Racontars

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mercredi 3 septembre 2014

Anniversaire

C’est amusant, l’an passé, en aout, j’ai écrit un long billet sur l’histoire de mon blog. Pour fêter les dix ans de Dotclear, ses dix ans…

Et je ne me suis pas rendue compte que quelques jours plus tard, j’allais fêter les dix ans de mon propre blog. Racontars a eu dix ans en septembre 2013. Les choses vont curieusement…

Alors bon, cette année, je vais fêter dignement ses onze ans. Et pour cet anniversaire-là, j’aimerais bien avoir un peu de temps pour lui tricoter quelques histoires.

jeudi 7 août 2014

Les enfants ont un nom

A Paris, dans l’école de mes filles, un jour, est venue une association qui regroupait des enfants juifs ayant survécu à l’Holocauste. Bon, quand ils sont arrivés, ils n’étaient plus des enfants, plutôt des grands-parents. Mais quand ça leur est arrivé, ils étaient enfants.

Leur mission, et ils l’ont menée dans la plupart des écoles parisiennes un peu anciennes, retrouver dans les registres les noms des enfants juifs ayant fréquenté ces écoles avant d’être déportés, et apposer une plaque en leur souvenir.

Le directeur de l’établissement leur a proposé d’aller plus loin, c’est-à-dire de venir raconter ce qu’ils avaient vécu aux élèves, et ensuite de faire une cérémonie qui regrouperait toute la communauté scolaire. Et c’est ce qui a été fait.

Dans les classes des plus petits, ce sont d’anciens enfants cachés qui sont venus raconter leur expérience. Dans les classes des plus grands, des rescapés des camps de concentration. La professeure d’art plastique a fait faire un travail sur le thème “tous égaux, tous différents”. Des enfants venus des conflits d’Afrique ou de Tchétchénie ont dessiné leurs guerres et les dessins ressemblaient curieusement à ceux des enfants des camps de concentration.

Et puis il y a eu la cérémonie à laquelle participait effectivement toute la communauté scolaire. Nous avions envahi la rue devant l’école, tous les parents étaient présents, chrétiens, musulmans ou juifs, ensemble. J’avais raconté cette soirée-là et l’émotion que j’avais ressenti à l’énoncé des noms des enfants déportés. Car le but même de cette opération, c’était de nommer ces enfants, les sortir de l’anonymat de la masse des victimes, leur redonner une identité, une existence.

Et c’était une très belle initiative…

Un peu comme celle de B’tselem, une association israélienne de défense des droits de l’homme dans les territoires occupés. Ils ont lu à la radio les noms des enfants palestiniens tués à Gaza. J’ai appris cela dans un article d’Asher Schechter du journal Ha’Aretz  et publié dans Courrier international. J’ai immédiatement pensé à la cérémonie dans cette école parisienne du 18e.

Le problème, c’est que cette initiative a été interdite. Et le journal Ha’Aretz pose la question du pourquoi. Et ce pourquoi est angoissant. Il parle d’une certaine indifférence vis-à-vis des victimes. De ces extrémistes qui disent qu’un enfant mort est un terroriste à venir de moins. 

Il y a des tabous qui sont tombés, en France comme là bas. Ici, le racisme revendiqué semble avoir de nouveau droit de cité. Là bas, c’est la même chose dans un contexte bien plus terrible.

Mais du coup, ici comme là bas, rendre leur nom aux enfants est un acte révolutionnaire.

Les enfants de Gaza ont un nom. Ils ont droit à un nom, comme toutes les victimes d’hier et d’aujourd’hui.

liste_enfants_Gaza.jpg

mercredi 25 septembre 2013

Jeux de mains

Ce mois-ci on me propose encore de proposer des photos de truc, mais ce truc-là doit avoir cinq doigts et se trouver au bout d’un bras. Jeux de main, jeux de vilain dit-on…

Le fait est que je n’aime pas mes mains. Je les trouve trop petites pour ma taille, pas en rapport. Je mesure – enfin, je mesurais du temps de ma jeunesse folle, il semble que je me sois tassée – 1,75 mètre. Suivant les canons, je devrais avoir des mains mesurant environs 17,5 centimètres. Or elles en font à peine 16.

Main

Je ne suis pas unique

Mais si peu de gens aiment leurs mains, nombreux sont ceux qui sont fascinés par celles des autres. 

Moi par exemple, j’aime les mains des hommes fines et puissantes à la fois (je ne sais pas à qui elle est celle-ci, je l’ai prise au vol parce que je la trouvait belle)

une journée à Paris

Mais j’adore aussi les mains des bébés, si petites et tellement parfaites (celle de ma nièces quelques jours après sa naissance).

Mademoiselle Louise

Il y a celles des petites dormeuses (Léone assoupie les bras en l’air et les mains croisées

En attendant le père noël

les mains qui dessinent (Léone, petite, jouant les artistes sur le sable portugais)

Artistes à l'ouvrage

Celles qui se noient ou font semblant (Léone, des années plus tard, faisant le zouave dans une piscine cévenole)

Dans la piscine

Les mains qui travaillent (les cuisinières de Figuig, au Maroc, ne laissaient prendre en photo que leurs mains).

La longue préparation du couscous

Celles des musiciens qui tapent sur des tambours

Sur les murs de Lyon

Celles qui fument

Samedi

Les coquettes… : Qu’est-ce que tu m’offres dis chéri pour mon anniversaire. (Ici, en l’occurrence, il s’agit d’un superbe cadeau de Karaba (la vraie)

Un beau cadeau

Il y a encore les mains qui signent (sur le mur des je t’aime, dans le square des Abbesses à Paris)

Le mur des je t'aime

Les mains qui explorent (près d’un étang à Lapalisse, mes filles tentaient de capturer une grenouille)

La libération de la grenouille

Celles qui expérimentent (dans le désert de Figuig, Hassan nous montrait les propriétés des plantes)

Dans le désert

Celle de mon père avec laquelle je jouais

Petite enfance

Il y a mes mains, que je n’aime guère mais qui ne sont pas si laides.

Au jardin les enfants s'amusent, les parents regardent

Et puis, il y a la main du géant…

Le Scaphandrier de Royal de Luxe en action

dimanche 11 août 2013

Sus au cambrioleur (oui mais après lui avoir dit bonjour et avoir vérifié qu'il cambriole effectivement)

Aujourd’hui, j’ai agressé (verbalement) un jeune homme dans la rue. Il trifouillait la porte de la maison de ma sœur, qui est en vacances dans le sud de la France. Je l’ai pris pour un cambrioleur (pas ma sœur, le jeune homme).

Heureusement, j’étais en voiture, de l’autre côté de la rue. Sans cela, je crois que je lui aurais fait sa fête (enfin, j’aurais essayé… je n’en sais rien, après tout il est peut-être ceinture noir de karaté ou il court très vite).

Heureusement bis, une courte explication m’a permis de comprendre qu’en fait, c’est un copain de la belle-fille de ma frangine, qui squatte la maison tout a fait officiellement. Il est donc reparti entier (en se disant que je devais être tarée) et moi aussi (rapport au fait qu’il aurait pu être ceinture noire de karaté).

Cela dit, faire redescendre mon adrénaline à un taux acceptable pour mon petit cœur a pris au moins une demi-heure. Parce que vous ne vous rendez pas compte de l’influx nerveux qu’il faut pour sauter sur un cambrioleur qui trifouille la porte de la maison de votre frangine (même s’il est tout a fait innocent, mais je rappelle que, cela, je ne l’ai su qu’après). On touche pas à ma frangine (ni à mes filles ni à personne de la famille d’ailleurs). Je ne supporte pas, c’est plus fort que moi, je vois rouge (je rappelle à toutes fins utiles que mon signe zodiacal est le taureau, olé !).

De cet incident, je tire deux conclusions 

– l’information est absolument primordiale pour la démocratie et la paix des peuples ;-) En effet, si j’avais été informée que ma sœur prêtait sa maison à sa belle-fille, j’aurais eu une toute autre réaction. Et probablement que je n’en aurais pas eue du tout (de réaction) vu que je n’aurais pas conduis ma fille aînée chez ma sœur pour qu’elle nourrisse les chats d’icelle. (Bref, la prochaine fois, prévenez-moi, je peux être dangereuse…)

– on ne fait pas justice soit-même parce qu’on risque de faire des conneries (cela dit, je me serais trouvée encore plus bête si j’avais appelé les pandores pour leur dire que des malfaiteurs squattaient la maison de ma frangine…).

mercredi 26 septembre 2012

Mamie Alzheimer

Il y a des choses, plus elles sont énormes, plus elles me font rire. Même si elles sont plutôt inquiétantes. Ou alarmantes. Je ne peux pas m’en empêcher. Je ris à gorge déployée.

Mamie Alzheimer, c’est ma mère. Elle a une forme atypique de la maladie. Celle-ci ne touche pas la zone de la mémoire, mais celle du langage. Les mots s’effacent. Le problème, c’est quand un mot s’efface, ce n’est pas juste le dire, le formuler qui fout le camp, c’est tout le sens qui taille la route.

Exemple. Elle ne sait plus ce qu’est un rôti de porc. Ni son nom, ni ce qu’on peut en faire et encore moins comment on peut le cuisiner. Pourtant, pendant un moment, elle a été la reine du rôti de porc.

Ça n’a l’air de rien, mais c’est flippant. Par exemple ma sœur a remarqué que lorsqu’on parle à notre mère de son infirmière, elle ouvre de grands yeux ronds : « Mais je n’ai pas d’infirmière. Non, ça ne me dis rien. Je ne vois pas de quoi tu parles. » Par contre, si on lui demande comment est la dame qui lui apporte son médicament tous les matins, elle répond enjouée: « Ah ! elle est très gentille. Elle ne reste pas longtemps, mais on papote toujours un peu. » Bref, ma mère a perdu le mot « infirmière ». Le prononcer devant elle ne sert à rien. Ces pertes sont irrémédiables.

C’est flippant. Surtout pour elle. Car son esprit fonctionne par ailleurs très bien. Mais elle ne comprend pas la moitié de ce qu’on lui dit. Du coup, elle se met colère. Et comble de malchance, son médecin généraliste n’a pas l’air d’y comprendre grand chose puisqu’il accuse sa mémoire, alors que celle-ci n’est pas en jeu.

Cela dit, Mamie Alzheimer, le médecin, elle ne sait plus ce que c’est.

Des fois, ça donne des trucs incongrus. Elle ne sait plus trop ce qu’est un congélateur. Même si elle s’en sert tous les jours. Ce qui m’angoisse un peu. J’ai retrouvé cet été les glaces et les steacks hachés congelés rangés dans la partie frigidaire. J’ai tout jeté. Je me suis dit : « On est mal barré si elle confond. »

En fait, elle ne confond pas vraiment. Elle se souvient encore qu’il y a des choses qui se rangent en haut, et d’autres en bas. Sauf que en haut, ça donnait ça


Glaciation !

Pas vraiment possible d’y ranger quoi que ce soit. Alors quand elle est revenue de faire les courses, elle a tout mis en bas.

Mais, cela, je l’ai découvert à ma visite suivante. Quand j’ai ouvert la porte du congélateur. Je suis restée sans voix. Puis, j’ai explosé de rire. Je m’y attendais si peu. J’ai du dégeler à l’eau chaude pour pouvoir sortir les aliments. Je n’avais jamais vu ça. En fait, le frigo de ma mère est aussi vieux que la maison qu’elle loue (cuisine soi-disant équipée). Les caoutchouc sont morts. Mais la propriétaire s’en contrefout.
Ce n’est pas vraiment drôle, mais quand je revois cette photo, je ne peux m’empêcher de rire. C’est plus fort que moi. Une réaction de défense sans doute face aux tours incongrus que jouent cette maladie.

La semaine passée ma sœur a été voir ma mère pour récupérer des papiers. Elles ont déjeuné ensemble. Quand on va chez Mamie Alzheimer, on emmène le repas et on le cuisine nous-même. L’état du congélateur pourrait donner des indications sur la raison de cette organisation. Mais en fait, non. Ce n’est pas pour cela. On ne craint pas tellement qu’elle nous empoisonne. Mais comme elle ne sait plus ni comment s’appelle les choses ni comment elles se cuisinent, elle a tendance à improviser. Et le résultat est parfois, comment dire… La dernière tarte aux pommes restera longtemps comme une douleur. Pourtant, dans la famille, nous adorons la tarte aux pommes. Je ne sais pas comment elle avait fait son compte, mais c’était bizarre et pas bon. Elle se nourrit essentiellement de pizza toutes faites, d’ailes de poulets longue conservation. Pas beaucoup de légumes, pas beaucoup de fruits, à peine ceux du jardin. Faudrait encore qu’elle se rappelle qu’ils sont comestibles.

Bref, ma sœur était à table avec ma mère en train de déjeuner – Elle me racontait cela sur les rives du Cher, par un après-midi tout ensoleillé et tout chaud –. A côté de la table, des étagères qu’elle parcours d’un regard familier quand ses yeux s’écarquillent. Au beau milieu des bibelots, à quelques centimètres de la table où elles sont en train de déjeuner, un cadavre de souris desséché. Momifié. A peine ma sœur me décrit l’animal mort que j’éclate de rire. Il faut voir les étagères de ma mère. un vrai inventaire à la Prévert où se côtoient photos, livres, souvenirs de voyage, de famille… Ne manquait plus que le cadavre d’une souris.

Mais ce n’est pas tout, poursuit ma sœur. Nous étions en train de manger quand même. Et quand je me suis exclamée : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » Maman a attrapé la souris et la baladée au dessus de la table.

« Ça ? Je ne sais pas. Je l’ai trouvé par terre. Alors je l’ai posé là. Et attends, j’en ai un autre. » Elle devait sans doute être prête à se lever pour le montrer à sa fille.

J’ai beaucoup ri. C’est tragique. Mais c’est drôle quand on imagine la scène. Elle est comme une enfant qui découvre quelque chose qu’elle ne connaît pas. Elle est curieuse. Elle le met de côté. Et elle l’oublie.

C’est Mamie Alzheimer…

jeudi 16 août 2012

L'attaque des puces ninjas

Cet hiver, nous avons été une première fois envahies par les puces. J’ai acheté des bombes fumigènes en pharmacie. On les places dans les pièces à traiter, on fiche le camp pendant deux heures (quatre pour nous histoire d’être sûres) et on revient compter les morts. Enfin, on l’espère. Car il faut croire que chez cette espèce, les morts ressuscitent. Quelques jours plus tard, l’invasion avait repris de plus belle. Re-pharmacie, re-traitement, une vague de froid bienvenue et nous avons été tranquille quelques mois. Il ne me restait plus qu’à traiter le chien qui continuait à se gratter furieusement, à s’arracher les poils et la peau. Le pauvre est violemment allergique aux morsures des sales petites voraces et développe un eczéma de très mauvais aloi. Rendez-vous chez le vétérinaire. Une centaine d’euros plus loin, j’ai décidé de lui administrer des antihistaminiques courants (à petite dose, il ne fait ni mon poids ni ma taille). J’ai eu raison, ça a très bien marché et son eczéma a guéri aussi vite qu’il était arrivé.

Las, nous n’étions pas au bout de nos peines. Les puces, ça va, ça vient, comme mes chats qui courent la gueuze (bien que dûment castrés). Au début de l’été, elles sont revenues et cela a pris des proportions inquiétantes. Au milieu de l’été, ce fut le cauchemar.

Je me suis donc renseignée sur ces petites bêtes histoire de mieux les comprendre et les traquer sans merci. Certains représentent les puces comme ceci :

Elle a presque l’air sympa. Bonnasse et un rien peureuse. Or cet insecte est redoutable. Il apparaît plus agressif sur cette photo. 

On comprend sa capacité à sauter haut (30 centimètres !), par rapport à sa taille. Et dire qu’il y en a pour les dresser et en faire des animaux de cirque…

Mais moi, je les imagine tout autrement. Ceux qui on envahit ma maison ont tout de puces ninjas (on ne voit pas le bandeau noir parce que noir sur prune foncé, à cette taille, c’est pas net :

puces162.jpg

J’avais pensé que si la maison était vide d’animaux et d’humains pendant une vingtaine de jours (nous en vacances, les chats dans le jardin mais dûment nourris), faute de nourriture, elles finiraient par mourir de faim. Un peu comme les poux… En fait, c’est idiot. Les puces Ninja sont capables de s’autoréguler en fonction des conditions de vie (température ambiante, bruit, hydrométrie, quantité de nourriture disponible [sang]). Si effectivement une première génération meure, ce n’est pas le cas de leurs œufs.

Une puce pond de trente à cinquante œufs par jour pendant une période qui peut aller jusqu’à deux mois. Même si un de mes chats, ou mon chien, n’a ramené qu’une seule puce d’une de ses vadrouilles, au bout de quelques semaines, elles peuvent être des centaines. Contrairement à la lente du pou, l’œuf de puce de s’accroche pas aux poil des animaux, il glisse à terre et se dépose soit sur le canapé sur lequel les animaux aiment à se vautrer (moi aussi, mais je n’amène pas de puces de mes virées). Soit, le plus souvent, il tombe à terre, dans la moquette, ou, dans le cas de ma maison, se glisse entre les lames du vieux parquet. Là, il subit deux métamorphoses, en larves, qu’on peut tuer facilement, puis en nymphe, à l’abri d’un cocon bien solide, et quasi inattaquable. Et attend que la génération précédente soit morte pour prendre sa place en quelques heures. Mais qui n’éclot pas si les conditions ne sont pas requises. Donc ma maison désertée de ses habitants légaux n’était pas gage de puces éradiquées. Les cocons peuvent rester planqués pendant plus de six mois. A la moindre vibration, ils éclosent et attaque le premier passant. C’est ce qu’on appelle, à tord, les puces de plancher. Elles sont voraces, parce qu’elles viennent de naître et qu’elles sont affamées. Mais ce sont bien les dignes héritières des puces de chien ou de chat.

puces163.jpgJe les imagine assez bien, massées derrière ma porte, et passant par la fente destinée au courrier, sautant sur le premier facteur venu. Niark niark, du sang, du sang frais. Même si, paraît-il, l’humain n’est pas leur met favori. Elles préfèrent, et de loin, le chat et le chien. Ils ont tout pour leur plaire. Ils sont chauds, ont la peau légèrement humide, ils leur apportent une nourriture de choix et la présence de poils leur assure un abri idéal pour la ponte (et la partie de jambe en l’air qui précède, eh oh, elles ne font pas cela en public, les puces ninjas sont pudiques).

Cela dit, si la maison est pleine de nourriture ambulante, le cycle de reproduction peut être beaucoup plus rapide. En effet, la mort d’une première génération peut provoquer la naissance quasi immédiate d’une deuxième génération présente à l’état de cocon.

Bref, il n’y a pas trente six solutions pour éliminer ces bestioles, il faut prendre le taureau par les cornes.

Première étape, fulmigator. Je veux dire fumigène dans toutes les pièces. Evidemment, il ne faut personne dans la maison. Pour gagner du temps, j’ai décidé de passer à l’attaque dès le soir de notre arrivée. Après onze heures de route, j’ai déposé les filles chez ma sœur, qui vit à deux rues de chez moi ou presque, j’ai commandé les pizzas, puis je suis partie avec mes bombinettes, commandées depuis mon lieu de vacances et livrées chez la frangine, vers mon logis. Le miaulement désespéré de Jeudi m’informe que lui, au moins, est dans le jardin. Milhaud semble avoir disparu… Je ne résiste pas, je sors pour faire un gros câlin mais suis obligée de le laisser dehors. C’est que les fumigènes sont très fortement déconseillés aux humains, surtout pour les chats et les insectes (et pour cause). J’oublie complètement les phasmes, mais je verrai plus tard que cela n’a guère d’importance. Je monte les escaliers quatre à quatre, je dégoupille et dépose la bombe dans la chambre des filles. Je descend d’un étage. Même opération de la chambre de la grande. J’arrive dans ma chambre : mince, les volets de ma chambre ne sont pas fermés. Je pose ce que j’ai dans les mains, ferme les volets et referme la fenêtre, je dégoupille, dépose la bombe près de la porte pour qu’elle agisse aussi sur le palier et dans la salle de bains. Je descends et mets en route la bombe du rez de chaussée. Puis j’essaie de partir en courant. Sauf que je n’ai plus mes clés. Je ne sais pas où je les ai posées. Je commence à tousser. L’air est irrespirable. J’attrape une écharpe, me la colle contre le nez et la bouche et grimpe à nouveau les escaliers. Les clés sont sur mon lit, là où je les ai déposées pour fermer les volets. Je redescends les escaliers en courant, ouvre la porte, la referme et rentre. Ça m’apprendra à être aussi étourdie…

Arrivée chez ma sœur, je me déshabille entièrement, mets tous mes vêtements dans un sac en plastique et je pulvérise de l’antipuce à l’intérieur, puis je ferme hermétiquement. Bien m’en prends,avant d’enfouir ma chemise dans le sac, j’y vois deux bébés puces. Ça fait pschittttt aussi sec… Pour faire bonne mesure, j’asperge le paillasson, mais il y a peu de risque. Dans le plus simple appareil, j’entre dans le salon en priant pour que le livreur de pizza n’arrive pas au même moment. J’ai heureusementle temps d’enfiler mon pyjama avant qu’il ne sonne. Ouf !

– Deuxième étape. Aération. Le lendemain, après le petit déjeuner, nous rentrons chez nous. Nous ouvrons les fenêtres en grands. Sauf dans la chambre des filles, car elles étaient déjà grandes ouvertes. Damenaid, dans le noir, je ne l’avais pas vu. Le fumigène n’a sans doute pas servi à grand chose. Heureusement, il m’en reste une un. On recommence l’opération uniquement dans cette pièce, en fermant bien soigneusement la porte.

Au jardin, le chat Jeudi miaule toujours désespérément. Il est tellement heureux de nous voir qu’il supporte sans broncher le traitement que nous lui infligeons.

– Troisième étape. Traitement des animaux. En effet, ça ne sert à rien de traiter une maison si les vecteurs de contamination ne le sont pas. Le meilleur moyen n’est pas de s’en débarrasser. Les puces, sans leur nourriture de choix, se retourneront contre les humains. Je préfère encore que les survivantes s’attaquent au chat. Et elles ne se gênent pas, les peaux de toutou ninja. Nous avons traité Jeudi quatre fois et à chacune nous avons trouvé un grand nombre de bestioles. Idem pour Moucky le chien. Traitement de choc au Frontline, pipette, soit disant hyper efficace se sont révélés inutiles. La seule chose qui a fonctionné, c’est l’épouillage. Oui, ce bon vieux peigne antipoux qui chope aussi les puces.

– Quatrième étape. Nettoyage intégral de la maison. Pour la chasse au cocon. Pièce par pièce, nous avons passé l’aspirateur au millimètre. En insistant sur les fentes de parquets. Et tous les endroits où se sont couché les animaux. Les puces ninjas n’aiment pas particulièrement les fauteuils, les canapés, les coins obscurs, etc. Mais les œufs tombent là où s’installent leurs garde-manger. Donc les fauteuils, les canapés, les coins obscurs. En l’occurrence dans ma chambre, l’étagère la plus basse, celle où sont rangés tous mes paréos, ponchos, sacs, etc. Et le dessous de mon lit (planque préférée de mon chien quand il a peur que je lui foute une branlée, ce qui arrive très peu souvent, mais on ne sait jamais). Donc, on a dû déplacer quasiment tous les meubles. Evidemment, il faut ensuite jeter les sacs d’aspirateur le plus loin de chez soi. Voir près de la maison d’un ennemi…

– Cinquième étape. On lave tout que les animaux ont touché : la housse du canapé, les paréos, les châles, les couvertures… Il n’y a certainement plus de puces à cette étapes, mais encore des cocons. Donc lavages machine à 60 °C. Pour ce qui n’est pas lavable, mise en sac poubelles avec force insecticide. Ça n’atteint pas les cocons ? Non, c’est vrai, mais relisez ce que j’ai écrit. La deuxième génération naît dès que la première est morte pour peu qu’il y ait de la nourriture et de la vie. Alors je me fais un malin plaisir de faire vibrer le plancher, de secouer les sacs poubelles. Et pan, je remets une bonne giclée d’insecticide.

Voilà, nous avons fait tout ça. Ce fut un chouette retour de vacances. J’en ai eu des pires : convocation au tribunal pour enfants, découvert abyssal parce que le mari jouait immodérément, hospitalisation de ma mère, résultat du divorce (perdu ! rejoue encore), résultat de l’appel du divorce (reperdu, vous allez directement à la case prestation compensatoire sans passer par la case départ, vous ne touchez pas 20 000 francs mais vous versez 15 000 euros, et vous perdez 60 euros de pension alimentaire…). Bref, l’attaque des puces ninja, finalement, c’est du nanan. Sauf qu’il me reste une sixième étape : recommencer tout à zéro pour achever celles de la deuxième génération qui aurait échappé à tout ça.

Et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai un coup de mou…

PS. Milhaud est revenu. En fait, on l’a localisé, et on a été le chercher. Il va bien. Mais il n’a pas aimé le traitement. Il fait un peu la gueule. Les phasmes, eux, étaient morts avant que je rentre. Après les avoir cherché un peu partout, je les ai retrouvés à la cave. Ils n”ont pas supporté leurs quinze jours sans nourriture, sans eau et sans lumière. J’espère ne pas être poursuivie par la SPA.

Sources :
Les puces de parquet
Pour éliminer les puces à la maison, rien de tel qu’un chien
Anti puce

samedi 9 juin 2012

Etre enterré quelque part…


Je ne serai pas à l’hommage qui lui sera rendu demain matin si ce n’est par la pensée.
J’attends mon ami et beau-frère à Tours, où il sera enterré. Cela s’est décidé un peu par hasard.

Je suis contente de ce choix. Il sera près de la Loire.

Je trouve qu’elle lui va bien.

Après-midi en bord de Loire


mercredi 7 mars 2012

Mon gamin est sur Facebook (2) ou comment faire croire aux gens qu'on gère les problèmes

 J’avais promis une suite à mon précédent post, Ce n’est pas si facile à écrire… Ce sondage, les campagnes publicitaires qui ont suivi, la série d’articles ou de reportages sur le sujet ont alimenté chez moi une réflexion qui part un peu dans tous les sens et que j’ai essayé de canaliser.  

J’avoue aussi que la tapage anti-Internet en général, et antiréseaux sociaux en particulier m’agace. Parce que bien utilisés, ce sont des espaces de liberté sans précédent. Et c’est sans doute ce qui gêne.

Dans l’enquête L’usage des réseaux sociaux chez les 8-17 ans, le nœud gorgien, c’est visiblement le chapitre L’exposition au contenu sensible. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, il est plutôt rassurant : 84% des 8-17 ayant un profil sur un réseau social n’ont jamais publié de photos/videos sans l’autorisation des photographiés. Ils sont 91% a déclarer qu’ils n’ont jamais publié de photo ridiculisant quelqu’un de leur entourage, 93% à affirmer n’avoir pas dit de choses blessantes sur un camarade, et 96% a déclarer n’avoir jamais participé à un groupe critiquant ou étant méchant avec quelqu’un. Sans surveillance des parents, les jeunes se conduiraient donc, en très grande majorité, plutôt bien sur Internet. Peut-être parce que les jeunes, dans leur grande majorité, se conduisent plutôt bien dans la vie en général.

On regarde de l’autre côté, et on apprend que 82% des jeunes ne se sont jamais fait insulter sur Internet et 87% n’ont jamais été victime de mensonges ni du rumeur. Ils sont tout de même 18% et 13% à l’avoir été. C’est évidemment trop. Mais le sondage de conclure : « 1/4 des jeunes victimes d’incivilité sur leur réseau : 25 % des jeunes connectés ont été victimes d’insultes ou de mensonges/rumeurs… » Là on frise la malhonnêteté intellectuelle en jouant dangereusement sur les mots.
– un quart des jeunes victimes d’incivilité sur leur réseau. Non, parce que le sondage ne concerne que ceux qui sont inscrits dans un réseau social et que ceux-ci, parmi les 8-17 ans, ne sont que 48%, avec des grandes disparités selon les âges.
– 25% des jeunes connectés… Déjà, cela veut dire quoi, connecté, si on ne précise pas à quoi ? L’imprécision (on se connecte à Internet et celui-ci est vaste) dramatise, forcément. Et pour arriver à ces 25% on additionne les résultats de deux questions différentes. C’est comme si je constatais qu’il y a 5 jeunes qui aiment les bananes dans cette classe, et 6 qui aiment les pommes. et que j’en tirerais la conclusion qu’ils sont donc 11 à aimer les fruits. Le hic, c’est qu’il y a ceux qui aiment à la fois les bananes et les pommes. Les comptent-on deux fois dans ceux qui aiment les fruits ? Eh bien, il y a fort à parier que ceux qui sont victimes de mensonges et de rumeurs se font également insulter.

Mais pour les contempteurs d’Internet et de ses réseaux, la chose est claire : un quart des enfants sont victimes d’insultes et de rumeurs sur le Net.

Cela me rappelle tous ces articles, ces reportages qui ont fleuri ces derniers temps sur le harcèlement à l’école et dans lesquels Facebook était mis en cause. Le harcèlement à l’école est une plaie dont les adultes, et notamment les enseignants, n’ont pas toujours pris la mesure. C’est en train de changer, et c’est tant mieux, car c’est d’une grande violence pour les enfants qui en sont les victimes. Quand j’étais présidente des parents d’élèves de l’école de mes filles, il est arrivé un cas assez terrible et qui aurait pu mal finir. Heureusement, l’enfant et ses parents ont eu la bonne réaction. Elle, en a parlé à ses paents. Eux sont venus nous voir, nous, les parents d’élèves. Et ce qu’ils nous ont raconté, ce que leur fille leur a raconté, nous a laissé sur le cul. Cette gamine de CM2 était totalement rejetée par les autres. Pas uniquement par sa classe. Par l’autre CM2 aussi. Les autres niveaux étaient également au courant de l’exclusion la concernant et avaient pour consigne de ne pas s’en mêler. C’est une autre gamine, qui, pour s’amuser, avait décrété la mise à l’écart. Et comme elle avait de l’ascendant, ses copains ont suivi. Puis l’effet a fait boule de neige. Personne n’avait le droit d’approcher la victime, de jouer avec elle, de la toucher. Il se disait que si on la touchait, on pouvait attraper le sida. Pendant un cours de sport, lors duquel les enfants devaient faire une ronde, ceux qui étaient à côté d’elle ont mis des gants, ou ont tiré sur leurs manches pour que leur peau n’entre pas en contact avec la sienne…
Ce manège a duré plusieurs semaines, au nez et à la barbe des enseignants. Par contre, ceux-ci, quand ils ont été alertés, ont réagi immédiatement et dans le bon sens. Le manège a cessé. Il y a eu de nombreuses discussion avec les élèves.
Une de mes filles a été elle aussi victime de harcèlement, parce qu’elle est différente de ses camarades. Heureusement, nous avons une relation de confiance, et elle m’a tout raconté très vite. Quand cela a commencé à aller trop loin, je suis intervenue. Là encore, les enseignants ont eu la bonne réaction. Et cela a cessé. Un temps. C’est revenu. Puis cela a cessé à nouveau. Les enfants sentent très vite quand un autre est laissé pour compte ou quand ce n’est pas le cas.
Par contre, ma fille n’a jamais été victime de harcèlement sur Internet. Tout simplement parce que les gamins qui l’emmerdent au collège ne font pas parti de ses contacts. Ça limite bien les choses. Dernièrement, une gamine avec laquelle elle a été en colonie, avec laquelle elle n’était pas particulièrement amie, mais qui avait insisté pour qu’elles soient en contact, lui a mal parlé. Elle l’a virée. A la différence de la vraie vie, sur Internet, on peut couper le sifflet à quelqu’un. On est obligé d’aller au collège, de retourner voir ses petits tortionnaires. Pas sur Internet.

On dit que le harcèlement scolaire serait démultiplié par Internet qui rendrait les choses encore plus dures. On parle aussi de ces enfants qui ont jusqu’à 300 contacts. Mais ce sont rarement les mêmes. Un enfant en but au harcèlement n’est pas un leader, pas quelqu’un de populaire. Il n’a pas 300 contacts. Il en a même assez peu, ce qui peut le protéger. Parfois, aussi, il espère intégrer LE groupe. Celui des ados normaux. Parce que quand on est un ado, le groupe, c’est la deuxième famille obligatoire pour pouvoir quitter la première. Alors peut-être est-il tenté de faire allégeance, d’établir le contact sur Facebook. C’est alors que ça peut dégénérer. Mais ce n’est pas plus terrible qu’en vrai. Parce qu’en vrai, c’est déjà terrible. C’est déjà insupportable.



"Les injures" : Campagne contre le harcèlement à l’école par LeNouvelObservateur

Le seul passage sur Facebook concernant cette video (et les deux autres de la série), c’est quand une petite pétasse publie la photo du gros sur Internet à partir de son téléphone portable. Peu crédible. Vous savez combien coûte un forfait avec Internet illimité et ce genre de téléphone ? Vous pensez que la majorité des enfants de collège ont les moyens d’avoir ce genre de portable ? Et puis pas besoin de réseau social pour transférer une photo. Les forfaits bloqués des ados ont la plupart du temps SMS et MMS illimités. Et ils savent s’en servir. Et c’est d’ailleurs par ce biais que se font les envois de photos gênantes et choquantes, les vidéos, qui ont été jusqu’aux tournantes filmées. Pas sur Facebook. Mais quoi…, on ne va pas interdire les téléphones quand même…

Pour en revenir à la campagne sur le harcèlement et à la très grande faute d’Internet, je me rappelle de nombreux lancements de reportages : « Une plaie, qui gagne les écoles, multipliée par Internet » Sur France 2 notamment, avec un lancement plutôt appuyé de Pujadas. Le reportage lui-même ? A croire que le présentateur ne l’avait pas regardé… Il montrait un garçon qui avait dû changer d’école parce que victime de harcèlement. Il y racontait ses souffrances, avec beaucoup de clairvoyance. Parlait-il d’Internet ? A aucun moment. Alors ?

Idem dans un supplément télé du Nouvel Observateur. L’article s’appelle L’Ecole sans foi ni loi. Et le chapeau dit : « Les réseaux sociaux ont envahi le quotidien des collégiens. Avec des conséquences parfois tragiques. » Il présente un documentaire qui s’appelle, lui, La Face cachée des cours de récréation et qui porte sur le harcèlement à l’école, « ce mal insidieux qui fait trembler l’Education nationale ». Et la journaliste d’écrire que l’école doit faire face « à un autre genre de harcèlement, aux effets ravageurs : les menaces sur Internet (…) Il est facile devant son ordinateur d’écrire tout et n’importe quoi. Les insultes fusent via les réseaux sociaux, où l’impunité est totale. Des groupes se forment contre une personne et s’acharnent. Le bouc émissaire est poursuivi à coup de chats méchants et grossiers qui fabriquent un monde sans foi ni loi où la réalité peut rattraper le virtuel ». Et de citer le cas d’une jeune fille qui s’est défenestrée à l’automne dernier, victime du harcèlement  de ses camarades à la suite « d’une altercation qui avait démarré, semble-t-il, sur Facebook ». C’est moi qui souligne le semble-t-il. Oui, cela a été dit au moment du décès de cette jeune fille. Est-ce que cela a été prouvé par la suite, corroboré par l’enquête ? Non, et c’est pour cela que la journaliste soit prendre une distance, avec ce “semble-t-il”.

Car à chaque fois qu’on veut démontrer l’effet néfaste des réseaux sociaux, on sort un cas qui n’a soit rien à voir, soit qui est tellement extrême qu’il n’est absolument pas exemplaire. Comme celui de cet adolescent américain qui s’est suicidé parce qu’un de ses « copains » avait mis sur le Net une video de lui ayant des rapports avec un autre garçon. Il était homo, et jusque là, personne ne le savait. Bien sûr que ces agissement sont répréhensibles. Sont-ils la majorité de l’espèce, sont-ils suffisamment courant pour qu’on doivent s’en alarmer. Eh bien je n’en sais rien. Parce que autant des enquêtes sérieuses ont été menées sur le harcèlement à l’école, par des chercheurs en sociologie par exemple, des psychologues, etc. Autant, ce n’est pas le cas pour les dangers que l’on impute à Internet en général, aux réseaux sociaux en particulier.

D’autant que – et ça le papier du Nouvel Obs télé le dit très clairement – s’il y a une recrudescence du harcèlement à l’école (il a toujours existé mais les chiffres de signalement explosent), il ne faut pas omettre les « coupes drastiques opérées dans ce service public depuis 2007 : quelque 66 000 postes de professeurs ont déjà été supprimés ; les effectifs du personnel surveillant sont à la baisse eux aussi. » Rien que dans le collège de mes filles, le nombre d’enfants accueilli a fait en quelques années un bon important, presque d’un quart de sa population d’origine. Si le nombre d’enseignant à, lui aussi, augmenté, mais pas dans les mêmes proportions, celui du personnel de surveillant est resté dramatiquement stable.

Le nombre d’articles et de reportage sur ce harcèlement auxquels serait mêlé ce pauvre Facebook est essentiellement dû à une campagne assez spectaculaire du ministère de l’Education nationale sur le thème. Les médias les plus importants ont été convoqués à une conférence de presse sur le thème. Certains confrères m’ont fait part de “l’insistance” de ce ministère pour que le sujet soit traité “avec le volet Internet” même si leurs propres enquêtes ne le mettait pas en valeur (et pour cause). Et quand le volet ne peut y être, on fait le lancement adéquat.

Toute cette agitation pour quoi faire ? Bon sang, mais c’est bien sûr, la campagne… électorale celle-ci. Il est sans doute important de faire savoir aux parents que l’Etat est inquiet pour leurs enfants et qu’ils s’occupe du problème. En paroles… Des paroles qui coûtent cher… Il en profite pour taper sur Internet, cet ennemi si facile, ce lieu de permissivité et de liberté insupportables. C’est pervers et pathétique. Parce que ce ne sont pas quelques spots à la télé, aussi bien fait soit-ils qui mettront fin au harcèlement à l’école. Ce sont des adultes formés à la question qui peuvent rester vigilant et prévenir. Oui, mais pour cela, faudrait arrêter de déplumer l’Education nationale de ses enseignants, de ses encadrants…

dimanche 1 janvier 2012

Mon gamin est sur Facebook, c'est grave docteur ? - 1re partie

Quelques uns de mes étudiants ont planché sur un sondage concernant l’usage des réseaux sociaux chez les 8-17 ans. Pour mieux corriger leurs papiers, je dois étudier ce sondage.

L’intitulé me laisse dubitative : une enquête sur les 8-17 ans et Internet, comment ne pas penser que cela mélange tout et son contraire… Qui y a-t-il de commun entre disons une petite Manon de 8 huit ans, scolarisée en CE2 et une grand Tristan, 17 ans, qui est au lycée, en première ?

J’ai donc téléchargé le sondage. C’est une enquête TNS Sofres effectuée à la demande de la Cnil et de deux associations de protection de l’enfance.

A priori, quand on sait comment fonctionnent les sondages, on se dit que, vu les commanditaires, Internet, a priori, est coupable. De quoi, on ne le sait pas encore. Mais forcément coupable. Toutes ces enquêtes, une fois réalisées, sont la propriété de ceux qui les ont commandées, et payées. Ils ont la possibilité de les divulguer, ou pas. Et logiquement, un organisme ne publie que les sondages qui vont dans son sens. Ici, nous avons deux commanditaires de la protection de l’enfance qui ont souvent la dent dure contre le réseau des réseau, ce nouveau fléau. Analyse faite, Internet ne s’en tire pas si mal que cela. Et le sondage fait bien la part des choses entre les plus de 13 ans (âge « autorisé » par Facebook pour ouvrir un compte) et les plus jeunes. Et le grand écart est effectivement là. Reste tout ce qu’on peut faire dire aux chiffres et certains ne s’en privent pas..

Premier élément donné : 48 % des 8-17 ans sont connectés à un réseau social. Ce qui en soit, n’est pas énorme. J’aurais cru plus. En fait, je me rends compte que non. Nombre de mes étudiants, et cela m’étonne toujours, n’ont eu  que très peu de contacts avec les réseaux sociaux avant de rejoindre l’école. Parce qu’ils n’en voyaient pas l’intérêt. Et je suis suis obligée de leur dire, que, si, ils peuvent y trouver de l’intérêt. Un intérêt professionnel. Et avant d’avoir 21 ou 22 ans, ils ont eu moins de 17 ans…

Cela dit, j’aimerais savoir quelle est, dans ces 48 %, la proportion des 8 ans, et celle des 17 ans. Ça ne doit pas être loin des 97 % chez les second et des 3 % chez les premiers. Deuxième chiffre sur la même page : 96 % utilisent Internet, 93 % chez les 13 ans et moins. Quand même… me dis-je in peto. Sauf qu’il ne s’agit que d’aller sur Internet. Et qu’évidemment la quasi totalité des enfants se connectent puisque le maniement d’Internet est une matière enseignée dès l’école primaire. Ma dernière fille (11 ans), dès le CM1, a eu des recherches à effectuer sur la Toile. Ce qui m’énervait plutôt. Pas parce que j’avais peur du grand méchant loup. Mais parce que faire une recherche sur Internet, ce n’est pas du tout quelque chose d’évident. Et qu’une fois qu’on a entré « Hercule » ou « Victor Hugo » dans Google, comment fait-on pour trouver quelque chose de pertinent ? Chercher sur Internet, cela s’apprend. Avant de lancer leurs élèves sur des recherches à faire chez eux sur la Toile, les enseignants seraient bien avisés de le faire, avec eux, en classe, en leur montrant les outils les plus efficaces. Et après leur avoir donné les clés d’utilisation de Wikipédia et les mises en garde nécessaires

Bref, 93% des moins de 13 ans surfent sur Internet. Je me demande pourquoi on n’arrive pas à 100 % vu les programmes scolaires…


Léone faisant ses début à l'ordi

Ils sont 18 % de moins de 13 ans à être connectés à un réseau social (mais l’analyse dit « près de 20 % », 18 %, ça ne doit pas assez parler…) Là encore, j’aimerais bien savoir comment se répartissent ces 18 % en fonction des classes d’âge. Et de comparer Manon, toujours 8 ans, à… Lola, 13 ans, en quatrième au collège.

Le chiffre existe. Le sondage le donne deux lignes plus bas. Ils sont 11 % des élèves du primaires à se connecter sur un réseau social. De cette première partie, le sondage conclut, à juste titre, que le déclic se fait en fait au collège. Et qu’à partir de ces années-là, les ados se connectent soit depuis leur ordinateur personnel, soit depuis leur téléphone portable, avec donc le forfait adhoc, plutôt coûteux. Ce qui m’étonne, c’est que, un peu plus haut, il disait que c’étaient les enfants dont la famille appartenait aux catégories populaires qui se connectaient le plus, plus que ceux des familles dites aisées. Pas d’explication à cette contradiction qui n’a surpris personne semble-t-il.

Les chiffres qui suivent ne concernent que les 48 % de jeunes qui admettent être sur un réseau social. FB ou un autre. Surtout FB.

Deuxième chapitre, L’attitude des parents face à l’utilisation des réseaux sociaux. Parent ! Vous ne vous occupez pas assez de vos gamins. C’est un peu la tendance générale depuis quelques années : mettre les parents en accusation et leur faire porter le poids de ce que la société ne peut plus faire. Hop hop hop, je suis hors sujet…

« Si 99 % des parents savent que leur enfant est sur un réseau social, c’est un sujet dont on parle peu. » Et pour cause. Vous avez déjà essayé de parler de ses copains avec un pré-ado ou un ado ? J’imagine très bien la conversation autour de Facebook. Enfin, je l’imagine… je la connais, je l’ai déjà vécue. C’est un parent qui cause tout seul devant son gamin qui soupire, lève les yeux au ciel et conclut en disant : « De toute façon, tu comprends rien… » Ce qui n’est pas vrai, mais ce que l’ado se plait à penser. Restons optimiste, il y a quand même 14 % des ados qui en discutent avec leurs parents. C’est énorme.

Cela dit, si les parents n’en parlent pas, ils suivent. Quasi la moitié des ados sont amis avec leurs géniteurs. Ma fille aînée (17 ans demain) m’a virée un jour en m’accusant de l’espionner. Au départ, je n’avais pas voulu être son amie, c’est ma fille, pas ma copine. Mais lors d’un de mes voyages, nous avons trouvé plus simple de nous connecter pour discuter en chat. C’est plus souple et plus pratique que MSN quand on se trouve dans un cybercafé aux portes du désert, ce qui était mon cas.

Je n’allais jamais sur sa page. D’abord parce que je refuse de l’espionner, ensuite parce que, de toute façon, je ne comprends rien à ce qui s’y raconte. Mais de temps en temps, je tombais sur une de ses actualités sur MA page. J’ai eu le malheur de répondre à l’une d’elle. Hop, virée. Depuis elle m’a remise. Puis m’a virée à nouveau. Et s’est plainte pas plus tard que ce matin de ne pas pouvoir lire ma page parce que je n’étais pas son amie.

Ma seconde fille (13 ans) doit son compte à sa meilleure copine, alors qu’elle n’avait pas l’âge requis. Vu le nombre d’heures qu’elle passe sur mon ordinateur (très peu, j’occupe la place), et qu’elle n’en a pas à elle, j’ai laissé faire. Elle m’a très vite inscrite comme amie. Elle aurait pu ne pas le faire. Quant à la petite dernière, je viens de lui créer une adresse mail. Mais j’ai refusé de lui ouvrir un compte FB. Appuyée en cela par l’aînée. Il faut dire que la petite n’a pas d’amie qui ait un compte FB avec qui converser. A part jouer (il n’y a que cela qui l’intéresse), elle n’y ferait pas grand chose. Mais il a fallu lui exliquer que ces jeux-là nécessitaient des amis pour avancer. J’en sais quelque chose. Cela fait deux semaine que je ne fais que ça, jouer…

Je connais des jeunes filles qui ont plusieurs comptes mais se ferait hacher menu plutôt que de le reconnaître. L’un est connu de leurs parents. L’autre non. On est content parce que, tout compte fait, notre enfant ne passe pas tant de temps que ça sur FB. On croit surveiller. On ne surveille pas grand chose en fait. On se fait avoir en beauté.

Le sondage poursuit : « Seul la moitié des enfants s’estiment surveillés ». Le total est effectivement de 55 %. Mais seuls 48 % des garçons disent l’être. Et 63 % des filles… Les vieux réflexes reviennent toujours. Donc, quand on dit que les parents ne surveillent pas leur progéniture, ça dépend laquelle. Mais n’en a-t-il pas toujours été de même ? Quand j’avais entre 13 et 17 ans, mes copines étaient bien plus surveillées que leurs frères (je ne pas dire la même chose, je n’ai pas de frère). Elles n’avaient pas le droit de sortir seules avant un âge avancé (la majorité en général). Si elles avaient un grand frère, ça allait, mais sinon… il fallait attendre le petit ami dûment adoubé par les parents. Pour les garçons, la surveillance était plus lâche on va dire… Et ça n’a pas changé.

En passant, les moins de 13 ans se sentent surveillés à 77%.

Super surveillés :-)


Léone faisant ses début à l'ordi

Le sondage constate cependant que la surveillance serait « plus quantitative que qualitative ». C’est-à-dire que les parents se contenteraient de limiter les moments où les 8-17 ans ont le droit de se connecter (28 %) plutôt que de vérifier ce qu’ils disent ou montrent (23 %). Evidemment, c’est peu. Mais si on isole les moins de 13 ans, le deuxième chiffre monte à 42 %. Dans toute cette partie, la surveillance des parents est bien plus importante pour les enfants de moins de 13 ans que pour les autres. En résumé, les parents sont assez peu associé à la pratique qu’ont les jeunes d’Internet et des réseaux sociaux. Et pour cause. Je les vois assez peu au-dessus de l’épaule de leur ado pendant que celui-ci surfe. Sauf à vouloir vivre dangereusement… Il faut remettre les choses dans leur contexte. La surveillance des parents est directement liée à la relation qu’ils entretiennent avec leur enfant. On ne peut pas focaliser uniquement sur les réseaux sociaux. C’est un ensemble. Que nombre de parents soient dépassés par leurs ados, je les comprends. Ce n’est pas tant la compétence technique qui leur fait défaut, que la compétence émotionnelle. Elever un ado, c’est dur. Et on fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a.

La majorité des enfants utilisent leur propre identité (92%). En général, comme leurs parents. Ça c’est moi qui le dis. Et je pense que les gamins ont déjà compris beaucoup de choses. J’ai un pseudo, sur ce blog. Mais je sais depuis longtemps qu’il est totalement transparent. Il ne faut pas chercher loin pour trouver mon vrai nom, éventuellement mon adresse. Tous ceux qui se sont fait licencié pour avoir dit du mal de leur entreprise dans leurs blogs personnels avaient des pseudos. L’entreprise même avait un pseudo. Qui n’ont servi à rien. Et je me souviens très bien de ce proviseur radié de l’Education nationale à cause de son blog. Il avait pourtant été très précautionneux, avec pseudo et tout… Il a heureusement, depuis, été réintégré…

Le mythe du contributeur anonyme est valable tant qu’Internet est utilisé par un petit nombre de gens. Mais plus la toile s’étend, est utilisée par un nombre de personnes de plus en plus grand, plus il est facile d’y retrouver n’importe qui. Même par hasard. Parce qu’on connaît toujours quelqu’un qui connaît quelqu’un qui connaît quelqu’un…

Et puis la plupart des ados se connectent aux réseaux sociaux pour communiquer entre eux : discuter, s’envoyer des blagues, des vidéos drôles, des confidences (qui d’ailleurs n’en sont plus vraiment). Bref, Internet est une vraie cours de récré sans la distance imposée par la présence physique (avec ce qu’elle peut avoir de paralysant ou d’inhibant à cet âge-là). Avec tout ce que cela comporte. J’y reviendrai…

Tous les gamins livrent des informations personnelles : leur vrai nom, leur âge, leurs centres d’intérêt, leur adresse mail, le nom du collège ou du lycée, leurs marques préférées. Mais ils ne sont que 9 % à donner leur numéro de portable et 5 % le fixe. Moins de 10 % d’imbéciles, c’est rassurant. Surtout avec des parents qui les surveillent aussi peu. Parce que les autres données, franchement, où est le problème ?

Les photos et les vidéos, qui risquent de vous poursuivre toute votre vie. Julie en vacances, Gaétan en train de faire des grimaces immondes et ridicules, les soirées plus ou moins alcoolisées suivant l’âge… Pour la plupart, des conneries. Il y a aussi beaucoup plus grave. Des vidéos filmées à l’insu des jeunes et mises en lignes contre leur gré. J’y reviendrai aussi.

Et puis, précise le sondage, les enfants disent à 58 % s’ils sont célibataires où s’ils sortent avec quelqu’un. Le chiffre monte à 71 % pour les garçons de plus de 13 ans. C’est quelque chose qui m’a toujours amusée. Avez-vous été voir des pages de jeunes de moins de 17 ans sur FB. Moi, quelques unes. Beaucoup de filles sont fiancées avec leur meilleure amie. Non, elles ne sont pas homosexuelles. Elles pourraient, mais ce n’est pas le problème. C’est juste une façon de montrer l’importance que cette amie là a dans leur vie. Il faut dire que la notion de célibat ou non, pour des jeunes de moins de 17 ans, à part quelques cas assez rares, c’est très très relatif.

Cela dit, si les enfants renseignent ces éléments, c’est aussi que leurs parents, comme la majorité des adultes, le font sans se poser de questions.

Mais surtout, et ce que dit le sondage à cet égard est tout à fait juste, pour la majorité des jeunes, les relations sur Internet n’ont rien virtuel. Tout simplement parce qu’ils utilisent ces réseaux sociaux comme leurs parents utilisaient auparavant le téléphone. Ils communiquent entre eux. Ils passent des heures à discuter. Comme tous les ados l’ont toujours fait. Seul l’outil a changé. Mais il coûte moins cher. Je me rappelle qu’à mon époque, la question de la facture de téléphone était toujours été une cause d’engueulades entre mes copains et leurs parents (les miens ne payaient pas le téléphone, c’était la boîte de mon père qui prenait la facture en charge). Puis les ados ont fait exploser la facture de leur téléphone mobile. Enfin on a inventé les forfaits bloqués et Internet. Et la paix des familles est revenue. Enfin, sur cette question. Donc oui, Internet, les réseaux sociaux, c’est la vraie vie parce que la plupart des gens que les jeunes y côtoient sont leurs propres amis, ceux du collège ou du lycée, ceux rencontrés en colonie de vacances. Leur bande, pour le meilleur et pour le pire. Qui n’est jamais certain, mais, quel que soit l’outil, n’est cependant jamais loin.

A suivre donc…

En photo, ma fille, moins de 1 an, faisant ses débuts sur l’ordinateur. Qui n’a aucun secret pour elle. Aujourd’hui, dix ans plus tard, elle aimerait bien un compte Facebook. Mais j’ai dit non… Quand elle aura des vrais amis qu’elle pourra retrouver, on réenvisagera la question. Mais pour le moment, elle n’en a pas besoin.

lundi 21 novembre 2011

Ma fille n'aime pas les psy…

En ce moment, elle est le spleen incarné. Elle traine ses journée en longueur comme sa moue. Elle nous toise, ne répond pas quand on lui parle, ou alors de façon agressive. Mutique, elle boude. Puis crie. Puis boude à nouveau…

Rien que de très normal pour une adolescente. Sauf que…

Hier, par exemple, après s’être vue dans la glace, elle a poussé un tel hurlement de désespoir que ses sœurs et moi avons grimpé quatre à quatre les étages jusqu’à sa chambre.

A par ça, a dit la psychologue, tout va très bien…

Au printemps, j’avais annoncé à ma princesse mélancolique que si elle n’allait pas mieux, je l’emmènerais chez le psy(chiatre). J’ai fini par le faire. Elle l’a vu deux fois et a décrété que cela suffisait comme cela. Les psy, elle ne les aime pas. Ce sont des incapables, incapables de faire quoi que ce soit si ce n’est écouter. Et elle, quand elle était petite, elle n’avait pas besoin d’être écoutée. Elle voulait être entendue, qu’on la sorte de là de cette vie qui la faisait souffrir. Quand elle a dit pourquoi elle souffrait, cela a été des ennuis à n’en plus finir. Le pire, c’est la menace de placement. Elle n’a gardé que cela dans sa tête. Assistantes sociales, psychologues, pedopsychiatres, que des beaux parleurs. Elle ne veut plus de ces gens-là. Même si je lui dit que ce qui s’est passé est plus compliqué que cela.

Après des vacances un peu mouvementée, j’étais contente d’apprendre que nous avions enfin une place au Centre pour adolescent. Bon d’accord, pas de psychiatre ni de pedopsy, mais au moins le Centre. D’accord a-t-elle dit sans barguinier. J’aurais dû me méfier.

Elle a donné le change à la psychologue. « Oui, je sais, ça n’allait pas fort. Mais j’ai décidé de me reprendre, de faire des efforts en classe… » La psychologue, impressionnée m’a dit : « Ecoutez, elle à l’air d’aller très bien votre fille…
– Oui, mais euh, comment dire. Je me demande si elle ne donne pas le change parce que, vous comprenez…
– Mais non, elle va très bien, il faut lui donner sa chance.
– Si vous le dites.
Comme si je ne la lui avais pas déjà donné des centaines de fois, cette chance.

Pas de suivi, donc, juste un rendez-vous de contrôle un mois plus tard. Et l’ado qui continue de donner le change devoirs faits, conduite pas irréprochable, mais bien meilleure, nouvelles amies… Au rendez-vous suivant, je ne peux que reconnaître qu’elle va mieux. La psy toute contente confirme donc le bon état général de ma fille.

En sortant, je a regardais du coin de l’œil en me disant : voyons combien de temps cela va durer.

Ça n’a pas loupé. Le lendemain, elle perdait pied. Bon sang ! ma fille !

Elle ne fait plus ses devoirs, ne promène plus le chien, ne le nourrit pas non plus, ne s’occupe plus de ses phasmes, envoie les gens balader. Elle n’a plus d’amies (en a-t-elle jamais eu). Les filles de sa classe se foutent de sa gueule. Les garçons la traite de champignons. Elle se déteste, souffre, parle de mourir.

Mais à par ça, Madame la psychologue, tout va très bien, tout va très bien…

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