Les manifestations du 1er mai ont en général lieu le matin à Tours. Ce qui me les a fait manquer l’an passé, parce que défiler le matin… franchement, ça ne me serait pas venu à l’idée. Je me suis préparée au moment où chacun rentrait chez soi. C’est pas grave, je me suis dit, j’irai l’an prochain.

Cette année, donc, je me préparais à aller marcher dans la rue avec mon appareil photo, mais pas trop tôt le matin non plus. N’exagérons rien. D’autant qu’il fallait déjà que je me lève à 6h30 pour déposer Lou au Palais des sports. Elle y avait rendez-vous avec son maître d’armes qui devait la voiturer jusqu’à Salbris, lieu du stage de préparation à la fête des jeunes, le championnat de France d’escrime des minimes. Je comptais bien, ensuite, me recoucher pour deux bonnes heures. Et, enfin, aller me mêler à la foule revendicatrice.

A 6h55, coup de fil du maître d’armes : « J’ai le dos bloqué, je ne peux pas conduire, je ne peux pas emmener Lou. »

Du coup, j’ai défilé avec ma fille sur l’autoroute en criant : « Sarko, t’es foutu, ma voiture est sur l’autoroute » Oui, je sais, ce n’est pas aussi percutant que « le peuple est dans la rue…» Mais on fait ce qu’on peut. Je pourrais rejoindre les manifestants maintenant que je suis rentrée. Mais une heure et demi de manifestation autoroutière aller, et une autre heure et demi retour, ça fatigue. La preuve : en rentrant sur Tours, j’ai été directement à La Poste pour retirer un mandat. A La Poste… un 1er mai… si ce n’est pas le signe qu’il faut que j’aille me reposer derechef, je ne sais pas ce qu’il vous faut…