Racontars

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lundi 26 mai 2008

Sans moi

Je suis comme étrangère à moi-même. C'est une curieuse impression qui a commencé il y a quelques semaines, un peu avant de partir en vacances. Je fais des gestes, je vis des choses, je raconte des trucs. Mais ce n'est pas moi. Je regarde, j'observe, j'écoute comme s'il s'agissait d'une autre.

Je raconte ma vie, parfois, je rigole, beaucoup aussi. De temps à autres les larmes me montent aux yeux sans que je sache vraiment pourquoi. et puis ça passe. Je me dis que c'est embêtant, tout de même, de ne pas être là. Que cela ne va pas durer, que je vais me réveiller. Et puis non, le lendemain, c'est toujours un peu la même mélasse.

Alors je me lève, je réveille les enfants, je les câline ou les engueule suivant ce dont elles ont besoin. J'essaie d'être efficace. Surtout pour les écouter, essayer de comprendre, trouver des solutions pour les aider, quand elles pleurent, qu'elles ont du chagrin, qu'elles ont peur. Je raconte des histoires, je souris, je ris, j'imite la guenon, elles rient. Mais je n'y arrive pas toujours. Et c'est à chaque fois comme une petite griffe supplémentaire. Et puis on repart, parce qu'il faut bien repartir.

Nous sommes dans un endroit, bientôt nous serons dans un autre. Nous trimballons nos valises. Nous attendons qu'on veuille bien s'occuper de nous. Je me regarde passer. Et j'avoue que, parfois, je trouve le temps long, sans moi.

lundi 19 mai 2008

Une bonne et une mauvaise nouvelle

Alors la bonne nouvelle, c'est qu'on vient de m'appeler pour me donner la date de convocation chez le juge des enfants.

La mauvaise nouvelle, c'est que c'est dans un mois. Le 17 juin. Et que l'assistante sociale qui m'a appelée pour me prévenir, me dit que ce n'est pas ce qui règlera la question de l'appartement.

Ce sera au divorce que cela se calera.

Bon, en fait, tout bien considéré, c'est surtout une mauvaise nouvelle.

Je ne suis pas prête d'avoir ma maison. Et mes filles non plus par la même occasion.

Mais pourquoi il faut que je vive ça, merde !

Repost de 18 h et des cahuètes. J'ai eu mon avocate. Je la rappelle pour prendre rendez-vous. Mais, jusqu'à nouvel ordre, pas d'agression, pas de vidage du bonhomme par la force. Juste, on serre les dents et on tient le coup. Y a toujours une solution. C'est con, le 17 juin, je devais aller à Tours pour l'oral de la future promo de l'année spéciale à qui je donne des cours de SR...

Nouvelle installation

Le plus : Je dors seule
Le moins : oui, mais sur le canapé du salon... (les enfants sont toutes les trois très bien installées, le canapé est confortable et la copine qui nous accueille super)

Les plus : une super télé grand écran; un ordinateur connecté à Internet...
Le moins : le salon donne sur un boulevard bruyant et au dessus d'une salle de jeux vidéo dans laquelle passe en boucle des "mélodies" genre sonnerie de téléphone.

Le plus : je suis au premier étage
Le moins : pour se jeter par la fenêtre de désespoir, c'est pas assez haut. Raaaa, je plaisante.

De toute façon, ça n'a aucune importance. Je ne dors quasi plus et je ne sais pas dans quel sac j'ai foutu ces saloperies de somnifères. Un demi cachet pour dormir cinq heures, c'est y pas le paradis...

Quand on ne sait pas trop où on en est, en général, on dit qu'on ne sait plus où on habite. C'est stupide cette expression. C'est quand on ne sait plus où on habite qu'on ne sait pas non plus où on en est.

Allez je vais essayer de dormir. Sainte boules kies, priez pour moi…

dimanche 18 mai 2008

Sans domicile fixe

Je ne sais même plus quand nous avons quitté notre maison. Fin mars il me semble, puisque c'était juste avant que l'association de travailleurs sociaux qui nous suit ne rende son rapport. et celui-ci devait être bouclé pour le 1er avril.

Nous sommes parti, dans le métro, et ce fut historique, pour rejoindre l'atelier d'une première amie. Séjour compliqué, mais au moins avions-nous un toit sur la tête. Une semaine. C'était déjà le bout du monde.

Puis nous avons emménagé dans le petit appartement familial d'une autre amie. Nous avons refait les sacs, nous les avons transbahuté une nouvelle fois. Et ce fut formidable. Vraiment, nous étions bien dans notre nid d'aigle.

Est venu le temps des vacances. Nous avons tout rangé, essayé de ne rien laissé trainer. Et nous avons pris la route. Cette fois pour une maison dans un village corse. Et c'était merveilleux. J'ai même réussi à dormir toute seule dans mon lit, sans enfant, ce qui ne m'étais pas arrivée depuis... Par contre, les filles ont continué de dormir ensemble. Elles se tiennent chaud

Quinze jours après, rebelote, mais pour rentrer. Nous avons rejoint nos pénates au sixième étage. Et puis comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous devons rendre l'appartement ce week-end. Pour cause réelle et sérieuse, je vous rassure. Et qui n'a rien à voir avec nous. Une nécessité impérieuse de la propriétaire. On ne nous fout pas à la porte. :-)

Alors nous avons refait les sacs et les valises. Une autre amie nous a prêtée sa voiture, et nous avons pu déménager tout. Mais quelle journée. Je me suis levée à 9 heures pour commencer à tout ranger. La mission, ne rien oublier, ne rien laisser traîner. Puis à 14 heures, j'ai emmené Garance et Léone à un anniversaire du côté de la Nation. On m'y a prêté une voiture. Retour à l'appartement, pour finir les valises et les sacs et les descendre du 6e étage. J'étais en nage. Lou, qui a été formidable parce qu'elle s'est tout tapé avec moi est tombé dans l'escalier avec le carton de victuailles. Heureusement, elle ne s'est pas fait mal.

Puis nous sommes parties rejoindre une troisième amie qui va nous héberger pendant un certain nombre de jours. - Combien ? me demande-t-elle Je n'en sais rien. Je n'ai aucune nouvelle du tribunal. Et comme le Nôm ne me donne qu'une partie de mon courrier, je ne sais pas si c'est parce que nous ne sommes pas convoqués ou si c'est parce qu'il a piqué la convocation (il a aussi descendu, ou vendu, ou donné, les cinq ou six bouteilles de cognac grand cru que j'avais reçu de mon travail ainsi que la moitié de la cave, mais c'est une autre histoire). Il a gardé par devers lui la déclaration de revenus. Là, je soupçonne son avocat de le lui avoir demandé pour avoir la notification exacte de mes revenus...

Enfin… En suite, j'ai envahi le couloir de ma copine de sacs, de valises, etc. et je l'ai laissée en plan, parce qu'il fallait que je ramène la voiture avant 18 heures. Il était 17h45... Ça ne laissait pas beaucoup de temps pour traverser Paris.

Evidemment, sinon, cela n'aurait pas été drôle, il y eut des embouteillages. Un accident semble-t-il a passablement ralenti la circulation du côté de la gare de l'Est... Je suis donc arrivée en retard chez la propriétaire de la voiture. mais elle ne m'en a pas tenu rigueur. Je lui ai rendu son véhicule, j'ai récupéré mes clés. Nous avons essuyé la tempête. Heureusement pas complètement car nous avons trouvé abri dans le métro.

Demain, nous faisons le grand ménage de l'appartement que nous quittons, puis nous prenons les derniers sacs et nous allons chez mon autre copine.

Nous allons tenter une expérience : vivre en communauté chez une autre famille. On va être un peu les uns sur les autres. MAis à la guerre comme à la guerre. Et pendant ce temps là, le Nôm vit confortablement dans notre quatre pièces, sans se poser la moindre question. Je lui ai laissé un message sur son portable. Il ne m'a pas rappelé. Il ne prend même pas des nouvelles des filles. Il les reçoit quand je les lui amène. Je ne lui amène pas, c'est pareil. Dimanche dernier, avec la chaleur qu'il faisait, je lui ai proposé d'aller à la piscine avec les filles, elles adorent jouer avec lui dans l'eau, j'ai suffisemment de photos de moment pareils. Ben non, ça le faisait chier. A la piscine à Paris il faut mettre un bonnet de bain, alors non. Voilà, le bonner de bain avant ses enfants...

J'en ai marre. Je veux mon appartement, je veux retrouver mon lit, mon ordi, mes disques, ma télé, mes habits, mes chaussures, mon imper. Ne pas à me faire des plannings monstrueux pour récupérer un cahier, un livre, un bordel quelconque dont les filles ont besoin pour aller le chercher dans mon appartement. J'en ai marre de traîner mes valise. De ne pas savoir de quoi demain sera fait. Je veux être chez moi !

vendredi 11 avril 2008

J'aimerais vous dire…

Bien des choses en sommes. Que je note parfois, quand j'en ai le temps, sur mes cahiers, en attente, en prévision de…
Mais je suis submergée de travail à mon bureau. Et le reste du temps, je n'ai pas d'ordinateur. Je reste donc muette, ou presque.

Ainsi, ces prochains jours risquent d'être à nouveau très silencieux.

Ma maison me manque. Mes affaires me manquent. Je suis dans un long tunnel dont je ne vois pas le bout. J'ai peur, aussi, parfois. Parce que la violence est là. Et que nul ne sait maîtriser la violence quand elle est lâchée. Nul ne sait comment ni quand elle peut surgie.

 Lundi, j'ai de nouveau été voir l'association chargée de notre suivi par le juge des enfants. Devant mon mari et moi, les deux travailleurs sociaux nous rendaient compte de leur rapport. Un compte rendu fidèle de ce qu'ils ont pu observer, chez nous, de ce qu'ils ont pu entendre dans la bouche des enfants.

 Ce n'était pas agréable à entendre, ni pour lui ni pour moi. Mais sa réaction a dépassé l'entendement. Des cris, des vociférations, des dénégations, des accusations. J'en suis sortie défaite. Et maintenant, j'ai peur. Je me demande jusqu'où la colère du désespoir pourra le mener une fois qu'il sera débouté.

En même temps, il y a de bonnes choses. Le soleil, la douceur du temps, les tulipes du square. Les enfants qui rient, les miennes aussi. Et même si je rentre tard, trop souvent en ce moment, leur joie de me retrouver. Et les câlins, tout tendres, tout chauds. Un petit peu de douceur dans ce monde de brutes.

Et puis je me dis, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, que ce qui ne me détruit pas me rend plus forte.

 Alea jacta est Printemps

mercredi 26 mars 2008

Le clou

Des fois, malgré tout ce qui a pu se passer, on a encore de la tendresse ou de la peine, ou quelque chose qui y ressemble pour quelqu'un qu'on a longtemps aimé, même s'il vous court sur le haricot depuis un certain temps.
Nous discutions justement de sujets approchants avec Traou ce midi. De l'amour qui malgré tout pouvait encore subsister.

De ma manière d'interpréter les faits et gestes de mon mari : le fait qu'il soit paumé, mal conseillé, malheureux. Des tas d'excuses… S'il a poursuivi les enfants à la sortie de l'école, c'était parce qu'il est paumé qu'elles lui manquent. S'il a voulu savoir où on habitait, c'était pour se rassurer. D'ailleurs, il n'est pas revenu hier soir, ni à la sortie de 13 heures. Il ne reviendra plus, sans doute. Il a déjà tout ce qui lui faut.

J'ai reçu par voie d'huissier cet après-midi au bureau une jolie assignation pour abandon de domicile conjugal. Dans laquelle il est dit qu'à ma demande, il a renoncé à toute activité professionnelle pour s'occuper des enfants et des tâches ménagères. Quant à moi, j'ai continué à mener ma carrière professionnelle, mère indigne que je suis. Ça faisait quand même quelques années que je lui demandais de bosser. Et c'est moi qui lui ai trouvé son boulot. J'ai même fait un faux, pour ça...

Que le dimanche 16 mars, en rentrant à la maison il constatait que sa femme et ses trois enfants étaient partis en emmenant toutes leurs affaires personnelles (ceux qui nous ont aidé pour notre déménagement doivent en rire encore, jaune).

Que les filles profondément marquées par leur départ précipité demandaient de retourner avec lui pour retrouver leurs affaires et leur animal domestique.

Qu'il a eu la surprise, quelques jours avant mon départ d'apprendre que je demandais le divorce et que je ne lui en avais jamais parlé (faux, et j'ai des témoins).

Il demande la réintégration des trois enfants au domicile, la garde du domicile et éventuellement un droit de visite pour moi (voire, suivant ma position un droit d'hébergement). Chez moi, l'appartement que j'ai eu avec mon 1% logement et que je paie... Et 1000 euros, parce que ça fait toujours bien dans la balance...

Donc, il n'a poursuivi les filles à la sortie de l'école que pour avoir des témoignages. Qu'il arrangé à sa sauce, bien sûr...

y a d'la joie, bonjour bonjour les hirondelles.

Alors, maintenant, je me calme pour aller retrouver mes enfants et ne pas leur dire que leur père est un fieffé conard. Mékilékon… Il ne se rend même pas compte qu'il est en train de finir de scier la branche sur laquelle il était pourtant confortablement installé...

jeudi 20 mars 2008

Nœud d'angoisse

Demain, je passe la journée à Tours. Juste la journée, je pars très tôt, je ne rentre pas très tard, vers 18 heures, je suis à Paris. Mais comme je sors au théâtre avec ma grande, j'ai prévu de placer les deux petites chez des copains copines.

Seulement, le papa ne l'entend pas de cette oreille. Il a attendu que les filles sortent de l'école et les a suivies jusqu'à notre refuge. Tout en parlant avec elles, il a noté le numéro du code de la porte. Comme elles lui disaient que le lendemain elles allaient chez leur copains, il leur a dit qu'il ne voulait pas, qu'il voulait qu'elles aillent dormir à la maison, avec lui.

Il doit m'appeler. Je vais lui dire non. Mais si je veux éviter ce harcèlement, je dois d'urgence trouver un ou une baby sitter qui assure le transfert école appartement dès la semaine prochaine.

Je rêve de partir ailleurs, loin, très loin de lui, le temps que ça se calme.

Je suis un nœud d'angoisse. Car demain, à la sortie des classes, je serai loin, trop loin...

lundi 17 mars 2008

Il suffit de passer le pont…

C'est tout de suite l'aventure…

Il paraît que les anciens imaginaient la terre toute plate et qu'au bout, il y avait… on ne savait quoi. Un précipice, des abysses infernaux, la fin du monde. Et quand ils se sont enfin décidé à y aller voir de plus près, ils ont découvert un nouveau monde. Mais après des mois de traversée pleine de doute, d'angoisse de peur et d'espérance...

Eh bien je suis dans la traversée.

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jeudi 13 mars 2008

Partir ou rester

Je reçois de nombreux messages et mails qui me disent : « Pars » ou « Surtout, ne partez pas ». Je comprends les motivations et les raisons de chacun. Mais elles ne sont pas les miennes. Je ne suis pas dans le cadre d'une séparation ordinaire où les enfants seraient un enjeu entre mon mari et moi. Les enfants sont un enjeu entre la justice, mon mari et moi. Et ça change beaucoup de choses...

Je récapitule donc pour que la situation soit bien comprise. Nous sommes passés devant le juge pour enfant en août dernier. La juge pour enfant à pris une mesure d'IOE pour Investigation et Orientation éducative. Et elle a chargé une association spécialisée dans ce genre de tâche de nous suivre. De mener l'enquête pour voir comment cela se passe vraiment dans notre famille.

Les personnes chargées de notre famille nous suivent depuis presque six mois. Six mois, c'est d'ailleurs la durée de la mesure demandée par la juge. C'est à la fois très long et très court. Mais suffisant il me semble pour comprendre les enjeux et la situation. Un rapport doit donc être remis le premier avril à la juge pour enfants.

Après avoir fait leur possible pour essayer de maintenir la cellule familiale, et de nous aider à mieux vivre tous ensemble, elles ont conclu que mes enfants ne devaient plus vivre avec leur père car celui-ci représentait un danger pour elles. Même s'il a cessé les coups, il continue son éducation "à la schlague" en criant à chaque fois qu'il leur demande quelque chose et elles continuent d'avoir peur de lui, de craindre son arrivée, de fuir sa présence...

Les personnes de l'association ont donc fait savoir à mon mari que s'il ne quittait pas la maison très vite, elles demanderaient au juge, dans leur rapport, le placement des enfants. Par mon avocate, j'ai appris que la juge avait le placement facile. Enfin, facile, j'exagère, mais que c'était une mesure qu'elle utilisait plus facilement que d'autres.

Lors de l'entretien à l'association, quand il a été question de l'éventuel placement des enfants, j'ai dit que je ne pouvais même pas l'envisager et que par conséquent, si mon mari ne partait pas, je partirai avec les enfants. J'ai aussi dit à mon mari que s'il m'obligeait à partir, ce serait une coupure définitive entre nous (nous venions de parler pendant une heure de thérapie familiale et individuelle pour lui, conditions sine qua none pour un éventuel retour à la maison, dans le cas où il partait).

Avant hier, mon mari m'a fait savoir qu'il refusait de quitter la maison. Je dois donc partir. Si nous restons, les filles seront placées.

Alors, évidemment, ça me fait grave chier de laisser mon appartement à un bonhomme d'autant que c'est moi qui paie le loyer, que nous y avons emménagé il y a peu et que je commence à m'y plaire. Mais un déménagement sera de toute façon préférable à un placement de mes enfants, pour elles, comme pour moi.

Je précise que mon mari n'a quasi aucun revenu et que c'est moi touche 95% des revenus de la famille. Si je quitte définitivement cet appartement, il sera incapable de le payer. Alors que moi, j'ai les moyens de me trouver une autre logement. Cela dit, j'aime autant garder celui-ci...

Nous allons camper pendant quelques jours chez une amie qui a un atelier près de l'école. Mais il faut très vite que je trouve une autre solution (il y en a deux qui se profilent) au moins jusqu'au jugement qui, je l'espère, interviendra avant mon départ en vacances. Parce qu'il y a une chose qui est sûre, je ne renoncerai pas aux vacances en Corse. Les enfants et moi en avons trop besoin. Et puis ce sera nos premières vacances entre filles... Après, j'espère quand même pouvoir récupérer mon appartement.

Si mon mari était parti de la maison, il serait sans doute venu avec nous. Parce qu'en vacances tout se passe différemment entre nous, entre elles et lui. Mais là, il peut toujours s'accrocher. Nonmeho.

lundi 10 mars 2008

Faudra-t-il partir ?

Comme je le prévoyais, le Nôm est revenu sur toutes les discussions précédentes. Tétanisé par la peur, l'angoisse, et la douleur de nous perdre, il s'accroche. Samedi soir, il déclarait ne plus vouloir partir. Non, il n'a rien trouvé (je crois même qu'il n'a pas vraiment cherché), et puis pourquoi faudrait-il qu'il parte, pourquoi ne pourrait-il pas continuer à vivre avec ses enfants et sa femme ?...
Je me suis mise en colère. Je lui ai répondu que les personnes qui nous suivent à la demande du juge pour enfant le lui avaient expliqué pendant plus de deux heures lors de notre dernier rendez-vous. Que nous en avions parlé tous les deux plus d'une heures ensuite. Que maintenant, le temps n'était plus aux explications, mais à l'action.
Donc, je cherche, soit un hébergement pour lui, une chambre, un studio pas cher (il n'a pas de sous ou très peu, je vais sans doute devoir payer dans un premier temps). Soit, surtout, un hébergement temporaire pour moi et les enfants. Parce que s'il n'est pas parti mercredi, je dois moi le faire, pour qu'on ne me prenne pas les enfants. Pour qu'elles ne soient pas placées.
Il faut aussi que je trouve de l'argent pour l'avocate. Plus d'un mois de salaire, j'ai fait ouf... Je ne sais plus ce qui est prioritaire. La payer, trouver un autre appart et financer un déménagement, avec les trois mois de préavis. Je ne sais plus où donner de la tête ni du chèque. Et puis surtout, tant que je n'aurais pas mis les filles à l'abri, le reste me semblera... moins urgent. Je n'ai pas le temps, moi, d'être tétanisée par la peur, par la douleur, par l'angoisse. Je dois agir. Je m'y suis engagée auprès d'elles.
J'ai eu ma belle-mère au téléphone hier, à qui j'ai raconté les dernières péripéties. Elle a ensuite parlé à son fils. Je ne sais pas ce qu'elle lui a dit. Mais je me suis rendue compte que Garance avait entendu ma conversation. Et que la menace de placement, dont je ne leur avais pas parlé avant, parce que je voulais qu'elles passent de bonnes vacances, qu'elles dorment tranquilles et reprennent des forces, maintenant, elles la connaissaient. Nous n'avons guère dormi ni les unes ni les autres cette nuit. J'ai passé la nuit avec elle. Je ne peux plus dormir avec lui.
Il faut qu'il parte. J'ai peur, j'ai trop peur...

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