La fessée

Lili, dans son blog “En passant…” a fait un post sur la fessée. Ce moquant gentiment de l’annonce gouvernementale sur la fessée. Auquel j’ai répondu dans un commentaire : « Pourtant, c’est important aussi. Au delà du terme fessée, il y a les châtiments corporels dont sont victimes les enfants. Et il n’y a pas de quoi rire. »

Lili, qui a compris pourquoi je disais cela, a écrit un nouveau post sur la question, en réponse. Mais à sa lecture, je me suis rendue compte qu’il fallait que je sois plus précise. Parce que je reste en désaccord avec elle sur l’importance de la mesure. Et que les gens ne pourront comprendre ma position que si je raconte pourquoi. Il y a eu de nombreux posts sur ce blog sur ce thème. Je les ai virés parce que je suis en plein divorce, que l’avocat de mon mari est tordu et que je ne veux pas qu’il se serve de mes propos pour les retourner contre moi. Mais le commentaire que j’avais écrit chez Lili était trop long, et son blog l’a refusé. Alors voici ma réponse.


J’ai, comme toi, reçu des fessées quand j’étais enfant. Avec la main ou le martinet. J’ai même arraché les lianes du martinet ce qui fait que j’ai eu une fessée avec le manche, je n’ai jamais recommencé. Ça ne me semblait pas plus grave que cela. Cela faisait partie de la vie. Et je pensais sincèrement que c’était un bon moyen d’éducation. Parce que c’était ce dont mes parents étaient persuadé, ainsi que la plupart des parents à cette époque. Le fait que j’ai (toujours) un problème avec l’autorité, que j’ai piqué des colères monstrueuses jusqu’à ma dépression et ma thérapie (à 30 ans), que je fuyais tous les conflits et les rapports de force au point de me retrouver sous la table ou que je surréagisse par la violence ne pouvait évidemment pas être lié à cela. Ben voyons !

Quand j’ai eu mes enfants, j’ai commencé par reproduire ce geste : une bonne petite claque de temps en temps, une fessée, ça ne peut pas faire de mal. Sauf que cela réveillait des trucs douloureux et que je devenais violente. Et puis j’ai vu la terreur dans les yeux de ma fille aînée, alors, j’ai arrêté. Et j’ai trouvé d’autres solutions plus efficaces, mais beaucoup moins violent. Mes filles n’ont rien d’enfants-roi.

Mais mon mari, lui, a continué. Il a été élevé à la trique. Et reste persuadé que c’est un excellent moyen d’éducation. C’était pourtant un papa poule extra. Jusqu’à ce que les enfants aient 4 ou 5 ans. Là, il entrait dans la phase d’éducation. Donc fessée, coups de ceinture, j’en passe… Je me suis toujours opposée à cela. Nous en avons discuté de nombreuses fois. Je me suis interposée physiquement. Je pensais qu’il avait compris parce que quand j’étais là, ça allait mieux. Mais il était beaucoup plus souvent à la maison que moi.

Ma deuxième fille a commencé à faire un blocage scolaire sévère en CP. Je n’ai pas fait le lien, puisqu’il “n’y avait pas de problème”. Nous avons mis en branle tout le système : Rased, orthophoniste, pédopsy… Au bout de presque deux ans, elle a craché le morceau : elle ne supportait plus les fessées et punitions de son père qu’elle ne comprenait pas. J’ai encore essayé d’en parler avec lui, mais, en même temps, c’était compliqué, parce que c’était mon mari, que je l’aimais.

Au bout du compte, ma fille était devenue violente contre elle-même et contre les autres enfants. Elle piquait des colères monstrueuses qui me rappelaient des souvenirs. Elle a fini par tout raconter à sa maîtresse qui a fait un signalement. L’institutrice a fait son boulot, je ne l’en remercierai jamais assez.

Nous avons été convoqués par le médecin scolaire, par le juge des enfants, nous avons eu une mesure d’évaluation et de suivi par des travailleurs sociaux nommés par le juge. Mais mon mari, en toute bonne foi, a continué le même principe d’éducation parce qu’il est pense que c’est le bon, qu’un père a le droit de battre ses enfants quand ils font des bêtises, et qu’il ne veut pas que ses filles deviennent des délinquantes. Et que c’est une affaire privée qui ne regarde personne. Et surtout pas l’Etat.

J’ai été convoquée à la brigade des mineurs (entre autres) avec les filles. Nous avons toutes témoigné les unes après les autres. Puis on m’a lu les témoignages des filles. Ils racontaient tous la même chose, suivant leur âge (13, 9, 7 à l’époque). Et encore aujourd’hui, quand j’y pense, je pleure. Je me souviens entre autres du passage ou celle du milieu s’accusait de n’avoir pas pu défendre sa petite sœur parce qu’elle était planquée sous le lit et qu’elle avait trop peur de son père.

Les travailleurs sociaux ont demandé à mon mari de quitter la maison. Ce qu’il a refusé de faire. Et comme on menaçait alors de nous enlever les enfants, c’est moi qui suis partie, avec les filles. Pendant cinq mois, nous avons campé dans des appartements qu’on nous prêtait ou chez des amis. Je ne remercierai jamais assez tous ceux qui m’ont aidée, dont Leeloolène. Et puis j’ai eu une proposition de boulot à Tours et nous avons quitté Paris.

Pendant une année, les deux dernières ont continué à dormir ensemble car elles avaient des terreurs nocturnes. La grande a fait une tentative de suicide. Mais maintenant, tout cela est loin. Elles vont bien.

Alors non, on n’a pas le droit d’éduquer ses enfants dans la violence. Quelle qu’elle soit. C’est déjà le cas légalement, chose que beaucoup de gens semble ignorer. Et non, les juges ne mettent pas tous les parents dans le même panier. Ils font parfaitement la différence entre une claque qui part une fois de temps en temps à cause de l’énervement – parce que les enfants, oui, ça peut-être très chiant – et les parents qui en font un principe d’éducation. Dans ce cas-là, ce ne sont pas des mesures de répression qui sont prises mais d’accompagnement pour que le parent en cause puisse changer de fonctionnement. Et quand ça ne marche pas, on l’éloigne.

Oui, il y a d’autres moyens d’éduquer ses enfants que les fessées et autres châtiments physiques. Sans pour autant être laxiste. Le coup, la fessée, la tape, c’est ce qu’il y a de plus facile. Ça part quand on n’a plus de mot. Efficacité 0. Le fait que je dise aux filles que mon seuil de tolérance est dépassé a toujours été plus efficace que tous les coups de mon mari.

Alors oui, il faut trouver des ressources pour imposer son autorité et oui, ce n’est pas facile. Moi, j’ai envie tous les jours d’ouvrir la boîte à baffes comme je dis. Mais je me retiens. Nous nous retenons toutes ensemble.

Oui, il faut que l’Etat puisse intervenir dans les familles pour protéger les enfants. Moi-même, je n’ai pas su le faire pendant longtemps, jusqu’à ce que je parte. Parce qu’il s’agissait de mon mari, que je l’aimais. Mon avocate m’a beaucoup aidé. Et les deux juges qui ont suivi le dossier, ils étaient remarquables. Parce qu’ils ont tout à fait compris ce qui se passait. Mais j’ai failli perdre mes trois filles.

Au Canada, la fessée est déjà interdite depuis des années. Avant, ça me semblait ridicule, insupportable. Mais je me suis rendue compte qu’en fait, c’était une bonne chose. Et si les associations de protection de l’enfance le réclament, c’est parce que sur le terrain elles ont pu mesurer l’importance de cette décision.

Par contre, d’accord avec Lili pour dire que cette décision a été présentée de façon tout à fait ridicule par le ministère et les médias. Et quand je dis qu’il n’y a pas de quoi en rire, je ne pense pas tant à ce qu’elle écris dans ton post, qu’à certaines plaisanteries lues dans les commentaires, qu’à ce que j’en ai entendu à la radio,  qu’à cette élue socialiste qui parlait de la nécessité d’une fessée pour Royal. Cette dernière est peut-être une tête à claque, mais la saillie n’était pas drôle, voire méprisante vis-à-vis des enfants que la loi veut essayer de protéger.

C’est que le mot de fessée fait rire, parce qu’il a également une connotation sexuelle. Si on cherche fessée, en image, sur google, on tombe immanquablement sur ces images coquines représentant une jeune femme renversée sur les genoux d’un homme, les fesses à l’air, en train de se faire administrer la fameuse fessée. Un même geste pour deux choses différentes et pourtant semblables. Tu ne trouves pas cela troublant ?

Commentaires

1. Le dimanche 29 novembre 2009, 14:31 par luciole

C'est parce que nous avons tous en nous cette part de violence que la loi nous fait si peur, nous nous sentons tous susceptible d'être hors la loi.

Pour ma part, je renforcerais plutôt l'éducation des parents, que la loi punitive. Pour ce qui est des violences faites aux enfants, la loi actuelle me semble suffisante.

2. Le dimanche 29 novembre 2009, 14:57 par Lili

Je comprends encore mieux ta réaction et je ne te cacherai pas que je me doutais que derrière ton commentaire existait une histoire personnelle plus grave.
La question que je me pose maintenant c'est de savoir si avec une loi contre les chatiments corporels ton mari aurait eu une attitude différente.........
Tu as raison, mille fois raison, et tu as été courageuse et je t'admire, mais une sérieuse communication sur la violence me semblerait vraiment plus utile qu'une loi qui conduirait à cacher ces comportements plutôt qu'à induire une remise en question des comportements. Nous sommes une génération qui a connu les chatiments corporels, et communiquer sur ce point me semble indispensable.

3. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:01 par poufpouf

Je suis de l'avis de Luciole.
Apprendre aux parents que des alternatives existent
Leur apprendre comment se faire comprendre des enfants, comment donner une gradation dans les punitions pour que leur sévérité soit en lien avec la bêtise. Quand la fessée part, en dernier recours, je m'interroge toujours sur le "et après ? tu fais quoi ?".
Leur apprendre également comment évacuer leur trop plein de stress, de rage, d'agacement qui n'ont rien à voir avec les enfants mais que la réaction de ces derniers vient invariablement raviver.
Mais j'ai toujours au fond de moi, en pleine fatigue, quand ça déborde, et que je donne une fessée, cette peur de ne pas arriver à me contrôler ...

4. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:11 par Floh

Bonjour Akynou,

J'ai suivi le débat sur le blog de Lili. Je me sens un peu concernée par la remarque sur les commentaires légers et moqueurs, et donc je me permets d'intervenir ici, pour la première fois. J'aurais préféré que ce soit dans un cadre un peu plus léger, mais bon ;)
Ton témoignage est poignant, et donne beaucoup de sens au débat. Je comprends que tu ressentes le besoin de recadrer les situations, et le besoin d'expliquer. Et même si ça fait un peu conventionnel, je te le dis très sincèrement, j'admire ton courage, ta détermination et ton parcours. Je n'ai pas vécu le quart de la moitié de ce que tu as traversé, et pour moi c'était déjà le bout du monde.
Je comprends ton point de vue sur le débat. Je reste néanmoins réellement interrogative, au-delà du manque de communication de l'Etat, dont je ne reparlerai pas. Je m'interroge véritablement sur la capacité à juger sur un acte qui, comme tu le dis très bien, n'a pas réellement d'autre but éducatif, si ce n'est celui de "soulager" l'adulte. Tu as eu affaire à des juges compréhensifs, intelligents et qui t'ont énormément aidée, et c'est une bonne chose, mais chacun pourra-t-il avoir cette chance, avec une loi encore plus dure, et des juges moins compréhensifs? C'est une réelle question, parce que je ne me suis pas penchée sur le texte. Et j'espère avoir tort.

Dans mon enfance, j'ai dû avoir un nombre de fessées qui peuvent se compter sur les doigts des 2 mains. Une seule claque, dont je me souviens encore (bien plus la brûlure que la raison d'ailleurs). Je ne remettrai jamais en cause ces actes, parce que je pense sincèrement que c'était en effet un "trop plein" de mes parents, mais ça ne m'a pas traumatisée. Comme disait quelqu'un sur les commentaires de Lili, je pense qu'on peut encore plus blesser par des mots sans même lever la main, et que les dégâts peuvent être aussi terribles que les coups, sans pour autant, du coup, être "hors la loi". Comment, dans ce cas, peut-on légiférer en mettant des limites, en toute objectivité, et en s'assurant qu'il n'y aura pas d'abus, dans un sens ou dans l'autre?
Comme le dit Luciole, et après tout comme tu l'évoques dans ton témoignage, le point crucial est sans doute l'accompagnement des parents, afin de les faire, s'ils le peuvent, changer de comportement, et prendre conscience de leurs abus. Mais une loi de plus que celle qui est est déjà présente, est-ce que cela va réellement apporter plus de prévention?

5. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:47 par Akynou

La loi n'est pas seulement là pour punir. Il ne s'agit pas de mettre à l'amende et d'emprisonner des parents délinquants. Mais de les faire rencontrer une institution qui leur fera prendre conscience de la réalité de la chose, leur permettra d'être accompagnés dans la réforme de leurs habitudes de leurs modes de pensée.
Et seulement si les choses n'avancent pas, alors là, oui, intervenir plus fermement, éloigner le parent. Et donner réellement les moyens au juge de le faire. La loi actuelle n'oblige pas le parent violent à partir. Le seul recours du juge pour protéger les enfants, c'est de les placer. Et de les enlever du même coup à l'autre parent qui n'est pas forcément défaillant et qui est peut-être aussi tout autant victime (ce qui n'était pas mon cas).
Mon mari et moi avons pu bénéficier de cet accompagnement, c'est une procédure très commune. Les juges en voient tous les jours des gens comme nous. Ça aurait pu s'arrêter là si quelque chose avait changé. Mais il n'en a rien été, les enfants avaient toujours aussi peur.

Si une loi avait permis que mon mari soit simplement sorti de notre maison, qu'il soit obligé de faire un travail de thérapie, etc. cela m'aurait évité cinq mois de galère avec mes filles à dormir à droite à gauche. C'était violent. Nous étions toutes les quatre à courir dans Paris, à déménager régulièrement alors que lui vivait seul dans notre appartement de quatre pièces avec tout le confort. Est-ce que c'était normal ? En même temps, c'était moins pire que rester. Très vite, les filles ont commencé à aller mieux.
Mais nous, nous avons eu la chance d'avoir des amis pour nous héberger, que j'ai une situation, que je gagne bien ma vie, etc.
Si moi j'avais mis mon mari dehors, il aurait pu tout à fait légitimement demander à réintégrer le domicile et à ce que je sois moi condamnée. Je n'avais même pas le droit de partir avec les enfants. C'était abandon du domicile familiale. Et mon mari a demandé la réintégration des enfants. Si le rapport des experts n'était pas intervenu à temps, il aurait pu l'obtenir, ça se voit tous les jours.

Le juge des enfants n'a aucun pouvoir sur les parents, que celui de leur enlever les enfants. Et croyez-moi, ça c'est insupportable. Ce n'est même pas une bonne solution pour les enfants. Les miennes étaient terrorisées à cette simple idée. Au point qu'à un moment, elles ont pensé refusé de continuer à dire les choses.

Alors oui, il faut que la loi soit plus forte, plus claire et dise les choses de façon nette et précise. Je précise au passage que ce n'est pas une loi française mais une décision européenne que la France est tenue d'appliquer.

Quant aux campagnes de prévention, il faut combien d'années pour qu'elles soient efficaces ? Combien d'enfants seront-ils encore victime avant que ça change.
Ça fait combien de temps que les violences faites aux femmes sont réellement punies ? Très peu. Et avant, il y en a eu des campagnes de prévention. Pour quel résultat ? Ridicule !

Quant au courage, celles qui en ont eu, du courage, ce sont mes filles, qui ont dit. Qui ont réussi à surmonter leur peur, leur douleur, pour dénoncer un père que pourtant, elles aiment. Mais qu'elles encore du mal à voir. Pendant des mois et des mois, elles se sont tues parce qu'elles ne voulaient pas que nous nous séparions parce qu'elles savaient que j'aimais mon mari. Et elles se sont protégées mutuellement. Et elles sont montées au créneau ensemble à partir du moment où elles ont compris que c'était inévitable. Et chacune à son tour elles m'ont obligé, de façon très lucide, à continuer à me battre pour elles contre leur père. Ce sont des sacrées nénettes. et Je suis fière d'elles.
Moi, je n'ai fait que prendre des dispositions pour les soustraire à cette situation. Et Dieu sait s'il a fallu qu'on me foute des coups de pied au cul pour que je m'y mette. J'ai mis très longtemps, trop longtemps à réagir.

Je disais toujours que je voulais que mes filles soient des femmes libres et qu'elles n'acceptent jamais d'être battues ou rabaissées par amour. Et je me dis qu'elles sont sur le bon chemin. Mais à quel prix !

6. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:55 par Akynou

Autre chose, je suis assez d'accord avec Luciole quand elle dit :"C'est parce que nous avons tous en nous cette part de violence que la loi nous fait si peur, nous nous sentons tous susceptible d'être hors la loi."

J'irai plus loin. Cette loi telle qu'on la représente remet en cause l'éducation que nous avons nous-même reçu et nous ne pouvons pas considérer nos propres parents comme des dangers, des criminels. Même si nous nous ne frappons pas nos enfants, nous ne pouvons pas dire que nos parents, nos grands-parents faisaient mal. C'est humain. Il a été plus facile de remettre en cause et de dénoncer les violences des maîtres à l'école que celles des parents. Et pourtant, où est la différence ? Qui aime bien châtie bien, dit l'adage. Si ce n'est pas vrai pour les maîtres, pourquoi ce le serait à l'intérieur de la cellule familiale ?
Laissons nos parents et nos grands-parents où ils sont et gardons leur notre tendresse. Parce qu'ils ne savaient pas. Mais maintenant, nous, nous savons. Alors c'est à nous que cette loi s'adresse et c'est à nous de faire changer les choses. Et si mon témoignage peut y aider, alors tant mieux. Mais une loi oui, une loi pour cette fois. Dieu sait si je suis la première à fustiger notre gouvernement quand il veut légiférer sur tout et sur rien, juste parce que ça fait bien dans le tableau auprès des électeurs. Mais bon, il y a des fois où ça s'impose.

7. Le dimanche 29 novembre 2009, 16:02 par Akynou

Floh justement la fessée n'est pas là juste pour soulager un parent au bord de la crise de nerfs. La gifle oui, la claque, la dérouille, éventuellement… Mais pour la fessée, c'est plus compliqué. Il y a encore beaucoup de parents qui considèrent qu'une bonne fessée est nécessaire à la bonne éducation des enfants (j'avais écrit des parents ;-)) Mon mari fait parti de ceux-là. Pour lui, c'est un mode d'éducation normal. C'est celui qu'il a reçu, c'est celui qui a encore court chez beaucoup de gens de sa famille.
Et je connais dans mon entourage de nombreux gamins qui racontent à ma fille aînée des choses qui me serrent le cœur quand elle me les rapporte. Des fessées bien administrées pour éduquer, mater, corriger… le vocabulaire est extrêmement étendu…

8. Le dimanche 29 novembre 2009, 17:05 par julio

Mon père na jamais toucher un de sais enfants ni avec sa main ni avec des nos dur ou méchants ! Ma mère oui surtout mon frère qui était vraiment terrible pour les autres enfants. Moi je ne croie pas a l’éducation pars la force de quelque façon que se soi. Par contre ma mère avais des horaires très précis qu’il nous fallait respect, l’heur de nous couché des repas etc. elle ne tolérer les retards que quand ont allé au sport. Bon dans l’ensemble je suis asse d’accord avec akynou, même si les problèmes sa arrive aussi aux enfants qui nom pas était battu, subi des violences moi j’avais des problèmes a l’école, et je pleurer tout seule de ne pas comprendre et ma mère était plutôt gentils et compréhensible elle fessait se quelle pouvez pour moi. Ma mère nous appliquer la politique de la chaise el nous mette assis sur une chaise et elle commença a nous explique pourquoi sa il ne fallait pas faire, pourquoi il ne fallait pas trainer le soir etc. bon voila malgré le caractère violent de mon frère et dur du mien je pense que ma mère a su manouvre pour transformer nos caractères en plus, en volonté, en générosité etc.
Moi j’ai eu de la chance parfois je pense que dans une autre maison j’aurai fini bandit !

9. Le dimanche 29 novembre 2009, 17:36 par a n g e l

je n'ai pas tout lu les commentaires

j'ai été élevée avec des coups et la ceinture, et je suis contre les fessées
j'avoue que chez moi, avec mes enfants, je donne deux tapes sur les fesses quand ils font un truc super grave (dernier en date, PItiGasson qui jette ses couverts de colère sur la table, la fourchette n'est pas passée loin de son frère) mais c'est plus le stress qui parle qu'autre chose (pareil quand LaPatate me lâche la main et se sauve dans la rue, il a une tape sur sa couche, ça ne lui fait pas mal du tout, mais il sait qu'il a fait n'imp'). Je donne des tapes sur la main (sans faire mal) quand j'ai dit dix fois non pour le gaz et que l'enfant y revient...

C'est tout.
C'est déjà trop je voudrais faire moins.

N'empêche que cette loi je la VEUX et je l'ESPERE, parce que si je sais que chez moi la violence est maîtrisée, et réfléchie, etc, ce n'est pas le cas pour beaucoup. Des enfants qui se prennent des volées en public, des baffes aussi, j'en vois TOUT LE TEMPS! Et ça me révolte.

Donc OUI A CETTE LOI:
http://lataiedoreiller.blogspot.com...
(deuxième partie du billet)

pour que plus jamais des vieilles connes ne se permettent de martyriser des petits Arthurs.
et que les parents sachent que la loi dit le contraire de leurs pratiques!

:'(

10. Le dimanche 29 novembre 2009, 19:47 par PASDUPE

Je suis un des parents d'avant, je remercie Akinou de son indulgence pour nous.

11. Le dimanche 29 novembre 2009, 20:59 par luciole

Attention, j'ai bien parlé d'éducation des parents et pas de prévention. Former un réseau d'aide qui puisse agir en prévention. Bien sur que des campagnes d'affichages me semblent totalement insuffisantes.
Sinon, tu as raison, la loi telle que tu la décris est insuffisante, mais ça ne concerne pas l'interdiction de la fessée, ça concerne, l'accompagnement, le suivi et la protection des enfants maltraités. Je trouve moi aussi scandaleux, que vous ayez été contrainte de partir. Il devrait en effet exister des mesures d'éloignement du parents coupable de maltraitance.
Ce que je voulais dire c'est qu'il me semble que la loi interdit déjà la maltraitance sur enfant, alors une loi interdisant spécifiquement la fessée...

12. Le dimanche 29 novembre 2009, 21:44 par claramar

Je me pose beaucoup de questions sur l'éducation depuis que je suis maman...j'aimerais élever ma fille sans violence, alors je travaille sur moi quand je sens que la cocotte minute bout...mais elle est encore petite, je sais que ça ne va pas être facile tous les jours...mais je suis convaincue que c'est aux parents de s'éduquer...
A lire pour y réflechir, un petit document réalisé par la Maison de l'Enfant : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0...
Et un texte intéressant :
http://web.me.com/jacornet/Site_1/P...

13. Le dimanche 29 novembre 2009, 22:35 par Akynou

Luciole, sur la prévention, je répondais à Lili, pas à toi. J'ai bien compris ce que tu disais.

Le problème de la fessée, c'est qu'elle n'est pas reconnue comme une maltraitance, même par certains juges. Ce mot, c'est un peu un terme générique qui caractérise le châtiment physique sur les enfants, comme principe d'éducation, pour le séparer justement de la claque qui part sous le coup de l'énervement, ou de la dérouille que tout le monde reconnaît déjà comme une maltraitance.

Et encore une fois, c'est une loi européenne que la France va devoir appliquer, pas une trouvaille sortie du chapeau de la ministre
14. Le dimanche 29 novembre 2009, 22:50 par Bladsurb

Dans la dernière loi en préparation contre les violences conjugales, je relève de cet article le passage suivant :
Le juge aux Affaires Familiales peut ordonner des mesures d'urgence comme l'éviction préalable du conjoint violent si les brutalités exercées par l'un des conjoints mettent en danger l'autre ou les enfants. Toutes formes de violences qu'elles soient physiques, morales, psychologiques et sexuelles ou harcèlement peuvent justifier ces mesures.
Je ne sais pas dans quel mesure cela pourra servir pour les cas de violences purement parentales et non conjugales, mais au moins le caractère d'urgence nécessaire est pris en compte.

15. Le dimanche 29 novembre 2009, 23:13 par julio

La loi existe en Espagne depuis quelque temps déjà !
Sais comme el defensor del niño sa existe depuis de nombreuse années !

16. Le lundi 30 novembre 2009, 00:41 par saperli

Merci Akinou de si bien dire les choses malgré ce que ton récit doit éveillé comme mauvais souvenir. Je suis par contre éberluée d'entendre les réactions dans les médias. Interdire les châtiments corporels envers les enfants, me semble très urgent et il n'y aura pas de véritable éducation des parents tant qu'ils ne se sentiront pas obligés de recourir à d'autres méthodes.

17. Le lundi 30 novembre 2009, 01:49 par Akynou

Bladsurb. Dans le cas de violences uniquement sur enfants ce n'est pas le JAF qui intervient, mais le juge des enfants. Qui n'a pas ce pouvoir là. Pour aller devant le JAF, il faut introduire une demande de divorce ou de séparation. Ce que j'ai fait. Mais c'est long :-). Si j'étais restée à Paris, j'aurais pu récupérer l'appartement, mais je suis partie en février et le JAF nous a vu en juillet… Puis après il a fallu attendre sa décision qui a été rendue en septembre.

18. Le lundi 30 novembre 2009, 09:49 par Anne

A vrai dire, je n'ai pas grand chose à dire de plus que ce qui a déjà été dit dans le billet et les commentaires. Oui, la violence est un signe qu'on a plus les mots, oui, bien sûr, elle doit être totalement bannie.

Mais je suis surtout sans mots devant le lien que tu fais en fin de billet entre la fessée punitive et la fessée sexuelle. Bon sang mais c'est bien sûr... et ce que ça révèle de psychologie du parent laisse sans voix...

19. Le lundi 30 novembre 2009, 10:47 par Lili

Je crois que je comprends mieux aujourd'hui l'enjeu de cette loi grâce à ton intervention (merci de l'avoir fait). Je ne voyais dans la fessée que la tape que l'on donne dans un mouvement d'agacement, et je n'imaginais pas combien c'était compliquée de soustraire des enfants à leur père violent malgré les témoignages.
Continue d'intervenir quand je dis des bêtises loooool

20. Le lundi 30 novembre 2009, 13:31 par akynou

Anne : enfin une que cela fait réagir. :-) Beaucoup de commentaires que j'ai lu ailleurs font des références implicites à ce lien, sans même sans rendre compte. C'est d'une rare violence.

Lili. J'avais exactement la même réaction que toi avant de vivre tout ça :-)

21. Le lundi 30 novembre 2009, 15:42 par Lyjazz

Tout à fait d'accord : il faut interdire la fessée, c'est sûr. Et toutes les autres méthodes violentes bien entendu.
Et je sais fort bien que ce n'est pas facile.
Pour faire avancer le débat je donne le lien vers l'OVEO Observatoire de la Violence Educative Ordinaire, où vous trouverez des informations et des témoignages.
Et pour tous les parents qui cherchent des solutions, il y a aussi une liste de discussion yahoo qui est un lieu de parole et de recherche de solutions. Elle s'appelle Parents conscients.

22. Le lundi 30 novembre 2009, 16:10 par Lyjazz

D'ailleurs, ton témoignage Akynou aurait sa place sur le site de l'OVEO.
J'ai oublié de citer aussi l'ouvrage d'Olivier Maurel : La fessée, et un texte qui en parle
Ainsi qu'un texte d'Alice Miller à ce sujet. Un autre .

Je garde toujours en mémoire l'idée que je n'irais pas mettre une baffe (ou une fessée, ou une tape sur la main) à un invité qui aurait fait tomber son verre, ou cassé un élément du mobilier. Mais que l'éducation veut souvent dire qu'on va le faire à un enfant.Sans vergogne.
Et ça m'aide bien.

23. Le lundi 30 novembre 2009, 19:15 par julio

Je ne suis pas entièrement d’acore avec Alice Miller. Il y a trop de certitude et de vérités toute faite dans sais propos. Les pas de l’humain ne sont pas toujours marque pars sont environnement. Un homme peu très bien avoir était élever dans la tendresse et le bonheur et devenir une Tyran. A se sujet l’Allemagne nazi je ne croie pas que les allemands était moins bien élèves que les autres peuples et pourtant il on voulu exterminer un peuple !
Je confirme ma volonté de dire que toute agression contre un enfant, une femme et toute personne faible dans une société doit être sanctionne avec la plus grande sévérité ! Sais jours si j’avais en tête le meurtre de sais deux jeunes femmes Géraldine et Katia, et je me dis comment ont peut tuer en regardent une personne dans les yeux et peut-être qui vous supplie comment on peu faire ? Je ne croie pas que même désocialise l’homme puis commettre se genre de crime il faut chercher la réponse ailleurs. Pour la maltraitance pareille je suis pour la sanction pour des raisons évidente de protestions de l’enfant.

24. Le lundi 30 novembre 2009, 22:57 par Jeanne

C'est à mes yeux ,et mon coeur, le plus beau billet que tu aies écrit....

25. Le mardi 1 décembre 2009, 10:30 par laure

Je suis moi aussi contre la violence, et pourtant, j'ai la main leste.
Souvent, quand une baffe part, c'est d'énervement, et je le regrette. Pourtant l'autre jour, je me suis dit calmement "il faut que je donne une baffe à ma fille". Ça m'a moi-même étonné. Je raconte. Tous les jours, quand nous revenons de l'école, elle, son frère et moi, elle le pousse pour arriver la première à la porte, manquant de le faire tomber sur les cailloux. Elle sait que c'est dangereux. Le lui expliquer une n-ième fois serait la prendre pour une imbécile qu'elle n'est pas. Elle sait que ça me met hors de moi. Et c'est tous les jours, 5 jours par semaine, depuis des mois. Je lui ai donc annoncé une baffe pour la prochaine fois. Elle l'a eu. Le problème est réglé. Je ne sais pas quoi pensé de ça. J'ai surement raté un truc quelque part, mais souvent, elle est comme ça. Les explications et autres punitions réfléchies font effet 98% du temps. restent 2%...

26. Le mardi 1 décembre 2009, 12:52 par Moukmouk

Très bon billet. Il me semble que ce soit une question de culture. La violence est encore perçue en France comme une méthode d'éducation et la loi pourrait être un des éléments permettant de changer cette attitude.

L'exemple de Laure (25- qu'est en fort probablement une mère qui veut le mieux pour ses enfants) est clair. Elle est persuadée que la baffe est une bonne méthode, alors pourquoi en chercher une autre ?

27. Le mardi 1 décembre 2009, 14:21 par Clopine Trouillefou

Akynou, me permettrais-tu de recopier ton billet sur mon blog ? Parce que je suis entièrement d'accord avec toi, et qu'il est sincèremente et clairement exposé...perso, avec mon Clopinou, il y a eu deux ou trois (bon disons 5 ou 6) "raclées" (pas des fessées mais une grande gifle, on retourne le gamin, on lui donne un coup de pied dans les fesses pour qu'il dégage et on l'accompagne jusqu'à la porte de la chambre qu'il est sensé occuper jusqu'au pardon de l'offense...) quand il était petit, c'est vrai, et je m'en voulais de faire ça mais le fait de culpabiliser n'avançait à RIEN.
E puis il a grandi et quand il a eu neuf ou dix ans, je me suis rendue compte, un jour, qu'il avançait en serrant les dents vers les coups, parce que me défier était plus important pour lui que le reste, et qu'il savait, justement, qu'après je culpabilisais à mort.

Alors je lui ai dit, en prèsence du père et en le regardant droit dans les yeux : "Bon c'est fini maintenant. Je ne te giflerai JAMAIS PLUS. Tu auras beau faire le pire du pire, être infect tant que tu voudras, tu ne recevras plus un seul coup de ta vie. Par contre, attends-toi à ne plus accéder à tes écrans favoris (télé, ou play station), et à avoir quelques petites punitions à effectuer...

IL n'avait le droit de revenir à table, ou dans la salle, ou près de moi, qu'après avoir accompli la punition. J'essayais que cette dernière ait le plus possible à voir avec la connerie faite. Par exemple, s'il foutait le bordel dans la salle, il devait non seulement ranger, mais écrirev vingt fois "on ne joue pas au foot dans la salle en pétant la plante verte, même avec un ballon en mousse"...

Il est adolescent maintenant et il est très dur, le Clopinou, mais ça a quand même marché. Et franchement, on respire mieux quand on s'interdit de lever la main sur un plus petit que soi...

Et du coup, il ne nous défie plus, enfin, plus de la même manière... Il a seize ans et doucement, doucement, je le vois qui évolue dans le bon sens..

Bon, j'attends ta réponse avant de copiercoller ton texte, là.

Clopine

28. Le mardi 1 décembre 2009, 20:00 par Akynou

Laure, oh que je te comprends. Mais tu es l'illustration de ce que je dis : les coups viennent quand on n'a plus de mots. Cela dit, je suis tout à fait partisane de mettre ses menaces à exécution. Sinon, après, c'est pire.

L'explication du fait qu'il ne faut pas faire ça ou ça, quand l'enfant cherche ses limites, ça ne sert plus. Il a très bien compris qu'il ne faut pas le faire et pourquoi, c'est justement pour cela qu'il le fait. Il cherche juste le moment où on va craquer. C'st les 2%

Le problème de la gifle, c'est que si cette limite-là n'avait pas suffit pour ta fille. Y a des p'tits comme ça qui ont la tête dure, tu fais quoi après ? Ça finit toujours par arriver ce moment-là. Mon père nous donnait des fessées que je juge encore aujourd'hui trop violentes. Ça n'empêchait pas une de mes sœurs d'aller le défier : cogne, je m'en fous, même pas mal… Ça allait très loin. C'est ce que dis aussi Clopine.

Mais trouver autre chose, c'est pas forcément évident. Ça peut-être la suppression d'un truc auquel ils tiennent particulièrement et des fois nous aussi. Garance, la dernière fois où elle a passé les bornes, est restée à Tours au lieu de venir avec moi voir Carmen à l'Opéra comique. C'était un moment unique pour elle, je le savais. Mais j'ai tenu bon. Par contre, que je lui supprime sa DS ne sert à rien. Elle me la tend d'elle-même, par défi. En revanche, la DS, voilà qui marche bien avec Léone. Je m'adapte.

Parfois, je les prends entre quatre yeux et je leur demande ce qu'elles veulent. "Tu me cherches, j'ai compris. Mais pourquoi ? Est-ce que tu es capable de me le dire. Et pourquoi tu me cherches là dessus." Je ne leur dis pas de façon amicale. C'est pas une discussion. C'est froid et coupant. On règle le problème, on ne s'explique pas, on ne s'excuse pas, on n'est pas copain. Elles me gavent, je le leur montre. Parfois, ça suffit à faire tomber la mayonnaise. Mais il n'y a pas de recette magique. On ne peut que naviguer à vue.

Et puis je gueule. Faut pas trop en demander quand même. Je ne suis pas une sainte. Il faut des soupapes. Quand ça ne va pas, quand elles me tapent sur le système, au bout d'un moment, je sors de mes gonds et je leur hurle dessus. Elles aussi, pas sur moi, mais les unes sur les autres. La maison, c'est les Hauts du Hurlevent, nous crions toutes. C'est les voisins qui sont contents. Quand ils préparaient leurs exams, ils sont venu me voir pour me demander de mettre une sourdine pendant quelques jours parce qu'ils n'en pouvaient plus :-) Mais dans le cas de la grande, les cris, c'est cautère sur jambe de bois. C'est juste moi que ça soulage…

Clopine, si tu veux, toujours avec les mêmes conditions : signature et lien sur mon blog ;-) ce que tu racontes, c'est ce qui me faisait craindre d'avoir un p'tit gars. Je maîtrise très mal le rapport de force.

29. Le mercredi 2 décembre 2009, 12:44 par Zoë Lucider

Bonjour, j'ai fait un post sur la fessée qui a recueilli un record de commentaires des plus ironiques aux plus énervés. C'est un sujet qui fait mal si je puis me permettre.
Je suis contre la fessée et pour une loi qui oblige les parents à se sentir vraiment coupables quand ils lèvent la main sur leurs enfants

30. Le mercredi 2 décembre 2009, 16:23 par andrem

Depuis plusieurs années que je traîne mes guêtres par ici, j'ai suivi les errances de la mère et des trois filles, fuyant la violence, les violences, car les mécanismes de sauvegarde inventés par la Société ne sont pas de tout repos non plus.

Je suis très sensible à cette question de la violence aux enfants, et désarmé dans mes réflexions à ce sujet. J'ai subi la violence, enfant, et le sujet me paralyse.

Je connais cette peur maladive du conflit, ces bouffées incontrôlables qui soudain me pousseraient au meurtre pour un oui pour un non, et qui s'enracinent en effet dans le plus jeune âge, qu'on ait subi la violence ou qu'on en ait été témoin. Et j'ajouterais que la violence verbale n'est pas la moindre, je sais comme je suis paralysé par les grandes gueules.

A l'inverse, Akynou dit très bien le sentiment d'impuissance qui saisit parfois le parent face au défi, à l'escalade, au jusqu'au boutisme de l'enfant. Parfois je me dis, sans avoir raison pour autant, qu'une tape légère vaut mieux qu'un hurlement.

Pour qui veut un exemple saisissant des traces laissées par l'éducation par la violence (et sans nécessairement qu'elle se manifeste par des coups), il faut voir le film d'Haneke, "le ruban blanc". J'ai du mal à m'en remettre, je m'y suis cru chez moi, un temps.

31. Le vendredi 4 décembre 2009, 04:08 par laure

Moi aussi je gueule! Une autre soupape, chez nous, c'est l'autre. Mon mari est très présent, et quand je n'en peux vraiment plus, il m'arrive de lui dire "prends le relai où je tape dessus". Inversement, quand c'est lui qui pète les plombs, j'interviens et lui dit d'aller voir ailleurs si on y est le temps de se calmer. On est deux, on n'a jamais subi de violence, on est tout deux capables de s'exprimer avec des mots, et l'appart est grand. Ça aide. Des fois, je me dis que je comprends les drames familiaux des faits divers...