Je ne sais même plus quand nous avons quitté notre maison. Fin mars il me semble, puisque c'était juste avant que l'association de travailleurs sociaux qui nous suit ne rende son rapport. et celui-ci devait être bouclé pour le 1er avril.
Nous sommes parti, dans le métro, et ce fut historique, pour rejoindre l'atelier d'une première amie. Séjour compliqué, mais au moins avions-nous un toit sur la tête. Une semaine. C'était déjà le bout du monde.
Puis nous avons emménagé dans le petit appartement familial d'une autre amie. Nous avons refait les sacs, nous les avons transbahuté une nouvelle fois. Et ce fut formidable. Vraiment, nous étions bien dans notre nid d'aigle.
Est venu le temps des vacances. Nous avons tout rangé, essayé de ne rien laissé trainer. Et nous avons pris la route. Cette fois pour une maison dans un village corse. Et c'était merveilleux. J'ai même réussi à dormir toute seule dans mon lit, sans enfant, ce qui ne m'étais pas arrivée depuis... Par contre, les filles ont continué de dormir ensemble. Elles se tiennent chaud
Quinze jours après, rebelote, mais pour rentrer. Nous avons rejoint nos pénates au sixième étage. Et puis comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous devons rendre l'appartement ce week-end. Pour cause réelle et sérieuse, je vous rassure. Et qui n'a rien à voir avec nous. Une nécessité impérieuse de la propriétaire. On ne nous fout pas à la porte. 
Alors nous avons refait les sacs et les valises. Une autre amie nous a prêtée sa voiture, et nous avons pu déménager tout. Mais quelle journée. Je me suis levée à 9 heures pour commencer à tout ranger. La mission, ne rien oublier, ne rien laisser traîner. Puis à 14 heures, j'ai emmené Garance et Léone à un anniversaire du côté de la Nation. On m'y a prêté une voiture. Retour à l'appartement, pour finir les valises et les sacs et les descendre du 6e étage. J'étais en nage. Lou, qui a été formidable parce qu'elle s'est tout tapé avec moi est tombé dans l'escalier avec le carton de victuailles. Heureusement, elle ne s'est pas fait mal.
Puis nous sommes parties rejoindre une troisième amie qui va nous héberger pendant un certain nombre de jours.
- Combien ? me demande-t-elle
Je n'en sais rien. Je n'ai aucune nouvelle du tribunal. Et comme le Nôm ne me donne qu'une partie de mon courrier, je ne sais pas si c'est parce que nous ne sommes pas convoqués ou si c'est parce qu'il a piqué la convocation (il a aussi descendu, ou vendu, ou donné, les cinq ou six bouteilles de cognac grand cru que j'avais reçu de mon travail ainsi que la moitié de la cave, mais c'est une autre histoire). Il a gardé par devers lui la déclaration de revenus. Là, je soupçonne son avocat de le lui avoir demandé pour avoir la notification exacte de mes revenus...
Enfin… En suite, j'ai envahi le couloir de ma copine de sacs, de valises, etc. et je l'ai laissée en plan, parce qu'il fallait que je ramène la voiture avant 18 heures. Il était 17h45... Ça ne laissait pas beaucoup de temps pour traverser Paris.
Evidemment, sinon, cela n'aurait pas été drôle, il y eut des embouteillages. Un accident semble-t-il a passablement ralenti la circulation du côté de la gare de l'Est... Je suis donc arrivée en retard chez la propriétaire de la voiture. mais elle ne m'en a pas tenu rigueur. Je lui ai rendu son véhicule, j'ai récupéré mes clés. Nous avons essuyé la tempête. Heureusement pas complètement car nous avons trouvé abri dans le métro.
Demain, nous faisons le grand ménage de l'appartement que nous quittons, puis nous prenons les derniers sacs et nous allons chez mon autre copine.
Nous allons tenter une expérience : vivre en communauté chez une autre famille. On va être un peu les uns sur les autres. MAis à la guerre comme à la guerre. Et pendant ce temps là, le Nôm vit confortablement dans notre quatre pièces, sans se poser la moindre question. Je lui ai laissé un message sur son portable. Il ne m'a pas rappelé. Il ne prend même pas des nouvelles des filles. Il les reçoit quand je les lui amène. Je ne lui amène pas, c'est pareil. Dimanche dernier, avec la chaleur qu'il faisait, je lui ai proposé d'aller à la piscine avec les filles, elles adorent jouer avec lui dans l'eau, j'ai suffisemment de photos de moment pareils. Ben non, ça le faisait chier. A la piscine à Paris il faut mettre un bonnet de bain, alors non. Voilà, le bonner de bain avant ses enfants...
J'en ai marre. Je veux mon appartement, je veux retrouver mon lit, mon ordi, mes disques, ma télé, mes habits, mes chaussures, mon imper. Ne pas à me faire des plannings monstrueux pour récupérer un cahier, un livre, un bordel quelconque dont les filles ont besoin pour aller le chercher dans mon appartement. J'en ai marre de traîner mes valise. De ne pas savoir de quoi demain sera fait. Je veux être chez moi !