Racontars

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jeudi 29 août 2013

Une si longue absence

Ce matin, comme souvent, je jette un coup d’œil au compteur des jours. Douze semaines ! Cela fait douze semaines qu’ils sont portés disparus. Je vais sur la page du comité de soutien, relis la pétition que j’ai signé dans les premiers jours… Et puis soudain, le doute. Je l’ai bien signée au moins…

Je cherche, il n’y a pas de liste de signataires. Mince, je l’ai signée ? Je me revoie, le jour où elle a été posté sur Internet. Cela faisait un moment que ces deux-là ne répondaient plus à l’appel. Et personne n’en parlait. Motus, silence, bouche cousue. Mais j’avais besoin de nouvelles, besoin de savoir, si on faisait quelque chose, pour les sortir de là, s’ils n’allaient pas tout simplement tomber dans l’oubli, disparaître pour de bon dans l’indifférence ? Cette page, c’était déjà comme un signe d’espoir. Alors, immédiatement, je l’ai partagée, pour qu’un maximum de gens puissent la voir, et signer, signer, signer. Parce que c’est la seule chose que nous pouvons faire. 

Mais du coup, je me demande : ai-je pris le temps de la signer, moi ?

Vous savez quoi ? C’est con. Pas la peine de se prendre la tête et dans le doute, je ne m’abstiens pas : je signe, là maintenant, tout de suite. Qu’importe si c’est la deuxième fois. Mais comme cela, j’en suis sûre, c’est fait. 

C’est pas un pierre, c’est un tout petit caillou, à peine un gravillon. Et dans l’horreur quotidienne de ce qui se passe là bas, c’est même une chiure de mouche. Mais il faut le faire. Signez, s’il vous plaît.

La pétition est à cette adresse

lundi 22 juillet 2013

"Nous ne sommes ici que pour obtenir des prix" et autres vérités sur le journalisme

« “Nous ne sommes ici que pour les prix” et autres vérités sur le journalisme est un article publié dans la Columbia Journalism Review. Une journaliste italienne free-lance y explique ce qu’est le journalisme de guerre. Elle raconte aussi les exigences des rédacteurs en chef qui n’ont jamais foulé un champs de bataille mais qui, depuis leur tranquille rédaction, réclament du sang et des morts. Si vous arrivez à la fin de cet article, vous comprendrez de nombreuses choses. » José Yoldi


Sans doute, quand j’aurais le temps, ouvrirai-je un blog pour parler de mon métier, le journalisme. Mais pour le moment, c’est ici que je publie la traduction que j’ai faite de cet article d’une pigiste italienne, Francesca Borri. Ce texte a été publié la première fois en espagnol dans la revue argentine Elpuercoespin (le porc-épic). La publication originale est en anglais dans Columbia Journalism Review. Je l’ai moi-même trouvé sur le blog de José Yoldi, El Ultimo Recurso (le dernier recours)
Pardon par avance pour la traduction, ce n’est pas mon métier. Mais je ne crois pas avoir à aucun moment déformé les propos de Francesca Borri.

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jeudi 9 septembre 2010

Quelques liens

Elle s’appelle Lydie. Et elle campe dans la cafeteria du pôle emploi de Concarneau qui l’a remerciée, après 18 CDD. Les salariés du public ne sont pas aussi bien lotis qu’on veut bien le croire. C’était le cas aussi de ma sœur Alix, intermittente de l’enseignement, taillable et corvéable à merci pourvu que ça soit le moins cher possible. Elle avait écrit un billet à ce propos : la précarité comme mode de management dans l’Education nationale.

Il paraît que la presse féminine réclame un retour à l’autorité des parents, mais pas n’importe quelle l’autorité : celle qui mate, qui frappe, qui jappe, et qui fait mal. Qui suit ce blog sait ce que je pense de ce genre d’attitude vis-à-vis des enfants. Le billet de psychologik sur “Lotorité” est remarquable et résume assez bien ce que je pense des articles cités juste au-dessus. On ne dira jamais assez que frapper un enfant n’est pas faire preuve d’autorité mais de faiblesse.

Sur le même thème, la très belle chanson d’un jeune étonnant, Stromae

Quand je twitt, il m’arrive d’aller sur plixi pour regarder les photos des twitters et de twitteuses. Et puis je suis tombée sur cette page qui publiait deux énormes encarts pub pour la scientologie. Alors, en France, on trouve que dès qu’ils sont plusieurs, les musulmans posent problème. Mais on peut faire de la pub pour une secte. J’en suis toute retournée.

Je ne lis pas Sarkofrance régulièrement. D’ailleurs, lire régulièrement quelque chose, je ne sais plus ce que cela veut dire depuis longtemps tant mes journées sont toujours pleines de rebondissements et d’activités. Mais deux billets ont retenu mon attention.
- Impôts, retraites, ou Woerthgate, Sarkozy est-il atteint d’Alzheimer
- Sarkozy se fiche bien d’être populaire
Sur Twitter, avec Gilsoub, nous avons eu un débat pour savoir si Sarko était compétent ou non. Je le jugeais incompétent. Gilsoub me disait que j’étais de parti pris, qu’aux yeux de ses partisans, il était compétent. Moi, j’aurais tendance à penser qu’il serait compétent si la sécurité (son cheval de bataille depuis huit ans) augmentait, si le chômage baissait, etc. Il y a des hommes de droite compétents, notamment des maires, des députés. Mais lui passe son temps à improviser, à jouer les girouettes, à jouer la com plutôt que l’avenir du pays. C’est lassant cette hyperactivité perpétuelle qui n’aboutit sur rien. La fatigue se fait sentir jusque dans ses rangs.

J’ai lu aussi sur Ozap que Catherine Deneuve s’en prenait à Carla Bruni parce qu’elle a pris la défense de Sakineh. « Etant donné son passé, elle aurait mieux fait de se taire. » Cette phrase me met gravement mal à l’aise. De quel passé parle Deneuve. De celui de coureuse de pantalon. Et en quoi est-ce honteux ? N’importe quelle femme a le droit de vivre la vie sexuelle et amoureuse qu’elle souhaite. Et le lui dénier s’est accepter comme valable des jugements de valeurs d’hommes dont on connaît le caractère rétrograde et la considération qu’ils ont pour les droits des femmes. Carla Bruni fut de mœurs légères, soit, mais cela n’est en rien répréhensible et surtout pas immoral. Ne pas entrer dans le jeu des ennemis des femmes.

L’atelier des icônes est un blog intéressant que je suis de temps à autres. Au début du mois, il posait une question existentielle grave : Les portes des toilettes sont-elles sexistes ? Il faudra que je propose l’exercice à mes étudiants : la sémiologie de la signalétique des toilettes…

Enfin, un dernier pour la route. Aujourd’hui, Les Décodeurs nous demandaient d’enquêter pour savoir si les propos de Xavier Bertrand concernant la politique du PS sur les retraites étaient ou non vrais. Le résultat de l’enquête des Internautes est résumée ici. Les Internautes ont plutôt bien travaillé, le papier est intéressant.

dimanche 25 juillet 2010

Quelques liens du 25 juillet

Je vais ouvrir une nouvelle rubrique. Je l’appelle quelques liens. J’y mettrais en vrac les articles vu sur Internet qui m’ont intéressés avec un petit résumé. une espèce de revue de presse hebdomadaire (ou plus fréquente si assiduité).

Aujourd’hui, je vous parlerai de Saint-Aignan. La Nouvelle République du Centre dont le site a fait peau neuve et avec réussite publie un récapitulatif très intéressant ici. Il y a une importante communauté de gens du voyage dans le Centre. Chaque année, les étudiants de l’EPJ Tours vont les voir pour faire des reportages. On y lit la difficulté pour ces personnes à vivre dans notre époque, les bonnes volonté de part et d’autres. Et les pierres d’achoppement. Mais rien ne pouvait laisser prévoir une si soudaine montée de la violence, même si les raisons en sont évidentes. C’est calme, c’est calme, et puis ça pête parce que c’est la goutte qui fait déborder le vase des humiliations. Cela pourrait se passer exactement de la même manière ailleurs.

Même si la CFDT n’est pas le syndicat de mon choix, je suis sensible à la lettre que les dirigeants de la branche journaliste de ce syndicat ont écrit au « président de la République qui n’aimait pas la presse ». Sur nos confrères otages en Afghanistan, sur les relations journalistes/patrons de presse, sur l’envie de la population de lire de véritables enquêtes et sur l’affaire Woerth/Mediapart, je ne peux que souscrire à leurs arguments.

En parlant des patrons de presse, ils ont quelque soucis à se faire. Ils pensaient avoir trouvé leur sauveur avec l’Ipad. Il semble qu’ils se soient trompés, si on en croit la Cassandre de la presse sur Internet Novovision. Et du coup les insultes envers internet des hommes politiques qui leur sont inféodés risquent de ne pas diminuer…

Puisqu’on en est aux insultes, un portrait intéressant sur Fabrice Lhomme, journaliste d’investigation à Mediapart dans les Inrocks. Qui permet aussi de comprendre comment ces enquêteurs-là fonctionnent.

Je n’aime pas regarder le Tour de France à la télé. Je ne suis pas fan des compétitions de vélos sur route, je trouve que ce repaire de doppés/drogués manque d’intérêt. Mais j’aime la photo et ce portfolio en noir et blanc de la grande boucle est absolument magnifique

Rien ne va plus sur notre planète et le réchauffement climatique menace la banquise, tout le monde sait cela, mais il fait disparaître aussi nos glaciers. Un papier intéressant de France Soir sur la fonte du glacier des Bossons et ses répercutions.

Arte.TV propose de nombreux documentaires excellents en libre vision (pour peu qu’on ai une bonne connexion). Il faut en profiter. Par exemple en regardant celui-ci sur les réseaux sociaux d’Internet. Mais il y en a plein d’autres

Ce n’est pas parce que l’économie nous emmerde (en tout cas moi) qu’il faut se laisser raconter n’importe quoi. On entend beaucoup de gens parler de la sortie de la zone euro comme la panacée. Mark Cliffe, économiste en chef d’ING, banque néerlandaise a tenté de mesurer, pour les clients de sa banque, l’impact économique de deux scénarios évoqués par certains au plus fort de la crise grecque.
1/ La sortie de la Grèce de la zone euro.
2/ L’éclatement pur et simple de la zone euro.
« L’économiste ne se prononce pas sur la probabilité de ces deux hypothèses (ni sur ses convictions personnelles vis-à-vis de la monnaie unique), explique le papier du Point, mais, puisque le débat est sur la table et que certains l’évoquent ouvertement, “quelqu’un doit faire le sale boulot”, dit-il ironiquement. Il a donc mesuré aussi scientifiquement que possible l’impact des deux scénarios, en faisant tourner ses logiciels. » Démarche intéressante.

On en parlait hier à table. L’enseignement du français n’est plus ce qu’il était et les élèves/étudiants d’aujourd’hui sont des ignares au nombre de mots de vocabulaire réduit (ou souvent, ils ont du vocabulaire mais n’en maîtrisent pas le sens) et avec souvent un manque de connaissance de leur langue assez étonnant. Cela ne va pas s’améliorer avec la suppression des humanités. On ne fera plus passer le Capes pour le latin et le grec :-( Le chant du cygne est entonné par Pierre Assouline.

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