Je profite au maximum de ces quelques jours de vacances que j’ai bien méritée. Je lézarde au soleil (quel temps merveilleux depuis quelques jours), dans mon jardin. Et surtout, je lis. Des magazines et aussi quelques polars.

Je viens de terminer Le Temps de la sorcière, de Arni Thorarinsson. L’histoire d’un journaliste (personnage récurent) exilé dans une province du Nord pour y lancer un supplément local, et qui tombe sur une affaire étrange. Sur deux en fait, mais qui n’en sont somme toute qu’une seule. Ça fout la trouille à n’importe quel parent d’ado sur les dangers qui les guette, la méchanceté du monde qui nous entoure et sur leur propre aveuglement. C’est bien foutu, on ne devine pas le nœud de l’intrigue dès le deuxième chapitre et quand on la subodore, on se demande comment l’auteur va nous y amener. Et ce n’est pas décevant.

Et puis il y a des passages réjouissant. Tel que celui-ci. C’est un dialogue entre un chef flic et le journaliste héros de l’histoire.

– (le journaliste) Donc vous trouvez tout a fait inutile que les gens qui achètent des cartes SIM donne leur nom et leur adresse ?
– Non, ce n’est pas inutile. C’est impoli et insultant pour les gens ordinaires.
– Mais ça simplifierait la tâche de la police, non ?
– Je n’ai jamais demandé à personne de me mâcher le travail. Je veux que la tâche de la police soit ardue. Elle n’a pas à être facile. Dans quel type d’Etat le travail de la police est simple ?
– Un Etat policier ?
– Voilà. Vous le dites vous-même. Je refuse de vivre dans un pays où l’Etat définit ses besoins en fonction des criminels. Je veux vivre dans un pays où l’Etat définit ses besoins en fonction des gens du commun.
– Eh bien dites donc !
– Un Etat qui définit ses besoins en fonction des gangs de voyous finit tôt ou tard par se transformer en Etat voyou.
– Eh bien dites donc !
– Vous vous moquez de moi trouduc ?
– Loin de là. Vous êtes vraiment pas un sale flic.
– Je peux parfaitement être un très sale flic. En cas de nécessité. Tout ce que je veux c’est être un flic, pas un espion ni un militaire.

Ça m’a rappelé en creux l’affaire Tarnac, et bien d’autres…

Il y a aussi dans ce livre une réjouissante assemblée municipale ou de simples citoyens mettent le nez de leurs élus dans leur caca. Très simplement, en appelant un chat un chat. Un peu comme dernièrement quand ils ont refusé, via un référendum, d’assumer les pertes d’une banque privée.

Décidément, ils me plaisent ces Islandais.

Arni Thorarinsson, Le Temps de la sorcière, Points Policier