Racontars

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Mot-clé - Lot-et-Garonne

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mardi 8 septembre 2009

Pêchés, relâchés…

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L'enfant et la rivière

J’adorais les voir jouer ainsi, près de la rivière. A vivre comme cela, au bord de l’eau, observer le changement de lumière et à regarder les enfants jouer, me reviennent des pages entières de roman et je comprends comment certains sont devenus écrivains. Cela ferait une belle photo de dyptique, pour une inspiration un peu campagnarde.

lundi 7 septembre 2009

Il y a des villages, comme ça…

Vous rentrez d’une séance d’accrobranches particulièrement épuisante pour tout le monde. Le temps est lourd. L’orage menace. Vous avez puisé toutes vos réserves d’eau. Vous décidez de vous arrêter dans un village dont les guides disent qu’il est “très intéressant” ou “à voir”. Vous vous garez. Vous avisez une grande bâtisse, impressionnante, mais pas non plus extraordinaire.



Vous vous garez et décidez d’en avoir le cœur net. Vous vous diriger vers la porte de la grande bâtisse.

Et vous vous rendez compte qu’en fait, c’est un passage…

Vous entrez donc et vous vous retrouvez dans un autre monde
Et puis, un peu plus loin, il y a une fontaine, de jolies maisons

Et puis une épicerie très accueillante dans laquelle j’ai acheté des cartes postales de quoi rafraichir nos gosiers assoiffés.



Voilà, Prayssas est effectivement un endroit à voir.

Pour voir les photos en plus grand, vous cliquez dessus. Pour en voir d’autres sur ce village, vous cliquez sur le lien en dessous.

samedi 5 septembre 2009

haaaahahahaha, hahahahahaaaaaa !!!!

(Elles Jane, moi pas Tarzan…)



Et je garde les arpions bien arrimés à la terre (aucune intention de grimper dans les arbres)…






Eh oui, voilà ce que c’est que de crapahuter pendant trois heures dans le sable d’une pinède.

samedi 29 août 2009

Une visite fort de château

Lundi, m’étais-je dit, j’emmène les filles faire une randonnée à la montagne. A chaque vacances, je leur fait le coup. Je les emmène faire une grande grimpette dans des montagnes pas trop loin de notre lieu de vacances. Ça ne leur viendrait pas à l’idée qu’ici, des montagnes, il n’y en a guère. Donc elles se préparent. Et moi je me marre.

Ce lundi, justement, le temps n’est pas au beau fixe. Dangereux pour une randonnée. Du coup, je change mes projets et les emmène à l’assaut du château de Bonaguil. C’est à quelques kilomètres de notre ieu de résidence, près de Fumel et les photos sont alléchantes. Allez hop, nouveau cours d’histoire. Nous n’allons pas être déçues.

En 1483, Bérenger de Roquefeuil hérite de son père de Bonaguil, château gascon du XIIIe siècle. Un donjon, un corps de logis et quelques remparts…, bref pas de quoi fouetter un chat. Mais c’est sans compter sur le sale caractère du nouveau seigneur des lieux. En effet, le jeune homme s’est pris de bec avec la population d’une de ses baronies, celle de Castelnau-Montratier. Celle-ci faisait apparemment tout pour ne pas lui verser d’impôts. Ce qu’il a mal pris. Après quelques exactions de ses gens d’armes, la population s’est rebellée, les sbires ont dû se planquer dans le château de Sauveterre. Roquefeuil fut condamné par le parlement de Toulouse à rembourser ses méfaits. Vert de rage, il s’enferma à Bonaguil qu’il entreprit de transformer en forteresse inexpugnable : « J’élèveroi un castel que ni mes vilains sujets ne pourront prendre, ni les Anglois s’ils ont l’audace de revenir, ni même les plus féroces soldats du Roy de France. »* Mais comme il n’était point sot et qu’il savait que le temps était venu de l’artillerie, il veilla à ce que les défenses soient au goût du jour.

Dès 1480 (soit douze ans avant la découverte de l’Amérique) Roquefeuil fit installer les derniers perfectionnements de la défense tant pour utiliser l’artillerie que pour s’en défendre : barbacane protégeant l’accès au château, des canonnières en pagaille, dans les tours comme dans les murailles les reliant les une aux autres, des casemates à l’abri des boulets, un « moineau » (rien à voir avec le petit oiseau) interdisant toute circulation au fond du grand fossé, des aménagements à des fins défensives dans la grotte située sous l’éperon rocheux, bref, on vous le dit, une merveille de système de défense. Qui ne servit jamais et heureusement. Parce qu’il y avait les loupés. Comme l’installation de la grotte. Si elle avait dû servir, avec la qualité de la poudre utilisée à l’époque, les assaillants n’auraient pas survécu, les défenseurs non plus.

Le sieur de Roquefeuil était également soucieux de sa petite personne. Il fit donc installer le dernier cri du confort… de l’époque. Il y a ainsi un réseau d’écoulement des eaux assez remarquable. On pouvait se procurer de l’eau aux cuisines, en contrebas, sans être obligé de monter sur la terrasse où se situe le puits. Et, paraît-il, un système de latrines révolutionnaire pour l’époque mais qui s’engorgeait rapidement. Et plein d’autres curiosités du même genre. Novatrices mais pas toujours efficaces.

Ce qui donne, près de quarante ans plus tard, un château absolument magnifique mais complètement dépassé. On commençait en effet alors à construire d’autres merveilles, comme Chambort. Cela dit, quel plaisir à visiter. D’autant que nous tombons sur un jeune guide plutôt bien de sa personne et visiblement passionné par le sujet. Il en connaît un rayon, le bougre, sur Bonaguil, bien sûr, mais également sur toute la période et replace le tout dans son contexte.

Ainsi, les alliances avec le roi de France. Bérenger appartenait sans doute au premier cercle de cour de Louis XI, puis celle de Charles VIII et de sa femme, Anne de Bretagne. Un temps, le couple lui octroya argent et personnel. On retrouve trace de cette alliance dans la construction de de la “Grosse Tour”, haute de 35 mètres, couronnée de corbeaux qui signent des architectes bretons. Les Bretons étaient d’ailleurs nombreux sur le chantier, car, ajoute le guide, à cette époque, les campagnes de la régions avaient été dévastées par la peste et nombreux furent ce qui vinrent de partout s’installer dans le Lot-et-Garonne pour remplacer la main d’œuvre disparue. 

A la suite du jeune homme, nous fîmes le tour du premier cercle des fortifications avec le pigeonnier, les cuisines, la boulangerie (avec deux four, un pour le pain, l’autre, plus petit pour les pâtisseries), la barbacane, nous entrâmes dans les tours de défense (avec des systèmes assez amusants d’escaliers placés perpendiculairement aux portes pour ne pas faciliter la course des assaillants s’ils arrivaient jusque là). Nous étudiâmes les aménagement réalisés avant la Révolution par Marguerite de Fumel. Nous grimpâmes en haut du Donjon pour admirer le point de vue, nous redescendîmes, nous visitâmes des salles (dont celle au souvenirs comme de bien entendu). Nous constatâmes les dégâts dus à la Révolution (heureusement peu nombreux), nous apprîmes que le château avait été classé monument historique en 1860 par la mairie de Fumel qui l’avait racheté, que des campagnes de restauration s’étaient succédées, que ce n’était pas fini mais qu’on manquait un peu de sous en ces temps de crise. Nous finîmes sur les rotules.


Restait à descendre jusqu’au parking, en contrebas. Le chemin est agrémenté de boutiques de souvenirs et d’atelier d’artisans. Les filles avaient de l’argent à dépenser, donné par leur grand-mère paternelle juste avant leur départ. Elles entreprirent de le dépenser. Ainsi, Léone a commencé une collection de figurines représentant dames et seigneurs (surtout des dames d’ailleurs). Garance et Lou se firent faire un bracelet en cuir avec leurs noms (j’ai porté le même au même âge). Arrivées à la voiture, elles avaient tout dépensé. Enfin, pas Garance qui avait servi de banquière à sa grande sœur mais qui est sans doute la plus raisonnable. Pour finir, je leur offris à chacune quelques babioles et nous nous en retournâmes dans notre bastide, les jambes fatiguées, mais l’esprit enchanté par cette visite dans le haut Moyen âge.

Et nous n’avons pu que constater que, question grimpette, un château fort valait bien une montagne…

(*) En voulant me rafraîchir la mémoire et retrouver tout ce que le guide nous avais raconte (deux bonnes heures de cours d’histoire et d’architecture passionnantes), je suis tombée sur le site de photos de Philippe Dufour, Vent d’Ouest. Il y a d’impressionnante photos aériennes, c’est un peu le Yann Arthus Bertrand de la région. Mais les textes qui accompagnent parfois les images ne manquent ni de sel ni d’intérêt. Il n’y a pas que des photos du Sud-Ouest tout le site mérite une petite visite.

Autour des châteaux est certes moins drôle, mais tout aussi intéressant, pour peu qu’on aime les châteaux (et cela peut donner des idées de visites).

jeudi 27 août 2009

Dix mètres sous terre

Ce samedi-là, quand les filles m’interrogent sur mes intentions, je reste muette. La radio nous bassine sur la foule qui envahit les routes quand l’été bascule de juillet en août. J’ai une superstition, ne jamais prendre la voiture les jours de grands départs. Et puis, finalement, je les rameute, et nous partons. Après nous, nous n’emprunterons que de petites routes. Mais la destination reste inconnue pour elle. Il fait une chaleur orageuse. Nous serons très bien à 10 mètres sous terre. En bonus elles auront droit à s’exercer au mini-golf. Quand j’étais gamine, j’adorais ça.

Les grottes du Fontirou sont sympas. La guide est bien allumée. Plus que sa lampe électrique en tout cas. Elle se traite elle-même de sorcière. Très sympa mais barrée. Les filles adorent. Moi aussi. C’est nettement plus drôle que les gens qui se prennent au sérieux et on en apprend tout autant. Nous passons une petite heure sous terre à parcourir les sept salles. Quand nous ressortons, chose promise chose due, putter, balles et 18 trous. Le parcours a vécu, il est tout cabossé. Les premiers sont assez faciles. Les filles plastronnent. Après, ça se corse salement. Garance ait grise mine, Léone est déconfite, Lou s’accroche. Je leur donne quelques conseils sur le calcul de la trajectoire, le placement des pieds. Des réminiscence du vrai golf me reviennent. Pourtant, j’étais une vraie brelle sur les greens. Je me rends compte que Léone, totalement naturellement, à un superbe swing en manquant de me prendre plusieurs fois son putter dans le nez. C’est juste un peu surdimensionné par rapport à ce qui lui est demandé. Il y a des trucs impossibles à réaliser. Du coup, nous trichons outrageusement. Cela les déride. Elles ont toutes les trois l’esprit de compétition et envie de gagner. Or je leur mets la pâté. Pas cool.

Le ciel est devenu noir d’orage. Je presse les filles d’accélérer. Elles veulent à tout prix se choisir des souvenirs, un cristal pour Léone, une géode pour Garance. Nous reprenons la voiture. Le paysage est magique. Le blanc des champs moissonnées contraste violemment avec le noirs de certains nuages. Le temps de prendre deux photos et la pluie arrive, violente, accompagnée d’un vent à décorné tous les cocus du Lot-et-Garonne. Les arbres se baladent dans tous les sens. J’ai du mal à tenir la voiture.

Quand nous changeons de vallée, l’orage reste à l’arrière. La température abaissé. Il pleut bêtement. Au mois n’aurons nous pas à arroser le jardin. Les filles sont enchantées de leur journée. Maman, maman, c’était trop bien, on a adoré.

Nous dînons tout de même sur la terrasse, mais comme tous les soirs nous en sommes chassées par le moustiques. C’est l’heure de Lou. Elle ne bouge plus sans sa bombe. Elle dégaîne au premier insecte suspect et nous arrose copieusement. Elle m’énerve. Avant, elle ne supportait ni les guêpes ni les insectes. Maintenant, tout ce qui vole lui fait pousser des cris de dégoût. Y compris les inoffensifs cousins. Par compensation, elle supporte mieux les araignées. Qui prennent les insectes volants dans leur toile…

Dimanche, jour du saigneur et du ménage. Aspirateur, éponge, poussière. Nous allons bon train, Lou à l’étage, moi au rez-de-chaussée. C’est l’inconvénient des grandes surfaces, y a du boulot. Les Parisiens ne connaissent pas leur bonheur (je dis ça pour les consoler). Garance m’aide. Léone se planque. En punition, elle doit ramasser toutes les crottes de chien dans le jardin. Elle râle. Moi, je me marre, mère indigne que je suis.

Le temps est gris. Idéal pour la pêche. Nous y passerons l’après-midi. total, une cinquantaine d’ablettes et de goujons qui vont rejoindre le congélateur en vue d’une friture. Je me régale par avance. En définitive, j’aime assez la pêche. Le temps passe vite. Il y a de longs moments où rien ne mords et puis, d’un coup, on attrape trois ou quatre poissons de suite, à peine l’hameçon immergé. Et puis tout est calme, c’est reposant (sauf quand les filles s’entretuent, mais, ça, j’ai tellement l’habitude que je le remarque à peine. Vraiment, des dimanche comme ça, j’adore.

lundi 24 août 2009

Mooky souffre

Le chien boite bas. Parfois même il marche sur trois pattes. Les filles sont aux quatre cents coups. Surtout Garance qui est sa maîtresse et qui déclare tout de go que si Mooky disparaît, elle n’aura plus jamais de chien. T’emballe pas petite…

Nous l’avons emmené chez le vétérinaire (la clinique se voit de la route principale, hyper pratique à trouver). Il a juste une vilaine tique coincée entre deux orteils. Il donne au vétau un joli aperçu de son caractère : il a tendance à faire parler ses dents quand il n’est pas content. Pas fort, mais suffisamment pour pincer et qu’on lui lâche la patte. Nous recevons donc un cour de comportement canin et quelques conseils pour canaliser la bête. Force est de constater que cela marche assez bien. Mais il obéit toujours aussi peu quand on l’appelle. Ce qui n’est guère gênant ici, mais risque de l’être plus en ville.

En tout cas voici sa jeune maîtresse rassurée.

Au retour nous nous arrêtons dans une coopérative de fruits et légumes pour faire le plein de nectarines, de pêches, de reines-claudes, de mirabelles, de tomates, d’œufs frais, de courgettes, d’aubergines, le tout pour 8 euros. Les fruits sont peu chers et en parfait état, cueillis murs, pour mieux se régaler, il sont goûteux, juteux. Bref, l’endroit est à recommander. Ça s’appelle Le Ferme au Fruits, et c’est à Temple-sur-Lot, juste après Temple en direction de Villeneuve. Même si vous n’être que de passage, n’hésitez pas à vous arrêter.

Sur le comptoir, chose amusante, il y a des perruches en train de boire à un verre. Ce sont en fait les fruits de l’arbre à perruches. Gros coup de nostalgie. Je n’avais plus vu ces fruits depuis mon enfance et mes vacances chez mes grand-parents à Cannes. J’en avais même complètement oublié l’existence. Il faut que je m’en procure, c’est trop marrant.

De retour à la maison, j’essaie en vain d’envoyer les filles à la pêche. Elle ne veulent y aller que si je les accompagne. Franchement, aucune envie de le faire. J’ai une ratatouille à préparer. Il paraît que je les cuisine très bien. Je ne tiens pas à perdre ma réputation. Et puis pour les grillades de merguez ce sera parfait. Mais d’abord, je vais répondre aux avances de la chaise longue qui me fait les yeux doux depuis que nous sommes rentrées. Et on ne résiste pas au cri de la chaise longue au fond du jardin.

jeudi 20 août 2009

Les bastides

Ce mot là est un gage de ville ancienne, de pittoresque, de beauté architecturale, de places magnifiques. Bon, on se trompe. Le terme ne désigne que des villes neuves fondées dans le Sud-Ouest entre 1222 et 1373 dixit Wikipédia. Ainsi Granges-sur-Lot, où nous avons élu domicile pour ces quinze jours de vacances, n’a rien d’exceptionnel. C’est une très joli village, avec une place centrale, une église, une mairie, un boulanger, une poste (si ça, c’est exceptionnel de nos jours). Mais c’est une bastide. Parce qu’elle a été fondée à une certaine époque, qu’elle a été fondé par quelqu’un (et pas un village qui se crée comme ça à la va comme je te pousse) et qu’il existe des documents à propos de cet acte fondateur. Enfin, si j’ai bien compris.
En fait, si j’ai bien compris, les moines de Clairac ont créé à cet endroit une « grangia » (ou « villa rustica »), c’est à dire une exploitation agricole, lié à une église (elle n’est pas grande, mais elle est magnifique, du pur roman) qui pouvait accueillir des voyageurs et qui était lié à un monastère, en l’occurrence celui de Clairac. Et le nom lui est resté. Et il lui va bien. Parce que toujours d’après la mairie, qui visiblement entretient son patrimoine, et elle le fait bien, il semble qu’après avoir baissé de façon vertigineuse, la population de Granges ai augmenté dans les années 1970 grâce, justement, à l’essor de l’agriculture.

Bref, les bastides ne sont pas toutes exceptionnelles, mais elles ont toutes une histoire, du charme. Et puis comme cela, il y a aussi moins de touristes. Et justement, aujourd’hui, au programme, c’est tourisme. Les filles sont contentes d’être venues avec moi, elles adorent visiter des villes où il n’y a pas de quoi faire du shopping. Surtout la grande qui est depuis trois jours d’une humeur absolument CHAR-MAN-TE. Mais ça lui passera.



Il faut dire aussi que la première que j’avais choisi n’était pas exceptionnelle non plus. Villereal a beau posséder des halles magnifiques, mais entourées de voitures, une église très belle, et être une bastide royale du XIIIe siècle fondée par le comte de Toulouse, frère de Saint-Louis, il n’y a pas de quoi s’en relever la nuit. C’est bien simple, y a rien à voir. En plus, l’Office du tourisme propose un petite promenade à travers les rues et les endroits les plus “importants” de la bourgade qui ne fait que souligner le peu d’intérêt de l’endroit : il y a une maison ou on voit un bout d’évier dépasser, deux trois ruelles très étroites, une place où se passaient des choses mais transformée elle aussi en parking… Bref, nul i



Ce n’est pas vrai bien sûr, la ville est jolie, la promenade pas désagréable et les halles sont vraiment de toute beauté, mais je vous fait vivre la scène à travers le regard d’une ado qui traîne des pieds pour mieux vous faire vivre mon calvaire de mère…  en fait, j’y étais déjà venue. Il y a dix ans. Garance avait tout juste 9 mois et Lou 4 ans. Nous avions passé une semaine en Charente puis étions descendus vers Lauzerte par étape en passant par la Dordogne et le Lot-et-Garonne. Nous avions également été visité Monflanquin, prochaine étape choisie par mes soins.



Belle bastide. En hauteur, elle domine la plaine alentours de toute sa splendeur. De la place Cap del Pech, on aperçoit au loin de château de Biron. Dans l’église Saint-André, une chorale répète es airs sacrés. Les rues sont fraîches malgré la chaleur. Et puis l’Office du tourisme a organisé un petit circuit, comme une course d’orientation. On doit aller d’un endroit à l’autre pour y trouver des plaques où sont expliquées la naissance et l’organisation des bastides. Avec les enfants, ça marche assez bien et même la grande traîne un peu moins des pieds. Nous comprenons ce que sont la charte, les jurades, nous apprenons la création de la ville par Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et frère de saint Louis, sa fonction essentiellement économique car, comme les autres bastides, elle devait rapporter monnaies sonnantes et trébuchantes au comte de Toulouse, à son rôle dans la lutte contre les cathares… Nous arpentons les carrerots et la place des Arcades en tous sens.


La grande n’en peut plus. Elle souffre et pas en silence. Elle ne se décidera que lorsque je les aurait installer dans un restaurant, près de la maison du prince noir, pour déguster des glaces. Et quelles glaces. Je vous conseille l’endroit. Les glaces sont faites maisons et les fruits frais. Imaginez une pêche melba avec la traditionnelle glace à la vanille, mais aussi une glace à la pêche, des pêches justes épluchées et gorgées de jus, et de la chantilly à profusion. Une tuerie. Les filles se pourlèchent les babines de parfum caramel, pralinés, fraises, framboises. A fondre de plaisir. Il est 18 heures quand nous rejoignons notre voiture, à l’heure où s’installe le marché des producteurs. Tant pis, pas le courage d’attendre qu’il ouvre. Nous sommes repues et recrues de fatigue.

Le soir nous regarderons un film sur Elisabeth Ire. Nouvelle occasion de leur raconter un peu l’histoire, l’invincible armada, Henri VIII d’Angleterre et cette reine de fer magnifiquement interprétée par Cate Blanchett. Et puis il se fait tard, demain… demain est une autre jour…
Allez les enfants, c’est l’heure d’aller dormir, car c’est ainsi que le conte fini, celui qui le respire ira au paradis…


mardi 18 août 2009

A la flotte dans le Lot

Même en vacances, je n’ai pas beaucoup de temps. D’abord parce que nous nous levons tard, très tard. Si tard que je n’en reviens pas d’avoir autant de sommeil à rattrapé (quasiment 11h30 tous les matins). Ensuite parce que je suis de corvée de bouffe toute seule, et ça, c’est pénible. Enfin parce que je suis la grande ordonatrice des occupations de trois donzelles, dont deux pré-ados et une ado qui ont vu les Anglais débarquer suivant sa propre expression et qui est d’une humeur massacrante.

Bref, à la réponse : « Qu’est-ce qu’on fait maman demain ? » je me dois d’avoir une réponse autre de celle à laquelle j’aspire réellement : rien.

Cela dit, j’ai plus d’un tour dans mon sac. Ainsi, en épluchant les prospectus sur les divers endroits à visiter (et Dieu sait s’il y en a), je suis tombée sur une petite bastide à 7 kilomètres de notre lieu de villégiature. J’y ai trouvé quelque chose qui se rapprochait de mon souhait tout en donnant le change : une plage. Une baignade surveillée dans la rivière. L’endroit idéal où pendant que les filles font mumuse dans la flotte, je peux m’étirer sur ma serviette.

Et c’est ce que j’ai fait. Le premier jour juste avec les deux dernières, les second avec les trois. Et pendant qu’elles faisaient l’andouille sur le plongeoir en plastique en se frottant aux jeunes mâles qui montraient leurs biceps en jetant les filles à l’eau (ou leurs copains plus petits), je me suis baignée, je me suis séchée au soleil, j’ai bouquiné, je me suis baignée, je me suis séchée au soleil, j’ai bouquiné, je me suis baignée… jusqu’à ce que j’attrape un magnifique coup de soleil. A 50 ans, je ne suis pas encore capable d’éviter cela. Une vraie idiote. Heureusement, il n’est pas trop fort. Je n’aurais pas à dormir sur le dos.


Castelmoron est une très jolie petite ville dont l’emblème est une tête de Maure, exactement la même que celle sur le drapeau corse (mon drapeau dit Léone qui aime toujours autant l’île de beauté). Certains traduisent donc son nom par château du Maure. Sans qu’on sache très bien d’où vient cet Arabe. Cela dit, ses congénères sont remontés jusqu’à Poitiers, ce n’est pas tout à fait pour rien. Mais enfin, il y en a d’autres pour dire que le nom de la ville signifie « chateau du marais » car , à un moment, les terres à cet endroit étaient très marécageuses.
On va y croire très fort…
C’est sans doute pour cela qu’on y a construit une ville, bien sûr. C’est bien connu, les villes, ont les faisait grandir sur des marais comme ça on était sûr que la population allait pouvoir y vivre de façon tout à fait saine… Cela dit, cela peut venir de maraicher, maraîchage, vue les terres fertiles.
Mais comment explique-t-on, alors, la tête de Maure sur le blason ? Et puis tous les dérivés de marais ne se sont jamais écrit Moron. Alors que dans le époques qui nous préoccupent, Maure s’écrivait Mor ou More…
Il existe un autre Castelmoron, en Albret celui-ci (donc à quelques kilomètres). La légende dit qu’il s’agirait d’un castrum romain détruit par les invasions au Ve et reconstruit par des prisonniers maures au VIIIe siècle.

Ce qui est amusant c’est que le vieux château, qui est devenu l’actuelle mairie, a été entièrement refait et redécoré au XIXe par Felix Solar – son propriétaire d’alors, natif de la ville et d’origine juive espagnole – dans un très beau style mauresque, inspiré de l’Alhambra de Grenade (rien que ça !) et de la mosquée de Cordoue. Chassez le Maure, il revient au galop.



dimanche 16 août 2009

Lundi, la vie

Rarement, quand je suis en vacances, je reste au lit au delà de 10 heures. Eh bien quand je me suis décidée à émerger, il n’était pas loin de midi. La mauvaise heure. celle du petit déjeuner est depuis longtemps passée. Celle du déjeuner encore à venir d’autant que je n’ai pas encore fait la cuisine.

Alors avec les enfants, nous nous faisons ce que les branchés appellent des brunchs et ce que j’appelle depuis petite (ma mère en était amatrice également et sans doute pour les mêmes raisons) un petit-déjeuner grand-déjeuner. Jambon, œufs, saucisses, semoule, fruits, yaourts (pas tout en même temps, c’est une image de ce que nous pouvons avoir sur notre table). Mais aussi thé, tartines et confiture. Inutile de préciser qu’on ne se remet pas à table une heure plus tard. Non, une heure plus tard, on prend la voiture pour aller faire les courses. J’appelle Sophie. En général, elle m’indique toutes les grandes surfaces alentours par ordre d’éloignement. La coquine tente encore de m’induire en erreur. Il y a un Intermarché à Saint-Livrade et elle reste obstinément muette sur la question. Je me dis que, du moment qu’elle m’emmène là bas, il y aura bien des panneaux ensuite pour m’indiquer l’emplacement du magasin. J’avais vu juste.

C’est sur le parking du supermarché que je me suis rendue compte que j’avais oublié tous mes moyens de paiement à la maison. Sopie a eu la décence de ne pas pouffer. Cela n’a pas été le cas de fille aînée. Retour casba, pause pipi, récupération du portefeuille après l’avoir cherché pendant un bon quart d’heure (et avoir flippé ma mère). Heureusement, Petite dernière l’a déniché dans le sac de CD où je l’avais fourré l’avant-veille en déchargeant la voiture. Petite dernière est ma tête chercheuse, elle retrouve tout ce que nous cherchons. Elle a hérité ce talent de son père. Sauf que lui me laissait mariner pendant un moment avant de me dire où était la chose cherchée.

Retour à la grande surface. Course supermarché, deux heures de perdues. Je remplis le coffre en espérant que cela durera un peu car mes filles sont des morfales. En rentrant, je découvre une Garance couverte de coups de soleil. Elle n’était pas venue avec nous, s’était promenée avec son chien, était tombé sur le propriétaire et ses petits fils en train de pêcher et s’était jointe à la bande. Son petite débardeur n’avait pas été une protection très efficace pour sa peau de rousse. et j’ai oublié la Biafine à Tours. On verra cela demain. En attendant, fini les fines bretelles, tee-shirt obligatoire. En attendant, elle veut nous montrer sa pêche. Elle est toute contente. Accompagnée de ses sœurs, elle y retourne. Je leur suggère de demandé au propriétaire ce que nous devons acheter et surtout où pour pourvoir appâter le poisson. 

Deux bonnes heures plus tard, elles sont de retour avec un seau plein. Et des indications précises. Et notamment, la possibilité de remplir le bassin du jardin avec l’eau du puits (il y a une pompe électrique) pour y mettre les poissons. En attendant… que nous décidions de leur sort.



Pendant que je prépare le dîner, j’avise le chat. Nous lui avions donné les poissons morts. Il a maintenant repéré les vivants. Il se poste sur la margelle du bassin avec l’éternel problème de ceux de son espèce. Comment atteindre ces proies appétissantes quand on n’aime pas se mouiller les pattes. Ha ha ! cherche mon vieux. Bien d’autres se sont pris la tête avant toi. J’ai même une chatte qui a tenté de boire l’eau du bocal.



Les filles sont reparties pêcher. Ce n’est plus de l’amour, c’est de la rage. Je lance le barbecue et les pommes de terre en papillotes qui seront cuites à la cendres. Plus tard, nous dînons devant la télé. Lou casse sa deuxième lampe. Elle se prend un savon. C’est à cause de la chasse aux moustiques. Elle est très légèrement phobique.

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