Racontars

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vendredi 12 avril 2013

Troubles du langage

Vous  avez entendu parlé de ces accidents vasculaire au niveau du cerveau, ou ces maladies dégénératives, qui brouillent le langage et vous font dire « qfbg qfkgnmlk » au lieu de « passe moi le sel » ? Eh bien mon téléphone en est atteint.

J’ai voulu envoyer par SMS a ma fille « je crois que tu vas être bonne pour le bus » parce que je ne pouvais pas l’emmener à l’escrime. Elle a reçu : « je croustillants que tu vas être bonne pour le bus… »

Ce soir, je lui ai demandé de prendre sa douche à la maison plutôt qu’à la salle d’armes pour que je la rémène plus tôt. Et ça a donné : Tu gentil touchera à ka maison… » Elle m’a comprise. Elle est forte ma fille…

A par ça, j’ai téléphoné à ma mère. La conversation a été brillante.

Moi : tu vas bien
Elle : pffff… tu sais… pffff
Moi : ah oui ?
Elle : j’ai beaucoup travaillé ! alors… pffff
Moi : tu as travaillé ? (elle vit en maison de retraite et n’a pas grand chose à faire de ses dix doigts)
Elle : Pffff, oui, tu comprends… C’est compliqué… j’te raconterai.

J’ai pas très bien compris ce qu’elle voulais dire. Je suis beaucoup moins forte que ma fille.

vendredi 2 octobre 2009

Mais qu'allais-je faire dans cette galère 1

Ce jour là, j’ai emmené les filles au Pal, ce supplice qui commence si bien et qui finit si mal. Pour les parents. Ce zoo/parc d’attractions, où se côtoient dans la même immense enceinte, animaux de toute sorte et gigantesques manèges est le paradis des enfants et des ados. Pas celui des parents qui s’imaginent passer une journée pépère avec des gamins bien occupés, mais finissent sur les rotules de leur avoir couru après.

L’entrée est gratuite pour les moins de 1 mètre. Ce qui est assez logique si l’on sait qu’ils n’ont droit à quasi aucune attraction. Elle est de 17 euros pour les moins de 10 ans et de 20 euros pour tous les autres. Soixante dix-sept euros, dons, pour ma famille, ce qui fait mal au porte-monnaie. Mais vu la journée, ce n’est pas cher payé.

Première surprise, même tôt le matin, même la grande majorité des vacanciers repartie au boulot, il y a foule. Mais nous avons eu de la chance. D’abord, nous ne sommes pas arrivés par la même route que tout le monde. Du coup, la jeune femme qui faisait la circulation m’a fait passer rapidement l’entrée du parc. J’ai garé la voiture dans l’immense parking pas très loin de la sortie (pour éviter les embouteillages de fin de journée) et nous nous sommes dirigées vers les caisses, devant lesquelles les queues étaient  impressionnantes. Dans ces cas-là, je me dirige toujours vers celle qui est le plus au fond. C’est là qu’il y a le moins de monde. et puis, une nouvelle caisse s’est ouverte juste à côté, je m’y suis précipitée. En moins d’un quart d’heure, nous étions dans la place.

Première attraction réclamée par les filles, King Kong. Il s’agit d’un énorme automate qui se saisit d’un wagon a bord duquel nous avons pris place, le soulève de terre et le secoue dans tous les sens en roulant de gros yeux qui passent par toutes les couleurs. Drôle, un peu ridicule et pas flippant pour un sou même pour ceux qui, comme moi, souffrent de vertige. King Kong nous a reposé tranquillement et nous sommes reparties vers une nouvelle aventure.

Celle-ci, dès le premier regard, je ne la sentais pas. Le disque du soleil est une espèce de grand cercle (d’où son nom) sur le bord duquel sont installés des sièges, les passagers s’installant face à l’extérieur. Le disque, tout en tournant sur lui-même à une allure que j’ai jugée assez vive, se déplace le long d’un toboggan qui fait comme une grosse vague. Pas très chaude j’étais à l’idée de monter là dessus. C’était sans compter sur l’enthousiasme délirant des mominettes qui m’ont entraînée quasi de force. J’exagère pas du tout. En même temps, comme je suis une maman courageuse, j’ai pris sur moi et j’y ai été, à reculons certes, mais j’y ai été.
En faisant la queue, j’ai eu le temps d’observer les personnes qui m’avaient précédée : ça hurlait, ça rigolait, ça faisait des mimiques et des grimaces, mais c’était plutôt bon enfant. Une petite minorité, en général des hommes, jouait les blasés. Et ceux-là se divisaient en deux camps : ceux qui se la pêtaient grave et ceux qui, visiblement, auraient préféré être ailleurs. En tout état de cause, cela avait l’air supportable.
Dans notre groupe, ceux qui, totalement malades de vertiges, n’ont quasi pas ouvert les yeux mais ont hurlé comme des dingues se comptaient sur les doigts d’une seule main : Garance et moi. Ce qui est assez peu si on compte le nombre de personne par passage. Mais il faut aussi tenir compte du fait que les vertigopathes normalement constitués restent à terre, eux…
Pour ma part, si je subodorais que j’allais passer un sale quart d’heure, Garance, elle, avait totalement oublié son vertige. D’abord parce qu’elle le masque grâce à sa volonté de fer quand elle fait de l’escalade ou de l’accrobranche. Ensuite parce que nous n’avons pas beaucoup d’occasion de l’éprouver.



Donc nous nous sommes installés et le manège a commencé à tourner. Dès que nous avons passé la vague, j’ai fermé les yeux, serré les dents, les fesses, mes mains sur le guidon du siège et prié (oui, je l’avoue) pour que cela s’arrête vite. Et puis j’ai pris conscience que, sur ma gauche, ça allait encore moins bien. Léone a crié : « Garance tombe ! » Il m’a fallu de longues secondes et un courage surhumain pour arriver à ouvrir les yeux et à jeter un coup d’œil à ma nichée. Lou et Léone s’amusaient comme des folles. Mais Garance était accrochée comme une naufragée à son siège. Les yeux clos, elle hurlait de terreur. Ça m’a fait mal, d’autant que je ne pouvais rien faire. La jeune femme qui s’occupait de la machinerie a repéré la panique de ma fille et ne l’a pas quittée des yeux. J’ai vu, à son regard, qu’elle était prête à tout arrêter si cela tournait mal. Jusqu’à la fin, elle surveillera la petite. C’était presque rassurant.
J’ai trouvé le supplice interminable. Je déteste ce genre de sensation. Tout va tellement vite et dure si longtemps. Pendant presque toute la course, je n’ouvrais les yeux que lorsque nous montions et que je pouvais regarder en l’air. Je n’ai pas hurlé, mais j’ai senti que les cris n’étaient pas loin. Cela m’aurait sans doute aidé, mais je me suis retenue à cause des filles. Les gémissements de Garance me donnaient envie de pleurer. Je la regardais, son visage était baigné de larmes. Sa détresse m’empêchait de penser à la mienne, ce qui aurait pu paraître une bonne chose, mais ne l’était pas tant je souffrais de mon incapacité à lui venir en aide. Et ça durait, et ça durait. En réalité, à peine cinq minutes, mais ces minutes là m’ont paru interminables. La machine s’est enfin arrêtée et j’ai pu aller consoler Garance. J’ai oublié de remercier la jeune femme du manège, qui avait un joli minois. Sa réaction et sa façon de regarder ma fille m’ont pourtant beaucoup aidée. La grande et la petite étaient, elles, aux anges.

(à suivre…)

samedi 5 septembre 2009

haaaahahahaha, hahahahahaaaaaa !!!!

(Elles Jane, moi pas Tarzan…)



Et je garde les arpions bien arrimés à la terre (aucune intention de grimper dans les arbres)…






Eh oui, voilà ce que c’est que de crapahuter pendant trois heures dans le sable d’une pinède.

jeudi 27 août 2009

Dix mètres sous terre

Ce samedi-là, quand les filles m’interrogent sur mes intentions, je reste muette. La radio nous bassine sur la foule qui envahit les routes quand l’été bascule de juillet en août. J’ai une superstition, ne jamais prendre la voiture les jours de grands départs. Et puis, finalement, je les rameute, et nous partons. Après nous, nous n’emprunterons que de petites routes. Mais la destination reste inconnue pour elle. Il fait une chaleur orageuse. Nous serons très bien à 10 mètres sous terre. En bonus elles auront droit à s’exercer au mini-golf. Quand j’étais gamine, j’adorais ça.

Les grottes du Fontirou sont sympas. La guide est bien allumée. Plus que sa lampe électrique en tout cas. Elle se traite elle-même de sorcière. Très sympa mais barrée. Les filles adorent. Moi aussi. C’est nettement plus drôle que les gens qui se prennent au sérieux et on en apprend tout autant. Nous passons une petite heure sous terre à parcourir les sept salles. Quand nous ressortons, chose promise chose due, putter, balles et 18 trous. Le parcours a vécu, il est tout cabossé. Les premiers sont assez faciles. Les filles plastronnent. Après, ça se corse salement. Garance ait grise mine, Léone est déconfite, Lou s’accroche. Je leur donne quelques conseils sur le calcul de la trajectoire, le placement des pieds. Des réminiscence du vrai golf me reviennent. Pourtant, j’étais une vraie brelle sur les greens. Je me rends compte que Léone, totalement naturellement, à un superbe swing en manquant de me prendre plusieurs fois son putter dans le nez. C’est juste un peu surdimensionné par rapport à ce qui lui est demandé. Il y a des trucs impossibles à réaliser. Du coup, nous trichons outrageusement. Cela les déride. Elles ont toutes les trois l’esprit de compétition et envie de gagner. Or je leur mets la pâté. Pas cool.

Le ciel est devenu noir d’orage. Je presse les filles d’accélérer. Elles veulent à tout prix se choisir des souvenirs, un cristal pour Léone, une géode pour Garance. Nous reprenons la voiture. Le paysage est magique. Le blanc des champs moissonnées contraste violemment avec le noirs de certains nuages. Le temps de prendre deux photos et la pluie arrive, violente, accompagnée d’un vent à décorné tous les cocus du Lot-et-Garonne. Les arbres se baladent dans tous les sens. J’ai du mal à tenir la voiture.

Quand nous changeons de vallée, l’orage reste à l’arrière. La température abaissé. Il pleut bêtement. Au mois n’aurons nous pas à arroser le jardin. Les filles sont enchantées de leur journée. Maman, maman, c’était trop bien, on a adoré.

Nous dînons tout de même sur la terrasse, mais comme tous les soirs nous en sommes chassées par le moustiques. C’est l’heure de Lou. Elle ne bouge plus sans sa bombe. Elle dégaîne au premier insecte suspect et nous arrose copieusement. Elle m’énerve. Avant, elle ne supportait ni les guêpes ni les insectes. Maintenant, tout ce qui vole lui fait pousser des cris de dégoût. Y compris les inoffensifs cousins. Par compensation, elle supporte mieux les araignées. Qui prennent les insectes volants dans leur toile…

Dimanche, jour du saigneur et du ménage. Aspirateur, éponge, poussière. Nous allons bon train, Lou à l’étage, moi au rez-de-chaussée. C’est l’inconvénient des grandes surfaces, y a du boulot. Les Parisiens ne connaissent pas leur bonheur (je dis ça pour les consoler). Garance m’aide. Léone se planque. En punition, elle doit ramasser toutes les crottes de chien dans le jardin. Elle râle. Moi, je me marre, mère indigne que je suis.

Le temps est gris. Idéal pour la pêche. Nous y passerons l’après-midi. total, une cinquantaine d’ablettes et de goujons qui vont rejoindre le congélateur en vue d’une friture. Je me régale par avance. En définitive, j’aime assez la pêche. Le temps passe vite. Il y a de longs moments où rien ne mords et puis, d’un coup, on attrape trois ou quatre poissons de suite, à peine l’hameçon immergé. Et puis tout est calme, c’est reposant (sauf quand les filles s’entretuent, mais, ça, j’ai tellement l’habitude que je le remarque à peine. Vraiment, des dimanche comme ça, j’adore.

lundi 13 juillet 2009

Parisienne, tête de chienne

Nous sommes arrivées à Paris hier. Après un détour par Chartres.La SNCF n’assure plus la liaison entre Chateaudun et Paris. Il faut prendre le bus jusqu’à Chartres (une heure), attendre la correspondance en train pour Paris (une autre heure, il aurait été trop simple de coordonner les deux), et faire la fin du voyage en Ter (encore une heure). Nous avons trouvé plus simple que ma mère nous amène jusqu’à Chartres en voiture (une demi heure). Le Nôm était en retard. Les filles sur les dents et moi, j’essayais de rester zen. Nous avons pris le métro ensemble puisque nous allions dans la même  direction. Le  Nôm s’est renfrogné quand il a compris que je partais de mon côté et que je ne l’accompagnais pas jusqu’à la maison. Mais je préférais pas. C’était déjà assez difficile comme ça. 

Normalement,les filles ne peuvent rester chez lui s’il n’y a pas de tiers. Ma belle-mère est chez lui pour le mois. Elle fait un très bon tiers. Chouette, j’ai une semaine à Paris sans enfants.

En théorie. La pratique est une autre paire de manche. J’ai un peu l’impression d’être amputée et l’angoisse des petites me colle à la peau. Pourtant je suis sure que ça va bien se passer. Au pire, elles vont s’emmerder parce que les distractions seront rares et surtout centrées sur l’appartement. Au mieux, il se sera débrouillé pour leur rendre la semaine agréable et elles en redemanderont.

Mais on va faire avec. Ce matin,je me suis levée tard.Il fait beau sur la ville. Je suis descendue dans cette rue que je connais pourtant bien,qui n’est pas la mienne mais celle d’une amie. Avec le soleil, la solitude, je me suis sentie pour la première fois touriste dans ma ville. Sensation rare, amusante. 

Au programme aujourd’hui, pas grand chose. Une ballade, des photos peut-être, et un dîner avec une amie. Et puis une intense réflexion sur moi. Apprendre à me dire que je peux exister sans mes filles, que je peux aussi m’occuper de ma petite personne, perdre un peu de poids (je n’ai pas besoin de surpoids pour peser dans la vie de ceux qui m’entourent), réapprendre à sourire., à vivre sans un fond d’angoisse et dans une grande fatigue…

Dans la semaine, la Cité des sciences et son expo sur l’image, la librairie Karthala pour quelques bouquins sur la sociologie des médias à potasser pendant l’été. Dont ceux de Rémy Rieffel. Du cinéma aussi, j’aimerais bien. D’autres expos au fur et à mesure de mes envies et quelques déjeuner/dîner avec les amis qui ne seront pas partis en vacances (et qui ne sont pas très nombreux). Si vous avez des idées, j’ai tout mon temps jusqu’à dimanche prochain

Pendant tout le temps du week-end, j’ai été privée d’Internet, de radio et de télé, d’informations quoi, étant chez ma mère. Chez ma mère, je roupille, je récupère. C’est le seul endroit où je me sens suffissemment en sécurité pour me laisser aller à dormir tout mon saoul. Ce qui fait qu’elle est assez frustrée. Donc le soir, je ne regarde pas les infos, je lui fais la conversation et je profite de ses repas. Tout cela pour dire que les suites du résultat du procès du gang des barbares m’est passé par dessus la tête.Alors écoutant les infos aujourd’hui, les bras m’en sont tombés.

Que la famille des victimes trouve que les peines infligées aux inculpées soient trop légère, à cela rien d’étonnant. C’est le cas à chaque procès criminel. Mais que cette contestation atteigne cette proportion, voilà qui l’est moins, et je trouve ça déplacé. Le meurtre d’Ilan Halimi par la bande de Fofana était particulièrement abject, mais la justice est passée. Mais que la Garde des Sceaux demande au parquet de faire appel de toutes les peines qui sont inférieures à celles demandées par l’avocat général, voilà qui me sidère. Et qui porte, pour moi, gravement atteinte à la justice. A quoi sert la cour d’assise, a quoi servent les jurés, la plaidoirie des avocats, qui intervient toujours après le réquisitoire de l’avocat général justement pour contre balancer ses propos si on refait le procès à chaque fois que le verdict n’est pas conforme. Alors quoi, on aurait refait le procès de Patrick Henri ? Celui de Bertrand Cantat ? Et celui de tant d’autres ? Je doutais, avec la nomination de Mam, que nous ayons gagné au changement de ministre. Je ne doute plus et je me demande dans quelle mesure nous ne serons pas bientôt conviés à l’enterrement des droits de la défense. 

Le clavier que j’emprunte est déconnant. La barre des espaces fonctionne quand elle a le temps. C’est pénible. Mon blog risque d’en pâtir dans les jours qui viennent.

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