Racontars

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jeudi 13 août 2009

La maison près de la fontaine.

La maison de nos vacances est confortable. C’est une bâtisse ancienne, qui a été entièrement réaménagée avec le confort moderne. Le salon salle à manger est grand, meublé cossu, vieux meubles, vieux canapé, mais fraîche et agréable. Nous sommes dans une maison de famille et le mobilier a sans doute vu grandir bien des enfants. La pièce est encore habitée. La cuisine est par comparaison très lumineuse et surtout immense. J’imagine que n’importe quel Parisien rêverait de pareille pièce. Certains studios pourraient y loger tout entier. Cuisinière, four à micro-onde, lave vaisselle, lave-linge, meubles, deux tables de formica… Elle donne sur une patio protégé d’une verrière et au centre duquel il y a une pompe à eau, de l’eau tirée du puits, hélas plus très potable, nous avertit le propriétaire pour cause de phosphates des plantations alentours… Au delà, une pièce où se tient la chaudière et les toilettes.

Le salon donne lui sur une terrasse, elle aussi protégée d’une verrière, puis la jardin, assez vaste, qui surplombe le Lot. La vue est belle. De l’autre côté, une belle place entouré d’arbres au entre de laquelle trône une fontaine. Le tout est très fleuri.

A l’étage il y a trois chambres : une petite qui donne sur le jardin et que je m’attribue immédiatement. Une autre, un peu plus grande, qui donne sur la place de la bastide, que Lou s’attribue. Et enfin, au fond, une grande chambre qui donne des deux côtés et qui sera parfaite pour les filles et Amande, la rate. Car ce que le monsieur ne sait pas, c’est qu’en plus du chien, nous avons aussi amené le chat et le rat. Nous avons voyagé avec tous nos animaux, l’arche de Noé familiale.

– Vous verrez, nous dit le propriétaire, ici, c’est très calme. Sauf ce soir. Mais c’est tout à fait exceptionnel.

Effectivement, sur la place sont installés des tables, des chaises, des tentes et une petite estrade pour l’orchestre. Le dîner communal avec bal. Les filles s’en moquent. Il y a un feuilleton à la télé qu’elles ne veulent pas rater. Le propriétaire s’éclipse. Il a sa propre maison, deux numéros de rue plus loin. Celle-ci appartenait à ses grands-parents. Il l’avait rénové pour sa fille. Mais elle vient peu, alors il loue. 

Je vide les valises, je range dans les armoires, spacieuses, distribue les draps, aide à fair eles lits. Puis je descends préparer le repas. Le chat a déjà disparu, le chien fait le fou. Je suggère aux petites d’aller le promener. Quand elles reviennent, elles mettent le couvert. Sur la place, le bal commence. Je ris. Accordéon et musette, que de vieilles rengaines. Cela me rappelle des souvenirs. Ils ont dû sortir les musiciens de la naphtaline, pas possible autrement. Naphtalinés mais modernes et à l’économie. Quand j’étais enfant, les orchestres des bals de mon villages comptaient de nombreuses personnes. Ce groupe-ci ne compte que deux personnes, l’accordéoniste et le chanteurs. Le reste est une bande son… C’est triste.

C’est triste mais ça joue fort. Ou alors c’est la sono. On peut les entendre à l’autre bout du village. Alors nous qui sommes juste devant… Et puis cela dure, dure. Il est un peu plus de minuit, quand, de mon bain, j’entends le crooner crouni dire au revoir. Puis tout le monde s’affaire. Quand je sortirai sur la place pour aller acheter du pain, il ne restera de la fête que quelques guirlandes de lumière.

mardi 14 juillet 2009

Parisienne, tête de chienne 2

Pas beaucoup d’expos intéressantes ouvertes en ce lundi. Alors je suis partie le nez au vent le long du canal avec mon appareil photo. C’est toujours la même chose, quand je commence ce genre de promenade. Au début, je photographie tout et n’importe quoi, une affiche déchirée, un morceau d’herbe. Puis au fur et à mesure que j’avance, je trouve mes petites pépites personnelles.J’ai dû prendre une centaines de clichés aujourd’hui, mais un seul me fait vraiment plaisir. C’est déjà ça. Les autres ne sont pas mauvais, mais celui-là me plaît.

Au retour, j’ai décidé de faire quelques courses, pour l’amie qui m’héberge et qui rentre demain de vacances. De quoi lui faire un déjeuner. Juste devant le monop’, j’ai croisé Bladsurb, plongé dans ses pensées. J’ai hésité à l’y laisser. Puis je lui ai fait signe. Je n’ai pas si souvent que ça le plaisir de discuter avec lui. Nous avons taillé une (petite) bavette là, sur le trottoir, parlant de spectacles (je m’interrogeais sur son programme de l’an prochain). Je crois qu’il m’a donnée une idée, qui s’est ensuite transformée en envie. Ornette Coleman… ça ne se loupe pas. Le hic, c’est que je crois bien que son concert tombe le jour de la rentrée scolaire…

Nous sommes repartis, chacun de notre côté et j’ai été errer de longues minutes au supermarché de luxe (les prix !!!, plus l’habitude). J’en suis ressortie une heure plus tard, l’estomac dans les talons, prête à défaillir. Quand on petit déjeune à midi, on déjeune rarement juste après. J’avais donc le ventre vide et les jambes flageolante. J’ai grignoté sur le pouce sitôt arrivée à la maison.

A 19 heures, je suis repartie rejoindre une amie dans le 20e. Elle m’a emmené dans un restaurant très sympa dont je ne connais ni le nom ni l’adresse. Dommage, il est situé sur une petite place et sa terrasse bénéficie de l’ombre des grands platanes (je crois que ce sont des platanes, mais je n’y mettrais pas la main au feu). Pendant toute la soirée, la grande m’a breuvée de SMS me décrivant les faits et gestes de chacun. J’ai fini par lui dire que je dinais avec une amie. “Mais tu m’avais dit que je pouvais t’envoyer des SMS comme je voulais.” Oui, mais il y a des limites tout de même.

Ma copine n’était pas en reste avec sa propre progéniture, ce qui nous amusait beaucoup. Un sociologue passant dans les parages aurait encore parlé des ravages de la société de la (télé)communication… qui frappe non seulement les adolescents mais aussi les mères de famille. A minuit, j’ai pris le métro pour rentrer. Je suis descendue à Stalingrad. et j’ai marché le long du canal. Au loin, de la musique. C’est la caserne des pompiers qui donne son bal, orchestre et sono. Et les pétards des enfants. J’ai dailleurs passé mon après-midi à dire : ça sent le pétard, mais pas celui auquel on pense… L’hôtel - celui qui a remplacé l’immeuble des magasins généraux parti en fumée - clignote : un coup rouge, un coup bleu, un coup rose. J’essaie de le photographier dans chacune des couleurs. Pas facile d’autant que, comme je n’ai pas de pied, j’utilise la minuterie pour bouger le moins possible (on fait toujours bouger l’appareil quand on appuie sur le déclencheur). Je finis par shooter le rose, après deux bleus et trois rouges. Mais sur la photo, le rose n’est pas rose, il est lavasse. En politique, c’est pareil. Mieux vaut carrément un bon rouge.

Je rejoins mon immeuble et monte dans mon septième. Il fait lourd dans l’appartement alors que la nuit est douce et fraîche. J’ouvre la fenêtre et le bal des pompiers s’installe dans le salon. Il va être difficile de dormir la fenêtre ouverte. Tant pis. 

Demain matin, je feignantise. Demain après-midi, je dois avoir un goûter dans un square. Demain soir, je dîne chez une autre amie. J’ai un agenda de ministre. 



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