:C’est vrai, je l’avoue, cela fait des jours et des jours (et même plutôt des mois) que je le délaisse. Trop d’occupations, trop de choses à penser pour pouvoir écrire sereinement. L’image que j’ai de moi en ce moment, c’est celle d’une femme arc-boutée. J’ai de nombreuses casseroles sur le feu (mais non, pas aux fesses, pour qui vous me prenez-vous ?) et elles sont toutes remplies de lait. Pas simple.

- D’abord, il y a cette VAE que je devrais commencer et qui me terrorise. La masse de boulot supplémentaire que cela représente, et toujours des doutes quant à mes capacités. Entendons-nous bien : je suis un cador dans mon métier. Je pense être une bonne journaliste et surtout une excellente secrétaire de rédaction., même si je ne l’ai pas toujours clamé sur les toits parce qu’une fois, cela m’est revenu en boomerang. Je suis une bonne enseignante parce que je suis exigeante avec moi, avec mes étudiants et que je connais mon métier (que je leur enseigne avec passion). Mais je ne pense pas être un jour une bonne universitaire. Ces gens-là me fatiguent. Déjà, quand j’étais étudiante, je fuyais ce milieu autocentré sur son petit nombril. Et qui fait si souvent passer ses intérêts propres bien avant ceux des étudiants au service desquels il devrait être. « Oui, mais vous comprenez, les étudiants passent, nous, nous restons », m’a répondu l’un deux un jour après avoir essuyé mes critiques. « Oui, mais tu comprends, moi j’enseigne parce que je suis obligée. Je suis une chercheuse », m’a rétorqué récemment un de ces purs esprits.

Pourtant, c’est entre les fourches caudines de ces gens-là que je vais devoir passer si je veux un jour avoir une chance d’être titularisée et ne pas me retrouver au chômage dans trois ans.

L’avantage de travailler dans un IUT, c’est que la plupart de mes interlocuteurs et collègues sont des professionnels avant d’être des enseignants, qu’ils ont travaillé dans le privé. Cela donne des repères différents. Les vrais enseignants qui travaillent avec moi sont imprégnés de cette ambiance là, et cela se passe plutôt bien. Mais ailleurs, non de Dieu, quelle méconnaissance du monde, quelle petit esprit mesquin de chapelle. Il y a des UFR qui se la pètent grave. Alors que, franchement, il n’y a pas tant de raisons que cela de ramener sa fraise. Hou ! cela me rendrait presque vulgaire…

Cela dit, le travail intellectuel que tout ceci me demande comble probablement un creux que j’avais au préalable rempli par mon activité bloguesque. Je ne manque pas de matière à réflexion…

- Ensuite il y a mes démêlés judiciaires. J’ai perdu mon divorce, mais au moins, je suis divorcée. Cela dit, j’ai un énorme dette vis-à-vis de mon ex-conjoint. Cela fait quelques semaines que je veux écrire là-dessus (pas sur ma dette, mais sur cette chose étrange qu’on appelle la justice dans les affaires familiales). Mais comme je n’ai toujours pas réussi à digérer la pilule, j’attends encore. J’ai rendez-vous avec mon avocate en début de mois prochain. La CAF m’a donné de bons conseils (je déduis de la prestation compensatoire toutes les pensions alimentaires non payées. Et je rembourse la CAF mensuellement de l’allocation parent isolée touchée en remplacement. Avantage, c’est comme un prêt à taux zéro. Comme de toute façon l’ex ne me versera jamais cette pension… A 200 euros par mois, j’en ai pour un peu plus de six ans. Et je garde mon capital pour l’éventuel achat d’une maison (ou pour les études des filles).

Ce qui m’épuise à l’avance, ce sont les contraintes judiciaires (et financières) : notaires pour solder la communauté, frais de justice (j’ai eu 900 euros à payer pour la procédure auprès du juge des enfants), facture de l’avocat. Pour le moment, j’en suis à presque 10 000 euros en frais divers sur les deux procédures. Au bout de trois ans et demi. Je suis hallucinée par le coût.

- Il y a aussi mes veilles sur Internet. En fait, sous prétexte de veille, pour mes étudiants, je passe beaucoup trop de temps sur Fesse de bouc et sur le petit oiseau. Bon, je bosse aussi tout de même. Mais la plupart du temps je glande. J’ai une immense envie de glander. En réaction à tout ce qui m’est imposé, j’ai énormément l’envie de glander à donf !

- Enfin, il y a les enfants qui grandissent. Et avec lesquelles parfois, je me sens bien impuissante. Ou dépassée. Ou les deux à la fois.

Donc, voilà, arc-boutée, pas vraiment sereine. Pas assez en tout cas pour m’occuper de ce blog. Et pourtant, cela me ferait du bien. Allez, je vais essayer de m’organiser. D’autant que j’ai une furieuse envie de diptyque.

Repost du lendemain : Je me rends compte que j’ai oublié ma mère. Oh ! le bel acte manqué. Mais c’est vrai qu”à elle seule elle mérite un billet…

Repost 2. Ce blog a maintenant huit ans…