Les vacances, cela commence toujours par un immense stress.  Accentué cette année par le fait qu’il faut que je prépare les bagages à partir de deux appartements différents, dont un où je ne vis plus et dans lequel tout n’est pas entièrement déballé. Et dans lequel je n’ai pas envie de croiser l’ex-homme de ma vie.
J’ai préparé un premier sac lors de notre dernière visite “officielle”. Puis je suis revenue cette semaine avec Lou prendre ce sac et préparer d’autres choses. Mais nous avons oublié les serviettes de plage. Je ne sais même pas où elles sont. En plus, il faut que j’achète un maillot pour Léone et un autre pour Lou. Du coup, jeudi, direction Décathlon. Serviettes pour tout le monde, maillots aussi pendant que j’y suis parce que j’ai oublié le mien et que je ne veux pas retourner à la maison. Et que celui de Garance commence à être un peu petit.

Jeudi soir, je devais dîner avec une bande de blogueurs invétérés. Mais je suis sortie tard et exténuée du travail. Du coup, je suis rentrée ranger l’appartement, celui où nous vivons, et puis finir les valises. J’ai jeté un œil dans celle de Lou et je me suis rendue compte qu’elle y avait mis quatre gros pulls, des grosses chaussettes et pas de sandales. Elles sont restées dans l’autre appartement. Je peste intérieurement. J’ai pas envie d’y aller. Tant pis, je n’irai pas. Je lui en achèterai des neuves. Cette séparation va me coûter la peau des fesses. Et puis, plus tard, éclair : j’ai complètement oublié les sièges auto des petites. Il y a des détails comme ça qui vous tuent une fin de soirée…

Du coup, vendredi, je me suis levée plus tôt. Je suis passée chez mon mari – non, chez nous, me reprend ma fille, et elle a raison –, pour récupérer les sièges, les sandales et quelques petits trucs pendant qu’on y est… Puis, j’ai été bosser. Bouclage, stress. Quand les dernières pages qui devaient partir sont enfin finies, je m’octroie une pause. Je vais aux Abbesses chercher les lunettes de Lou et mon ipod qui a fini par arriver. Juste à temps. C’est mon jour de chance….
Retour au journal. Nous nous dépêchons, nous sommes plusieurs à vouloir terminer de bonne heure. Lou me rejoint vers 17h30. Une heure plus tard, je me sauve en sautant comme un cabri. “A dans quinze jours…” clame-je. Je suis en vacances. Raaaaaa lovely… Putain, ça fait du bien. La quille, enfin !
Métro direction Gare du Nord pour récupérer la voiture louée. “On vous propose le modèle au-dessus
Pour le même prix ?
Mais oui, bien sûr…”
Je n’allais pas refuser, c’était vraiment mon jour de chance. La voiture, c’était vraiment une bonne nouvelle. Traverser la France avec trois mominettes entassées, ce n’est pas la même chose qu’avec trois filles qui ont de la place pour bouder dans leur coin sans se marcher dessus.

A 20 heures, nous étions à l’appartement. Il a fallu descendre du 6e le gros sac, la valise, le carton avec la bouffe, les multiples sacs à bordel. Avec Lou, nous nous sommes suffisamment bien organisées pour n’avoir que deux fois les escaliers à monter.

20h30, départ direction l’Eure et Loir pour une première étape chez ma mère où m’attendent les petites. Nous n’avons pas vraiment eu de problèmes sur la route. A 22 heures, nous étions arrivées. Dîner, dodo. Extinction des feux à minuit.

7 heures. On ne peut pas dire que j’ai bien dormi. Dormir avec les deux plus petites n’est pas de tout repos. Trois dans le lit, c’est excessif. Mais à 7 heures, je suis lucide, sinon fraîche. Je prends une douche histoire de me remettre à l’endroit, réveille la petite famille. Je voulais que nous partions à 8h30 dernier carat. A 8h20, tout le monde est en voiture. J’en suis toute étonnée. A croire que c’est le Nôm qui nous mettait en retard…
Nous prenons la route. Les trois filles se rendorment quasi tout de suite. Je roule seule. Il fait un temps superbe. Tout va bien. Et ça va continuer tout le voyage. A 10 heures, première pause. Les filles sont en pleine forme, je commence à trouver le temps long. Elles vont courir sur les jeux de l’aire de repos, moi je m’allonge dix minutes dans la voiture. Puis nous reprenons la route. Le plus dur est de maintenir la vitesse sans se laisser déborder. Mais je passe sans encombre les radars, fixes ou volants.
Il est 13 heures quand nous nous pausons une seconde fois. L’aire de la tête de Loup, ça ne s’invente pas. Je fais de l’essence. Nous achetons des sandwichs pour le déjeuner, ainsi que des Yop et des boissons. Enfin, surtout de l’eau pour les filles et du Coca pour moi, qui remplace le café.
Les filles font de la balançoire, elle crient, courent, se poursuivent, ravies. C’est toujours autant d’énergie qu’elles n’auront plus à revendre en voiture.

Il fera beau dimanche


Dernier arrêt à 16 h 30. Nous ne sommes plus très loin du but. Mais je ne me sens pas très bien. J’ai l’impression que le sandwich n’était pas très frais…
A 17 h 30, nous arrivons à la gare maritime de Marseille. Nous sommes parmi les premiers. J’essaie de me reposer, je ne me sens vraiment pas en forme.  Les oiselles n’ont pas ce problème. Elles vont tellement bien qu’elles en sont quasi insupportables.Et que je cours dans tous les sens en hurlant, et que je fais des niches à mes sœurs qui le prennent mal et se mettent à geindre, et que je réclame, à maman, quantité de choses qu’elle ne peut pas donner (sinon, ce ne serait pas drôle…) Ces filles-là m’épuisent littéralement. Tiens, je vais les vendre…
Et puis, une heure après, sans que j’aie vraiment fait quoi que ce soit, je me sens bien mieux. Notre bateau est arrivé.

En partance...


L’attente continue, mais ça commence à sentir la fin. La faim aussi d’ailleurs…
20h15. Les motos embarquent. Nous suivons. Je gare notre véhicule que nous abandonnons pour rejoindre notre cabine. Elle n’a pas de hublot, tant pis. Elle est confortable, c’est le principal. Pour une famille, il est beaucoup plus avantageux de louer une cabine que de réserver des sièges sur lesquels de toute façon, on ne dort pas. Et moi j’ai besoin de dormir. Dormir, oui dormir…
C’est pas tout à fait pour tout de suite.
Nous montons sur le pont supérieur pour voir le bateau quitter le port.

En partance


Nous découvrons Marseille, ses vieux docks, notre Dame de La Garde dans le soleil couchant. Je mitraille. Les lumières sont belles.

En partance...


Mais l’appel de l’estomac est plus fort que celui du grand large. Ma progéniture réclame à manger. La maman oiseau va leur donner la béquée.
En fait de vers et d’asticot, nous choisissons des steaks hachés (pour les oisillonnes) et une entrecôte (pour la maman oiseau). Le tout accompagné de frites traditionnelles. Le troisième restaurant du bateau est un self tout ce qu’il y a de plus classique. Et ne serait-ce le bruit et les mouvements du sol, il est bien difficile de s’imaginer ailleurs que sur la terre ferme.
Dis Maman, peut être que c’est le bateau de Cédric…
Pour ceux que la petite histoire n’intéresse que modérément, je rappelle que Cédric est un candidat de la Nouvelle Star, qu’il est plutôt beau gosse et qu’il est marin sur un bateau faisant la plupart du temps la traversée vers la Corse. Et mes filles en sont totalement fadabringues…
Sur ce, j’attaque mon entrecôte en regardant les côtes s’éloigner sans aucun regret.
Après dîner, nous visitons les deux ponts les plus intéressants du navire : les restaurants, les boutiques, le bar avec son orchestre et… la discothèque. Garance était prête à y faire un tour. Je la hèle juste à temps.
Lou a l’impression de partir en croisière et de nager dans le grand luxe.  Elle se fait une idée de la chose bien à elle. Nous sortons sur le pont. Le ciel est plein d’étoiles. Léone se sert contre moi et se met à pleure. Trop plein d’émotions, de fatigue, de voyage, d’angoisses… Cinq minutes plus tard, elle rit à gorge déployée des pitreries de sa grande sœur.

Nous passons à l’avant, mais il fait froid. Alors nous finissons par rejoindre notre cabine. Et puis on nous a bien prévenues : demain, le réveil se fera à 6 heures. On s’en fout, ce sera pour débarquer enfin en Corse.

Des milliers de photos aussi, mais elle viendront plus tard… On peut en voir déjà sur mon compte Flickr. Il suffit de cliquer sur une de celle dans cette page.