les privilèges des parents des lycéens qui défilent, je les cherche encore. Je ne vois pas de quoi il s’agit.
Peut-être faudra-t-il chercher du côté des grands-parents ? Et encore, ça dépend desquels. Parce qu’après tout, les gens vraiment privilégiés, je crois pas qu’il y en ai tant que cela.

Cela dit, là où il a raison Thomas Legrand, c’est que nos enfants auront toute notre solidarité. Enfin, j’espère. Et que je suis très contente qu’ils s’arment pour se battre. Parce que s’ils veulent s’en sortir, il n’y aura que la bagarre et la solidarité. Comme l’on fait nos ancêtres avant, ceux de 36, par exemple.

(*) Je disais : « Merci jeune fille ! on n’instrumentalise pas les jeunes quand ils sont lycéens. Tous ceux qui ont un ou plusieurs ados chez eux savent de quoi je parle. » et je faisais le lien avec une superbe série de photos

lundi 23 août 2010

De l'injustice et de la sécurité

Je viens de lire la longue lettre adressée au garde des Sceaux par Jean de Maillard, ancien président du tribunal correctionnel d’Orléans qui vient d’être démis de ses fonctions. Cette lettre est à lire sur le site de Rue89 car elle est met en lumière de façon très claire la déchéance de notre justice.

De cette longue lettre, j’ai retenu un passage qui fait écho à un de mes billets écrit au début de mes vacances, L’été en pente douce amère 2

Car ce que l’on me reproche, qui rend insupportable ma présence dans un tribunal correctionnel et justifie de m’entendre dire que je porte tort à l’image de la justice, c’est de résister au dévoiement d’une justice d’abattage, où les juges du siège sont pris en otage d’une politique pénale -si tant est qu’il y ait chez ceux qui en sont chargés une vision claire de ce qu’ils recherchent- qui n’a plus pour horizon que d’assurer un rendement statistique maximal en sacrifiant aux modes passagères ou aux exigences de la communication gouvernementale.

Peu importe ce qu’on juge, peu importe comment on le fait encore, peu importe même ce que deviendra la décision prononcée : le seul mot d’ordre qui tienne encore est « réponse à la délinquance », selon les inquiétudes et les urgences de l’actualité ou des faits divers.

Mais qui trop embrasse, mal étreint ! On nous demande de remplir les prisons de récidivistes, mais qui sont les récidivistes ? Les voyous qui savent passer entre les mailles du filet mal rapiécé des forces de l’ordre et de la justice ?

Que non : bien plus souvent les malheureux écrasés par une vie sans autre espoir que de toucher leur RSA en fin de mois et qui, de beuveries en bagarres sordides, échouent dans les salles de garde à vue qui servent d’antichambre à une cellule pénitentiaire à peine moins crasseuse.

Juger n’est plus l’objectif de l’institution judiciaire

Et qu’en fait-on quand on les y a envoyés, après une enquête vite faite où leurs 48 heures de garde à vue constituent l’essentiel de la procédure ? On leur met un bracelet électronique car les maisons d’arrêt regorgent de leurs semblables et qu’il faut faire de la place pour les suivants.

Je suis contraint de vous contredire, madame le Ministre : les parquets ont été repris en mains, avant d’ailleurs que vous n’arriviez vous-même place Vendôme, et je dois même dire que vous avez hérité d’une justice sinistrée où juger n’est plus l’objectif de l’institution judiciaire.

Le centre de gravité de la justice s’est déplacé des salles d’audience vers les parquets, transformés en gare de triage des malfaisants et des pauvres hères, tous confondus et sans distinction. Les instructions que doivent appliquer les représentants du ministère public leur enjoignent de donner une réponse pénale à tout comportement délinquant.

Bref, notre justice va mal, notre école va mal, la santé va mal… Le pays va mal, le pays va mal, va mal, va mal…


jeudi 15 juillet 2010

La pelle du 14 juillet

Je ne sais pas, mais le twitt du ministère de l’Intérieur à l’occasion de la fête nationale me rend toute chose. Surtout quand je repense à tout ce que j’ai écrit hier…

La mobilisation restera totale la nuit prochaine pour empêcher les voyous sans scrupules de gâcher ce moment de fête & de concorde nationale

Le choix du vocabulaire, la tournure de la phrase…

mardi 13 juillet 2010

L'été en pente douce amère 2

Quand nous ne partons pas à la plage, qu’elles ne se baignent pas dans la piscine, les filles regardent la télé. Des trucs plutôt décérébrants. Je m’installe dehors, sur la chaise longue, avec mes bouquins. J’en ai amené un plein sac. Ceux que j’ai envie de lire, ceux que je dois lire. J’ai avalé, enfin, pas eu le temps avant, Le Quai de Ouistreham, de Florence Aubenas. Il m’a happée. Quel dommage que la presse ai fait le focus sur la journaliste et non sur les gens qu’elle a rencontrés. Comme si le destin de Florence, avec tout le respect que je lui dois, les choix qu’elle fait, etc, étaient importants. Ce qui est est important, c’est ce qui se passe là bas, à Ouistreham.

Elle donne la parole à des hommes et à des femmes courageux, parce qu’ils n’ont pas le choix. Lors de la conférence de presse de l’UNHCR, un des responsable de cet organisme racontait les camps qu’il visitait, et combien cela le gênait qu’on le trouve courageux pour son action : aller sur place, vivre quelques jours, quelques semaines, dans les mêmes conditions que les réfugiés. Mais expliquait-il, j’avais toujours un billet de retour dans la poche. C’est très facile d’être courageux dans ces conditions. Les gens qui sont dans les camps de réfugiés sont partis de chez eux sans billet de retour. Ce sont eux, les courageux. A Ouistreham et à Caen, c’est pareil. Les travailleurs précaires sont courageux parce qu’ils affrontent la vie tous les jours, une vie de boulot, de vacheries, d’épuisement, mais ils trouvent encore la force d’espérer, de sourire, d’être heureux aussi parfois.

Quand j’étais étudiante, j’ai travaillé comme femme de chambre dans un hôtel. Pas très longtemps, mais assez pour me rendre compte de la pénibilité de ce travail. Nous étions deux pour deux étages, une trentaine de chambres, soixante-douze lit à faire, les salles de bains à récurer, les sols à nettoyer, les poussières à faire. Et la gouvernante qui passait derrière nous pour contrôler le travail. La pagaille des clients, leur crasse parfois. J’ai eu de la chance, pas une fois je n’ai trouvé de la merde dans le bidet comme cela arrivait si souvent avec les groupes de jeunes Américains. Mais c’était quand même pas toujours beau à voir.

A cette époque, la convention collective impliquait de faire quarante-huit heures de travail par semaine. Nous avions donc droit à un jour de congé, jamais le week-end bien sûr, sauf pour les plus anciens, s’ils avaient des enfants. Heureusement, la directrice de l’hôtel avait décidé de nous octroyer un jour supplémentaire, une semaine sur deux, et sans contrepartie financière. Comme nous étions payés au smic (1789 francs, je m’en souviens encore), c’était sympa. Mais c’était loin d’être général. Je me souviens que j’entamais mes six jours de travail avec un peu d’énergie. Mais que, dès le deuxième jour, je finissait mes journée (7 h - 15 h) lessivée, à genoux. Je me calais dans un fauteuil et soit je dormais, soit je regardais des conneries à la télé. De lire, il n’en était plus question, je n’en avais pas le courage.

Mais, à l’époque, les femmes de ménage bénéficiaient de CDI à temps complet. Ce qui n’est quasiment plus le cas nulle part. Ceux et celles qui travaillent dans la propreté doivent courir pour additionner les heures et tenter de s’en sortir. Deux heures par-ci, trois heures par-là. Nombreux sont ceux qui sont employés par des sociétés de services qui passent contrat avec l’entreprise. Et si le contrat est de trois heures, même si l’employé en fait cinq pour faire le boulot, ils ne sont payés que trois heures. D’heures sup, il n’en est jamais question. Voilà comment on contourne la loi sur le salaire minimum. Voilà comment vit le lumpenprolétariat. Un mot dont plus personne ne connaît le sens. Et pourtant…

A peine terminé le Aubenas, me voilà embarquée dans Punir les pauvres, le nouveau gouvernement de l’insécurité sociale, de Loïc Wacquant. Passionnant mais guère plus réjouissant. J’avais eu l’occasion de le parcourir de sa sortie en 2004. Je suis retombé sur lui quand j’ai constitué mon dossier de VAE et il m’a semblé urgent de m’y plonger sérieusement. En résumé, très résumé, l’essai explique comment le neo libéralisme, d’abord aux Etats-Unis, puis dans tous les pays occidentaux, a mis à sac toutes les protections sociales, organisé la dérégulation totale de l’économie pour créer une insécurité sociale qu’il convient de contrôler par une politique sécuritaire renforcée. Les Etats se désengagent, ne soutiennent plus les populations les plus faibles, mais pour mieux les maîtriser, développe un Etat sécuritaire.
Ils déclarent vouloir s’attaquer frontalement à des incivilités, sans tenir plus aucun compte de leurs causes. Il devient urgent de soumettre les personnes et les territoires dénoncés comme dangereux à longueur de journaux. Ces incivilités deviennent alors un problème majeur de société alors même que leur nombre n’est pas fondamentalement en hausse.

Je me souviens avoir fait partie d’un panel de sondés pour la RATP. Tous les mois, pendant six mois, j’étais soumise au même questionnaire. Et à chaque fois l’insécurité du métro était mise en avant par une série de questions auxquelles je refusais de répondre. Vu le rapport entre le nombre d’usagers et celui des actes de délinquance, si le métro a un problème, ce n’est pas celui de la sécurité. Mais la pression est là, savamment orchestrée par les déclarations des politiques, les médias publics ou privés, les professionnels du maintien de l’ordre, chacun y va de son couplet, créant dit Wacquant, un discours alarmiste, voire catastrophique. « Ce discours est tissé d’amalgames, d’approximations et d’exagération qui viennent redoubler et adouber les productions préfabriquées de certaine sociologie de magazine mélangeant sans vergogne bagarres de cour d’école, vandalisme de cages d’escalier et émeutes des grands ensembles à l’abandon selon les exigence du nouveau sens commun politique.

Ce discours revalorise la répression et stigmatise « les jeunes des quartiers populaires en déclin, les chômeurs, mendiants, toxicomanes, sans-abri et prostitués, et les immigrés issus des anciennes colonies de l’Occident et des décombres de l’empire soviétiques, désignés comme les vecteurs naturels d’une pandémie d’atteintes mineures qui empoisonnent la vie quotidienne et de “violences urbaines” qui frisent le chaos collectif. » Regardez les journaux télévisés et dites-moi que ce gars-là a tord.

D’où également le besoin d’une réponse judiciaire à tout prix, la gestion non plus sociétale mais managériale centrée sur la gestion comptable des stock et des flux carcéraux. Il faut faire du chiffre : tant d’emprisonnement, tant d’amendes, tant de reconduites à la frontières… Et des lois, des lois et encore des lois pour punir, incarcérer, réprimer. Et quand on n’a pas de coupables, on en invente : des soi-disant membres de l’ultra-gauche de Tarmac aux récemment condamnés de Villiers-le-Bel.

Tout ceci, dans un but : encadrer l’insécurité sociale qui elle est réelle et très largement en augmentation. Et ce n’est pas fini, voir les prochains arbitrages de François Baroin, notre actuel ministre du Budget. Dans les niches fiscales qu’il a envisagé de faire sauter celles sur les abattements dû à l’emploi des personnels de service : femmes de ménage, aides ménagères, nourrices agréées, hommes d’entretien, donneurs de leçons particulières aux enfants. Tous ces petits boulots qui ne sont sortis du marché noir que grâce à cet abattement fiscal ont donné enfin une couverture sociale à ceux qui les occupent. Il y a fort à parier que l’abattement disparaissant, les emplois disparaîtront tout autant, y compris ceux d’aides aux personnes âgées, ceux de gardes d’enfants. Une fois de plus, ce sont les plus faibles qui en pâtiront.

Si on reconnaît des années de politique française, de gauche comme de droite, dans ce qu’écrit Wacquant, ce n’est ni fortuit ni involontaire. Conséquence de cet abandon du collectif, du solidaire pour faire place nette à une société neolibérale qui ne tolère aucun frein à son expansion et à son enrichissement ? L’abandon total des politique de prévention. La faute est individuelle, pas collective et la dégradation des conditions de vie n’a rien à voir avec la délinquance.

Grinçons un peu avec un petit quizz. Qui a dit :

« Nous devons élever la voix et corriger une tendance insidieuse –la tendance qui consiste à mettre le crime sur le compte de la société plutôt que celui de l’individu […]. En ce qui me concerne, comme la majorité des Américains, je pense, nous pourrons commencer à bâtir une société plus sûre en nous mettant d’abord d’accord sur le fait que ce n’est pas la société elle-même qui est responsable du crime : ce sont les criminels qui sont responsable du crime. »


Comme si un société plus sûre n’est pas avant tout une société qui fournit un travail et un mode de vie décent à chaque individu. Si vous avez reconnu le discours de Bush père, vous avez gagné. Et maintenant, qui a dit :

« Notre tournant à tous doit être un tournant vers le principe de réalité. Qui ne voit que certaines méthodes de prévention entretiennent, parfois par inadvertance, une certaine culture de l’indulgence qui déresponsabilise les individus ? Peut-on construire l’autonomie d’un jeune en lui concédant sans arrêt que ses infractions ont des causes sociologiques voire politiques – auxquelles bien souvent il n’aurait pas pensé tout seul –, et alors qu’une masse de ses semblables, placés exactement dans les mêmes conditions sociales, ne commettent aucun délit ? »

Cette belle vision qui nie le lien entre insécurité économique et sociale et une certaine forme de délinquance (après tout c’est un hasard total si les banlieue les plus dangereuses sont aussi les plus pauvres) est notre ancienne garde des Sceaux. Non, pas Rachida Dati, encore qu’elle a certainement tenu des propos similaires, mais Elisabeth Guigoux.

On continue ? Qui a dit :

« Il n’est que trop évident que l’essentiel de notre problème de criminalité a été causé par une philosophie sociale qui conçoit l’homme comme étant principalement une émanation de son environnement matériel. Cette même philosophie de  gauche qui entendait faire advenir une ère de prospérité et de vertu par le biais de dépenses publiques massives conçoit les criminels comme les produits malencontreux de mauvaises conditions socioéconomiques ou du fait d’un groupe dit défavorisé. C’est la société, disaient-ils et non pas l’individu qui est en défaut quand un crime est commis. Eh bien aujourd’hui un nouveau consensus rejette totalement ce point de vue. »

On se demande alors pourquoi la majorité des incarcérés aux Etats-unis sont des jeunes noirs américains issus des ghettos… Oui, l’auteur de cette déclaration fracassante est bien américain. Ronald Reagan soi-même.

Mais alors qui a dit :

« Si on ne choisit pas là où l’on naît, on choisit sa vie, et à un moment, on choisit de devenir délinquant. Dès lors la société ne peut trouver d’autre solution que la répression de tels actes. »

C’est un Français. Spécialiste des problèmes de délinquance. Et Sarkozy lui répondra qu’il n’aurait jamais osé aller si loin. Car cette diatribe est due à Julien Dray.

C’est donc une politique menée depuis une bonne vingtaine d’année que nous subissons. L’actuel gouvernement se contentant de faire sauter les derniers verrous dus à la mentalité française à coups de bulldozer et d’explosifs pour nous faire avaler une potion qui ne nous ressemble pas mais que tout le monde veut nous faire croire qu’elle est la seule possible, la seule viable, la seule qui fonctionne. Pour qui ? Pour ceux qui triment sans compter tout en s’appauvrissant de jour en jour. Déjà, la presse multiplie les articles sur la fatale paupérisation des futures générations, celle de nos enfants. Malheureusement, je ne vois pas qui pourrai changer assez radicalement la politique (car enfin, c’est à elle de commander à l’économique et non l’inverse comme on se plait tant à nous le faire croire). Remplacer le présiprince par DSK ne changerait pas grand chose à l’affaire. Tout juste la politique ultralibérale sera-t-elle saupoudrée de quelques mesures sociales. Mais rien sur le fond, rien pour le service publique, pour la solidarité effective. La politique sécuritaire a encore de beaux jours devant elle.

Pas réjouissant. Alors piquons encore une fois une tête dans cette belle piscine en attendant la mort. Carpe diem !

Les citations sont toutes extraites du livre de Loïc Wacquant. Punir les pauvres. Le nouveau gouvernement de l’insécurité sociale. Coll. Contre-feux. Agone (excellente petite maison d’édition citée récemment par les Inrrockuptibles dans un papier sur la relève des intellectuels. (n° 760).

jeudi 3 décembre 2009

Identité

Par principe, nous sommes favorables au débat. A sa liberté, à sa pluralité, à son utilité. C’est pourquoi nous refusons le « grand débat sur l’identité nationale » organisé par le pouvoir : parce qu’il n’est ni libre, ni pluraliste, ni utile.


Il n’est pas libre car c’est le gouvernement qui le met en scène, qui pose les questions et qui contrôle les réponses. Il n’est pas pluraliste car sa formulation réduit d’emblée notre diversité nationale à une identité unique. Il n’est pas utile car cette manœuvre de diversion est une machine de division entre les Français et de stigmatisation envers les étrangers. (…)

La suite est sur Médiapart, c’est une pétition. J’ai été la 2327e à signer. C’est comme un soulagement tellement ce pseudo débat me mettait mal à l’aise.

mardi 11 mars 2008

Un mont saint diabolique

Bon, vous êtes sans doute tous au courant, mais ce soir est diffusé sur Arte un documentaire de l'excellente Marie-Monique Robin. Une journaliste qui me fait croire encore dans ce métier. Comme Denis Robert, mais en femme.

Je me souviens très bien de toutes ses enquêtes sur l'adoption internationale et le trafic d'organe. Je me rappelle aussi très bien comme on avait tenté de la trainer dans la boue, de la salir, pour que son travail soit remis en cause.

Qu'en sera-t-il cette fois-ci ?

Sur le site d'Arte en tout cas, on peut lire ceci

« Pourquoi un film sur Monsanto ? Cette question m’est posée régulièrement depuis trois ans et immanquablement, je réponds la même chose :

Ça fait plus de vingt ans que je parcours le monde, et partout j’ai entendu parler de cette multinationale américaine, à dire vrai, plutôt en mal. J’ai voulu en avoir le cœur net et j’ai navigué sur la toile pendant des mois. J’ai découvert que Monsanto représente l’une des entreprises les plus controversées de l’ère industrielle parce qu’elle a toujours caché l’extrême toxicité de ses produits.

Qu’en est il aujourd’hui ? Nous dit-elle la vérité sur ses OGM ? Peut-on la croire quand elle dit que les biotechnologies vont résoudre le problème de la faim et de la contamination environnementale ? Pour répondre à ces questions, qui nous concernent tous, j’ai repris mon bâton de pèlerin, voyageant sur trois continents, où j’ai confronté la parole de Monsanto à la réalité du terrain, rencontrant des dizaines de témoins que j’avais préalablement identifiés sur la toile. Et je suis sûre, aujoud’hui, qu’on ne doit pas laisser cette entreprise s’emparer des semences, et donc de la nourriture du monde ...»


Et donc, ce soir, à 21 heures, ce serait bien que vous regardiez Arte. Et puis qu'on en parle après...

dimanche 17 février 2008

On m'a envoyé un mail

J'en reçois beaucoup, des textes de ce genre, et même de plus en plus. Je suis bon public... Comme je n'en connais pas les auteurs, comme je suis incapable de vérifier si ce qui y est dit est vrai, je ne les relaie pas.

Mais quand j'ai reçu le texte qui suit, mon sang n'a fait qu'un tour... Lisez, vous comprendrez ce que je veux dire...

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jeudi 14 février 2008

En grève

Pas mon blog.


Mon boulot... Historique.


Mais je suis nase...

Le coeur du problème

lundi 17 décembre 2007

14 décembre 2007

Un jour, il faudra que je mette cette journée du 14 en mots, elle a été en quelque sorte une apothéose...

Mais elle s'est plutôt bien terminée, avec du vin chaud place Suzanne-Valadon, où était organisée une manifestation de soutien aux familles sans-papiers de notre arrondissement.



Après avoir ameuté le chaland avec banderolle et baillons bleu blanc rouge,

14 décembre 2007


nous avons été écouté de la bonne musique d'un band et de la chorale des échos râleurs, dont j'aime toujours autant les mollets (photos à venir ou à voir ).
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