Il y avait deux spectacles phares en danse cette année au programme du Théâtre de la ville. Les deux ballets de Pina Bausch, et la dernière création de Merce Cunningham, présentée à New York le 16 avril 2009, le jour même du quatre-vingt-dixième anniversaire du chorégraphe, Nearly 90. Par une étrange et triste coïncidence, les deux chorégraphes sont décédés cet été, laissant un grand vide dans le monde de la danse.

J’ai eu deux places pour Vollmond, mais pas pour Masurca Fogo, la bagarre était intense pour les ballets du Tanztheater Wuppertal. Je n’ai, par contre, pas eu de difficultés pour Merce Cunningham. J’ai donc embarqué les deux dernières à Paris, l’aînée ayant une compétition d’escrime le même jour.

Je n’avais jamais vu de ballet du grand maître américain, dont on dit qu’il est l’un des plus grand chorégraphe de notre temps. J’étais donc très curieuse de voir cela. Je n’avais rien lu de précis, regardé aucune video. Je n’avais donc aucun préjugé. Le spectacle durait une heure et demi sans entracte. C’était parfait. Nous avions fait la route depuis Tours, étions arrivées sans encombre place du Chatelet, avions déjeuné au Sarah-Bernardt (brasserie qui jouxte le théâtre) comme il se doit. Je n’aurais peut-être pas dû. La fatigue de la route, plus la digestion, ont fait que j’ai piqué du nez plus souvent qu’à mon tour.

Nous étions placé au premier rang, entourées de jeunes adotes qui n’arrêtaient pas de gesticuler et de papoter. J’ai dû faire ma police. Elles m’empêchaient de dormir. Non, je plaisante. Mais c’est vrai que je n’ai pas été emballée par ce que j’ai vu. C’est de la danse de virtuose. Les danseurs exécutent des mouvements que l’on comprends extrêmement difficiles, car ils sont souvent au ralenti. Ils réalisent des figures compliquées, des épures techniques, des paraboles incroyables avec une grâce infinie. Mais la magie ne fonctionne pas. En tout cas pas toujours. Parce que je trouve cela trop technique justement. Trop virtuose. Aucune émotion. Ces danseurs et ce ballet m’ont fait penser à ces chanteuses américaines à la voix magnifiques mais qui passent leur temps à faire des vocalises et à “hurler” : Tu entends comme j’ai une belle voix, tu entends ce que j’arrive à faire avec… Mais degré émotion, zéro pointée.

Alors oui, il y avait des tableau d’une beauté à couper le souffle. Mais aussi de l’ennui. Garance a observé ça d’un œil technique, elle y a, du coup, trouvé son content. Léone a été époustouflée par certains passages, le reste du temps elle s’est ennuyée poliment en s’appliquant à ne déranger personne.

Je ne regrette pas d’y avoir été. Il faut apprendre. Mais je préfère définitivement les chorégraphes européens : Pina Bausch, bien sûr, mais aussi Koen Angustijnen, Jean-Claude Galotta, Anne Teresa De Keersmaeker,et même Maguy Marin, avec son art déjanté de la chorégraphie, car, à chaque fois, j’en sors remuée, émue, bref vivante. Samedi, j’ai eu un peu l’impression d’observer des robots.

Et je ne dirai rien sur la musique, pour moi, à la limite du supportable.

En plus, mes photos du salut sont merdiques car j’avais oublié mon appareil photo et je me suis contentée de mon portable…