Racontars

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vendredi 26 novembre 2010

Mangas kids

J’ai découvert le cosplay, cet art du déguisement à La Chibi Japan Expo où j’accompagnais ma fille et sa meilleure amie. Ebouriffant ! Des gamins et des jeunes gens qui revêtent les tenues de leur héros manga préféré, en plein Paris, cela donne des choses étranges, voire irréelles. Cela dit, l’ambiance était bon enfant. L’endroit était blindé de monde, mais il n’y avait ni bousculade, ni piétinement. Tout le monde déambulait entre les marchands du temple tranquillement. Et ces derniers ont dû se faire un fric monstrueux…













samedi 20 novembre 2010

Oamos, le moteur de recherche en son et lumière

En préparant mon cours dur les outils Internet pour les journalistes (et tous autres), au chapitre moteurs de recherche (c’est vrai, il y en a assez de Google qui n’est d’ailleurs pas toujours le meilleur moteur selon les sujets), je suis tombé sur cette perle. Cela s’appelle Oamos. Ce n’est pas un perdreau de l’année mais il est toujours aussi innovant. C’est un peu l’art d’allier la recherche d’information et une recherche graphique très ludique la tentation est donc grande de ne l’activer que pour jouer avec l’image qui bouge. Mais ça reste un moteur de recherche qui fonctionne essentiellement par tag. Si on clic sur les mots proposer on arrive bien à des liens. Pour chaque recherche, on choisit la dose d’objectivité ou d’amusement que l’on veut y mettre. Et on peut poster sur son blog, le résultat. Alors j’ai entré le mot journalisme Le plus objectif donne ceci :



La version ludique cela :

 



Oamos a également une version carte, avec le même genre d’animation et que l’on peut publier également. Ainsi, si je tape Toulouse (j’ai essayé avec Tours, mais il y avait ambiguité avec tours operator et avec Paris, mais des photos de Paris Hilton s’intercalaient), je peux obtenir

en version objective



En version ludique


A moins que ça ne soit l’inverse :-)

vendredi 29 janvier 2010

Love story à Bastille (La Somnambule)

L’histoire est digne d’un roman photo cucul la praline, comme ceux que je lisais chez le coiffeur quand j’attendais que ma mère sorte de dessous le casque séchant. Dans un hôtel suisse, Elvino aime la douce Amina qui le lui rend bien. Ils vont signer leur contrat de mariage sous l’œil furibard de Lisa, l’ancienne fiancée d’Elvino.


Nous sommes à la veille des noces, le notaire est là pour le contrat. Tout le monde est très joyeux. Arrive un touriste (dont le manteau de fourrure fait penser qu’il est très riche). Lisa entreprend de l’amadouer mais quand il voit Amina, il ne peut s’empêcher de l’admirer et de le lui dire.

Crise de jalousie féroce d’Elvino, qui reproche à sa promise de faire la coquette (alors que, franchement, il n’y a pas de quoi fouetter un chat). Larmes d’Amina. Et puis tout le monde se calme et comme c’est la fin de la journée, on se sépare en prévision des noces du lendemain.

Lisa, cependant, est restée pour « s’occuper » du voyageur. Elle minaude, il se laisse faire. On sent qu’ils vont sans doute passer du bon temps ensemble quand, coup de théâtre, Amina arrive, enroulée dans une couverture. Elle dort à poing fermé, elle est somnambule. Elle chante et parle de sa noce, de sa joie, de son amour pour Elvino.

Le voyageur, troublé par sa présence, est tenté de profiter d’elle. Puis se ravise et la laisse dormir, la couvrant même de son manteau de fourrure. Il n’aurait pas dû. Car cette salope de Lisa court réveiller Elvino pour lui dire que sa chérie fricote avec le voyageur. Quand tout le monde arrive sur place, on ne voit pas l’homme, on ne trouve qu’Amina, endormie sous le manteau, et on en conclue qu’elle a fauté. Coup de sang du jaloux, qui frappe la douce jeune fille.

Le lendemain, la mère adoptive d’Amina est la seule à prendre sa défense. Et elle trouve, dans la chambre du voyageur, un bas et une chaussure qui sont celles de Lisa. Elle met cela de côté. En attendant, ça chauffe pour Amina. Elle est battue et humiliée par son amoureux qui lui arrache même sa bague de fiançailles et annonce qu’il va se marier avec l’infâme Lisa. Amina s’enfuit et se réfugie dans sa chambre.

La Somnambule, Bellini


 Pendant ce temps, la préparation des noces va bon train. Au moment où le cortège s’apprête à partir à l’église, le voyageur revient. C’est en fait le comte de la région (et aussi le vrai père d’Amina, heureusement qu’il n’a pas fauté, sans cela, houuuuuu, bonjour l’inceste). Bref, le comte jure qu’Amina est innocente et raconte qu’elle est somnambule. Evidemment, personne ne le croit et encore moins ce gros balourd d’Elvino. La noce va pour repartir et la mère d’Amina, qui est revenue pour demander aux gens de faire moins de bruit car sa fille s’est enfin endormie (du coup, on ne s’attend pas du tout à la suite…) s’insurge contre ce mariage.

Lisa le prend mal. Elle engueule la mère. Elle lui dit qu’elle a tout à fait le droit de se marier avec un homme, qu’elle n’est pas une trainée qui passe la nuit dans la chambre d’un célibataire. La mère d’Amina voit rouge : comment oses-tu mentir, et d’ailleurs, tu y étais toi-même dans la chambre du comte, j’en ai la preuve, dit-elle en lui balançant à la gueule le bas et la chaussure, tiens prends ça ! Gniark bien fait.

Lisa est blême. Elvino est con. Enfin, ça, tout le monde l’avait compris. Il s’arrache les cheveux en criant : comment ? Les deux femmes que j’aime m’ont trompé et avec le même homme !!!! Je suis maudit (Là, devant tant de candeur et de bêtise, la salle entière s’est écroulée de rire). Lisa ne dément évidemment pas d’autant que le comte confirme. Reste Amina qui dort.

La Somnambule, Bellini

Et d’ailleurs, quand on parle de la louve, elle sort du bois. Elle arrive, toute dormante, enroulée comme la veille dans sa couverture. Le comte est bon et démontre à Elvino que la douce et charmante Amina est bien somnambule. Celle-ci pleure la mort de son amour, sa déchéance, c’est déchirant (ça l’est vraiment mais pas pour l’histoire). On presse Elvino de la réveiller pour lui dire qu’il sait, qu’il s’excuse, etc. Et c’est ce qu’il fait et la douce Amina pardonne (et là, vraiment, elle est bête, parce que son Elvino, c’est quand même un rustre, jaloux et qui la cogne). Elle se relève et court se changer. Un rideau tombe et c’est une copie de celui de l’opéra Garnier. Amina revient, vêtue de rouge, avec des gants de gala (on se demande bien pourquoi, c’est pas clair) pour entonner son air final qui est celui de son triomphe.

La Somnambule, Bellini

Et tout fini par une chanson sur les tables, une noce, quoi.

Vous l’aurez compris, ce Bellini pas ne brille pas par l’histoire, exemplaire dans son côté guimauve. Par contre, au niveau musical, c’est fabuleux. Les airs d’Amina sont magnifiques, les duos aussi. Et si l’on se moque des personnages on admire les interprètes et leurs partitions. Avant le levé de rideau, une jeune femme est venue nous prévenir que Melle Dessay était souffrante mais qu’elle chanterait malgré tout. Elle est présente quasiment du début jusqu’à la fin et elle a été tellement admirable que nous nous sommes tous demandé ce qu’elle aurait fait si elle avait été en pleine forme.  Je n’ai hélas ni video ni son pour vous faire partager l’immense bonheur que fut pour mes oreilles sa prestation.

Les autres interprètes étaient pas mal non plus. Le Conte Rodolfo (Michele Pertusi) a une basse fort harmonieuse chaleureuse. Teresa (Cornelia Oncioiu) est une belle figure matenelle et Lisa (Marie-Adeline Henry) chante parfaitement les pestes. Par contre, je suis restée dubitative à l’écoute du ténor. Par moment, notamment dans les duos avec Natalie Dessay, il faisait preuve d’une belle musicalité. Mais le reste du temps, son jeu était aussi morne que sa voix qui ne portait pas vraiment.

La Somnambule, Bellini

On peut lire aussi
Natalie Dessay embrase les neiges et les coeurs
Natalie Dessay est sublime dans…
Dessay met La Bastille à ses pieds
La Somnambula à Bastille
La Somnambula à Bastille (deuxième)

Et merci aux prosélytes lyriques (et surtout à Olivier) qui ont permis que je passe cette délicieuse soirée.

samedi 2 janvier 2010

Trois visions d'Ophélie







Les insomnies, parfois, donnent de drôles d’idées. Dormez bonnes gens, Akynou veille :-)

mercredi 9 décembre 2009

Danse avec eux

C’était le spectacle de cette fin d’année. Rendez-vous compte, deux morts, un chorégraphe reconnu et de nombreux danseurs plein de mérites. Gainsbourg avait sorti L’Homme à tête de chou en 1976, qui avait connu un flop. Il n’était pas encore assez Gainsbarre sans doute pour que cette œuvre sombre et sensuelle puisse trouver son public. Bashung l’a repris à son tour, en 2006, pour ce spectacle, il en a surpervisé l’arrangement. D’une demi heure environ, la partition passe maintenant l’heure. Et Galotta l’a chorégraphiée. Avec ce trio incroyable, c’est sûr, le tout-Paris allait se presser au théâtre du Rond-Point.

Quand on m’a proposé ces places, je ne savais pas du tout de quoi il retournait. J’avais juste retenu Galotta et danse. Deux mots qui me suffisait pour acheter les billets. Quand la presse a commencé à en parler, je ne me suis même pas souvenue que j’avais ces places. Alors quand je les ai reçues, j’en ai été bien aise. Mais vu les critiques, il me paraissait difficile d’y emmener Garance. On parlait de nu, de scène trop érotique, d’une scène de masturbation inutile et vulgaire. Des mots qui n’ont fait qu’attiser ma curiosité. Entre les adorateurs zélés des deux disparus, qui ne pouvaient que se sentir trahis (musique trafiquée, voix désincarnée, c’est pas lui, c’est pas eux) et ceux qui aiment descendre ce qu’ils adoraient avant, c’est sûr, il fallait détester.

La salle était pourtant comble (comme les Champs Elysées d’ailleurs, c’est fou cette foule d’avant les fêtes de noël). Sur scène, comme lu, une chaise de bureau à roulette. Entre un danseur à la silhouette déguingandée, dandy nonchalant, une réincarnation de Bashung, puis arrivent les autres, des hommes, des femmes, des journalistes à scandales et des Marilou petites coiffeuses. J’ai beaucoup aimé le travail des danseurs, et le travail de Galotta sur les danseurs. Chacun incarne à sa façon, suivant son tempérament, le couple infernal. Il y a des filles à la sensualité etrême qui réveilleraient un mort, d’autres plus athlétiques, plus rentre-dendans, d’autres encore plus douce, presque passive-soumise. Chez les hommes, pareil, les dominateurs, les faibles, les révoltés. Chacun des couples ainsi formé donne un relief nouveau à l’histoire. N’en déplaise à certains, je n’ai rien trouvé de déplacé dans ce ballet, ni les gestes, ni les attitudes. Tout avait sa raison d’être, y compris ce danseur nu comme un ver, la tête couverte d’un masque de singe, assis que la chaise, transporté par quatre de ses camarades qui le dépose sur le devant de la scène. Gratuit ? Non, c’est la statue même de l’Homme à tête de chou


Photo DR

Le spectacle est un ballet, il ne fallait pas trop y chercher les ombres de nos chers disparus. Ce n’était pas un concert souvenir, pas un concert du tout. C’était des danseurs qui s’exprimaient de façon particulièrement expressive sur une histoire connue et donc plus facilement décryptable que d’autres ballets contemporains. Et c’était beau.



Cela dit, c’était beau aussi d’entendre la voix de Bashung, cette voix magnifique sur ce texte magnifique. C’était bon aussi d’entendre ces airs de Gainsbourg revisité par Bashung. Et de se rendre compte combien ces deux-là ont marqué notre vie d’un vrai talent. Et combien ils nous manquent. J’imagine que Galotta n’avait au départ pas tout à fait imaginé ce spectacle, parce que Bashung aurait dû chanter sur scène avec ses musiciens. Mais c’est pas grave, c’est beau quand même.

Mon seul bémol, c’est sur la chanson Quand Marilou danse reggae, à ce moment-là, la chorégraphie est tout, sauf du reggae… C’est dommage, mais c’est pas grave parce qu’on est quand même pris par tout le reste.

Le ballet est donné au théâtre du Rond-point jusqu’au au 19 décembre. Puis il ira entre autres en janvier à Chambéry (12 et 13), mars à Roubaix (11-13), mai à Blagnac près de Toulouse (4 et 5), Besançon (10 et 11), Alès (18 et 19), Combs-la-Ville en Seine-et-Marne (26 et 27) et en juin (1er-3) à Clermont-Ferrand. Si vous êtes des puristes de Bashung ou de Gainsbourg, n’y allez pas, vous n’aimerez pas. Mais en dehors de la résurrection des deux artistes, rien ne pourra vous satisfaire. Pour tous les autres, n’hésitez pas. Vous passerez un moment passionnant.




vendredi 18 septembre 2009

La complainte de Mackie

Mardi soir, 15 septembre, j’étais à l’endroit où il fallait être, dans la même salle que trois ministres de la Culture (Lang, Tasca, Mitterrand le petit), que Pierre Bergé, que des femmes enrubannées et retendues, que des messieurs aux costumes empesés, que quelques comédiens en vue, que quelques garde du corps. Un vrai bain d’huile. Je n’en ai pas reconnu mon Théâtre de la ville (plutôt bobo que prout prout, quand même).

Mais qu’allais-je faire dans cette galère (j’ai un abonnement aux galères, il faut croire). Eh bien rien de moins qu’y assister à la première du plus beau, du plus intelligent, du plus drôle, du plus politique des spectacles de la saison. L’opéra de quat’sous, de Brecht et Weil en version originale, sous-titrée en français.

Rien que visuellement, j’en ai pris plein les mirettes. Les costumes aux lignes impeccables tranchant avec le minimalisme du décor tout en lumière. Et dans ce décor peu banal, des comédiens qui, comme des marionnettes, dansent et se jouent la vie, la vie rêvée des méchants garçons et des pauvres filles.

L’histoire est inspirée de L’Opéra des gueux, de John Gay et Johann Christoph Pepusch (1728). D’un côté, le roi des mendiants, Peachum, une crapule qui forme des mendigots pour les envoyer travailler dans une ville qu’il a organisée en quartiers. De l’autre, Mackie le Surineur, un voyou qui, protégé par son ami d’enfance devenu préfet de police, vole, tue, viole. Les deux brigands se sont partagé la ville des pauvres, ceux qui n’ont d’autres solution que de quémander ou de se prostituer pour survivre. Mais voilà, Mackie le dragueur ne résiste pas à un jupon et enlève puis épouse Polly, la fille de Peachum. La guerre est déclarée. Les prostituées, menées par Jennie des Lupanars trahiront Mackie le surineur pour quelques livres, une première fois, puis une seconde fois. Et Mackie finira sur le gibet.

C’est un conte des bas fonds dans un décor d’étoiles. Les comédiens du Berliner Ensemble sont fascinants. Une diction qui vous enverrait, enthousiastes, sur les bancs du collège suivre des cours d’allemand, un texte qui vous donne l’impression que vous comprenez cette langue (alors que vous ne l’avez jamais étudiée), des déplacements, un art d’occuper la scène, d’utiliser son corps… Dieu que c’était beau.

Ce n’est pas tout. Qui dit opéra dit musique et chansons. Les musiciens sont dans la fosse et ils sont sacrément bon. Quant aux comédiens chanteurs, quelle beauté. Notamment Jennie Des Lupanars, dont la voix fragile, belle et émouvante, à l’égal de celle d’une enfant, rend son personnage totalement bouleversant. Quand j’ai découvert que cette Jennie-là était interprétée par Angela Winkler, j’étais aux anges. Rendez-vous compte : LA Angela Wilnkler de Scène de chasse en Bavière (un film terrifiant mais très fort de Fleischmann), de L’Honneur perdu de Katharina Blum , de La Femme gauchère , du Couteau dans la tête et du Tambour. Angela Winkler, une comédienne emblématique d’une époque où l’Allemagne était prise au doute et au terrorisme, une Allemagne où tout était terriblement politique. Une merveilleuse actrice.

Mais les autres ne sont pas mal non plus. Peachum, le roi des mendiants (Veit Schubert) jette un regard sans aménité sur le monde. Traute Hoess est une Célia Peachum, épouse du précédent, dangereuse et drôle, qui manipule son monde de main de maître. Et puis Stefan Kurt, exceptionnel Mackie, qui tient la scène pendant trois heures, est tour à tour charmeur, sensuel, dangereux, vénéneux, roublard, cruel, léger, puis perdu. Une superbe voix lui aussi.

Bref, toute la troupe du Berliner Ensemble est remarquable. Et sert de façon merveilleuse un opéra qui a été créé chez lui, à Berlin, en 1928. Le texte est parfois d’une actualité étonnante, qui fait s’esclaffer le public, de ce rire jaune que l’on sert quand on se dit, fataliste, qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Mais on hésite quand même.

Quant à la mise en scène de Robert Wilson, elle est terrifiante. Elle tranche dans le vif, revenant au texte brut. Et en même temps d’une folle élégance. Wilson s’empare de l’œuvre et donne de notre monde actuel une vision cruelle et néanmoins plutôt réaliste.

Si jamais vous avez l’occasion de voir cette pièce, courrez. Elle repassera en avril au Théâtre de la ville. Mais à mon avis, ça va être chaud pour avoir des places.

Deux bémols. Il faisait à l’accoutumée beaucoup trop chaud dans la salle du Théâtre de la ville. C’est insupportable. Fatiguée comme je l’étais, la chaleur m’a anesthésiée et j’ai eu un mal fou à ne pas sombrer.
Et puis j’ai été choquée, à un moment, par les sous-titres. Vers la fin du spectacle, Mackie entonne une chanson qui est un mixte de La Ballade des pendus et de La Ballade des mercis de François Villon. Qui sont deux textes que je saurais reconnaître entre mille. Ils sont évidemment dit en allemand. Mais les sous-titres, au lieu de rétablir le texte original de Villon, se contente de faire une traduction de l’allemand. Ça veut dire exactement la même chose, mais ça le dit tellement moins bien. Et quel manque de culture pour ne pas reconnaître les deux plus célèbres poèmes de François Villon.

Photos : Lesley Leslie-Spinks/Berliner Ensemble

lundi 14 septembre 2009

Costumes de rêves

Quand nous avons prénétré au sein du CNCS, aucune des filles ne connaissait le nom de Noureev. A voir les photos, elles ont vite compris qu’il s’agissait d’un danseur. Mais c’était bien tout.

Et moi, qu’en savais-je en fait ? Qu’il venait de Russie, d’URSS même, qu’il était un des danseurs les plus fantastiques. Qu’il fut directeur de la troupe de l’Opéra de Paris. Qu’on lui attribuait une vie de débauche et de dépravation. Qu’il était mort du sida. Et à voir certaines de ses photos, qu’il avait un goût certain pour les tentures et les tissus riches, chamarrés… En fait, j’en connaissais plus sur son côté people que sur ce qui le constituait réellement : la danse, la scène.

J’ai passé deux heures à apprendre le danseur rien qu’en regardant les costumes des différents ballets qu’il a dansé, chorégraphié, créé. Et je suis sortie du musée fascinée. Quant aux filles, elles sont devenues des fans. La jeune femme qui nous a servi de guide y est sans doute pour beaucoup.

Revenons au début. Sur les bords de l’Allier, à Moulins, le quartier Villars fut construit au XVIIIe siècle pour accueillir un régiment de cavalerie. Puis il devint une caserne de gendarmerie. Celle-ci ayant déménagé en 2000, la municipalité décida de tout détruire et de transformer l’endroit en parking. Une association fut montée pour défendre le bâtiment, fort beau, et qui contenait un escalier absolument magnifique. L’association demanda à ce que l’escalier fut classé. Ce qu’elle obtint en 2005. Mais entretemps, la mairie avait tout de même envoyé les démolisseurs et une partie de la façade et de l’escalier avait été détruit. Je ne sais pas qui était le maire de Moulins à cette époque, mais ce n’était pas une flèche.

Heureusement, depuis, l’endroit a été entièrement restauré et a retrouvé de sa superbe. Les scènes nationales, telles l’Opéra de Paris, la Comédie française, le bibliothèque nationale (qui possède un fonds important concernant les arts du spectacle) cherchaient un endroit pour les entreposer les costumes dont elles ne savaient plus quoi faire. L’ancienne caserne fut proposée et acceptée. C’est ainsi qu’avec le partenariat d’une entreprise nationale (encore pour un peu de temps) d’énergie, des bâtiments furent construits pur entreposer des costumes, des décors, des maquettes. Bref, de merveilleux trésors du spectacle vivant. Au total, quelque 8000 costumes dont les plus anciens datent de la moitié du XVIIIe siècle. Nombreux sont ceux qui sont encore utilisés et qui font la navette entre le CNCS et le les scènes.

Depuis 2006, certaines de ces merveilles sont exposées par thème.

- Au fil des fleurs, scènes de jardin
- Mille et une nuits
- Jean-Paul Gaulthier, Régine Chopinot : le Défilé
- Christian Lacroix
- J’aime les militaires
- Théodore de Bainville
- Bêtes de scène.

Il y a un roulement tous les quatre ou cinq mois, sinon, les objets exposés s’abîmeraient trop. A l’été 2007, j’avais pu admirer les costumes de scènes créés par Christian Lacroix. Une pure merveille d’exposition. Dans l’auditorium, on pouvait regarder un documentaire sur la création des costumes de La Gaîté parisienne chorégraphié par Baryshnikov. On y découvrait le travail d’orfèvre du grand couturier français. Et c’était émouvant de voir le tutu prendre vie, du dessin de Lacroix aux répétitions, puis s’endormir dans la vitrine du musée.

J’avais prévu d’aller régulièrement à Moulins pour voir les expositions de cet exceptionnel musée. Mais les aléas de la vie en ont décidé autrement. Ma rentrée de vacances fut, cette année là, mouvementée, comme les deux qui suivirent.

Les filles étaient enchantées de revoir les lieux. C’est Lou qui a réclamé la visite guidée. Et elle a eu raison. J’aurais été bien incapable de leur en dire autant sur le génial Noureev. Sa fondation a passé un accord avec le CNCS. Elle cherchait un endroit pur exposer, entreposer tout les objets en sa possession : costumes, photos, notes, tissus… un trésor inestimable. Et dès l’an prochain, deux salles permanentes seront entièrement consacrées au danseur.

dLa guide nous accompagne tout au long de la vie de Noureev. De sa naissance à bord d’un transsibérien à sa mort à l’hôpital du Secours perpétuel de Levallois-Perret. Entretemps, on aura tout appris sur la naissance de sa passion pour la danse, à 5 ans, en regardant une représentation du Lac des cygnes, sur son entrée au Kirov à 17 ans, son passage à l’ouest en 1961, et son explosion dans le monde de la danse occidentale.

Difficile d’imaginer qu’une simple expo de pourpoings et de tutus puisse nous en apprendre autant sur la vérité d’un artiste exceptionnel. Il apportait un soin tout particulier à ses costumes, mais également à ceux de tous ses partenaires. Ce qui lui valu les foudres du Kirov ? Il refusait de porter le petit bloomer pudiquement imposé aux danseurs masculins. Nijinsky s’était fait viré pour la même raison.

Il modifia la coupe des pourpoings qu’il portait de façon à ce que rien ne bouge quand il dansait. et Dieu sait qu’il complexifia la danse masculine, la sortant de son rôle de faire-valoir. Le choix des couleurs, des matières avaient également leur signification. On suit la guide de vitrine en vitrine et on se prend à regretter de n’avoir jamais vu aucun ballet de cet incroyable génie.

Nous avons terminé la visite par l’auditorium qui donnait à voir un documentaire où Noureev parlait de lui sur des images de répétitions, de travail à la barre, où l’effort et la difficulté se lisent sur la visage, sur le tremblement d’un muscle. passionnant.

Garance, bien sûr est subjuguée. Elle aime tant la danse classique – et je n’ai jamais pu l’emmener voir un de ces ballets – qu’elle semble dans on élément. Mais plus surprenant, Lou est époustoufflée par les prouesses physiques. Quant à Léone, elle papillonne et rêve à des tutus brodés d’or ou d’argent.

A la librairie, je me ruine : le catalogue de l’expo, celui d’un expo précédente, des cartes postales, des albums et quelques livres à offrir plus tard à Garance. Elle ne le sait évidemment pas. C’est une surprise pour son prochain anniversaire.

Nous quittons la caserne enchantées de notre journée. Et nous nous promettons de revenir régulièrement découvrir de nouvelles expositions, si les trains nous le permettent. En décembre, les ballets russes. Ça va donner !

vendredi 31 juillet 2009

La danseuse

Nous avons reçu le papier quand nous sommes revenues de Paris.




Elle devait présenter à ce concours un solo en classique, un autre en contemporain. Plus un salut d’entrée et un tableau final avec les autres élèves, le tout devant un jury tout ce qu’il y a de plus officiel.



Elle a été admise en classe supérieure avec mention très bien. Non, là, sérieusement, pour le coup, je suis fière comme un bar tabac (comme Artaban, je sais, mais ça m’amuse…)

dimanche 28 juin 2009

Quand le géant s'envole


[[akynou]]

Le salut des artistes

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