J'ai eu une semaine chargée. Cours du matin au soir, partiels, copies à corriger, aller-retour à Paris juste pour une soirée d'opéra, grippe de Garance, gastro de Léone, etc. J'aurais bien aimé souffler un peu ce week-end. Mais c'est toujours la même chose, l'argent attire l'argent, les occupations attirent les occupations. Samedi après-midi, nous avions rendez-vous à Monts, à une vingtaine de kilomètres de Tours, pour une compétition de fleuret.
Alors je me suis levée pas trop tard, assez tôt pour ne pas avoir l'impression de faire une grasse matinée. Et puis j'ai motivé les filles pour faire un ménage circonstancié. L'appartement en avait bien besoin livré qu'il avait été toute la semaine à Garance la bordélique et à le Mouky le crotteux. Nous avons fini à temps pour engloutir une bonne assiette de pâtes (tout le monde au régime sportif) et partir, accompagnées du petit ami de Lou, vers cette destination inconnue, dont tout le monde m'avait dit : « Monts, c'est indiqué partout ! ». J'étais néanmoins munie de la marche à suivre de via*michelin. A qui je ne dirai pas merci, parce qu'une fois de plus, grâce à lui, je me suis gravement paumée.
Il nous a fait prendre l'autoroute, nous devions la quitter à la sortie 24.1, sauf que la sortie en question, je la cherche encore. Elle n'existe que sur le papier. A force de tourner et de retourner, nous avons fini par trouver notre chemin et arriver au gymnase deux minutes avant le scratch, soit l'heure limite d'inscription. J'avais également oublié de prendre des sous et nous n'avions rien pour payer le prix de la compétition. Bref, les parfaits amateurs.
Sur place, dans la catégorie minimes, il n' avait que quatre filles, toutes du même club. Elles ont donc fait les poules avec les garçons, ce qui a beaucoup amusé Lou. Elle adore aplatir les petits morveux qui pensent qu'ils vont avoir un assaut facile parce qu'ils tirent contre une fille. hahahaha... Comme à chaque fois, nous avons beaucoup attendu entre chaque partie. Le tableau éliminatoire n'a commencé que vers 18 heures. Mais il a été vite plié. Et en deux temps trois mouvement, Lou s'est retrouvée dotée d'une médaille dorée supplémentaire. Première. Elle était contente d'elle, contrat rempli. Léone regardait ça avec envie. Mais cela ne l'a pas empêchée de se faire des copines et de jouer beaucoup.


Nous sommes rentrés. Il était pas loin de 20 heures. Il faut dire que je me suis aussi perdue sur le chemin du retour et que nous nous sommes retrouvées à Fondette sans savoir exactement pourquoi. Pour expliquer, j'habite à Tour Centre mais plutôt au sud Est. Et Fondette est une commune au nord ouest. Cherchez l'erreur…
J'étais lessivée, mais il fallait tout de même nourrir ma petite famille. De toute façon, je dis ça tous les soirs et ça ne m'empêche pas de rester devant mon ordi jusqu'à 2 heures du matin.


Sauf que le lendemain matin, pas non plus de grasse matinée. Le réveil a sonné à 7h30. Première tâche, ramasser les excréments du crotteux. Je prends cela avec philosophie. Quand on commence sa journée de cette façon, le reste ne peut qu'être mieux… Seconde tâche, préparer les sandwiches pour toute la famille et pour le Nôm aussi, vu qu'il nous rejoint pour la journée. Puis réveil des mousmés, le plus gentiment possible parce qu'on est dimanche et que je ne suis pas une sauvage. Enfin, pas que.
Nous avons pris la voiture avec une demi heure de retard, direction Monts. L'inconvénient, quand vous avez deux filles qui font de l'escrime, mais qui ont quelques années d'écart, c'est qu'elles ont compétition au même endroit, mais pas le même jour. Donc aujourd'hui, dimanche, c'était au tour de Léone. Pour la toute première fois de sa vie, elle allait disputer une compétition de fleuret. Elle était légèrement (à mort) anxieuse (au point d'en avoir mal au plexus) mais faisait mine de rien (sauf qu'elle ne parlait plus du tout ce qui chez elle, quand elle est avec moi, est un signe). Et, le croiriez-vous, je me suis encore paumée. Enfin, non pas tout à fait, mais j'ai tout de même fait un demi tour parce que la bifurcation n'était indiquée que d'un côté et évidemment, celui à l'opposé. Nous avons croisé deux accident à 60 mètres l'un de l'autre, que des bris de voiture, pas de blessés, mais quatre voitures concernées. Je me suis dit : « Mauvais signe. Je n'aimerais pas être le troisième. » Nous sommes cependant arrivée sans encombre devant le gymnase où j'ai laissé les filles. Je retournais à Tours chercher leur père.
J'avais une envie d'aller au toilette qui n'aurait pas tenu dans un bocal. Et me réjouissais de récupérer le Nôm chez moi où l'attendait Garance... Et puis mon portable à sonné. Garance partait. Elle me disait qu'elle emportait mes clés. Et moi, préoccupée par la route, je lui ai répondu bêtement : « Mais bien sûr ma puce. » Ce n'est que trois minutes après avoir raccroché que j'ai réalisé qu'il n'y aurait personne pour m'ouvrir la porte des cabinets... Aaaaarrrrgggggg J'ai essayé de rappeler Garance, puis l'amie chez qui elle se rendait. Rien, personne au bout du fil. J'ai laissé des messages. Mais j'ai compris qu'il me faudrait faire la totalité du voyage en serrant les cuisses ce qui, mine de rien, n'a rien de pratique quand on conduit. Et c'est là que je me suis retrouvée coincée derrière une énorme charrette de foin (alors que, pourtant, ce n'est pas l'époque non de Dieu !) Ça a duré pendant quelques minutes qui m'ont parues des siècles. J'ai enfin pu m'extraire de là. Pour arriver à un rond point, où j'ai eu comme un vertige. Je n'arrivais plus à tourner le volant et la pédale de frein ne répondait pas bien. Je crois que tout mon sang a dû se retirer d'un coup de mon visage. Je me suis dit : Ça y est, je suis le troisième ! » Puis, tout de suite après,  : « Je vais faire pipi dans ma culotte. » Heureusement, je n'allais vraiment pas vite. J'ai réussi à reprendre le contrôle de la voiture, les pédales un peu molle. Et j'ai continué ma route à petite vitesse, au cas où. Deux cents mètres plus loin, j'ai su pourquoi je n'avais pas été dans le décor. Le troisième accident était arrivé deux secondes avant que ce ne soit mon tour et un motard ramassait sa moto, prestement secouru par un quidam qui passait par là. Je me suis dépêchée de passer mon chemin, histoire de ne pas tenter la chance une fois supplémentaire.

Je suis enfin arrivée devant chez moi où m'attendait le Nôm, nous sommes reparti à toute allure (façon de parler) vers Monts et son gymnase. Là, je suis arrivée sans me tromper une seule fois. Il faut dire que j'étais puissamment motivée. J'ai garé la voiture, j'en ai jailli, j'ai traversé le parking en galopant (mais pliée en deux tout de même) et j'ai trouvé que les toilettes étaient les plus belles de toute ma vie.

Je suis entrée dans la salle soulagée, détendue et souriante. Il faudra que je pense à faire mollo sur le thé le matin quand j'ai de la route à faire.

Première compétition

Léone avait déjà fait deux assauts qu'elle avait gagné. Dans la journée, elle en a fait huit  (en cinq heures), elle en perdu deux. Ce qui veut aussi dire qu'elle en a gagné six. Elle était, en fin de journée, quatrième au classement général et première au classement féminin. Elle a fait une jolie compétition qu'elle a parfaitement géré. Le stress ne l'a pas entièrement submergée (je le craignais un peu) et les matchs perdus ne l'ont pas mise dans tous ses états (ce que je craignais tout autant). Elle gère déjà beaucoup de choses. Lou était très fière de sa petite sœur, ses maîtres d'armes aussi. Et moi, n'en parlons même pas. J'étais soulagée, détendue et souriante.

Nous sommes rentrés à la maison où le Nom a passé la fin d'après-midi avec les petites (Garance étant rentrée entre temps). Puis je l'ai raccompagné à la gare. Il nous avais apporté du boudin antillais que nous avons dégusté au dîner, avec du pain et du riz. Mais juste avant le dîner, Léone a eu un gros coup de calcaire. Il y avait des bisbilles entre elles et Garance parce que celle-ci avait préféré aller chez une copine plutôt que de venir la supporter. Léone avait gardé cela pour elle toute la journée et là, cela sortait d'un coup. J'ai remonté le moral de l'une, calmé l'agacement de l'autre. Et j'ai sorti ma carte maitresse : la bouteille de champagne qu'oxygène nous avait laissé à Noël. Le sourire est revenu chez tout le monde. Nous avons dîner au champagne pour fêter les deux championnes puis les filles ont roulé sous la table.

Non, ce n'est pas vrai, je suis une mère indigne, mais je sais tout de même garder la mesure. Ce qui est sûr c'est que plus personne n'a pleuré, ou alors de rire et que l'ambiance était très festive.

Léone est partie dormir avec Garance et… sa médaille.

Première compétition