Pas beaucoup d’expos intéressantes ouvertes en ce lundi. Alors je suis partie le nez au vent le long du canal avec mon appareil photo. C’est toujours la même chose, quand je commence ce genre de promenade. Au début, je photographie tout et n’importe quoi, une affiche déchirée, un morceau d’herbe. Puis au fur et à mesure que j’avance, je trouve mes petites pépites personnelles.J’ai dû prendre une centaines de clichés aujourd’hui, mais un seul me fait vraiment plaisir. C’est déjà ça. Les autres ne sont pas mauvais, mais celui-là me plaît.

Au retour, j’ai décidé de faire quelques courses, pour l’amie qui m’héberge et qui rentre demain de vacances. De quoi lui faire un déjeuner. Juste devant le monop’, j’ai croisé Bladsurb, plongé dans ses pensées. J’ai hésité à l’y laisser. Puis je lui ai fait signe. Je n’ai pas si souvent que ça le plaisir de discuter avec lui. Nous avons taillé une (petite) bavette là, sur le trottoir, parlant de spectacles (je m’interrogeais sur son programme de l’an prochain). Je crois qu’il m’a donnée une idée, qui s’est ensuite transformée en envie. Ornette Coleman… ça ne se loupe pas. Le hic, c’est que je crois bien que son concert tombe le jour de la rentrée scolaire…

Nous sommes repartis, chacun de notre côté et j’ai été errer de longues minutes au supermarché de luxe (les prix !!!, plus l’habitude). J’en suis ressortie une heure plus tard, l’estomac dans les talons, prête à défaillir. Quand on petit déjeune à midi, on déjeune rarement juste après. J’avais donc le ventre vide et les jambes flageolante. J’ai grignoté sur le pouce sitôt arrivée à la maison.

A 19 heures, je suis repartie rejoindre une amie dans le 20e. Elle m’a emmené dans un restaurant très sympa dont je ne connais ni le nom ni l’adresse. Dommage, il est situé sur une petite place et sa terrasse bénéficie de l’ombre des grands platanes (je crois que ce sont des platanes, mais je n’y mettrais pas la main au feu). Pendant toute la soirée, la grande m’a breuvée de SMS me décrivant les faits et gestes de chacun. J’ai fini par lui dire que je dinais avec une amie. “Mais tu m’avais dit que je pouvais t’envoyer des SMS comme je voulais.” Oui, mais il y a des limites tout de même.

Ma copine n’était pas en reste avec sa propre progéniture, ce qui nous amusait beaucoup. Un sociologue passant dans les parages aurait encore parlé des ravages de la société de la (télé)communication… qui frappe non seulement les adolescents mais aussi les mères de famille. A minuit, j’ai pris le métro pour rentrer. Je suis descendue à Stalingrad. et j’ai marché le long du canal. Au loin, de la musique. C’est la caserne des pompiers qui donne son bal, orchestre et sono. Et les pétards des enfants. J’ai dailleurs passé mon après-midi à dire : ça sent le pétard, mais pas celui auquel on pense… L’hôtel - celui qui a remplacé l’immeuble des magasins généraux parti en fumée - clignote : un coup rouge, un coup bleu, un coup rose. J’essaie de le photographier dans chacune des couleurs. Pas facile d’autant que, comme je n’ai pas de pied, j’utilise la minuterie pour bouger le moins possible (on fait toujours bouger l’appareil quand on appuie sur le déclencheur). Je finis par shooter le rose, après deux bleus et trois rouges. Mais sur la photo, le rose n’est pas rose, il est lavasse. En politique, c’est pareil. Mieux vaut carrément un bon rouge.

Je rejoins mon immeuble et monte dans mon septième. Il fait lourd dans l’appartement alors que la nuit est douce et fraîche. J’ouvre la fenêtre et le bal des pompiers s’installe dans le salon. Il va être difficile de dormir la fenêtre ouverte. Tant pis. 

Demain matin, je feignantise. Demain après-midi, je dois avoir un goûter dans un square. Demain soir, je dîne chez une autre amie. J’ai un agenda de ministre.