Racontars

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samedi 31 août 2013

Propos de tram

Aujourd’hui était inauguré le tram de Tours. Musique, flonflons, confettis, art de rue, ministre, préfet… tout le monde était là pour regarder celui dont on nous promettait l’arrivée depuis trois ans.


Tram à Tours...

A l’intérieur, y avait foule. Idéal pour écouter les gens

– y a Valls qui est venu inaugurer le tramway
– Valls ? Mais qu’est-ce qui fout là, il ferait mieux de s’occuper de la Syrie

Ce qui est tout à fait du domaine d’un ministre de l’Intérieur…

– On arrive à Jean-Jauré (un gamin d’une dizaine d’année)
– Jean Jaurès (sa mère)
– Mais ça s’écrit es, comme les (le gamin)
– Mais ça se dit esse, (la mère)

une minute plus tard

– Quand est-ce qu’il est mort Jean Jaures ? (le gamin)
– Il est mort en 1914 (un papy)
– En 1914 ? Jean Jaures ? (la mère, sidérée)
– Ben oui ! en 1914. Assassiné à cause de la guerre (le papy surpris)
– Oh ! pardonnez-moi, je confondais avec Mendes (la mère)

Mendes qui se lit Mendesse, bien sûr…

– Arrêt Mi-Côte (la voix du bus)
– Arrêt Entrecôte (un passager)
– Arrêt Côte de porc (le gamin)…

Le tram n’a pas été plus loin. Le centre ville était assailli. Mieux valait éviter la boucherie…

dimanche 11 août 2013

Sus au cambrioleur (oui mais après lui avoir dit bonjour et avoir vérifié qu'il cambriole effectivement)

Aujourd’hui, j’ai agressé (verbalement) un jeune homme dans la rue. Il trifouillait la porte de la maison de ma sœur, qui est en vacances dans le sud de la France. Je l’ai pris pour un cambrioleur (pas ma sœur, le jeune homme).

Heureusement, j’étais en voiture, de l’autre côté de la rue. Sans cela, je crois que je lui aurais fait sa fête (enfin, j’aurais essayé… je n’en sais rien, après tout il est peut-être ceinture noir de karaté ou il court très vite).

Heureusement bis, une courte explication m’a permis de comprendre qu’en fait, c’est un copain de la belle-fille de ma frangine, qui squatte la maison tout a fait officiellement. Il est donc reparti entier (en se disant que je devais être tarée) et moi aussi (rapport au fait qu’il aurait pu être ceinture noire de karaté).

Cela dit, faire redescendre mon adrénaline à un taux acceptable pour mon petit cœur a pris au moins une demi-heure. Parce que vous ne vous rendez pas compte de l’influx nerveux qu’il faut pour sauter sur un cambrioleur qui trifouille la porte de la maison de votre frangine (même s’il est tout a fait innocent, mais je rappelle que, cela, je ne l’ai su qu’après). On touche pas à ma frangine (ni à mes filles ni à personne de la famille d’ailleurs). Je ne supporte pas, c’est plus fort que moi, je vois rouge (je rappelle à toutes fins utiles que mon signe zodiacal est le taureau, olé !).

De cet incident, je tire deux conclusions 

– l’information est absolument primordiale pour la démocratie et la paix des peuples ;-) En effet, si j’avais été informée que ma sœur prêtait sa maison à sa belle-fille, j’aurais eu une toute autre réaction. Et probablement que je n’en aurais pas eue du tout (de réaction) vu que je n’aurais pas conduis ma fille aînée chez ma sœur pour qu’elle nourrisse les chats d’icelle. (Bref, la prochaine fois, prévenez-moi, je peux être dangereuse…)

– on ne fait pas justice soit-même parce qu’on risque de faire des conneries (cela dit, je me serais trouvée encore plus bête si j’avais appelé les pandores pour leur dire que des malfaiteurs squattaient la maison de ma frangine…).

vendredi 1 juillet 2011

L'heure du berger

Quand le bruit et la fureur du monde (ou plus simplement celle de mes enfants) se fait tonitruante, j’attends l’heure du berger. Entre 22 heures et 22 h 30, je fausse compagnie aux filles et je m’assoies au milieu de mon jardin ou sur les marches du perron. Le jour décline dangereusement. Les oiseaux volent dans tous les sens. Ils le font plus tôt aussi. Mais à cette heure-là, ils crient. Les martinets passent au-dessus de ma tête, plus ou moins haut suivant le régime des pressions, en s’époumonant. On dirait des écolières (pour l’aigu de la voix) sortant de classe. Ça piaille, ça se poursuit, ça se bouscule, ça rit aussi beaucoup.

Pourtant, d’après une étude dont s’est fait l’écho Mme la principale du collège de mes filles, environ 17 % des enfants se disent victime de harcèlement et être mal dans leur peau. Soit une moyenne de quatre par classe.

Dans le ciel de mon jardin, impossible de savoir si le ramier est dépressif ou la colombe harcelée. Je ne saurais jamais non plus si la mésange est neurasthénique. Elle a quitté le quartier et ne reviendra qu’à l’automne. 

Llà haut, un mouette toute blanche attrape les derniers rayons du soleil. il en va de même pour ces volatiles de fer appelés communément avions. Ils laissent leur trace blanchâtre qui peu à peu s’efface. Les martinets sont ceux qui s’attardent le plus tard. Ils volent en formation serrée, comme s’ils jouaient à chat. Les nuages deviennent roses. Une tourterelle ricane dans l’arbre voisin. On entend de moins en moins de bruit. La ville s’efface, il ne reste que les jardins et le ciel. 

Et puis, d’un coup, tout bascule. Une chauve souris fait son apparition. Et avant qu’une deuxième ne la rejoigne, tous les oiseaux disparaissent. Quand s’allume la première étoile,  les Microchiroptères se lancent dans la grande chasse aux insectes nocturne. C’est l”heure exquise, celle du berger.

samedi 12 février 2011

Le jour ou Moubarak a dégagé

Nous sommes le 110211. Il est 23h23. Ce sont des chiffres qui m’amusent. La journée a été relativement tranquille. Plus que la soirée en tout cas. J’ai préparé mon sac, dit au revoir à mes enfants, et je suis partie travailler. M’attendait un groupe d’étudiants de première année. Des tout-petits mignons. Pour la première fois, ils s’essayaient à faire du secrétariat de rédaction (sur les textes de leurs camarades), et à mettre les textes en maquette. En utilisant un outil, le Mac, un logiciel, In Design, qu’ils connaissaient assez peu. Ils ont eu un cours théorique en début d’année. Mais là, ils passent à l’étape pratique et je suis là pour les guider. Certains, je le sens, s’ils osaient, m’appelleraient bien « maicresse », pour se moquer de moi. Gentiment. Faut dire que je surjoue le personnage de la prof qui fait les gros yeux quand ça ne va pas. Faire les choses sérieusement sans se pendre au sérieux. Aujourd’hui, il y en a un qui a osé m’appeler Akynou. C’est autorisé, mais peu s’y aventurent. Ils restent prudemment au Madame. L’une d’entre eux s’est essayé au Madame Akynou. Là, je dis non ! C’est l’un ou l’autre, il faut choisir.

Dans l’ensemble, ils n’ont pas les deux pieds dans le même sabot et sont plutôt de bonne volonté. Il y en a même certains, si les petits cochons ne les mangent pas, je pense qu’ils iront loin. On sent qu’ils peuvent être bons. Voire très bons.

Bref, journée intéressante, voire amusante. Fatigante aussi parce que je suis sollicitée par les uns, par les autres. Je les incite à faire des pauses. On ne travaille pas plus de deux heures sur écrans sans prendre des pauses. Autant qu’ils prennent de bonnes habitudes.

J’ai déjeuné en compagnie d’un de mes confrères, journaliste de RFI qui intervient chez nous pour la radio et des qui sont sous ma responsabilité, ou qui l’ont été. Dont une jeune femme que j’apprécie beaucoup. L’an passé, elle fut la dernière recrutée sur la liste d’attente. Tous les jours, ou presque, elle m’appelait pour demander où en était la liste, si elle allait être prise. Et je ne pouvais pas lui répondre. Elle était à la fois agaçante, et en même temps, elle avait tellement envie de venir que c’était attendrissant. Du coup, avec cette motivation, j’ai cru en elle. Cela n’a pas toujours été évident. Elle n’était pas sûre d’elle, se cherchait beaucoup. Mais, mine de rien, elle avançait. Elle a fini deuxième de la promo, ce qui m’a fait plaisir. A fini par accepter de faire une année de licence, alors qu’elle n’en avait pas envie au départ. Mais je pensais qu’elle devait la faire. Que cela lui serait bénéfique. Et d’après ce que me disent les autres enseignants, cette année, effectivement, elle explose. En plus, elle est magnifique. Beaucoup plus sûre d’elle. Lors du déjeuner, je la regardais. Et je lui ai dit que je la voyais future rédactrice en chef de magazine. Elle a sourit. Elle n’y croyait pas vraiment. La vie est dure pour les jeunes journalistes. Mais je lui ai rétorqué qu’elle avait le temps, qu’elle était au tout début de sa carrière. Et que c’est comme cela que je la voyais. J’en ai connu des rédactrices en chef, elle est de cette trempe. Et je suis sûre qu’elle y arrivera.

A 17 heures, j’ai planté là mes étudiants, rangé quelques affaires dans mon bureau. Puis j’ai pris ma voiture. Le journal de 17 heures était en train de se terminer. La virgule de fin avait à peine retentit que la journaliste a repris la parole pour annoncer qu’Hosni Moubarak avait démissionné. Dans la voix de la journaliste, une légère excitation. En général, les grands faits historiques me laissent froide. J’en ai vécu quelques uns. La chute du mur de Berlin ? A l’époque, c’était pourtant une vraie révolution, magnifique. La fin d’une époque. Mais cela m’a laissée indifférente. Les avions dans le World Trade Center, j’ai trouvé ça horrible, mais cela n’a jamais représenté pour moi le cataclysme ressenti par d’autres. En tout cas pas plus que le tremblement de terre d’Haïti l’an passé qui a d’ailleurs occasionné beaucoup plus de morts. Le départ de Ben Ali, oui, c’était bien. Voilà, c’était bien. Pourtant, à chaque fois qu’il se passe quelque chose, je me précipite pour voir, observer, comprendre. Mais je ne ressens pas cette espèce de ferveur qui semble porter les autres. Et qu’on ne me dise pas que c’est à cause de mon métier que je suis blasée. C’était déjà comme cela bien avant que je devienne journaliste. Par exemple, quand le premier homme a marché sur la lune. Mais là, d’entendre la voix sautillante de cette journaliste alors que je traversais la Loire radieuse sous le soleil, mon cœur a bondi. Et je me suis surprise à sourire de bonheur.

Je suis allée me garer du côté de la gare puisque j’avais un train à prendre. Un train pour Paris. C’est que j’ai une soirée théâtre et que, comme il se doit, je ne vais pas aller au théâtre dans ma bourgade de province. Il n’est de planches qu’à Paris. Bon, en réalité, je n’ai pas encore réussi à changer de réseau. J’en ai un très bon dans la capitale, que j’ai mis des années à me constituer et quelques bons amis avec qui sortir. Ce n’est pas encore le cas à Tours. D’ailleurs, qui pourrais-je rencontrer : les enseignants qui bossent avec moi, mais ils ne sont pas si nombreux et déjà très occupés. Et des étudiants avec qui la déontologie m’interdit de sortir y compris en tout bien tout honneur. D’ailleurs, je n’en aurais guère envie. Qu’aurais-je donc de plus à leur raconter. Nous vivons sur des planètes différentes.

Donc je me fais des soirées dans la capitale, et c’est la course. A 18 heures dans le train, à 19 heures dans le métro, à 19h45 dans le Monoprix (j’ai oublié mon pyjama à la maison), à 19h55 dans un appartement prêté, téléphone en main pour des affaires de boulot puis les enfants, poêle dans l’autre pour me faire réchauffer un plat. A 20h20 dans la rue. Il fait vraiment doux pour un mois de février à Paris. Doux au point de rendre étrange les lumières de noël. Il faut dire que noël est loin, déjà. Je rejoins le théâtre des Bouffes du Nord et une amie. Nous allons voir une pièce de Shakespeare. Quand j’avais pris les billets, je m’étais dit qu’avec Shakespeare, franchement, je ne pouvais pas être déçue. Et j’ai bien eu raison. On a assisté à un tourbillon d’une extrême drôlerie, mené avec un abattage à couper le souffle. La comédie des erreurs est une pièce de jeunesse du grand William et il s’y est beaucoup amusé sur le ton de la farce.



Comme souvent, on traverse une partie du décor pour rejoindre sa place. Le sol est couvert d’une fausse pelouse. Il y a une petite estrade en bois de chaque côté de laquelle est installé un bar avec des distributeurs de bière, qui doivent servir en réalité une espèce de Fanta rouge et moussant. En tout cas, je l’espère vue la quantité de cette boisson ingurgitée par chacun des comédiens durant la pièce.

L’histoire, a priori, est simple. Enfin non. Elle est compliquée. Plus qu’un boulevard. Des jumeaux ont été séparés très jeunes lors d’un naufrage. Chacun était accompagné d’un autre membre d’une paire de jumeaux qui devait être son serviteur.  Des années plus tard, un jeune homme, Antipholus, arrive en ville accompagné de son serviteur, Dromio. Il l’envoie déposer de l’argent chez leur hôtesse. Mais Dromio revient à peine deux minutes plus tard. Antipholus n’en revient pas et lui demande ce qu’il a fait de son argent. Le drôle lui répond qu’il n’a jamais reçu d’argent mais que la femme de son patron l’attend pour le déjeuner. Qu’elle est même déjà passablement en colère de son retard. Vous l’aurez compris, ce Dromio-là n’est pas le serviteur du jeune homme, mais celui du jumeau d’Antipholus, Qui porte le même nom.

S’ensuit une série de quiproquos et de farces assez drôles. La femme du jumeau local prend le jeune homme pour son mari et l’invite dans sa maison. Mais celui-ci tombe amoureux de la sœur. Et lui fait la cour au grand désarroi de ladite sœur qui s’empresse d’aller tout répéter à l’épouse. A ce moment-là, le mari veut entrer dans sa maison mais trouve porte close. Il va donc chez sa maîtresse. Les deux et les serviteurs se croisent sans se rencontrer. Ça pourrait ressembler à du boulevard. Sauf que c’est du Shakespeare et du Shakespeare mis en scène par Dan Jemmett  et joué par des acteurs époustouflants. Ça n’arrête jamais. On finit à peine un éclat de rire qu’un autre repart. Celle qui joue le rôle de l’épouse, et aussi de la prostitué qui reçoit les faveurs du mari, a un abattage hallucinant. On s’épuise rien qu’à la suivre. Elle se plaint de son mari, pleure, ri, court, bavarde et tout ceci à un rythme suffocant. Valérie Crouzet a joué pour Ariane Mnouchkine, Irina Brooks, Alejandro Jodorowski… Elle est absolument parfaite dans le rôle de femme encore amoureuse mais délaissée par son mari, frustrée et plutôt hystérique. Elle enterre Adjani dans le rôle de la crise de nerf, et elle arrive à nous faire oublier qu’elle parle la langue de Shakespeare, vers, alexandrins et compagnie. On est dans l’histoire et on rit de bon cœur. Et quand elle revient avec les habits de la prostitué chez qui va le jumeau, elle amène une touche de cabaret tordante, se promenant parmi les spectateur, s’asseyant sur les genoux de messieurs fort gênés et draguant un jeune homme sous les yeux de sa fiancée. Plus vraie que nature.

Le jumeau n’est pas mal non plus. David Ayala, avec son jeu drôlissime, incarne à merveille ce gros balourd d’Antipholus, un peu ahuri, qui ne comprend goutte à ce qui lui arrive et son jumeau, plus côteleux, plus bourgeois. Tous sont formidables. Ils ne sont d’ailleurs pas si nombreux que cela. Ils sont cinq à jouer tous les rôles. Ainsi la délicieuse Julie-Anne Roth interprète trois personnages différents.



Bref, ma copine et moi nous avons adoré. Et si jamais vous avez l’occasion d’aller voir cette pièce, n’hésitez pas, courez-y. On y ri tant, et si bien, que le prix des places devrait être remboursé par les sécurité sociale. Puis l’amie m’a raccompagné jusqu’à l’appartement prêté, ce qui m’a évité de rentrer seule et à pied. Nous avons papoté un bon quart d’heure dans sa voiture. Une fois dans le pigeonnier, j’ai allumé la télé pour attendre les infos. Je voulais voir des images de la place Tahrir. Parce que, quand même, aujourd’hui, Moubarak a dégagé.

mercredi 9 février 2011

Du bois dont on fait les feuilles


[[akynou]]

Le chic des clics du mois de février est dédié au bois.
Vous pouvez participer. Ça se passe dans le Galetas

jeudi 14 octobre 2010

Drôle d'idée, drôle de temps

Des fois, quand je conduis, ou que je prends mon bain, ou juste avant de m’endormir, il me vient de drôles d’idées. Comme celle-ci

J’ai 51 ans. Ma fille aînée en a 15. Soit l’inverse de 51.
Je suis née en 59, elle en 95. Soit l’inverse de 59.
C’est la seule fois que cela m’arrivera, et avec cette seule fille-là.

« J’avoue, me dit-elle quand je lui en fis la remarque, c’est stylé… » Un peu fière, comme moi, de cette coïncidence amusante, mais qui ne sert à rien et dont tout le monde se fout. Et se demandant d’où pouvait bien me venir ce genre d’idée. Ben, je sais pas… C’est comme ça. Des fois, c’est plus constructif quand même. Mais bon, c’était amusant.

En attendant, fille aînée a fait sa première manifestation toute seule aujourd’hui. Et demain, elle va bloquer son lycée. Pour ça, elle ne fait pas l’inverse de sa mère. Elle fait juste pareil.

A bas Haby, y a d’l’abus, on viendra à bout d’Haby (Ça c’était le slogan d’une de mes premières manifs, alors que j’allais au lycée Guillaume-Budé et qu’on luttait contre la réforme Haby, ministre de l’Education nationale)
Les Riches ont des couilles en or, les pauvres des nouilles encore (ça, c’était un slogan de la manif contre les retraites, à Tours)

O tempora o mores

lundi 17 mai 2010

Rires sourires et grimaces

Photo prise pour illustrer le texte de Marloute

“Encore maintenant, quand je le croise le matin, qu’il se lave les dents ou prend son petit déjeuner, je ne peux pas m’empêcher de le faire rire. Une grimace, une imitation, une posture ridicule. Ses gloussements me réchauffent le cœur. Alors, je pars travailler avec le son de son rire dans un coin de ma tête.”



A l’occasion du jeu Diptyque 5.2, version Trouvez l’illustration du texte

mardi 23 mars 2010

Mission impossible

Cette mission, si vous l’acceptez, consistera à emmener samedi deux de vos filles à Paris, leur faire réaliser des choses totalement différentes, trouver un endroit où passer la nuit, passer une partie de la journée du dimanche dans un gymnase et redescendre dans votre ville à temps pour pouvoir voter. S’il devait vous arriver quelque chose, le bureau niera vous avoir connu, ni missionner. Cette bande s’autodétruira dans les trente secondes…

J’avais à peine intégré le message que le vieux magnétophone sauta de lui même dans l’évier puis rendit l’âme. Dégoûtée , je ne pus que le mettre à la poubelle. Tu parles d’une mission ! et pourquoi pas marcher sur la Lune pendant qu’on y est.

Cela dit, le samedi matin, j’embarquais les trois filles dans la voiture. Celle du milieu fut débarquée quelques rues plus loin, chez des amis. L’ordre de mission parlait de deux de mes filles, je n’allais pas tout faire foirer en emmenant les trois. Puis nous prîmes la direction de Paris. Il pleuvait comme vache qui pisse. Vous avez déjà vu ces bêtes à corne uriner ? Si vous ne l’avez jamais observé, il est à parier que vous avez du mal à comprendre cette expression. Disons que mes essuie-glace, que je ne saurais traiter de feignants, avaient peine à chasser l’eau du pare-brise.

Et puis du côté d’Orléans, changement de climat, le ciel a arrêté de s’épancher et j’ai pu accélérer le mouvement. A 1 heure, nous arrivions dans le 18e et, petit miracle que les locaux comprendront, j’ai trouvé tout de suite une place pour me garer, une place autorisée s’entend. Nous avons laissé là la voiture pour emmener la petite dernière chez l’amie qui l’hébergeait pour le week-end et fêtait son anniversaire. J’ai senti soudain petite dernière s’arrêter net et fondre larmes : « J’ai oublié les cadeaux sur mon lit. » Eclat de rire peu charitable de ma part. Puis opération consolation : « Ce n’est pas grave, je les lui enverrai par la poste. Et puis tu sais, rien que le fait que tu sois là est déjà un cadeau. » Elle reniflait encore, pas réellement convaincue, quand nous avons sonné à la porte de l’amie. Plus du tout cinq minutes après.

Les mamans arrivaient pour laisser leurs bambines. Ce qui me permettait de les revoir (quand on a des enfants du même âge qui ont fréquenté les mêmes écoles pendant cinq ans, on fini par se connaître). Puis je me suis éclipsée avec la grande. Nous avions rendez-vous au restaurant japonais avec le père. Evidemment, nous l’avons attendu une bonne demi-heure. Nous avons commandé et suivant la formule magique, cela l’a fait arriver. J’ai laissé Lou discuter avec lui de sport et d’escrime et je me suis consacrée à mes raviolis grillés et à mon chirasi saumon.

A 15 heures, nous avons repris la voiture, direction le Kremlin-Bicêtre. En faisant confiance à l’inénarrable Sophie, ma Gepehesse. D’habitude, celle-ci me fait systématiquement emprunter les autoroutes et autres voies rapides. J’ai donc imaginé qu’elle allait m’emmener sur le périphérique. Pas du tout, elle m’a fait traverser Paris en passant, bien sûr, par le très très encombré boulevard Magenta (merci les Verts, ça bouchonnait pas mal avant leur intervention, c’est insupportable depuis, me rappeler de ne pas voter pour eux quand il est question de leur confier la voirie), la place de la République, une longue errance due aux explications assez peu claires de Sophie quand il s’agit de sortir d’une place ou d’un rond-point, Bastille, Porte d’Italie, et enfin Le Kremlin-Bicêtre. Une heure et demie de trajet. J’étais sur les dents. Mais nous avons trouvé une place juste devant la boutique où nous devions aller.

Lou, l’an passé, avait gagné un bon d’achat dans un magasin de matériel d’escrime. Mais elle ne l’a reçu que cette année, et elle n’avait plus que jusqu’au 31 mars pour en profiter. Elle s’est acheté (en s’endettant auprès de moi) un magnifique sac d’escrime qui va pouvoir contenir toute sa vie de sportive. Léone héritera de l’ancien sac.

Retour à la voiture pour nous rendre à  Morangis, dans notre hôtel. J’aime la banlieue, surtout quand Sophie me mène par le bout du nez et me fait tourner en bourrique. Enfin, nous avons réussi à trouver notre chemin malgré la pluie qui refaisait des siennes. Première déconvenue : on m’avait promis une chambre avec deux lits, il n’y avait plus que des chambres avec un grand lit. Ce n’est pas très grave, mais je n’aime pas qu’on ne tienne pas ses promesses. J’ai donc râlé ce qu’il fallait. La chambre était ridiculement petite et pas très engageante. Il faisait froid. Deuxième déconvenue, il n’y avait pas de restaurant dans l’hôtel, il fallait ressortir pour dîner.

Nous avons glandé pendant une heure et demie. Histoire de nous reposer un peu. Puis nous avons repris la voiture pour arriver dans une pizzeria où, grand seigneur, le serveur nous a demandé si nous avions réservé. Il a posé la question à tous ceux qui arrivaient. Sans doute pour montrer que nous étions dans un restaurant de qualité. Cela dit, la nourriture était tout à fait correcte, mais la bande son très pénible. Du R&B poussif ou gueulard… Je crois que j’aurais encore préféré le bel canto. Quoi que…

Retour dans notre petite chambre un peu moins froide (nous avions mis le chauffage à fond). Un peu de télé, un peu de lecture. Lou s’est endormie très vite. Pas moi. Comme si j’avais épongé toute son angoisse de veille de compétition. A un peu moins de 1 heure du matin, alors que je venais enfin de sombrer, alarme incendie. Ils ont mis au moins cinq bonnes minutes à l’éteindre. Elle s’est d’ailleurs remise en route dans la minute qui a suivi, éteinte, en route, éteinte, en route. Eteinte… Ouf !

A 5 heures du matin, j’ai été réveillée par un jeune couple en pleine forme, surtout elle. Le lit grinçait, elle criait en rythme et ça durait, ça durait… Je me suis rendormie, mais pas longtemps, le réveil était à 6 heures du matin.

Douche, habillage, petit-déjeuner… Puis trajet jusqu’au gymnase, à 2 kilomètres de là. Heureusement que nous avons pu suivre la navette. Car Sophie, qui avait elle aussi dû passer une sale nuit, n’a pas daigné se connecter au satellite. En tout cas pas avant notre arrivée. Nous avons retrouvé les amis parisiens. Ce qui était une bénédiction parce que cela me fait une compagnie quand Lou est sur la piste. Ma fille a fait une bonne poule. Ses adversaires étaient nettement plus fortes qu’elle. Plus âgées aussi puisqu’il s’agissait d’une compétition de national 1 en cadettes et que Lou n’est que minime. Mais, elle a bien tiré. Elle est sortie des poules en milieu de tableau.

Par contre, elle s’est fait étendre dès le premier tour de tableau. Un peu bêtement. Mais elle avait la tête ailleurs. Son père avait promis de venir et n’était toujours pas là. C’était sans doute beaucoup trop tôt pour lui, il n’était que 12h30. Lou était en rage. Cela l’a renvoyait à deux ans auparavant. Et évidemment, c’est moi qui ai tout pris. Je me suis sauvée, je ne suis pas maso. J’ai attendu qu’elle se calme. Ses copains se faisant éliminer les uns après les autres, nous avons décidé de partir et de rejoindre Paris. Sans l’aide de Sophie, nous n’avons mis qu’une demi-heure pour atteindre le 18e. Evidemment, les flics nous ont barré le passage (le dimanche, le quartier des Abbesses est réservé aux piétons, ce qui emmerde tous ceux qui habite là, mais profite aux bobos en goguette), impossible d’aller chercher Léone. (Merci les Verts, bis.) Mais je connais bien mon quartier et je sais exactement par où passer pour me rapprocher le plus possible. Léone est arrivée, puis son père qui voulait quand même faire une bise à ses enfants (en milieu d’après-midi, c’est déjà plus envisageable). Et enfin, nous sommes parties, retour vers Tours. C’est qu’il fallait encore que je vote.

J’ai acheté des sandwichs sur la route et du coca aussi parce que j’avais tendance à m’endormir. Radio à fond, pied au plancher (dans la mesure des normes autorisées, je ne suis pas folle). A 18 heures pétantes, je me garais devant l’école où je vote pour me rendre compte que je n’avais ni ma carte d’identité, ni ma carte d’électeur (restées au fond du manteau du week-end précédent). Alors là, j’ai perdu mon sang-froid. J’ai gueulé comme un putois. Pourtant, j’avais encore le temps de faire l’aller-retour. Mais je voulais voter là maintenant tout de suite, aller chercher Garance et rentrer, enfin, chez moi pour ne plus en ressortir.

je n’avais pas fait tout ça pour renoncer. Je suis allée récupérer les papiers, suis retournée à l’école. Puis j’ai été chercher ma fille. Les copains m’ont offert un coup à boire et j’ai décompressé. De retour à la maison, j’ai sorti des steaks hachés du congélateur et un sachet de purée toute faite. J’ai expédié le dîner, envoyé tout le monde au lit et je me suis enfin retrouvée dans le mien, sans personne pour mettre des alarmes à la con ni pour s’envoyer en l’air (même pas moi). Et c’était bon (quand même).

samedi 2 janvier 2010

Trois visions d'Ophélie







Les insomnies, parfois, donnent de drôles d’idées. Dormez bonnes gens, Akynou veille :-)

jeudi 24 décembre 2009

Bon, eh bien nous y voilà… Joyeux Noël à tous

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