Dimanche de Pâques. Premier réveil, il fait encore nuit, deuxième réveil vers 6 heures. A 7 heures, je me lève et file à la douche. Les collègues et deux étudiants se préparent à aller aux bains, une activité réservée aux hommes.Je pourrais les accompagner, ça ne gêne pas me dit-on, mais pas me baigner. Mais franchement, aller regarder d’autres se baigner et ne pas en avoir le droit, je préfère encore rester à la maison et prendre une douche.

Ils sont de retour pour le petit-déjeuner, toujours aussi bon et copieux. Les gâteaux ont simplement remplacé les beignets. Un premier groupe part qui recherche désespérément à faire parler les gens de leur façon de s’habiller. C’est un sujet si quotidien qu’il devient difficile à réaliser, les gens ne comprenant pas ce qu’ils veulent.

Les deux autres groupes vont visiter un apiculteur. Je les accompagne. Une première voiture part. Nous suivons dans la seconde avec le professeur de français du lycée. Qui en profite pour nous promener dans le désert autour de la ville. Nous trouvons les ruines d’un fortin français. Il nous fait goûter à des plantes, dont les cacahuètes des nomades qui ont un fort goût de cœur d’artichaut, et une petite fleur jaune, une épice que je mâchouille un long moment.

Nous nous arrêtons près d’un campement de nomades et de leurs animaux. Nous nous éloignons dans le sable. Puis ne trouvant pas notre chemin, nous revenons à la voiture. Les nomades s’approchent et nous proposent des paniers tressés. Nous leur en achetons quelques uns. Plus loin, une école, c’est la leur. Une tente jouxte les bâtiments, c’est celle du gardien du bâtiment. Sur les murs du bâtiment est inscrit : « Quand on veut, on peut. »

Je prends des dizaines de photos. En route, à pied, tout le temps. Et puis j’arrête parce que je sais que de toute façon aucune photo ne pourra transmettre la beauté des paysages. C’est trop. La plaine de pierres, les montagnes, le sable partout, les palmiers, les bouts d’Oasis, la ligne verte près de la rivière qui sépare le Maroc de l’Algérie à un jet de pierres. Il faut juste regarder et emmagasiner des souvenirs. C’est grand, et immense et beau, juste beau.

En plein milieu de ce désert, des palmiers. Et un homme à qui l’on amène des arbres abattus. il fabrique des poutres et à partir de ces troncs. LE palmier n’est pas un arbre en fait, c’est une herbe, dont les fibres se sont durcies. LA matière est très dure et très solide, un peu comme pour les fougères arbustives. Sauf qu’évidemment, on ne les trouve pas sous le même climat. Pas facile, donc, d’en faire des poutres, et encore moins des planches. D’autant que la scie, dans cet entrelacs de fibre, ne serait d’aucune utilité. Il travaille sont au coin, qu’il enfonce avec sa masse dans des endroits stratégiques. Le tronc grince, pleure puis finit par se fendre. Impressionnant ! Il en faut de la force pour faire une porte ou un plafond à Figuig…

De l'art de faire d'une herbe du bois pour construire De l'art de faire d'une herbe du bois pour construire
Enfoncer le coin et… Fendre l’herbe