J'adore cette année

J'adore 2008. C'est vrai, c'est une année géniale, enfin pour moi. Bon 2007 n'était pas mal non plus. Mais 2008, pardon, quel millésime !

Je ne me rappelle pas comment je l'ai commencée. Aucun souvenir du jour de l'an. Le blog me laisse supposer que j'étais chez ma mère. Les photos ne me racontent rien du tout. Elles ont disparues dans le cratch de mon disque dur. Donc, non, je ne sais plus. Et puis la période était compliquée. Je devais tenir mes enfants éloignées de leur père, sous peine qu'on me les enlève.

Je me souviens bien par contre que ça a été ma préoccupation pendant les cinq premiers mois de l'année. Faire en sorte qu'on ne me les enlève pas. Pour ça, j'ai quitté mon mari et ma maison, j'ai changé de boulot et de métier, de ville aussi. Oui, 2008, une bonne année quand on y pense...

Mais c'est pas grave, parce qu'il y a eu quand même de bons cotés. Il y a eu plein d'amis qui m'ont aidée. j'ai trouvé un nouveau boulot que j'aime beaucoup, une nouvelle maison bien plus belle que la précédente, une nouvelle ville, une nouvelle vie. Et je suis toujours avec mes enfants.

Ce mois de décembre s'achève sur la même tonalité : une longue suite de merdes plus ou moins grandes avec ça et là des trucs plutôt sympas. Voici les faits :

Mardi, la personne mandatée par le juge des affaires familiales pour mener l'enquête sociale, nous avait donné rendez-vous chez le Nom. Comme je suis une brave fille, et comme nous étions donc obligées de monter à Paris, j'ai donc proposé au Nôm que les petites passent la journée de lundi avec lui, que le lundi soir nous fassions un "réveillon" de noël, qu'elles dorment chez lui (et mois avec, ce qui me réjouissait comme on peut bien l'imaginer). Et puis le mardi, en quête sociale pendant que je faisais des courses dans le quartier, déjeuner en famille et sur les coups de 15 heures retour vers le bercail.

Ça ne s'est pas passé exactement comme cela. Vendredi, déjà, le Nôm m'a dit qu'il ne pouvait pas voir es filles pendent la journée de lundi. On a décalé le rendez-vous à 18 heures. Dimanche, nous avons fait la route sans trop de soucis, j'ai déposé Lou chez une de me sœurs, puis j'ai rallié le 19e où m'attendait une amie. Nous avons passé une soirée sympa, à papoter et à déguster une soupe absolument succulente.

Lundi, l'amie est partie travailler. Les filles n'avaient pas envie de bouger. Nous sommes donc restées au chaud. Je me contentais de descendre toutes les deux heures pour mettre des sous dans le parc mètre et faire des courses chez le Chinois d'en bas : jambons de noël, apéritifs, nouilles, queue de cochon, colombo. Il n'y a que chez les Chinois qu'on trouve de bons produits antillais. A 17 heures, branle bas de combat. Le 18e et le 19e ne sont pas éloignés, mais à certaines heures, ça demande du temps d'aller de l'un à l'autre. Nous sommes effectivement arrivée trois bons quarts d'heures plus tard. Plus un autre bien tassé pour trouver une place. En passant plusieurs fois devant notre ancien imeuble, nous avons vu que l'appartement était désert. Pas une lumière.

Après avoir garé la voiture, je l'ai appelé. Il n'était pas dans les parages. Il était à Bastille. Il arrivait. Je n'étais pas très contente, les filles non plus. Nous avons fait contre mauvaise fortune bon cœur. Nous avons été faire un tour dans le quartier. J'ai acheté des pains au chocolat. Puis nous avons été acheter une paire de bottes à Garance qui n'en avait plus. Vous dire que le modèle qu'elle a choisi me plaît serait abusif, mais il fallait bien compenser d'autres frustrations et le prix était raisonnable. Puis nous avons refait un tour du quartier. Deux heures et plusieurs coups de fil furieux plus tard, nous en étions toujours au même point. Il pleuvait. Nous étions assises dans la voiture. A 20 heures, j'ai rappelé. Il était toujours à Bastille. Les filles pleuraient. Je lui ai annoncé pr téléphone que nous partions. J'ai démarré la voiture et nous sommes retournées chez ma copine. Qui, prévenue, et pour faire passer la pilule aux petites, s'est ruée sur le Monoprix le plus proche pour leur acheter des cadeaux. Nous étions sensées passer une soirée de noël.

Trois quart d'heure après, le Nôm appelait. Nous pouvions venir puisqu'il était rentré. Mais comme dit l'adage, après l'heure, c'est plus l'heure. Je l'ai envoyé promener. Il n'avait tout simplement pas imaginer que je pouvais faire ce que j'avais dit. C'est bien le problème. Il n'a jamais cru que je mettrais mes menaces à exécution. Même au début de notre rencontre. Il m'emmenait dans des soirées en Guadeloupe où il n'avait rien de plus pressé que de me laisser tomber pour aller papoter avec les autres hommes. Je me retrouvais assise, dans un coin, au milieu de femmes que je ne connaissais pas, qui parlaient en créole de choses dont je me balançais totalement. La première fois, j'ai encaissé. La seconde, je l'ai averti que s'il recommençait, je partais. Et je suis partie. Sans rien dire. Sans esclandre, sans scandale, j'ai pris la voiture et je suis rentrée à la maison. Il ne m'en a pas voulu. Ça l'a même fait rire. Juste il prenait la précaution de prendre les clés de la voiture pour un prétexte ou un autre. Mais il n'a pas compris que je fais toujours ce que j'annonce. Comme il n'a pas cru trente seconde que je pouvais quitter la maison avec les enfants alors que cela faisait trois mois que je l'en avertissait.

Grâce à mon amie, nous avons passé une très bonne soirée. J'ai commencé par descendre trois verre de vodka glacée, histoire de reprendre le contrôle de la situation. Les filles ont eu des cadeaux et elles en ont été ravie. Nous avons fait un petit réveillon qui pour improvisé qu'il fut n'en était pas moins très agréable. Après l'amer, la douceur. J'ai sans doute passé une bien meilleure soirée que si j'étais restée chez M. le Nôm. Mais cette soirée-là n'aurait pas dû être pour moi, elle était pour les enfants.

Le lendemain, à 10 heures, nous sonnions à sa porte, en même temps que l'enquêtrice. L'air était glacial. je me suis éclipsée vite fait bien fait. J'ai fait des courses, des photos. Une heure et demi plus tard, j'ai eu le droit de rentrer. Il était plus détendu. Il a fait comme si de rien n'était. Moi aussi. j'avais dit ce que j'avais à dire. Il a préparé un repas créole. Lou était censée faire des courses aux Abbesses. Je devais donc l'y rejoindre puis nous repartions pour Tours. J'attendais ce moment avec impatience. Mais Lou était en retard. Au lieu de partir à 15 heures, je l'ai retrouvée à 16h30. Une heure et demie, ça n'a l'air de rien. Mais nous étions à la mauvais heure. Embouteillage partout. Des voitures dans tous les sens. Je fulminais. Je pestais contre la grande qui nous avait mis inconsidérément dans la panade. Nous avons mis trois heures pour arriver jusqu'au péage. A peine deux pour faire le reste.

Vous me direz que tout cela n'est pas trop grave en regard à ce qui s'est passé, avant. Non, c'est juste que... vous savez l'histoire du vase, de l'eau et la petite goutte. Enfin, la vie était quand même belle, et c'était tant mieux. Le lendemain ma sœur et son mari arrivaient. J'avais prévu un bon repas avec jambon de noël et vouvray en apéro, rôti de biche, purée de panais et de pomme de terre, pommes de terre sautées. un bon petit vin.

C'était sympa de les voir tous les deux, à la maison. J'étais heureuse. Nous avons passé deux jours super chouettes. La bouffe était bonne, enfin je le crois. Parce que je n'en ai pas totalement profité. J'ai attrapé une gastro. La pharmacie la plus proche m'a sauvée à peu près des nausées. Mais là, maintenant que les invités sont partis, je me vide. Enfin, mes intestins surtout.

Vous me direz... Non, vous ne me direz rien du tout. Je n'ai pas besoin. Je sais parfaitement me remonter le moral toute seule. J'aime les symboles. Et il me plaît de croire que cette année qui se termine, eh bien je lui chie à la gueule.

Commentaires

1. Le vendredi 26 décembre 2008, 18:36 par samantdi

Sacrée chute pour un billet qui te ressemble tellement : même dans les mauvais moments, debout contre le mauvais temps !

La gastro devrait se méfier et commencer à prendre la tangente !

Je vous embrasse, belles tourangelles.

2. Le vendredi 26 décembre 2008, 18:52 par jeanpadupe

Je t'acompagne pas à pas,mais je n'ai pas besoin de gastro pour ça.

3. Le vendredi 26 décembre 2008, 23:08 par karmara

Cette année était une sale garce, mais tu as assuré grave :-)
J'espère que 2009 vous sera plus douce.

4. Le vendredi 26 décembre 2008, 23:21 par Lyjazz

13 lunes, j'ai entendu parler des 13 lunes de 2008 et de 2007 : ce sont elles les fautives parait-il...
En tout cas, si 2007 a été pas mal pour nous, 2008 a été gratinée aussi.
Se battre, encore et toujours.
Ton année a été valeureuse et courageuse.
Ton corps sait ce qu'il fait.
Tu seras bien lavée de l'intérieur pour commencer 2009.
Chapeau !

5. Le samedi 27 décembre 2008, 11:26 par Anne

Quelle saine philosophie ! Ceci dit, si tu pouvais rester dans le métaphorique, tes intestins en seraient plus heureux :-o

6. Le samedi 27 décembre 2008, 22:07 par Moukmouk

très bonne finale. 2009 va être mieux, ce n,est pas la lune mais moi qui le décrète.

7. Le dimanche 28 décembre 2008, 00:25 par Aude

Tu t'es vidée de toute la merde de l'année, tu lui a chié et vomi dessus! z-z :-p

8. Le dimanche 28 décembre 2008, 07:47 par Anne

Tu m'as inspirée, je me suis réveillée au milieu de la nuit avec un torticolis... une façon de tordre le cou à 2008 ?

9. Le dimanche 28 décembre 2008, 12:19 par luciole

Il y a des années comme ça, inimaginable ... Et pourtant. ... Tu finis vidée, y a de quoi ... Mais il y en a aussi qui sont inimaginables version bonheurs ... Je vous embrasse.

10. Le dimanche 28 décembre 2008, 14:58 par Clopine

"J'ai traversé cette année comme une piscine : on est au bord du bassin, on plonge, et puis on se débrouille pour arriver de l'autre côté.

Bon, d'accord, dans mon cas, quelqu'un avait vidé l'eau...."

citation de Shroeder dans Schulz.

Vive l'an NEUF, Akynou, vive l'an neuf !

11. Le lundi 29 décembre 2008, 08:22 par Valérie de Haute Savoie

Que cette nouvelle année soit pleine de bonnes choses et chapeau pour ton énergie et ta joie de vivre. Je vous embrasse très fort et merci pour cette vraie et belle leçon de bonheur.

12. Le lundi 29 décembre 2008, 12:27 par Akynou

Clopine, l'an neuf, ouiiii, je n'y avait pas pensé; Ça m'a donné la pêche pour le coup.
Samantdi : j'ai fini par lui faire la peau. Tu me connais :-)
Kamara : oh oui, j'aimerais bien. Les filles vont tellement mieux.
Lyjazz : 2008 a été gratinée pour tout le monde, mais il y a eu quand même de belles choses; l'élection d'Obama, la libération d'Ingrid... Quand même...
Anne : les actes manqués parlent pour nous :-)
Moukmouk, alors si tu le décrète :-)
Aude : non, pas vomi, juste chié. Je trouve que ça marque mieux mon mépris pour l'adversité ;-)
Luciole : Ben oui, quand on a des merveilles... :-)
Valérie : merci
Jeanpadupe : merci aussi :-)

bon, je retourne à mes chères études. depuis deux jours je bosse de façon intensive sur un cours sur les média à l'ère d'Internet... j'en ai déjà dix feuillets...

13. Le lundi 29 décembre 2008, 23:55 par sophie

C'est amusant je pensais à toi hier soir et exactement dans ces termes.... bon courage et bonne année !

14. Le mardi 30 décembre 2008, 12:57 par Marloute

Je te souhaite la meilleure, meilleure, meilleure année qui viennent!

15. Le mercredi 31 décembre 2008, 00:20 par Fauvette

Tu as super bien bataillé oui durant cette année 2008, je t'avoue que je t'ai admirée.
Après le pâtée que tu viens de mettre à 2008, cela m'étonnerait que 2009 ose te chercher des noises !
Je t'embrasse.

16. Le mercredi 31 décembre 2008, 10:55 par Akynou

Sophie : en quels termes ? ;-) LOL
Marloute : pour toi aussi. Tu vas voir que tu as mangé ton pain noir et que le reste va être plus doux
Fauvette : J'ai la fight ;-)

17. Le vendredi 2 janvier 2009, 01:36 par Une Ville Un Poème

Heureuse et sainte année...