Racontars

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Mot-clé - enfants

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jeudi 7 août 2014

Les enfants ont un nom

A Paris, dans l’école de mes filles, un jour, est venue une association qui regroupait des enfants juifs ayant survécu à l’Holocauste. Bon, quand ils sont arrivés, ils n’étaient plus des enfants, plutôt des grands-parents. Mais quand ça leur est arrivé, ils étaient enfants.

Leur mission, et ils l’ont menée dans la plupart des écoles parisiennes un peu anciennes, retrouver dans les registres les noms des enfants juifs ayant fréquenté ces écoles avant d’être déportés, et apposer une plaque en leur souvenir.

Le directeur de l’établissement leur a proposé d’aller plus loin, c’est-à-dire de venir raconter ce qu’ils avaient vécu aux élèves, et ensuite de faire une cérémonie qui regrouperait toute la communauté scolaire. Et c’est ce qui a été fait.

Dans les classes des plus petits, ce sont d’anciens enfants cachés qui sont venus raconter leur expérience. Dans les classes des plus grands, des rescapés des camps de concentration. La professeure d’art plastique a fait faire un travail sur le thème “tous égaux, tous différents”. Des enfants venus des conflits d’Afrique ou de Tchétchénie ont dessiné leurs guerres et les dessins ressemblaient curieusement à ceux des enfants des camps de concentration.

Et puis il y a eu la cérémonie à laquelle participait effectivement toute la communauté scolaire. Nous avions envahi la rue devant l’école, tous les parents étaient présents, chrétiens, musulmans ou juifs, ensemble. J’avais raconté cette soirée-là et l’émotion que j’avais ressenti à l’énoncé des noms des enfants déportés. Car le but même de cette opération, c’était de nommer ces enfants, les sortir de l’anonymat de la masse des victimes, leur redonner une identité, une existence.

Et c’était une très belle initiative…

Un peu comme celle de B’tselem, une association israélienne de défense des droits de l’homme dans les territoires occupés. Ils ont lu à la radio les noms des enfants palestiniens tués à Gaza. J’ai appris cela dans un article d’Asher Schechter du journal Ha’Aretz  et publié dans Courrier international. J’ai immédiatement pensé à la cérémonie dans cette école parisienne du 18e.

Le problème, c’est que cette initiative a été interdite. Et le journal Ha’Aretz pose la question du pourquoi. Et ce pourquoi est angoissant. Il parle d’une certaine indifférence vis-à-vis des victimes. De ces extrémistes qui disent qu’un enfant mort est un terroriste à venir de moins. 

Il y a des tabous qui sont tombés, en France comme là bas. Ici, le racisme revendiqué semble avoir de nouveau droit de cité. Là bas, c’est la même chose dans un contexte bien plus terrible.

Mais du coup, ici comme là bas, rendre leur nom aux enfants est un acte révolutionnaire.

Les enfants de Gaza ont un nom. Ils ont droit à un nom, comme toutes les victimes d’hier et d’aujourd’hui.

liste_enfants_Gaza.jpg

lundi 21 novembre 2011

Ma fille n'aime pas les psy…

En ce moment, elle est le spleen incarné. Elle traine ses journée en longueur comme sa moue. Elle nous toise, ne répond pas quand on lui parle, ou alors de façon agressive. Mutique, elle boude. Puis crie. Puis boude à nouveau…

Rien que de très normal pour une adolescente. Sauf que…

Hier, par exemple, après s’être vue dans la glace, elle a poussé un tel hurlement de désespoir que ses sœurs et moi avons grimpé quatre à quatre les étages jusqu’à sa chambre.

A par ça, a dit la psychologue, tout va très bien…

Au printemps, j’avais annoncé à ma princesse mélancolique que si elle n’allait pas mieux, je l’emmènerais chez le psy(chiatre). J’ai fini par le faire. Elle l’a vu deux fois et a décrété que cela suffisait comme cela. Les psy, elle ne les aime pas. Ce sont des incapables, incapables de faire quoi que ce soit si ce n’est écouter. Et elle, quand elle était petite, elle n’avait pas besoin d’être écoutée. Elle voulait être entendue, qu’on la sorte de là de cette vie qui la faisait souffrir. Quand elle a dit pourquoi elle souffrait, cela a été des ennuis à n’en plus finir. Le pire, c’est la menace de placement. Elle n’a gardé que cela dans sa tête. Assistantes sociales, psychologues, pedopsychiatres, que des beaux parleurs. Elle ne veut plus de ces gens-là. Même si je lui dit que ce qui s’est passé est plus compliqué que cela.

Après des vacances un peu mouvementée, j’étais contente d’apprendre que nous avions enfin une place au Centre pour adolescent. Bon d’accord, pas de psychiatre ni de pedopsy, mais au moins le Centre. D’accord a-t-elle dit sans barguinier. J’aurais dû me méfier.

Elle a donné le change à la psychologue. « Oui, je sais, ça n’allait pas fort. Mais j’ai décidé de me reprendre, de faire des efforts en classe… » La psychologue, impressionnée m’a dit : « Ecoutez, elle à l’air d’aller très bien votre fille…
– Oui, mais euh, comment dire. Je me demande si elle ne donne pas le change parce que, vous comprenez…
– Mais non, elle va très bien, il faut lui donner sa chance.
– Si vous le dites.
Comme si je ne la lui avais pas déjà donné des centaines de fois, cette chance.

Pas de suivi, donc, juste un rendez-vous de contrôle un mois plus tard. Et l’ado qui continue de donner le change devoirs faits, conduite pas irréprochable, mais bien meilleure, nouvelles amies… Au rendez-vous suivant, je ne peux que reconnaître qu’elle va mieux. La psy toute contente confirme donc le bon état général de ma fille.

En sortant, je a regardais du coin de l’œil en me disant : voyons combien de temps cela va durer.

Ça n’a pas loupé. Le lendemain, elle perdait pied. Bon sang ! ma fille !

Elle ne fait plus ses devoirs, ne promène plus le chien, ne le nourrit pas non plus, ne s’occupe plus de ses phasmes, envoie les gens balader. Elle n’a plus d’amies (en a-t-elle jamais eu). Les filles de sa classe se foutent de sa gueule. Les garçons la traite de champignons. Elle se déteste, souffre, parle de mourir.

Mais à par ça, Madame la psychologue, tout va très bien, tout va très bien…

mercredi 13 avril 2011

Dis maman

– Tu vas avoir quel âge ? 53 ans ?

– Ah non ! 52 !

– Ouf !

Entre nous, je vois pas trop ce qui mérite ce ouf de soulagement…



Saut de la Lézarde 2006
Saut de la Lézarde, Guadeloupe, 2006

mercredi 24 novembre 2010

La fille qui joue les divas

La semaine dernière, le chargeur de l’ordi portable est tombé en panne. En fait la prise qui le relie à l’ordi s’est détachée du fil. Parce qu’une fille qui joue les divas, ne fait attention à rien et n’écoute pas sa mère trimballe ledit portable avec le fil branché, le laisse trainer n’importe où et, surtout, à des endroits où on est susceptible de ne pas le voir et donc de marcher dessus…

Il y a quatre jours, c’est le four à micro ondes qui nous a quitté. C’est la fille qui joue les divas qui m’en a fait part. Mais je ne sais pas si elle y est pour quelque chose ou si c’est juste elle qui a constaté la chose la première. Le doute doit toujours profiter au suspect. Nous fonctionnons donc avec deux plaques électriques et le four normal en attendant que le nouveau cronde arrive (entre 2 et 10 jours). C’est pas très pratique, surtout quand on a une fille qui joue les divas, fait cramer le lait qu’elle chauffe le matin sans prendre même la peine de mettre de l’eau dans la casserole. J’en passe et pas des meilleures…

Hier, c’est le volet électrique des portes fenêtres qui donnent du salon sur le jardin qui est tombé en carafe. En position presque baissée. A cause de la fille qui joue les divas et de sa négligence. Depuis, nous vivons à la lumière des ampoules alors qu’il fait grand soleil dehors. Je me suis toujours méfiée de ces rideaux électriques qui semblent tellement pratique. La voisine a remplacé tous ses volets traditionnels, deux ceux qui se ferment à la main, par des rideaux électriques. De l’extérieur, c’est un rien moche. C’est comme si, sur un visage, il n’y avait plus ni cils ni sourcils. Et le jour où ils tomberont en panne… Le truc, c’est que je ne sais pas du tout comment se réparent ce genre de choses. Quand j’aurais une maison à moi, j’aurais des vrais volets.

En fait, je crois que ce ça ne va pas ensemble appareil technologique et fille qui joue les divas.

samedi 16 octobre 2010

Les parents de lycéens ne sont pas les nantis que l'ont décrit

Je lisais un papier de Thomas Legrand sur Slate, avec lequel j’étais plutôt d’accord au début, car il disait qu’on ne peut pas instrumentaliser la jeunesse [voyez mon propos sur Facebook (*), on ne pouvait pas mieux tomber]. Mais vers la fin, j’ai lu ça :

« Si les lycéens et les étudiants ou les jeunes travailleurs sortaient de leurs gonds, ils seraient sans doute soutenus par les plus anciens. Les plus anciens, leur parents, qui ont profité de la planète, de la croissance, du plein emploi et de promesses d’avenir meilleur. »

Ce sont des propos que j’entends depuis quelques jours à la radio, depuis que les lycéens sont entrés dans la danse. Les lycéens ne connaîtront pas le même Nirvana que leurs parents. Eh bien, si je regarde autour de moi la plupart des parents lycéens que je fréquente, je cherche encore les privilégiés, ceux qui n’ont jamais connu le chômage, etc. Alors, j’ai répondu ce qui suit.

Je suis mère de lycéenne. Plutôt plus âgée que la moyenne des parents car j’ai eu mes enfants tard, j’ai 51 ans. Et je ne me reconnais absolument pas dans le descriptif des parents fait ici. Le plein emploi n’était déjà plus qu’un rêve quand je suis arrivée sur le marché du travail. J’ai travaillé tout en faisant mes études. J’ai accumulé les CDD jusqu’à environ 30 ans et les périodes d’essai “non concluantes” (de trois mois renouvelées une fois, donc six) jusqu’à environ 30 ans. Cette décennie-là, celle des quatre-vingt, on vu aussi mon père, cadre commercial, mis au chômage. Il avait beau multiplier les candidatures, ses CV lui étaient retournés sans commentaire, sans lettre, avec parfois juste l’âge entouré. 48 ans.

Je suis devenue journaliste. J’ai continué les CDD. J’ai signé mon premier CDI, je devais avoir 32 ans…

Ai-je profité de la planète ? J’ai surtout été très regardante sur les prix pour nourrir ma famille. Je n’ai jamais eu les moyens de le faire avec des produits bio, bien trop chers pour les miens. Nous étions 5 à vivre sur mon seul salaire, nous ne sommes plus que quatre depuis que je me suis séparée de mon mari. Il ne me reste rien à la fin du mois. Je ne suis pas propriétaire, les lendemains ne chantent pas. Et si mes enfants tiendront plus tard le coup face à la situation qui se prépare pour eux, c’est que je leur aurait donné déjà des ficelles, parce que j’ai vécu ça avant eux. 

La seule chose oui, qui me restait, c’était la retraite. Mais étant née en 1959, malgré mes trois enfants, les promotions qui me sont passées sous le nez parce que justement, j’avais trois enfants, etc., eh bien si je veux qu’ils fassent un minimum d’études, il faudra de toute façon que je travaille jusqu’à…

Je ne suis pas la seule dans ce cas-là. C’est la même chose pur toutes les mamans solos par exemple. Et puis toutes les familles entre deux eaux, pas franchement pauvres, mais pas riches non plus. Qui n’ont pas la sécurité de l’emploi. Qui s’adaptent, et qui trouvent le système du chômage de plus en plus dur. Alors qui serrent les fesses quand ils ont un emploi, parce que le perdre…
Alors, les privilèges des parents des lycéens qui défilent, je les cherche encore. Je ne vois pas de quoi il s’agit.
Peut-être faudra-t-il chercher du côté des grands-parents ? Et encore, ça dépend desquels. Parce qu’après tout, les gens vraiment privilégiés, je crois pas qu’il y en ai tant que cela.

Cela dit, là où il a raison Thomas Legrand, c’est que nos enfants auront toute notre solidarité. Enfin, j’espère. Et que je suis très contente qu’ils s’arment pour se battre. Parce que s’ils veulent s’en sortir, il n’y aura que la bagarre et la solidarité. Comme l’on fait nos ancêtres avant, ceux de 36, par exemple.

(*) Je disais : « Merci jeune fille ! on n’instrumentalise pas les jeunes quand ils sont lycéens. Tous ceux qui ont un ou plusieurs ados chez eux savent de quoi je parle. » et je faisais le lien avec une superbe série de photos

jeudi 14 octobre 2010

Drôle d'idée, drôle de temps

Des fois, quand je conduis, ou que je prends mon bain, ou juste avant de m’endormir, il me vient de drôles d’idées. Comme celle-ci

J’ai 51 ans. Ma fille aînée en a 15. Soit l’inverse de 51.
Je suis née en 59, elle en 95. Soit l’inverse de 59.
C’est la seule fois que cela m’arrivera, et avec cette seule fille-là.

« J’avoue, me dit-elle quand je lui en fis la remarque, c’est stylé… » Un peu fière, comme moi, de cette coïncidence amusante, mais qui ne sert à rien et dont tout le monde se fout. Et se demandant d’où pouvait bien me venir ce genre d’idée. Ben, je sais pas… C’est comme ça. Des fois, c’est plus constructif quand même. Mais bon, c’était amusant.

En attendant, fille aînée a fait sa première manifestation toute seule aujourd’hui. Et demain, elle va bloquer son lycée. Pour ça, elle ne fait pas l’inverse de sa mère. Elle fait juste pareil.

A bas Haby, y a d’l’abus, on viendra à bout d’Haby (Ça c’était le slogan d’une de mes premières manifs, alors que j’allais au lycée Guillaume-Budé et qu’on luttait contre la réforme Haby, ministre de l’Education nationale)
Les Riches ont des couilles en or, les pauvres des nouilles encore (ça, c’était un slogan de la manif contre les retraites, à Tours)

O tempora o mores

samedi 28 août 2010

Disparition

C’est le week-end de retour des filles. Je me dépêche de finir ce que je devais faire à la maison avant qu’elles n’arrivent. Pour le moment elles sont chez leur père. Ça me laisse un jour de répit. Mais je surveille les arrivées via mon téléphone portable.

Hier, Lou est arrivée la première. Une ado de son camp l’a prise en grippe pendant les quinze jours. Elle lui a piqué son portable et s’est acharné dessus. Quand Lou a constaté la disparition de son bien le plus précieux, tout le camp s’est mis à sa recherche. Et a trouvé des morceaux de la coque de protection, plus la batterie. Mais ni portable ni carte Sim. (Je lui foutrais des baffes à cette gamine). Lou m’appelle donc de la gare de Lyon à partir du téléphone d’un copain. Elle m’annonce que que les animateurs du camp on retrouvé le reste de son téléphone et la carte Sim dans la tente de la gamine. C’est toujours ça de gagné. Et elle ajoute : « Papa m’a dit qu’il fallait que je l’attende à la gare, qu’il ne viendrait que quand Garance arriverait. Ça me gave d’attendre trois heures toute seule. Est-ce que tu peux demander à papa si je peux pas aller avec E. ou B. (deux copines dont les enfants se sont retrouvés dans la même colo que Lou). »

Vu comme ça, je la comprends. J’appelle le père. Il est déjà à la gare. En fait, il n’avait jamais eu l’intention de la laisser attendre toute seule. Il l’a faisait marcher. J’adore son humour. Ma grande aussi… Enfin, ils se retrouvent. Je les laisse ensemble. J’ai à faire dans la maison.

Sur les coups de 21 heures, alors que je suis en réunion avec le bureau du club d’escrime, appel du père qui vient de récupérer la seconde. Il me l’a passe. Elle est en larmes. Ce qui est plutôt un bon signe. Oui, c’est le paradoxe du retour des colo. Plus l’enfant pleure, meilleure était sa colo, et plus sympas étaient les copains qu’il s’est fait. Je suis donc toute contente de l’entendre pleurer et je la console en lui disant combien je l’aime… Elle redouble de larmes et me repasse son père, un peu inquiet. Je le rassure. Je retourne à ma réunion.

22 heures et des brouettes. Coup de téléphone du père. Il a donné ses clés à Lou car elle ne voulait pas attendre Garance avec lui. Du coup, c’est le père qui a attendu tout seul. Ça lui apprendra à faire des plaisanteries idiotes. Lou est partie avec deux copines. Le problème c’est que le père est au pied de son immeuble avec Garance, mais Lou n’est pas là. Elle a dû déposer sa valise et ressortir (il voit ça à la position du verrou). Et elle n’est pas revenue. Du coup, il est à la rue avec Garance.

J’appelle E. et B. les deux amies qui sont venues chercher leur fils qui étaient dans la même colo que Lou. Ben non, elle n’est pas avec eux. Elles sont rentrées tout seules. Enfin, pas avec lou en tout cas. Je préviens le père. Il est maintenant 22h30. Je commence à me faire su soucis. Le père lui râle parce qu’elle a osé ressortir sans l’appeler. Du coup je m’énerve. D’abord, elle ne connait pas son numéro de téléphone par cœur. Il ne pense qu’à lui. Il ne s’imagine pas que si Lou n’est pas là à cette heure là, c’est peut-être parce qu’il lui est arrivé quelque chose. Je suis vraiment à cran.

Je retéléphone à mes amies. L’une fait la tournée des copains de colo dont son fils à le numéro de téléphone. L’autre voit du côté de l’HP. Je me sens totalement impuissante. Je rappelle le père que j’engueule copieusement. Il est paralysé devant l’appartement. Et Garance qui doit tomber de sommeil. Il est 23 heures passé maintenant. Je lui dis d’aller au commissariat. Une demi heure plus tard, il est toujours devant l’appartement. « Mais qu’est-ce que je fais de Garance ! Et puis comment je rerentre dans l’immeuble après (il y est entré grâce à un voisin…). » Une fois de plus, il ne pense qu’à lui…

Je suis totalement angoissée. Les amis du bureau deu club d’escrime tentent de me rassurer. De défendre le père (les hommes surtout : les mecs ne réagissent pas forcément comme nous et il doit aussi être pétrifié d’angoisse…). Je rappelle e. Rien de nouveau de son côté. Et elle me souffle à l’oreille : « Imagine qu’elle soit dans l’appartement en train de dormir… Mon fils, à peine rentré, c’est endormi d’un coup. Leur dernière nuit était blanche. » Je rappelle le père et lui soumet l’idée. Il y a bien pensé. Il a sonné : « Au moins cinq fois. » Et il ajoute : « Elle dort fort quand elle dort ? » Tu parles, dans certaines phases de sommeil, on pourrait faire sonner le canon qu’elle n’entendrait pas. Il a oublié ? C’est qu’il ne peut pas non plus faire trop de bruit à cause des voisins du dessous. « Oui, ils sont chiants, mais là, on les emmerde, non ? » Je raccroche.

Les amis autour de moi sont tous debout autour de la table. Ils sont tous inquiets et ne savent pas trop quoi me dire pour me rassurer. Nouveau coup de fil. C’est le père. Il a du sourire plein la voix. Lou était dans l’appartement. Elle dormait. Autour de moi, tout le monde se met à rigoler. C’est le soulagement général. Je rappelle E. pour la rassurer. Elle se charge d’appeler B. pour lui transmettre la bonne nouvelle.

Epilogue. Ce matin, le père a récupérer Léone, la petite dernière, à 6h54 du matin. Il ne m’a pas appelé pour me laisser dormir. Mais tout s’est bien passé. Quand je l’appelle à 11 heures, les trois filles sont en train de dormir.

Mortalité : quand la mère flippe, elle monte sur ses grands chevaux…
Mortalité 2 : quand la mère monte (sur ses grands chevaux), ça fait des vagues

mardi 13 juillet 2010

L'été en pente douce amère 1

Des vacances, enfin des vacances où je ne fais rien. Même pas aller à la plage, ou si peu. Le matin, nous nous levons, tard… Vers 10 heures, parfois plus tard. Petit-déjeuner puis promenade de Raïa, la chienne de la maison. Pendant une petite heure, elle court, nous marchons, dans un endroit étonnant, près d’un golf, ce qui aurait dû devenir un champ de villas cossues. Il y a des routes, des chemins, des lampadaires, des branchements électrique, Mais pas le début de construction d’une maison. Des herbes folles, des arbustes, des buissons et les bestioles qui vont avec. La chienne court en tout sens pour finir dans une marre d’eau due à une fuite d’eau présente depuis des mois, m’a-t-on dit. En Espagne plus qu’ailleurs, quand le bâtiment va, tout va. Et là, ça va pas très fort…

Nous suivons vaguement la chienne, en restant sur les parties goudronnées. Puis nous revenons lentement vers la voiture. Ensuite, comme l’endroit est le plus souvent désert, je donne ses premières leçons de conduite à Lou. Elle sait maintenant démarrer la voiture, passer une puis deux vitesses, rouler à peu près droit, freiner, rétrograder, s’arrêter. Ces petites leçons de conduite la motivent pour m’accompagner. Sinon, elle préfèrerait rester devant l’ordinateur ou la télé. Et puis les insectes qui pullulent ne lui disent rien de bon. Elle a la phobie de tout ce qui vole. Phobie renforcée par le fait que je me sois fait sauvagement agressée par une abeille. Nous marchions en discutant quand c’est arrivée. Je ne l’ai même pas vu venir. Par contre, je j’ai bien vu repartir la garce. Elle m’a fait un mal de chien.

De retour à la maison, en général, c’est piscine, histoire de prendre le frais. Les filles passent leur temps à sauter dans tous les sens. Moi, je fais de nombreux exercices. Je pédale. A chacun son Tour, certains font celui de la France. Moi je me contente de la piscine. Mes jambes qui souffrent de la chaleur se portent – et me portent – beaucoup mieux. Je retrouve la finesse de mes chevilles.

Je trouve rarement la motivation de préparer le déjeuner avant 14 heures, 15 heures. LEs déjeuners sont rapides : salades, tartes aux légumes, etc. Le soir, grillades sur le barbecue et pommes de terre sous la cendre dont les filles raffolent. Ou ratatouille.

Et je range tant bien que mal ce que sèment les filles. Elles sont… elles m’énervent. Moins qu’à la maison, parce que je suis plus détendue, mais tout de même. Pour me calmer, je pique une tête et me sèche au soleil. Hier, comme une idiote, j’y suis restée trop longtemps sans protection. Et j’ai attrapé un bon coup de soleil. Comme d’habitude, je ne brûle jamais la première semaine, je fais trop attention. Mais après…

La peau de Garance tient, elle, le coup. Le premier jour, elle a fait une allergie à la crème solaire que je lui avais acheté en pharmacie. La Roche Posay, la marque que l’on achète quand on a des problèmes de peau. C’était réussi ! La peau lui brûlait. Je l’ai envoyé se doucher pour faire partir le produit. Depuis elle utilise la Nivea achetée en grande surface avec bonheur. Garance est maintenant beige clair, c’est-à-dire pour elle très bronzée. Lou est noire et Léone dorée.

Parfois, en fin d’après-midi, nous allons à la plage. Il n’y a pas beaucoup de monde. D’ailleurs, quand nous roulons dans la ville,nous voyons un nombre impressionnant d’appartements et de villas à louer. Ce n’est pas la foule des grands jours. Tant mieux. Miami Platje ressemble à Salou d’il y a trente ans, la foule en moins. Salou ne ressemble plus à rien. Avant, il y avait entre cette ville et Cambrils, un adorable petit village de pêcheur, pendant 7 ou 8 kilomètres, une lande sauvage et quelques champs cultivés. Maintenant, ce sont les immeubles que l’on fait pousser et les deux villes se touchent.

Au premier bain en mer Léone était folle de joie. Elle aime l’eau, elle adore la mer. Elle s’amuse des vagues, du sable, des galets qu’elle collectionne et dont elle leste mes valises la chipie. Elle n’est que rire et bonheur.

A suivre

lundi 31 mai 2010

Trois jours, part 2

Dans le programme, le dimanche matin devait être LA grasse matinée qui devait me permettre de récupérer de la veille et de tenir la journée entière. Mais non, pas de ça Madame. A 7h30, j’avais les yeux grands ouverts et mon cerveaux était en mode : le stage de Lou, quelle solution… Je crois que j’ai trouvé, mais j’aurais préféré dormir.

Quand mon amie s’est levée, elle aussi trop tôt à son goût, j’en ai fait autant. Soulagée de ne plus tourner en boucle toute seule dans mon coin. Après un bon petit déjeuner, nous avons mis le mode ralentis. Papote et le cul sur la chaise. Cela dit, le fait de n’avoir quasi plus qu’une barre de batterie sur mon téléphone m’inquiétait beaucoup. Il fallait que je récupère le fils d’ami, Garance, Léone, dans des endroits différents pour les emmener au théâtre. Puis Lou à la gare et avoir le train. Sans téléphone alors que nous n’avions pas prévu de rendez-vous fixe. Mince, comment faisions nous quand nous n’avions pas de portable. Eh bien, si mes souvenirs sont bons, en stressant un maximum. Ce n’est pas de téléphoner qui me manquait, j’avais accès au téléphone de l’amie hébergeuse. C’était de ne plus être joignable s’il y avait quoi que ce soit. J’ai horreur des quoi que ce soit…

Je suis donc descendue rue de Flandres voir si une boutique de téléphonie était ouverte un dimanche matin. C’est le cas aux Abbesses. Je suis descendue de mon pigeonnier pour rien. Ici, les magasins de ce genre sont, paraît-il, fermés même le samedi. Alors le dimanche matin… 

Je suis remontée. Puis je suis redescendue chercher Garance qu’on me ramenait. Toujours ça de gagné. Nous nous sommes acheté des nouilles chinoises, avons grimpé les escaliers, elle quatre à quatre, moi en ahanant. Nous avons déjeuné en vitesse, puis nous sommes reparties pour aller récupérer, pas trop loin, le fils de l’amie que j’avais invité au théâtre (le fils, pas l’amie). Heureusement, son père ne vit pas loin (parce qu’il passait ce week-end là avec son père). Ensuite bus. Pris d’assaut par la foule du dimanche matin. Comment ça la foule du dimanche mati ? Mais oui la foule de ceux qui étaient refoulé par le métro, ligne 2 totalement fermée pour le WE. Evidemment celle que j’étais censée emprunter le plus souvent ce jour-là. Donc bus, heureusement direct jusqu’à Pigalle où nous avons failli ne pas descendre car de nombreuses personnes faisaient barrage de leur corps pour nous empêcher d’atteindre la porte. Puis, comprenant que c’étaient trois places qui se libéraient d’un coup, elles se sont désolidarisées pour se ruer à l’assaut. Je n’ai pas pris le temps de regarder quels ont été les vainqueurs, j’avais eu mon comptant d’émotions la veille.

Pour arriver dans l’appartement où était hébergée Léone, il fallait grimper jusqu’à la rue Ravignan. Puis ouvrir mon téléphone en espérant que ça marche encore et demander le numéro de code de la porte. Puis descendre environ un étage dans une cour, la traverser et remonter enfin quatre étages. Mes rotules m’ont traitée de tous les noms. J’ai cru qu’elles allaient déclarer grève. Cela dit, elles râlent, mais comme les Français, elles passent peu à l’action. Elles ont donc tenu le coup, ce qui, somme toute m’arrangeait bien.

Nous avons passé vingt minutes à récupérer avant de descendre tout schluss vers la place Clichy, emprunter une ligne qui fonctionnait, la 13, ce qui est, paraît-il, plutôt exceptionnel. Dix minutes après, nous étions au théâtre, suffisamment à temps pour laisser sacs et manteaux (en ce temps de novembre) au vestiaire et nous installer confortablement à de très bonnes places.

La pièce était une adaptation de plusieurs contes des frère Grimm réalisée et mise en scène par Olivier Py. Ça promettait d’être intéressant. C’était super. L’histoire était classique. Une jeune fille orpheline de mère, douce, intelligente (non, ça ce n’est pas classique, en général, les princesses sont douces et belles, on ne les voit pas avec des livres à la main) attend son père qui doit ramener sa nouvelle épouse. Evidemment, c’est une marâtre des plus nocives. Et sa fille, très belle, n’est guère bavarde. L’affreuse exige de sa belle-fille des tâches inimaginables. Les justification de ces diktats, concernant les bienfaits du travail sont des morceaux d’anthologie tout à fait grinçant et d’une certaine actualité. La belle-mère est affreuse comme un présiprince. Pour se débarrasser de la gamine, elle l’accuse d’avoir tué son père. Affolée, la jeune fille fuit dans les bois où elle trouve refuge, grâce au jardinier qui la protège, dans une cabane. Arrive un prince, qui tombe amoureux d’elle, de ses mots (elle n’est pas très jolie). Et part chercher sa couronne pour la demander en mariage. Las, il tombe sur la belle-mère. Celle-ci lui fait boire une filtre magique qui transforme le doux prince en dictateur abominable et le rend amoureux de la jolie fille muette de la marâtre.

Fille qui n’est en fait qu’une poupée à l’exacte effigie de son enfant morte. Tout finira par rentrer dans l’ordre parce que dans les contes des frères Grimm, s’il y a toutes les horreurs de la vie : la mort, la cupidité, la méchanceté, la violence, la maltraitance des enfants, il y a aussi, toujours, un happy end. Olivier Py a d’ailleurs tout un discours intéressant sur la question. Le spectacle fut beaucoup applaudi, par les enfants bien sûr, mais aussi par leurs parents qui ont crié moult bravos. Réservé au plus de 7 ans, il n’ pas déçu les plus jeunes (très nombreux dans la salle). Le petit garçon à mmon côté ne devait pas avoir plus de 5 ans. Il est resté extrêmement attentif et concentré pendant toute la représentation. Visiblement, cela lui parlait. Quant aux trois que j’avais amené avec moi, ils ont adoré et Garance m’a même commandé le DVD. Les décors étaient très beau, qui ressemblait (comme un peu la scénographie, au Soulier de satin, mis en scène par le même Olivier Py. Les comédiens, tous musiciens et quelques uns chanteurs étaient excellents. Notamment la marâtre joué par un homme, le même que celui qui jour le chef de la troue de théâtre. Oui, parce qu’il y a un théâtre dans l’hitoire. Ce qui permet aussi de parler politique. Et de faire rire les parents. Oui, ça a l’air un peu compliqué comme cela, mais allez-y, surtout si vous avez des enfants, c’est trop génial. Ça se jour jusqu’au 18 juin aux ateliers Berthier, près de la porte de Clichy.

A la sortie du théâtre, le temps tournait vinaigre une fois de plus. J’ai remis le fils à son père et nous nous sommes engouffrées dans le métro, direction gare Montparnasse. Ligne direct, métro à l’heure. Un truc simple, sans complication, tout ce qu’il me fallait. Lou nous a rejoint avec son père qui l’avait soutenu pendant toute la journée de la compétition par équipe. Et nous étions en avance ! Comme quoi, je suis réellement la reine de la logistique. Puis nous sommes montées dans le train pour, enfin, rentrer. J’avais hâte, j’avais assez bougé pour un moment.  Le truc, c’est que la SNCF, toujours pratique, quand on lui demande un carré famille, à la réservation, fait comme si c’était bon. On découvre ensuite, qu’en fait, non, pas du tout. Si au moins La SNCF nous avait laissées ensemble, c’est vrai quand on réserve quatre places dans un wagon avec une carte famille nombreuse, qu’on demande un carré famille, ce n’est pas pour être éparpillé dans le wagon… Mais non plus… nous étions toutes les quatre à des rangées différentes. J’étais derrière Lou et, de l’autre côté du couloir, Léone était derrière Garance. Nous avions toutes des places près des fenêtres, je dois remarquer cela, mais ce n’est pas ce que je demandais. Heureusement que le trajet n’est pas long et que les filles sont assez grandes pour se débrouiller seules sans leur maman… Pour discuter du stage avec Lou, par contre, c’était un peu compliqué. Elle venait de me remettre les papiers et je venais de découvrir qu’il me faudrait débourser 200 euros pour le stage, plus le trajet. Ha non ! pas ça en plus… Nous parlions donc des modalités à voix un peu haute et un des passager nous a demandé sèchement de parler moins fort. Je l’ai envoyé baladé. Il a fini par dire s’il vous plaît et je me suis tue. Il faut toujours demander poliment. Un grand garçon comme lui aurait dû le savoir.

Nous sommes enfin arrivées à Tours. Très contente d’avoir eu l’idée de laisser la voiture à proximité de la gare et de ne pas avoir à transporter les sacs jusqu’à la maison. Sur le pare-brise, un papillon bleu nous attendait. Je n’avais pas pensé que le parc-mètre avait également faim le samedi. Mais 11 euros, c’était de toute façon moins cher qu’une journée de parking. Alors … Le truc, c’est que lorsque j’ai tourné la clé de la voiture, le moteur a fait eueuhueugueuhueug, d’un ton assez poussif. J’ai eu beau réessayer plusieurs fois, attendre, réessayé. Rien n’y a fait. Ça nous a laissé le temps d’observer la foule des gens qui venaient déposer leur déclaration d’impôts dans la boîte aux lettres de la perception. Ça c’est un truc qui m’a toujours amusée. Outre que j’ai fait cette année encore ma déclaration par Internet, quel intérêt d’attendre le tout dernier jour pour être obligé, en plus, de se déplacer. Vous me direz : ça économise toujours un timbre. Internet aussi. Et avec le sans plomb à 1,35 euros le litre, il faudrait également penser à économiser de ce côté-là.

En tout cas, ce n’est pas nous qui avons dépensé de l’essence… Nous avons dû rentrer à pied. Epuisées et heureuses, jurant, mais un peu tard qu’on ne nous y reprendrait plus à vivre des WE aussi compliqués.

lundi 17 mai 2010

Rires sourires et grimaces

Photo prise pour illustrer le texte de Marloute

“Encore maintenant, quand je le croise le matin, qu’il se lave les dents ou prend son petit déjeuner, je ne peux pas m’empêcher de le faire rire. Une grimace, une imitation, une posture ridicule. Ses gloussements me réchauffent le cœur. Alors, je pars travailler avec le son de son rire dans un coin de ma tête.”



A l’occasion du jeu Diptyque 5.2, version Trouvez l’illustration du texte

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