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jeudi 16 août 2012

L'attaque des puces ninjas

Cet hiver, nous avons été une première fois envahies par les puces. J’ai acheté des bombes fumigènes en pharmacie. On les places dans les pièces à traiter, on fiche le camp pendant deux heures (quatre pour nous histoire d’être sûres) et on revient compter les morts. Enfin, on l’espère. Car il faut croire que chez cette espèce, les morts ressuscitent. Quelques jours plus tard, l’invasion avait repris de plus belle. Re-pharmacie, re-traitement, une vague de froid bienvenue et nous avons été tranquille quelques mois. Il ne me restait plus qu’à traiter le chien qui continuait à se gratter furieusement, à s’arracher les poils et la peau. Le pauvre est violemment allergique aux morsures des sales petites voraces et développe un eczéma de très mauvais aloi. Rendez-vous chez le vétérinaire. Une centaine d’euros plus loin, j’ai décidé de lui administrer des antihistaminiques courants (à petite dose, il ne fait ni mon poids ni ma taille). J’ai eu raison, ça a très bien marché et son eczéma a guéri aussi vite qu’il était arrivé.

Las, nous n’étions pas au bout de nos peines. Les puces, ça va, ça vient, comme mes chats qui courent la gueuze (bien que dûment castrés). Au début de l’été, elles sont revenues et cela a pris des proportions inquiétantes. Au milieu de l’été, ce fut le cauchemar.

Je me suis donc renseignée sur ces petites bêtes histoire de mieux les comprendre et les traquer sans merci. Certains représentent les puces comme ceci :

Elle a presque l’air sympa. Bonnasse et un rien peureuse. Or cet insecte est redoutable. Il apparaît plus agressif sur cette photo. 

On comprend sa capacité à sauter haut (30 centimètres !), par rapport à sa taille. Et dire qu’il y en a pour les dresser et en faire des animaux de cirque…

Mais moi, je les imagine tout autrement. Ceux qui on envahit ma maison ont tout de puces ninjas (on ne voit pas le bandeau noir parce que noir sur prune foncé, à cette taille, c’est pas net :

puces162.jpg

J’avais pensé que si la maison était vide d’animaux et d’humains pendant une vingtaine de jours (nous en vacances, les chats dans le jardin mais dûment nourris), faute de nourriture, elles finiraient par mourir de faim. Un peu comme les poux… En fait, c’est idiot. Les puces Ninja sont capables de s’autoréguler en fonction des conditions de vie (température ambiante, bruit, hydrométrie, quantité de nourriture disponible [sang]). Si effectivement une première génération meure, ce n’est pas le cas de leurs œufs.

Une puce pond de trente à cinquante œufs par jour pendant une période qui peut aller jusqu’à deux mois. Même si un de mes chats, ou mon chien, n’a ramené qu’une seule puce d’une de ses vadrouilles, au bout de quelques semaines, elles peuvent être des centaines. Contrairement à la lente du pou, l’œuf de puce de s’accroche pas aux poil des animaux, il glisse à terre et se dépose soit sur le canapé sur lequel les animaux aiment à se vautrer (moi aussi, mais je n’amène pas de puces de mes virées). Soit, le plus souvent, il tombe à terre, dans la moquette, ou, dans le cas de ma maison, se glisse entre les lames du vieux parquet. Là, il subit deux métamorphoses, en larves, qu’on peut tuer facilement, puis en nymphe, à l’abri d’un cocon bien solide, et quasi inattaquable. Et attend que la génération précédente soit morte pour prendre sa place en quelques heures. Mais qui n’éclot pas si les conditions ne sont pas requises. Donc ma maison désertée de ses habitants légaux n’était pas gage de puces éradiquées. Les cocons peuvent rester planqués pendant plus de six mois. A la moindre vibration, ils éclosent et attaque le premier passant. C’est ce qu’on appelle, à tord, les puces de plancher. Elles sont voraces, parce qu’elles viennent de naître et qu’elles sont affamées. Mais ce sont bien les dignes héritières des puces de chien ou de chat.

puces163.jpgJe les imagine assez bien, massées derrière ma porte, et passant par la fente destinée au courrier, sautant sur le premier facteur venu. Niark niark, du sang, du sang frais. Même si, paraît-il, l’humain n’est pas leur met favori. Elles préfèrent, et de loin, le chat et le chien. Ils ont tout pour leur plaire. Ils sont chauds, ont la peau légèrement humide, ils leur apportent une nourriture de choix et la présence de poils leur assure un abri idéal pour la ponte (et la partie de jambe en l’air qui précède, eh oh, elles ne font pas cela en public, les puces ninjas sont pudiques).

Cela dit, si la maison est pleine de nourriture ambulante, le cycle de reproduction peut être beaucoup plus rapide. En effet, la mort d’une première génération peut provoquer la naissance quasi immédiate d’une deuxième génération présente à l’état de cocon.

Bref, il n’y a pas trente six solutions pour éliminer ces bestioles, il faut prendre le taureau par les cornes.

Première étape, fulmigator. Je veux dire fumigène dans toutes les pièces. Evidemment, il ne faut personne dans la maison. Pour gagner du temps, j’ai décidé de passer à l’attaque dès le soir de notre arrivée. Après onze heures de route, j’ai déposé les filles chez ma sœur, qui vit à deux rues de chez moi ou presque, j’ai commandé les pizzas, puis je suis partie avec mes bombinettes, commandées depuis mon lieu de vacances et livrées chez la frangine, vers mon logis. Le miaulement désespéré de Jeudi m’informe que lui, au moins, est dans le jardin. Milhaud semble avoir disparu… Je ne résiste pas, je sors pour faire un gros câlin mais suis obligée de le laisser dehors. C’est que les fumigènes sont très fortement déconseillés aux humains, surtout pour les chats et les insectes (et pour cause). J’oublie complètement les phasmes, mais je verrai plus tard que cela n’a guère d’importance. Je monte les escaliers quatre à quatre, je dégoupille et dépose la bombe dans la chambre des filles. Je descend d’un étage. Même opération de la chambre de la grande. J’arrive dans ma chambre : mince, les volets de ma chambre ne sont pas fermés. Je pose ce que j’ai dans les mains, ferme les volets et referme la fenêtre, je dégoupille, dépose la bombe près de la porte pour qu’elle agisse aussi sur le palier et dans la salle de bains. Je descends et mets en route la bombe du rez de chaussée. Puis j’essaie de partir en courant. Sauf que je n’ai plus mes clés. Je ne sais pas où je les ai posées. Je commence à tousser. L’air est irrespirable. J’attrape une écharpe, me la colle contre le nez et la bouche et grimpe à nouveau les escaliers. Les clés sont sur mon lit, là où je les ai déposées pour fermer les volets. Je redescends les escaliers en courant, ouvre la porte, la referme et rentre. Ça m’apprendra à être aussi étourdie…

Arrivée chez ma sœur, je me déshabille entièrement, mets tous mes vêtements dans un sac en plastique et je pulvérise de l’antipuce à l’intérieur, puis je ferme hermétiquement. Bien m’en prends,avant d’enfouir ma chemise dans le sac, j’y vois deux bébés puces. Ça fait pschittttt aussi sec… Pour faire bonne mesure, j’asperge le paillasson, mais il y a peu de risque. Dans le plus simple appareil, j’entre dans le salon en priant pour que le livreur de pizza n’arrive pas au même moment. J’ai heureusementle temps d’enfiler mon pyjama avant qu’il ne sonne. Ouf !

– Deuxième étape. Aération. Le lendemain, après le petit déjeuner, nous rentrons chez nous. Nous ouvrons les fenêtres en grands. Sauf dans la chambre des filles, car elles étaient déjà grandes ouvertes. Damenaid, dans le noir, je ne l’avais pas vu. Le fumigène n’a sans doute pas servi à grand chose. Heureusement, il m’en reste une un. On recommence l’opération uniquement dans cette pièce, en fermant bien soigneusement la porte.

Au jardin, le chat Jeudi miaule toujours désespérément. Il est tellement heureux de nous voir qu’il supporte sans broncher le traitement que nous lui infligeons.

– Troisième étape. Traitement des animaux. En effet, ça ne sert à rien de traiter une maison si les vecteurs de contamination ne le sont pas. Le meilleur moyen n’est pas de s’en débarrasser. Les puces, sans leur nourriture de choix, se retourneront contre les humains. Je préfère encore que les survivantes s’attaquent au chat. Et elles ne se gênent pas, les peaux de toutou ninja. Nous avons traité Jeudi quatre fois et à chacune nous avons trouvé un grand nombre de bestioles. Idem pour Moucky le chien. Traitement de choc au Frontline, pipette, soit disant hyper efficace se sont révélés inutiles. La seule chose qui a fonctionné, c’est l’épouillage. Oui, ce bon vieux peigne antipoux qui chope aussi les puces.

– Quatrième étape. Nettoyage intégral de la maison. Pour la chasse au cocon. Pièce par pièce, nous avons passé l’aspirateur au millimètre. En insistant sur les fentes de parquets. Et tous les endroits où se sont couché les animaux. Les puces ninjas n’aiment pas particulièrement les fauteuils, les canapés, les coins obscurs, etc. Mais les œufs tombent là où s’installent leurs garde-manger. Donc les fauteuils, les canapés, les coins obscurs. En l’occurrence dans ma chambre, l’étagère la plus basse, celle où sont rangés tous mes paréos, ponchos, sacs, etc. Et le dessous de mon lit (planque préférée de mon chien quand il a peur que je lui foute une branlée, ce qui arrive très peu souvent, mais on ne sait jamais). Donc, on a dû déplacer quasiment tous les meubles. Evidemment, il faut ensuite jeter les sacs d’aspirateur le plus loin de chez soi. Voir près de la maison d’un ennemi…

– Cinquième étape. On lave tout que les animaux ont touché : la housse du canapé, les paréos, les châles, les couvertures… Il n’y a certainement plus de puces à cette étapes, mais encore des cocons. Donc lavages machine à 60 °C. Pour ce qui n’est pas lavable, mise en sac poubelles avec force insecticide. Ça n’atteint pas les cocons ? Non, c’est vrai, mais relisez ce que j’ai écrit. La deuxième génération naît dès que la première est morte pour peu qu’il y ait de la nourriture et de la vie. Alors je me fais un malin plaisir de faire vibrer le plancher, de secouer les sacs poubelles. Et pan, je remets une bonne giclée d’insecticide.

Voilà, nous avons fait tout ça. Ce fut un chouette retour de vacances. J’en ai eu des pires : convocation au tribunal pour enfants, découvert abyssal parce que le mari jouait immodérément, hospitalisation de ma mère, résultat du divorce (perdu ! rejoue encore), résultat de l’appel du divorce (reperdu, vous allez directement à la case prestation compensatoire sans passer par la case départ, vous ne touchez pas 20 000 francs mais vous versez 15 000 euros, et vous perdez 60 euros de pension alimentaire…). Bref, l’attaque des puces ninja, finalement, c’est du nanan. Sauf qu’il me reste une sixième étape : recommencer tout à zéro pour achever celles de la deuxième génération qui aurait échappé à tout ça.

Et là, je ne sais pas pourquoi, j’ai un coup de mou…

PS. Milhaud est revenu. En fait, on l’a localisé, et on a été le chercher. Il va bien. Mais il n’a pas aimé le traitement. Il fait un peu la gueule. Les phasmes, eux, étaient morts avant que je rentre. Après les avoir cherché un peu partout, je les ai retrouvés à la cave. Ils n”ont pas supporté leurs quinze jours sans nourriture, sans eau et sans lumière. J’espère ne pas être poursuivie par la SPA.

Sources :
Les puces de parquet
Pour éliminer les puces à la maison, rien de tel qu’un chien
Anti puce

lundi 9 mai 2011

Amande fecit

Notre petite rate est morte. Elle était bien malade. Elle est partie cette nuit



Léone est en pleurs. Nous irons l’enterrer ce soir, dans la campagne, près de la Loire.

mardi 13 juillet 2010

L'été en pente douce amère 1

Des vacances, enfin des vacances où je ne fais rien. Même pas aller à la plage, ou si peu. Le matin, nous nous levons, tard… Vers 10 heures, parfois plus tard. Petit-déjeuner puis promenade de Raïa, la chienne de la maison. Pendant une petite heure, elle court, nous marchons, dans un endroit étonnant, près d’un golf, ce qui aurait dû devenir un champ de villas cossues. Il y a des routes, des chemins, des lampadaires, des branchements électrique, Mais pas le début de construction d’une maison. Des herbes folles, des arbustes, des buissons et les bestioles qui vont avec. La chienne court en tout sens pour finir dans une marre d’eau due à une fuite d’eau présente depuis des mois, m’a-t-on dit. En Espagne plus qu’ailleurs, quand le bâtiment va, tout va. Et là, ça va pas très fort…

Nous suivons vaguement la chienne, en restant sur les parties goudronnées. Puis nous revenons lentement vers la voiture. Ensuite, comme l’endroit est le plus souvent désert, je donne ses premières leçons de conduite à Lou. Elle sait maintenant démarrer la voiture, passer une puis deux vitesses, rouler à peu près droit, freiner, rétrograder, s’arrêter. Ces petites leçons de conduite la motivent pour m’accompagner. Sinon, elle préfèrerait rester devant l’ordinateur ou la télé. Et puis les insectes qui pullulent ne lui disent rien de bon. Elle a la phobie de tout ce qui vole. Phobie renforcée par le fait que je me sois fait sauvagement agressée par une abeille. Nous marchions en discutant quand c’est arrivée. Je ne l’ai même pas vu venir. Par contre, je j’ai bien vu repartir la garce. Elle m’a fait un mal de chien.

De retour à la maison, en général, c’est piscine, histoire de prendre le frais. Les filles passent leur temps à sauter dans tous les sens. Moi, je fais de nombreux exercices. Je pédale. A chacun son Tour, certains font celui de la France. Moi je me contente de la piscine. Mes jambes qui souffrent de la chaleur se portent – et me portent – beaucoup mieux. Je retrouve la finesse de mes chevilles.

Je trouve rarement la motivation de préparer le déjeuner avant 14 heures, 15 heures. LEs déjeuners sont rapides : salades, tartes aux légumes, etc. Le soir, grillades sur le barbecue et pommes de terre sous la cendre dont les filles raffolent. Ou ratatouille.

Et je range tant bien que mal ce que sèment les filles. Elles sont… elles m’énervent. Moins qu’à la maison, parce que je suis plus détendue, mais tout de même. Pour me calmer, je pique une tête et me sèche au soleil. Hier, comme une idiote, j’y suis restée trop longtemps sans protection. Et j’ai attrapé un bon coup de soleil. Comme d’habitude, je ne brûle jamais la première semaine, je fais trop attention. Mais après…

La peau de Garance tient, elle, le coup. Le premier jour, elle a fait une allergie à la crème solaire que je lui avais acheté en pharmacie. La Roche Posay, la marque que l’on achète quand on a des problèmes de peau. C’était réussi ! La peau lui brûlait. Je l’ai envoyé se doucher pour faire partir le produit. Depuis elle utilise la Nivea achetée en grande surface avec bonheur. Garance est maintenant beige clair, c’est-à-dire pour elle très bronzée. Lou est noire et Léone dorée.

Parfois, en fin d’après-midi, nous allons à la plage. Il n’y a pas beaucoup de monde. D’ailleurs, quand nous roulons dans la ville,nous voyons un nombre impressionnant d’appartements et de villas à louer. Ce n’est pas la foule des grands jours. Tant mieux. Miami Platje ressemble à Salou d’il y a trente ans, la foule en moins. Salou ne ressemble plus à rien. Avant, il y avait entre cette ville et Cambrils, un adorable petit village de pêcheur, pendant 7 ou 8 kilomètres, une lande sauvage et quelques champs cultivés. Maintenant, ce sont les immeubles que l’on fait pousser et les deux villes se touchent.

Au premier bain en mer Léone était folle de joie. Elle aime l’eau, elle adore la mer. Elle s’amuse des vagues, du sable, des galets qu’elle collectionne et dont elle leste mes valises la chipie. Elle n’est que rire et bonheur.

A suivre

lundi 1 mars 2010

C'est arrivé comme cela

Jeudi matin, Elle m’a dit : « Tu sais Charlot, il est malade, il a du mal à respirer. » Il était rentré la veille, comme tous les soirs, de sa virée. Avait mangé normalement, avait joué avec sa maîtresse, puis s’était endormi contre elle, dans son lit. Comme tous les soirs. Mais ce matin-là, effectivement, il haletait. Il n’a pas voulu sortir. Quand les filles ont été parties, il s’est couché sur mon lit. Il a toujours aimé mon lit, même tout petit. Quand elle n’était pas là, il venait s’installer sur ma couette.

Une histoire de cha(t)rme

il était donc installé là, moi j’étais allongée à côté de lui. J’écoutais la radio, essayant de gagner quelques minutes de repos supplémentaire avant de filer bosser. Je lui caressais la patte tout doucement. Il a collé sa tête contre ma main et nous sommes restés un long moment, comme cela, tous les deux. Nous étions bien.

Et puis je suis partie. Quand je suis rentrée, il était passé 19 heures. La grande qui regardait les JO m’a dit : « Tu sais, le chat, ça va pas mieux. » Effectivement, il respirait encore plus mal. Mais pourquoi n’as-tu pas appelé la clinique vétérinaire, maintenant, c’est trop tard, lui ai-je répondu. Maintenant, il faudra attendre demain… Le chat est sorti à ce moment-là de sa chambre. Il restait avec nous et semblait souffrir. J’ai été chercher le numéro du vétérinaire de garde. J’avais un dîner avec des collègues. J’ai laissé le numéro à la grande en lui disant : Tu appelles le véto si son état empire. Je ne rentrerai pas tard. Je suis partie.

Vers 9h30, mon portable a sonné. Elle était affolée. Il n’allait vraiment pas bien. Je lui ai dit d’appeler de vétérinaire de garde. Elle l’avait fait, mais celui-ci lui avait raccroché au nez. Dix minutes plus tard, nouvel appel, mais ce coup-là, un cri, paniqué. J’ai dit à mes collègue que je devais rentrer de toute urgence. L’un d’eux m’a ramenée. Dans la voiture, troisième coup de fil. C’était la plus jeune : « Il est mort. »

Je ne voulais pas y croire. Je ne pouvais pas y croire. J’aimais ce chat. J’y était profondément attachée. Et en plus, j’imaginais le malheur total qui devait être celui ma fille aînée. Son chat, qu’elle aimait, qu’elle couvait, qu’elle protégeait (et inversement), son meilleur ami et allié, était mort. Et moi je gueulais en demandant si cette putain de série de merdes allait un jour enfin s’arrêter. Mais comment avait-il pu mourir, à 2 ans et demi ?

Je suis rentrée dans l’appartement. Une de mes voisines du dessus serrait Lou dans ses bras, Lou qui hurlait. Les petites, terrifiées par ses cris, étaient allées à l’étage chercher de l’aide. Et mes voisins charmants avaient accouru. Elle m’a laissé la place, que j’ai prise. Mais je savais déjà que je n’arriverai pas à arrêter ce hurlement. Alors je suis restée là, à la tenir, mon bébé si malheureux, à lui parler, à pleurer avec elle. Elle tenait dans ses bras le corps du chat, inerte. Et à le regarder, j’ai compris que le poison l’avait tué. Ses poumons recrachait une mousse blanche, épaisse qui continuait à suinter encore après sa mort. Lou le secouait, l’appelait, lui criait : « Charlot, ne me laisse pas, ne part pas, Charlot reviens, bouge, je t’en prie, bouge! »

Au bout d’une heure, il fallait faire quelque chose, nous ne pouvions passer la nuit assise dans cette position. Alors, j’ai convaincu Lou de me donner son chat. Nous l’avons lavé, nous l’avons enroulé dans le tee-shirt préféré de ma grande, un tee-shirt d’escrime, son porte bonheur  pour ses compétitions. Et puis les petites ont ajouté un élastique, parce qu’il adorait jouer avec. Et aussi une paire de chaussettes propres, parce que, quand il était petit, il nous piquait nos chaussettes, pour jouer avec, et les abandonnait systématiquement dans sa gamelle d’eau. J’ai mis le tout dans une grande boîte en fer, celle que j’avais acheté pour ses croquettes. Et j’ai fermé la boîte avec du gros scotch car je ne voulais pas que la grande le récupère. Elle pleurait toujours, puis se remettait à hurler. J’ai appelé SOS médecin. Je ne savais plus quoi faire d’autre.

C’est difficile, quand on est malheureux soi-même, il faut oublier sa tristesse pour consoler son enfant. Mais c’est encore plus dur de sentir que son enfant est inconsolable et qu’on ne pourra pas soi-même faire quoi que ce soit pour l’aider. La seule chose qu’elle voulait, ce n’était pas moi, c’était son chat.

Garance lui a fait couler un bain, l’a deshabillée, l’a démaquillée. Elle se laissait faire comme un bébé. Nous l’avons sortie, séchée, rhabillée, couchée dans mon lit. Le médecin est venu. Il a été très bien. Lui a prescrit (et donné) un médicament pour qu’elle se calme et dorme. Ce qu’elle a fait très vite. Mais j’ai eu du mal a trouvé le sommeil. D’autant que Léone, qui n’arrivait pas à dormir, est venu nous rejoindre dans le lit. C’est quelque chose que nous vivons depuis notre départ de la maison : quand l’une des filles a un problème, elle vient dormir dans mon lit. Mais à trois, il ne me restait pas beaucoup de place.

Je me suis endormie vers 3 heures du matin. Mais à un peu plus de 4 heures, la tempête m’a réveillée. Je n’ai réussi à dormir que vers 5 heures pour me réveiller à nouveau à 7 heures pour préparer les petites pour l’école. Puis j’ai levé Lou, je lui ai donné ses médicaments que j’avais été chercher, j’ai téléphoné au vétérinaire pour savoir quoi faire du corps. Il y avait un service incinération, individuel, grâce auquel on pouvait récupérer les cendres. C’est ce que voulait Lou. Ce n’était pas donné. Mais si ça pouvait lui permettre de faire son deuil…

J’ai sorti le corps du chat de la boîte. Son corps qui était évidemment tout raide. Mais sa pose pouvait laisser croire qu’il dormait. Lou est venu le voir. Elle s’est mise à pleurer. C’est à ce moment là qu’est arrivé la femme de ménage. Qui a eu un coup au cœur en découvrant la scène… J’ai remis Charlot dans le tee-shirt et déposé dans un grand sac en plastique. Lou s’est habillée et nous avons été chez le vétérinaire. Chez qui il a fallu dire adieu au corps du chat.

Et le week-end est passé comme cela, entre tristesse, pleurs, abattement, puis premiers sourires, et puis de nouveau abattement et pleurs. Je guette tous ses changements d’humeur. J’espère qu’elle va revenir tout doucement vers la vie. Elle parle déjà de reprendre un chaton. J’espère que nous allons en trouver un bientôt. Mais Charlot aura toujours une place dans mon cœur. Dans notre cœur. C’était un bon chat.



Le printemps en son jardin

mercredi 27 janvier 2010

Cette hiver le phasme pique se porte en broche


[[akynou]]

Nous l’avons eu tout petit, à peine visible derrière sa feuille de murier. Il a bien grandi malgré la difficulté de trouver des ronces en plein hiver pour le nourrir.

mercredi 25 novembre 2009

C'est dans la poche !

samedi 3 octobre 2009

Un chien à sa fenêtre

vendredi 2 octobre 2009

Mais qu'allais-je faire dans cette galère 1

Ce jour là, j’ai emmené les filles au Pal, ce supplice qui commence si bien et qui finit si mal. Pour les parents. Ce zoo/parc d’attractions, où se côtoient dans la même immense enceinte, animaux de toute sorte et gigantesques manèges est le paradis des enfants et des ados. Pas celui des parents qui s’imaginent passer une journée pépère avec des gamins bien occupés, mais finissent sur les rotules de leur avoir couru après.

L’entrée est gratuite pour les moins de 1 mètre. Ce qui est assez logique si l’on sait qu’ils n’ont droit à quasi aucune attraction. Elle est de 17 euros pour les moins de 10 ans et de 20 euros pour tous les autres. Soixante dix-sept euros, dons, pour ma famille, ce qui fait mal au porte-monnaie. Mais vu la journée, ce n’est pas cher payé.

Première surprise, même tôt le matin, même la grande majorité des vacanciers repartie au boulot, il y a foule. Mais nous avons eu de la chance. D’abord, nous ne sommes pas arrivés par la même route que tout le monde. Du coup, la jeune femme qui faisait la circulation m’a fait passer rapidement l’entrée du parc. J’ai garé la voiture dans l’immense parking pas très loin de la sortie (pour éviter les embouteillages de fin de journée) et nous nous sommes dirigées vers les caisses, devant lesquelles les queues étaient  impressionnantes. Dans ces cas-là, je me dirige toujours vers celle qui est le plus au fond. C’est là qu’il y a le moins de monde. et puis, une nouvelle caisse s’est ouverte juste à côté, je m’y suis précipitée. En moins d’un quart d’heure, nous étions dans la place.

Première attraction réclamée par les filles, King Kong. Il s’agit d’un énorme automate qui se saisit d’un wagon a bord duquel nous avons pris place, le soulève de terre et le secoue dans tous les sens en roulant de gros yeux qui passent par toutes les couleurs. Drôle, un peu ridicule et pas flippant pour un sou même pour ceux qui, comme moi, souffrent de vertige. King Kong nous a reposé tranquillement et nous sommes reparties vers une nouvelle aventure.

Celle-ci, dès le premier regard, je ne la sentais pas. Le disque du soleil est une espèce de grand cercle (d’où son nom) sur le bord duquel sont installés des sièges, les passagers s’installant face à l’extérieur. Le disque, tout en tournant sur lui-même à une allure que j’ai jugée assez vive, se déplace le long d’un toboggan qui fait comme une grosse vague. Pas très chaude j’étais à l’idée de monter là dessus. C’était sans compter sur l’enthousiasme délirant des mominettes qui m’ont entraînée quasi de force. J’exagère pas du tout. En même temps, comme je suis une maman courageuse, j’ai pris sur moi et j’y ai été, à reculons certes, mais j’y ai été.
En faisant la queue, j’ai eu le temps d’observer les personnes qui m’avaient précédée : ça hurlait, ça rigolait, ça faisait des mimiques et des grimaces, mais c’était plutôt bon enfant. Une petite minorité, en général des hommes, jouait les blasés. Et ceux-là se divisaient en deux camps : ceux qui se la pêtaient grave et ceux qui, visiblement, auraient préféré être ailleurs. En tout état de cause, cela avait l’air supportable.
Dans notre groupe, ceux qui, totalement malades de vertiges, n’ont quasi pas ouvert les yeux mais ont hurlé comme des dingues se comptaient sur les doigts d’une seule main : Garance et moi. Ce qui est assez peu si on compte le nombre de personne par passage. Mais il faut aussi tenir compte du fait que les vertigopathes normalement constitués restent à terre, eux…
Pour ma part, si je subodorais que j’allais passer un sale quart d’heure, Garance, elle, avait totalement oublié son vertige. D’abord parce qu’elle le masque grâce à sa volonté de fer quand elle fait de l’escalade ou de l’accrobranche. Ensuite parce que nous n’avons pas beaucoup d’occasion de l’éprouver.



Donc nous nous sommes installés et le manège a commencé à tourner. Dès que nous avons passé la vague, j’ai fermé les yeux, serré les dents, les fesses, mes mains sur le guidon du siège et prié (oui, je l’avoue) pour que cela s’arrête vite. Et puis j’ai pris conscience que, sur ma gauche, ça allait encore moins bien. Léone a crié : « Garance tombe ! » Il m’a fallu de longues secondes et un courage surhumain pour arriver à ouvrir les yeux et à jeter un coup d’œil à ma nichée. Lou et Léone s’amusaient comme des folles. Mais Garance était accrochée comme une naufragée à son siège. Les yeux clos, elle hurlait de terreur. Ça m’a fait mal, d’autant que je ne pouvais rien faire. La jeune femme qui s’occupait de la machinerie a repéré la panique de ma fille et ne l’a pas quittée des yeux. J’ai vu, à son regard, qu’elle était prête à tout arrêter si cela tournait mal. Jusqu’à la fin, elle surveillera la petite. C’était presque rassurant.
J’ai trouvé le supplice interminable. Je déteste ce genre de sensation. Tout va tellement vite et dure si longtemps. Pendant presque toute la course, je n’ouvrais les yeux que lorsque nous montions et que je pouvais regarder en l’air. Je n’ai pas hurlé, mais j’ai senti que les cris n’étaient pas loin. Cela m’aurait sans doute aidé, mais je me suis retenue à cause des filles. Les gémissements de Garance me donnaient envie de pleurer. Je la regardais, son visage était baigné de larmes. Sa détresse m’empêchait de penser à la mienne, ce qui aurait pu paraître une bonne chose, mais ne l’était pas tant je souffrais de mon incapacité à lui venir en aide. Et ça durait, et ça durait. En réalité, à peine cinq minutes, mais ces minutes là m’ont paru interminables. La machine s’est enfin arrêtée et j’ai pu aller consoler Garance. J’ai oublié de remercier la jeune femme du manège, qui avait un joli minois. Sa réaction et sa façon de regarder ma fille m’ont pourtant beaucoup aidée. La grande et la petite étaient, elles, aux anges.

(à suivre…)

dimanche 4 janvier 2009

Le petit nouveau

Nous vous présentons Mouky, ou Mooky (les filles hésitent encore sur la graphie), 2 mois dans trois jours.

vendredi 24 octobre 2008

L'enfant et le gros chat (très gros chat)

Zoo de Beauval 4

Le môme était fasciné par les va et vient incessants du cougouard. J'ai pris cette photo au zoo de Beauval Saint-Aignan. C'était l'idée de sortie du week-end. En fait, le maître de Léone l'année dernière a gardé les mêmes élèves dans sa classe. Il est monté de niveau avec eux. Et tous étaient en classe verte à une trentaine de kilomètres de Tours. Léone est très nostalgique de sa classe et de son maître qu'elle aime beaucoup. C'est le moins que l'on puisse dire. Alors à l'idée de passer une journée dans un zoo avec ses copains et son maître, elle sautait partout.
Ce samedi, c'était aussi la journée papa. On n'est pas à ça prêt. J'avais donc proposé au Nom de venir à Tours, je passais le prendre à la gare et nous allions tous les cinq au zoo. Les petites étaient ravies. Moi, ça me faisait une journée de visite dans un endroit suffisamment grand pour que je n'ai pas trop à le supporter. Bref, tout le monde était content.
Sauf que.
Le matin, nous sommes arrivées à la gare les petites et moi juste avant son train. Nous l'avons vu arriver (le TGV), nous avons regardé passer tous les voyageurs qui en descendaient. Et pas de Nôm. Léone commençait à faire la moue.
JE me suis dit : « Il a tellement l'habitude de changer à Saint-Pierre-des Corps qu'il y est descendu même si en fait le train allait aussi en gare de Tours (la majorité des trains ne vont pas jusque là, il faut prendre une navette). Nous avons donc attendu la navette. Mais sans plus de succès. Je n'arrêtais pas d'essayer d'appeler son portable et rien. Personne d'autre que le répondeur. Il a gardé don ancien message soit dit en passant. Et ce message c'est moi qui le lui avait enregistré. Ça me fait toujours tout drôle de m'entendre. Ça doit laisser la même impression à ses amis…
Léone et Garance faisaient carrément grise mine. Alors j'ai fait le clown une fois de plus et nous sommes reparties vers la voiture. Heureusement, la perspective des copains a vite chassé les nuages.
Nous avons retrouvé la classe. Les enfants qui nous sautaient dans les bras. Léone est tout de suite partie avec un groupe et Garance avec un autre. Moi, je suis restée avec Lou et nous avons fait la visite à notre rythme.
Nous avons croisé un perroquet qui réclamait des cacahuettes


Quelle rigolade. A la nurserie, nous avons fait connaissance d'Anouschka, une petite lionne blanche de quelques semaine qui batifolait avec son soigneur. Dans de grande cage, il y avait des vautours en train de prendre le soleil : ils ouvrent leurs ailes en grand et restent des heures, ainsi. Et puis nous sommes entrées dan la serre tropicale. L'atmosphère qui y régnait m'a rappelé des souvenirs. Nous y avons vu des oiseaux tendres, d'autres bizarres qui criaient tout aussi bizarrement

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des petites grenouilles noyées dans le brouillard.
C'est à ce moment là que mon téléphone s'est mis à sonner. C'était le Nôm. Il était plus de 11 heures et il venait d'arriver à Tours. BEn oui, mais moi je t'attendais plus tôt, là je ne suis pas à Tours, mais à plus de 50 kilomètres et je ne peux pas partir comme ça. Il n'a pas essayer de me convaincre du contraire. Nous sommes donc resté au zoo et lui a Tours. Mais quans nous sommes revenues là bas, il était déjà reparti. Il avait visité la ville.

En attendant nous, nous avons visité le zoo. Puis pique niquer avec les enfants. Puis rtour vers le zoo où nous avons vu un spectacle de rapaces classique mais bien fait, puis une exhibition d'otarie, puis nous avons vu les gorilles, les orang outang (les bébés, tout marrants), et un manetin tout ce qu'il y a de plus affreux. Il y avait des crocodiles aussi, et des lémuriens, et des tigres blancs paresseux, et des lions blancs ou beiges, des porc épic, des suricates (super mignons les suricates) Et puis voilà, des bestioles en veux-tu en voilà. Et puis ça a été l'heure de repartir (je me suis ruinée en passant dans la boutique des souvenirs). Nous avons fait la bise à tout le monde (enfin presque, parce que 28 enfants, ça fait de la bise et nous avons pris la chemin du retour. Devant notre porte, un sac avec des bananes plantins et un igname. Le Nôm avait pensé à ma commande. Je lui avait donné 10 euros pour m'acheter ça. Et pour ne pas repartir avec, il était venu les déposer contre notre porte d'entrée.

Pour en revenir à l'enfant et au gros chat, le petit estr esté longtemps devant la vitre. Mais à aucun moment l'animal ne lui a prêté attention. Ce qui n'est pas toujours le cas. J'ai assisté à un duo de feulements en tout genre exécuté par une magnifique jeune panthère et une petite fille, blonde et bouclée. Ce qui ne dérangeait nullement une autre panthène qui dormait du sommeil du juste.

Zoo de Beauval 4

Pour rester avec les tout-petits, quand nous étions devant l'enclos des jeunes tigres blancs, la mère est arrivée, aussitôt assaillie par sa progéniture. Derrière moi, j'ai entendu une petite voix qui disait :
– qu'est-ce que c'est  ?
– c'est la maman tigre qui est venue chercher ses bébés ?
– C'est des bébés ? (Ils étaient déjà bien gros, les bébés il faut dire; NDLR)
– Mais oui, mon chéri, ce sont les bébés et leur maman
– Moi aussi, je suis un bébé.
Dernière phrase dite d'un ton qui n'admettait pas de réplique


Zoo de Beauval 4
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