Racontars

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mercredi 17 mars 2010

Allons à l'opéra voir de belles choses et des amis pour discuter gaiment

J’aime prendre le train pour quitter ma ville et partir faire autre chose, ailleurs, pas forcément loin. Mais ailleurs. Bon, l’ailleurs, c’est le plus souvent Paris, on revient toujours à ses amours anciennes. J’ai donc emprunté le teuf teuf pas rapide qui mène à la capitale en deux heures et demi quand le TGV galope, lui, en une heure tout juste.

Arrivée à presque 16 heures, je me suis rendue chez la belle hôtesse pour récupérer un trousseau de clés. Puis, après avoir dégusté un très bon thé, j’ai marché jusqu’à la place d’Italie pour prendre le métro et me rendre à l’opéra Bastille. Au programme L’Or du Rhin, de Wagner. A dire vrai, je ne suis pas une wagnérienne pure et dure. Je ne suis pas une wagnérienne du tout. Mais je suis curieuse de tout et j’adore les trouvailles de mise en scène et de spectacle. Et de ce côté-là, ceux qui ont œuvré sur Wagner m’ont rarement déçue.

Il y avait eu Lohengrin, dont les costumes m’ont fait parfois sourire : Robes, costumes, pardessus des années quarante, mais quand le conflit éclate, les hommes enfilent par dessus leurs gabardines des armures moyennâgeuses et dr saisissent de leurs épées. Il paraît que c’est une allégorie, une métaphore. Moi j’ai dû réprimer un fou-rire peu propre à la gravité du moment. Mais j’avais adoré (et je n’étais pas la seule) Waltraud Meier dans le rôle d’Otrud. Je comprends qu’on traverse une partie de l’Europe pour l’entendre chanter.

Il y a eu un Parsifal à la mise en scène étonnante. Je n’ai pas tout compris des partis pris, mais c’était visuellement exceptionnel, intelligent. Et magnifiquement chanté, toujours avec l’exceptionnelle Waltraud Meier.




Parsifal et les fleurs
Et puis, j’avais été impressionnée par La tétralogie de Boulez et Chéreau donnée à Bayreuth de 1976 à 1980, que j’ai vue, comme tout un chacun, à la télé. Alors, quand j’ai vu que L’Or du Rhin, le prélude à la tétralogie, était donné à Bastille, je me suis inscrite sur la liste des candidats au billet et, grâce à un prosélyte lyrique, j’ai pu acheter une place. C’était ce samedi soir-là.

Arrivée à Bastille, on nous annonce que le spectacle sera sans entracte et se terminera à 22 heures. Deux heures et demi de spectacle ! Je me précipite aux toilettes. Ensuite, je me dis que j’aurais sans doute la chance de pouvoir dîner au restau chinois en rentrant. Oui, je sais, je suis dirigée essentiellement par mes boyaux. Mais que serais-je sans eux… Ce n’est qu’après que je pense que ça risque de faire long, quand même. De toute façon, je n’ai pas fait tout ce chemin pour vendre ma place et repartir. Je me hisse donc au 4e étage, premier balcon, porte 9, comme d’habitude. Je suis au rang 7, à la même place que la fois précédente, pour La Somnambula. Mais j’ai une arme supplémentaire, un zoom x 15 qui va me servir de jumelles.

Premier tableau, les ondines Woglinde, Wellgunde et Flosshilde, enveloppées dans une mousseline rouge, jouent à la balançoire au milieu des poissons représentés par un mur de mains gantées de rouge. J’ai l’impression d’être dans un tableau de Klimt. Evidemment, la balançoire, sous l’eau, ce n’est pas très plausible. Mais qu’est-ce qui est plausible dans cette fable sur les Dieux qui vont mourir. Elles se balancent donc, en chantant, quand le nain Alberich surgit des profondeurs de la terre et tente de les draguer. C’est la drague des profondeurs… Il est si laid que les ondines se moquent de lui. Elles l’aguichent, avec leurs costumes où sont dessinés seins et pubis. Le nain devient fou, elles le rejettent en riant. Alberich est distrait par un reflet dans l’eau, et les écervelées lui révèlent qu’elles sont les gardiennes de l’or du Rhin qui ne peut être forgé que par celui qui renoncera à l’amour. Alberich n’a rien à perdre, laid comme il est. Enervé par les agaceries des trois sœurs, il jure de renier tout amour en lui et s’empare du trésor devant les belles qui n’ont plus que leurs voix pour crier et leurs yeux pour pleurer.


Le nain est petit et moche, mais il a une voix magnifique. En tout cas, il part riche de l’Or du Rhin qui, un fois forgé, lui donnera fortune et pouvoir. Ce qui est une bonne revanche quand on ne peut pas susciter l’amour… (encore que, parfois, on voit des choses invraisemblables, de très belles femmes s’amourachant de nains mais ceux-ci ont déjà pouvoir et argent…)

Plateau suivant. Une mappemonde sur laquelle gisent endormis trois hommes torse nus et musclés et contre laquelle deux femmes s’appuient, l’une, debout, de profil, l’autre, assise et alanguie. Nous quittons l’univers de Klimt pour celui de Fassbinder, dans Querelle. Il s’agit des Dieux, Wotan, le chef de famille, de sa femme Fricka, des frères de celle-ci, Donner et Froh (de vrais demeurés) et de la belle Freia, leur sœur. Qui fait pousser les pommes dont ils se nourrissent exclusivement et qui leur garantit muscles,  jeunesse et beauté. Au loin, sur un échafaudage, on peut observer des ouvriers en plein labeur. C’est que Wotan, sur la demande pressante de sa femme, a demandé aux géants Fasolt et Fafner de construire un château digne des dieux qu’ils sont. Paiement promis, Freia, ce qui ne lasse pas d’inquiéter Fricka qui ne verrait pas d’un bon œil partir sa sœur et son garde-manger. Comme souvent chez Wagner, les femmes sont inquiètes et les hommes imbéciles. Wotan a promis sa belle-sœur sur les conseils d’un demi-dieu, Loge, malin comme un singe, qui lui a glissé qu’on trouverait bien une solution pour ne pas tenir pareil engagement. Mais au moment où les géants viennent réclamer leur du, Loge est absent et Wotan bien emmerdé.

Alors, il fait son Dieu et refuse de payer. Aussitôt, c’est la révolution. Les géants, ouvriers du bâtiment, s’emparent de la mappemonde, posent des banderolles rouges partout, envoient des tracts sur la foule. Dans les gradins, quelques fou-rires fusent.


Evidement, Loge finit par arriver. Il raconte qu’Alberich vient de se forger un anneau magique avec l’or du Rhin, qu’il a volé aux filles du Rhin, lesquelles pleurent. Ce méfait n’arrange pas les Géants qui ont souvent maille à partir avec le nain (genre les éléphants et la souris). Ils emmènent donc Freia en otage et promettent de la rendre si, dans les vingt-quatre heures, Wotan leur remet l’anneau qu’il aura préalablement volé à Alberich.

Au tableau suivant, nous sommes donc dans le royaume du nain, qui a asservi son peuple et son frère Mime. Après Klimt, Fassbinder, voici l’influence de Metropolis, de Fritz Lang. Ce qui reste de l’or du Rhin trône au milieu de la scène et une scie gigantesque se balance au dessus de lui pour le couper. Les nains se plaignent de leur nouvel état d’esclave. Ils travaillent beaucoup plus dans leur mine pour ramener toujours plus d’or pour leur insatiable tyran. Ils ne peuvent pas plus résister à la magie d’Alberich que Mime qui a été contraint par son frère à lui forger une heaume d’or pour le rendre invisible.


  Les mineurs, de par et d’autre de la scie, se balancent au même rythme qu’elle. En avant, en arrière… Arrivent Wotan et Loge auprès de qui Mime vient pleurnicher. Ils rencontrent Alberich qui, sur de sa puissance, les affronte dans une scène qui ressemble à s’y méprendre à celle du combat entre Merlin l’enchanteur et Mime la sorcière dans le film de Disney. Plutôt grotesque. Evidemment, Wotan et Loge (surtout lui, le malin) parvienne à tromper le nain et à l’emprisonner. Pour être libéré, il doit donner son or, le heaume magique. Wotan se saisit, en plus, de l’anneau qu’Albérich, fou de rage, maudit, prédisant que celui qui ne l’aura pas dépérira de désir et celui qui le possèdera attirera à lui le meurtrier. « Le seigneur de l’anneau sera l’esclave de l’anneau. »

Retour de Wotan et de Loge sur le plancher des vaches, ou plutôt sur la demi mappemonde. Ils rejoignent le reste de la famille. Arrivent les géants accompagnés de Freia. Les Dieux leur remettent l’or du  Nibelungen et le heaume. Mais il reste un trou dans le mur monté grâce aux lingots et Fafner exige de le boucher avec l’anneau. Evidemment, Wotan refuse. Les géants le réclament, Loge demande à ce qu’il soit rendu aux ondines, Wotan est inflexible. la situation est sans issue. Heureusement, Erda, la déesse de la Terre, traverse la scène et le conjure de jeter cet anneau, source de malheur et cause de la fin des Dieux. Wotan, saisi, donne l’anneau aux géants qui, aussitôt, se bagarrent pour se l’approprier. Fafner tue son frère Fasolt. Wotan se rend alors compte de la puissance de la malédiction. Qu’importe Freia est de retour parmi les siens, qui peuvent à nouveau se nourrir. Pendant que Fafner, obnubilé, passe son temps à empiler son or, Donner invoque l’orage pour nettoyer le ciel. Les Dieux issent un immense rideau représentant un magnifique ciel bleu.

[1]

Entouré dune kyrielle d’hommes en short en marcel blancs (les deux du stades) ils posent sur leur tête leurs casques à plume et prennent possession de leur château et le rideau tombe, penant que les athlètes brandissent les lettres de “Germania”. Curieux final !


C’est fini, et je n’ai pas vu le temps passé. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Il faut dire que ça n’arrête pas. il se passe toujours quelque chose. C’est un spectacle total, tantôt beau, tantôt drôle, mais qui finit par prendre. La scénographie est cohérente, même s’il est déroutant, de convoquer à la fois la lutte sociale (présente dans le livret) et l’imagerie nazifiante (le final). Mais le public était plutôt content. Et Wotan en tirait la langue de contentement…



J’étais d’autant plus satisfaite que j’ai eu le temps, comme envisagé, d’aller déguster un pho du côté de l’avenur de Choisy, chose dont j’avais envie depuis des lustres. Puis, sur la terrasse de l’amie qui m’hébergeait, j’ai fait une série de la ville la nuit parce que c’est beau… Après avoir pratiquement achevé La Cité des jarres d’Arnaldur Indridason, je me suis enfin décidée à dormir. Le lendemain, il y avait brunch. Et j’ai eu le plaisir de voir, outre mon hôtesse et le gars qui l’a à la bonne, Joël Riou, qui avait assisté au même spectacle que moi la veille, Bladsurb, Charles, Pascal & Co, Noël sa douce et junior, Maître Ka, Janu,  Johann, Gilsoub…, bref, que du beau monde. J’ai eu toutes les peines du monde à m’arracher de cet univers chaleureux pour courir jusqu’à Montparnasse et sauter dans le TGV. A Tours m’attendaient mes trois gisquettes qui s’étaient faites toutes belles pour accueillir leur maman. Elles m’ont accompagnée jusqu’au bureau de vote où j’ai pu rejoindre la minorité de ceux qui ont voté [2].


[1] crédit des petites photos : Opéra national de Paris/ Charles Duprat. Sauf la plus petite qui a été prises par mes soins, comme les plus grandes.
[2] et malheureusement, ce ne sera pas le cas dimanche prochain. Je remonte à la capitale pour accompagner la grande à une grosse compétition d’escrime et nous ne pourrons pas être rentrées avant 19 heures… Quant à la procuration, difficile de trouver quelqu’un dans une ville où l’in connaît finalement peu de monde.

lundi 15 mars 2010

Effet zoom à l'opéra Bastille

J’étais au 1er balcon, rang 7 et je voyais la scène à peu près comme cela



Mais avec un petit effet de zoom je voyais cela


ou cela



Dommage qu’il m’était impossible de prendre de photos pendant le spectacle, mais mon réflex fait trop de bruit. A quand des reflex silencieux comme des chats… Il y avait des choses très belles dans cette mise en scène. D’autres plus amusantes. J’essaierai de conter cela…

vendredi 29 janvier 2010

Love story à Bastille (La Somnambule)

L’histoire est digne d’un roman photo cucul la praline, comme ceux que je lisais chez le coiffeur quand j’attendais que ma mère sorte de dessous le casque séchant. Dans un hôtel suisse, Elvino aime la douce Amina qui le lui rend bien. Ils vont signer leur contrat de mariage sous l’œil furibard de Lisa, l’ancienne fiancée d’Elvino.


Nous sommes à la veille des noces, le notaire est là pour le contrat. Tout le monde est très joyeux. Arrive un touriste (dont le manteau de fourrure fait penser qu’il est très riche). Lisa entreprend de l’amadouer mais quand il voit Amina, il ne peut s’empêcher de l’admirer et de le lui dire.

Crise de jalousie féroce d’Elvino, qui reproche à sa promise de faire la coquette (alors que, franchement, il n’y a pas de quoi fouetter un chat). Larmes d’Amina. Et puis tout le monde se calme et comme c’est la fin de la journée, on se sépare en prévision des noces du lendemain.

Lisa, cependant, est restée pour « s’occuper » du voyageur. Elle minaude, il se laisse faire. On sent qu’ils vont sans doute passer du bon temps ensemble quand, coup de théâtre, Amina arrive, enroulée dans une couverture. Elle dort à poing fermé, elle est somnambule. Elle chante et parle de sa noce, de sa joie, de son amour pour Elvino.

Le voyageur, troublé par sa présence, est tenté de profiter d’elle. Puis se ravise et la laisse dormir, la couvrant même de son manteau de fourrure. Il n’aurait pas dû. Car cette salope de Lisa court réveiller Elvino pour lui dire que sa chérie fricote avec le voyageur. Quand tout le monde arrive sur place, on ne voit pas l’homme, on ne trouve qu’Amina, endormie sous le manteau, et on en conclue qu’elle a fauté. Coup de sang du jaloux, qui frappe la douce jeune fille.

Le lendemain, la mère adoptive d’Amina est la seule à prendre sa défense. Et elle trouve, dans la chambre du voyageur, un bas et une chaussure qui sont celles de Lisa. Elle met cela de côté. En attendant, ça chauffe pour Amina. Elle est battue et humiliée par son amoureux qui lui arrache même sa bague de fiançailles et annonce qu’il va se marier avec l’infâme Lisa. Amina s’enfuit et se réfugie dans sa chambre.

La Somnambule, Bellini


 Pendant ce temps, la préparation des noces va bon train. Au moment où le cortège s’apprête à partir à l’église, le voyageur revient. C’est en fait le comte de la région (et aussi le vrai père d’Amina, heureusement qu’il n’a pas fauté, sans cela, houuuuuu, bonjour l’inceste). Bref, le comte jure qu’Amina est innocente et raconte qu’elle est somnambule. Evidemment, personne ne le croit et encore moins ce gros balourd d’Elvino. La noce va pour repartir et la mère d’Amina, qui est revenue pour demander aux gens de faire moins de bruit car sa fille s’est enfin endormie (du coup, on ne s’attend pas du tout à la suite…) s’insurge contre ce mariage.

Lisa le prend mal. Elle engueule la mère. Elle lui dit qu’elle a tout à fait le droit de se marier avec un homme, qu’elle n’est pas une trainée qui passe la nuit dans la chambre d’un célibataire. La mère d’Amina voit rouge : comment oses-tu mentir, et d’ailleurs, tu y étais toi-même dans la chambre du comte, j’en ai la preuve, dit-elle en lui balançant à la gueule le bas et la chaussure, tiens prends ça ! Gniark bien fait.

Lisa est blême. Elvino est con. Enfin, ça, tout le monde l’avait compris. Il s’arrache les cheveux en criant : comment ? Les deux femmes que j’aime m’ont trompé et avec le même homme !!!! Je suis maudit (Là, devant tant de candeur et de bêtise, la salle entière s’est écroulée de rire). Lisa ne dément évidemment pas d’autant que le comte confirme. Reste Amina qui dort.

La Somnambule, Bellini

Et d’ailleurs, quand on parle de la louve, elle sort du bois. Elle arrive, toute dormante, enroulée comme la veille dans sa couverture. Le comte est bon et démontre à Elvino que la douce et charmante Amina est bien somnambule. Celle-ci pleure la mort de son amour, sa déchéance, c’est déchirant (ça l’est vraiment mais pas pour l’histoire). On presse Elvino de la réveiller pour lui dire qu’il sait, qu’il s’excuse, etc. Et c’est ce qu’il fait et la douce Amina pardonne (et là, vraiment, elle est bête, parce que son Elvino, c’est quand même un rustre, jaloux et qui la cogne). Elle se relève et court se changer. Un rideau tombe et c’est une copie de celui de l’opéra Garnier. Amina revient, vêtue de rouge, avec des gants de gala (on se demande bien pourquoi, c’est pas clair) pour entonner son air final qui est celui de son triomphe.

La Somnambule, Bellini

Et tout fini par une chanson sur les tables, une noce, quoi.

Vous l’aurez compris, ce Bellini pas ne brille pas par l’histoire, exemplaire dans son côté guimauve. Par contre, au niveau musical, c’est fabuleux. Les airs d’Amina sont magnifiques, les duos aussi. Et si l’on se moque des personnages on admire les interprètes et leurs partitions. Avant le levé de rideau, une jeune femme est venue nous prévenir que Melle Dessay était souffrante mais qu’elle chanterait malgré tout. Elle est présente quasiment du début jusqu’à la fin et elle a été tellement admirable que nous nous sommes tous demandé ce qu’elle aurait fait si elle avait été en pleine forme.  Je n’ai hélas ni video ni son pour vous faire partager l’immense bonheur que fut pour mes oreilles sa prestation.

Les autres interprètes étaient pas mal non plus. Le Conte Rodolfo (Michele Pertusi) a une basse fort harmonieuse chaleureuse. Teresa (Cornelia Oncioiu) est une belle figure matenelle et Lisa (Marie-Adeline Henry) chante parfaitement les pestes. Par contre, je suis restée dubitative à l’écoute du ténor. Par moment, notamment dans les duos avec Natalie Dessay, il faisait preuve d’une belle musicalité. Mais le reste du temps, son jeu était aussi morne que sa voix qui ne portait pas vraiment.

La Somnambule, Bellini

On peut lire aussi
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Dessay met La Bastille à ses pieds
La Somnambula à Bastille
La Somnambula à Bastille (deuxième)

Et merci aux prosélytes lyriques (et surtout à Olivier) qui ont permis que je passe cette délicieuse soirée.

mercredi 6 janvier 2010

Des photos de Platée

J’ai quatre ou cinq textes en panne dans mon stylo par manque de temps, dont un sur ce merveilleux spectacle, vu à Garnier avec Garance (mais à défaut on peut lire le billet de Kozlika).









J’essaierai tout de même d’en faire un billet. Si un autre sujet ne détrône pas celui-là… Et puis je réfléchis à un Diptyque. J’ai déjà quelques photos en vue.

vendredi 18 septembre 2009

La complainte de Mackie

Mardi soir, 15 septembre, j’étais à l’endroit où il fallait être, dans la même salle que trois ministres de la Culture (Lang, Tasca, Mitterrand le petit), que Pierre Bergé, que des femmes enrubannées et retendues, que des messieurs aux costumes empesés, que quelques comédiens en vue, que quelques garde du corps. Un vrai bain d’huile. Je n’en ai pas reconnu mon Théâtre de la ville (plutôt bobo que prout prout, quand même).

Mais qu’allais-je faire dans cette galère (j’ai un abonnement aux galères, il faut croire). Eh bien rien de moins qu’y assister à la première du plus beau, du plus intelligent, du plus drôle, du plus politique des spectacles de la saison. L’opéra de quat’sous, de Brecht et Weil en version originale, sous-titrée en français.

Rien que visuellement, j’en ai pris plein les mirettes. Les costumes aux lignes impeccables tranchant avec le minimalisme du décor tout en lumière. Et dans ce décor peu banal, des comédiens qui, comme des marionnettes, dansent et se jouent la vie, la vie rêvée des méchants garçons et des pauvres filles.

L’histoire est inspirée de L’Opéra des gueux, de John Gay et Johann Christoph Pepusch (1728). D’un côté, le roi des mendiants, Peachum, une crapule qui forme des mendigots pour les envoyer travailler dans une ville qu’il a organisée en quartiers. De l’autre, Mackie le Surineur, un voyou qui, protégé par son ami d’enfance devenu préfet de police, vole, tue, viole. Les deux brigands se sont partagé la ville des pauvres, ceux qui n’ont d’autres solution que de quémander ou de se prostituer pour survivre. Mais voilà, Mackie le dragueur ne résiste pas à un jupon et enlève puis épouse Polly, la fille de Peachum. La guerre est déclarée. Les prostituées, menées par Jennie des Lupanars trahiront Mackie le surineur pour quelques livres, une première fois, puis une seconde fois. Et Mackie finira sur le gibet.

C’est un conte des bas fonds dans un décor d’étoiles. Les comédiens du Berliner Ensemble sont fascinants. Une diction qui vous enverrait, enthousiastes, sur les bancs du collège suivre des cours d’allemand, un texte qui vous donne l’impression que vous comprenez cette langue (alors que vous ne l’avez jamais étudiée), des déplacements, un art d’occuper la scène, d’utiliser son corps… Dieu que c’était beau.

Ce n’est pas tout. Qui dit opéra dit musique et chansons. Les musiciens sont dans la fosse et ils sont sacrément bon. Quant aux comédiens chanteurs, quelle beauté. Notamment Jennie Des Lupanars, dont la voix fragile, belle et émouvante, à l’égal de celle d’une enfant, rend son personnage totalement bouleversant. Quand j’ai découvert que cette Jennie-là était interprétée par Angela Winkler, j’étais aux anges. Rendez-vous compte : LA Angela Wilnkler de Scène de chasse en Bavière (un film terrifiant mais très fort de Fleischmann), de L’Honneur perdu de Katharina Blum , de La Femme gauchère , du Couteau dans la tête et du Tambour. Angela Winkler, une comédienne emblématique d’une époque où l’Allemagne était prise au doute et au terrorisme, une Allemagne où tout était terriblement politique. Une merveilleuse actrice.

Mais les autres ne sont pas mal non plus. Peachum, le roi des mendiants (Veit Schubert) jette un regard sans aménité sur le monde. Traute Hoess est une Célia Peachum, épouse du précédent, dangereuse et drôle, qui manipule son monde de main de maître. Et puis Stefan Kurt, exceptionnel Mackie, qui tient la scène pendant trois heures, est tour à tour charmeur, sensuel, dangereux, vénéneux, roublard, cruel, léger, puis perdu. Une superbe voix lui aussi.

Bref, toute la troupe du Berliner Ensemble est remarquable. Et sert de façon merveilleuse un opéra qui a été créé chez lui, à Berlin, en 1928. Le texte est parfois d’une actualité étonnante, qui fait s’esclaffer le public, de ce rire jaune que l’on sert quand on se dit, fataliste, qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Mais on hésite quand même.

Quant à la mise en scène de Robert Wilson, elle est terrifiante. Elle tranche dans le vif, revenant au texte brut. Et en même temps d’une folle élégance. Wilson s’empare de l’œuvre et donne de notre monde actuel une vision cruelle et néanmoins plutôt réaliste.

Si jamais vous avez l’occasion de voir cette pièce, courrez. Elle repassera en avril au Théâtre de la ville. Mais à mon avis, ça va être chaud pour avoir des places.

Deux bémols. Il faisait à l’accoutumée beaucoup trop chaud dans la salle du Théâtre de la ville. C’est insupportable. Fatiguée comme je l’étais, la chaleur m’a anesthésiée et j’ai eu un mal fou à ne pas sombrer.
Et puis j’ai été choquée, à un moment, par les sous-titres. Vers la fin du spectacle, Mackie entonne une chanson qui est un mixte de La Ballade des pendus et de La Ballade des mercis de François Villon. Qui sont deux textes que je saurais reconnaître entre mille. Ils sont évidemment dit en allemand. Mais les sous-titres, au lieu de rétablir le texte original de Villon, se contente de faire une traduction de l’allemand. Ça veut dire exactement la même chose, mais ça le dit tellement moins bien. Et quel manque de culture pour ne pas reconnaître les deux plus célèbres poèmes de François Villon.

Photos : Lesley Leslie-Spinks/Berliner Ensemble

lundi 14 septembre 2009

Costumes de rêves

Quand nous avons prénétré au sein du CNCS, aucune des filles ne connaissait le nom de Noureev. A voir les photos, elles ont vite compris qu’il s’agissait d’un danseur. Mais c’était bien tout.

Et moi, qu’en savais-je en fait ? Qu’il venait de Russie, d’URSS même, qu’il était un des danseurs les plus fantastiques. Qu’il fut directeur de la troupe de l’Opéra de Paris. Qu’on lui attribuait une vie de débauche et de dépravation. Qu’il était mort du sida. Et à voir certaines de ses photos, qu’il avait un goût certain pour les tentures et les tissus riches, chamarrés… En fait, j’en connaissais plus sur son côté people que sur ce qui le constituait réellement : la danse, la scène.

J’ai passé deux heures à apprendre le danseur rien qu’en regardant les costumes des différents ballets qu’il a dansé, chorégraphié, créé. Et je suis sortie du musée fascinée. Quant aux filles, elles sont devenues des fans. La jeune femme qui nous a servi de guide y est sans doute pour beaucoup.

Revenons au début. Sur les bords de l’Allier, à Moulins, le quartier Villars fut construit au XVIIIe siècle pour accueillir un régiment de cavalerie. Puis il devint une caserne de gendarmerie. Celle-ci ayant déménagé en 2000, la municipalité décida de tout détruire et de transformer l’endroit en parking. Une association fut montée pour défendre le bâtiment, fort beau, et qui contenait un escalier absolument magnifique. L’association demanda à ce que l’escalier fut classé. Ce qu’elle obtint en 2005. Mais entretemps, la mairie avait tout de même envoyé les démolisseurs et une partie de la façade et de l’escalier avait été détruit. Je ne sais pas qui était le maire de Moulins à cette époque, mais ce n’était pas une flèche.

Heureusement, depuis, l’endroit a été entièrement restauré et a retrouvé de sa superbe. Les scènes nationales, telles l’Opéra de Paris, la Comédie française, le bibliothèque nationale (qui possède un fonds important concernant les arts du spectacle) cherchaient un endroit pour les entreposer les costumes dont elles ne savaient plus quoi faire. L’ancienne caserne fut proposée et acceptée. C’est ainsi qu’avec le partenariat d’une entreprise nationale (encore pour un peu de temps) d’énergie, des bâtiments furent construits pur entreposer des costumes, des décors, des maquettes. Bref, de merveilleux trésors du spectacle vivant. Au total, quelque 8000 costumes dont les plus anciens datent de la moitié du XVIIIe siècle. Nombreux sont ceux qui sont encore utilisés et qui font la navette entre le CNCS et le les scènes.

Depuis 2006, certaines de ces merveilles sont exposées par thème.

- Au fil des fleurs, scènes de jardin
- Mille et une nuits
- Jean-Paul Gaulthier, Régine Chopinot : le Défilé
- Christian Lacroix
- J’aime les militaires
- Théodore de Bainville
- Bêtes de scène.

Il y a un roulement tous les quatre ou cinq mois, sinon, les objets exposés s’abîmeraient trop. A l’été 2007, j’avais pu admirer les costumes de scènes créés par Christian Lacroix. Une pure merveille d’exposition. Dans l’auditorium, on pouvait regarder un documentaire sur la création des costumes de La Gaîté parisienne chorégraphié par Baryshnikov. On y découvrait le travail d’orfèvre du grand couturier français. Et c’était émouvant de voir le tutu prendre vie, du dessin de Lacroix aux répétitions, puis s’endormir dans la vitrine du musée.

J’avais prévu d’aller régulièrement à Moulins pour voir les expositions de cet exceptionnel musée. Mais les aléas de la vie en ont décidé autrement. Ma rentrée de vacances fut, cette année là, mouvementée, comme les deux qui suivirent.

Les filles étaient enchantées de revoir les lieux. C’est Lou qui a réclamé la visite guidée. Et elle a eu raison. J’aurais été bien incapable de leur en dire autant sur le génial Noureev. Sa fondation a passé un accord avec le CNCS. Elle cherchait un endroit pur exposer, entreposer tout les objets en sa possession : costumes, photos, notes, tissus… un trésor inestimable. Et dès l’an prochain, deux salles permanentes seront entièrement consacrées au danseur.

dLa guide nous accompagne tout au long de la vie de Noureev. De sa naissance à bord d’un transsibérien à sa mort à l’hôpital du Secours perpétuel de Levallois-Perret. Entretemps, on aura tout appris sur la naissance de sa passion pour la danse, à 5 ans, en regardant une représentation du Lac des cygnes, sur son entrée au Kirov à 17 ans, son passage à l’ouest en 1961, et son explosion dans le monde de la danse occidentale.

Difficile d’imaginer qu’une simple expo de pourpoings et de tutus puisse nous en apprendre autant sur la vérité d’un artiste exceptionnel. Il apportait un soin tout particulier à ses costumes, mais également à ceux de tous ses partenaires. Ce qui lui valu les foudres du Kirov ? Il refusait de porter le petit bloomer pudiquement imposé aux danseurs masculins. Nijinsky s’était fait viré pour la même raison.

Il modifia la coupe des pourpoings qu’il portait de façon à ce que rien ne bouge quand il dansait. et Dieu sait qu’il complexifia la danse masculine, la sortant de son rôle de faire-valoir. Le choix des couleurs, des matières avaient également leur signification. On suit la guide de vitrine en vitrine et on se prend à regretter de n’avoir jamais vu aucun ballet de cet incroyable génie.

Nous avons terminé la visite par l’auditorium qui donnait à voir un documentaire où Noureev parlait de lui sur des images de répétitions, de travail à la barre, où l’effort et la difficulté se lisent sur la visage, sur le tremblement d’un muscle. passionnant.

Garance, bien sûr est subjuguée. Elle aime tant la danse classique – et je n’ai jamais pu l’emmener voir un de ces ballets – qu’elle semble dans on élément. Mais plus surprenant, Lou est époustoufflée par les prouesses physiques. Quant à Léone, elle papillonne et rêve à des tutus brodés d’or ou d’argent.

A la librairie, je me ruine : le catalogue de l’expo, celui d’un expo précédente, des cartes postales, des albums et quelques livres à offrir plus tard à Garance. Elle ne le sait évidemment pas. C’est une surprise pour son prochain anniversaire.

Nous quittons la caserne enchantées de notre journée. Et nous nous promettons de revenir régulièrement découvrir de nouvelles expositions, si les trains nous le permettent. En décembre, les ballets russes. Ça va donner !

dimanche 28 juin 2009

Le salut des artistes

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lundi 27 octobre 2008

La petite renarde rusée

Grâce aux prosélytes lyriques, j'ai emmené hier après-midi Garance voir La Petite renarde rusée, de Janacek. Un conte dans lequelle la nature, les animaux, libres, beaux, intelligents, côtoient une espèce humaine bête et méchante.

Question musique, Janacek n'est pas ma tasse de thé. Mais cette renarde là se laisse écouter. Y compris par les enfants qui y ont trouvé beaucoup de plaisir. Il y avait derrière moi un petit garçon de trois ans qui a suivi toute l'histoire et était subjugué. Garance, a côté de moi, était vraiment ravie.

Les chanteurs jouaient fort bien la comédie et avaient de très jolies voix (même si parfois un peu couvertes par l'orchestre). J'ai été gênée, comme souvent, par le fait que le rôle de certains personnages masculins soit tenu par des femmes. Parce que je ne sais jamais qui chante. Le duo entre la renarde et le chien m'est ainsi passé au dessus de la tête. et j'ai eu du mal à suivre celui de la renarde et de son amoureux. Pourtant, cette scène d'amour était bien plus convaincante, à mes yeux, que celle du Roméo et Juliette auquel j'ai assisté il n'y a pas longtemps, et dans lequel Roméo était également joué par une femme (dont la voix était superbe, là n'est pas la question). C'est sans doute grâce au jeu de la chanteuse qui tenait le rôle, Hannah Esther Minutillo.

La mise en scène est légère, joyeuse et on entend rire beaucoup aux trouvailles (la scène du poulailler notamment)

L'histoire, qui tient en quelques lignes :

Le garde chasse se repose dans la forêt. Des méchants moustiques en profitent pour venir lui sucer le sang. La renarde jour avec une grenouille. Celle=ci finit par réveiller le garde chasse, qui se réveille et attrappe la renarde.


La petite renarde rusée 1

Dans la cour du garde chasse, la renarde doit repousser les avances du chien et se défendre des enfants de la maison. Elle mord l'un d'eux au grand dam de la femme du garde chasse qui demande à celui-ci de l'attacher. La nuit, la renarde rêve à la forêt. Au petit jour, le coq arrive avec ses poules. Elle tente de pousser celle-ci à la rébellion contre le coq oisif et profiteur. Mais en pure perte. Elle tente alors de se pendre. Le coq vient vois ce qui se passe, la renarde l'attaque le tue ainsi que toute les poules. Le garde-chasse et sa femme tente de l'attraper, mais elle s'enfuit.


La petite renarde rusée 2

De retour dans la forêt, elle chasse de sa tanière un blaireau et lui pique son terrier.


La petite renarde rusée 3

Pendant ce temps, les humains discutent au bistro. L'instituteur est amoureux d'une jeune fille mais n'ose se déclarer. Le garde chasse se moque de lui. L'autre lui renvoie la monnaie de sa pièce en parlant de la petite renarde.

La petite renarde rusée 4

Puis, il rentre chez lui passablement éméché sur son vélo, ou plutôt à côté. Et il chante son rêve de femme. Cela dit, on apprendra très vite qu'elle va en épouser un autre, un volailler, sans doute beaucoup moins timide...

La petite renarde rusée 4B

La renarde, elle, séduit, lors d'une rapine un beau renard. Qui se ressemble s'assemble.


La petite renarde rusée 5

Elle l'emmène dans son terrier. Mais devant les commérages que cela entraîne, elle l'épouse. Pour un texte qui oppose la vie animale à la vie des humains, c'est d'un classique... 


La petite renarde rusée 6

Ils ont beaucoup beaucoup beaucoup d'enfants. A qui elle apprend à se méfier des humains, à vivre libre et à profiter de la vie. Mais elle croise: Harašta, le volailler, elle le défie en lui disant ce qu'elle pense de lui, des hommes en général qui méprisent tout ce qui n'est pas eux. Elle lui vole ses poulets et il la tue, presque par mégarde. Le Garde-chasse est dépité : ce n’est pas lui qui a obtenu la peau de la renarde, dont il voulait faire un manchon pour sa femme. Il retourne dans la clairière où il avait rencontré la renarde. Il croit y voir sa fille. Mais il est victime de son désir, qui le berce d’illusions : ce n’est qu’une grenouille qui lui saute dans les bras en disant que ce n'est pas lui que le garde chasse avait déjà vu, mais son grand-père.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Aujourd'hui, j'ai été voir Les Chimpanzés de l'espace. Du spectacle oui, pas fatigant pour un sou et assez marrant. Je vous fait grâce de l'histoire. 

jeudi 24 avril 2008

Vendredi 18 (2) Le barbier de Séville

J’ai pris le métro direction Bastille. L’opéra de la Bastille. J’y allais voir Le Barbier de Séville en amicale compagnie. J’ai téléphoné à Lou qui rentrait de son voyage scolaire et se trouvait dans un bus entre le Gard et Paris. Partie à 14 heures, elle n’avait fait que la moitié du voyage. Ce qui me laissait largement le temps d’assister au spectacle puis d’aller la récupérer.

J’ai retrouvé Traou, Joël, Gilda et puis Fauvette. Nous nous sommes installés, j’ai préparé mes appareils photos, puis j’ai examiné le programme et j’ai été quelque peu surprise par le parti pris de Coline Serreau, la metteuse en scène. Elle situait l’action dans une Andalousie très musulmane.

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mercredi 27 février 2008

Une si longue journée (drame en trois actes) 3

Troisième acte

Cela me faisait du bien de retrouver d’autres personnes, de voir des sourires, des gens heureux d’être ensemble pour aller voir Luisa Miller, cet opéra de Verdi auquel j’avais déjà assisté la semaine passée avec Garance. La distribution des places achevées (qui a la place de qui et qui paye quoi à qui…), nous avons rejoint, Traou, une de ses amies et moi, la corbeille du quatrième étage. Nous avions pignon sur scène. Et ce n’était pas mal. Andrzej Dobber qui interprétait le père de Luisa étant malade, il fut remplacé au pied levé par Paolo Gavanelli. Ma place et le nouvel interprète furent les deux seuls changements notables que j’ai notés. Mes impressions résumées restent les mêmes.

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