Racontars

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dimanche 11 août 2013

Sus au cambrioleur (oui mais après lui avoir dit bonjour et avoir vérifié qu'il cambriole effectivement)

Aujourd’hui, j’ai agressé (verbalement) un jeune homme dans la rue. Il trifouillait la porte de la maison de ma sœur, qui est en vacances dans le sud de la France. Je l’ai pris pour un cambrioleur (pas ma sœur, le jeune homme).

Heureusement, j’étais en voiture, de l’autre côté de la rue. Sans cela, je crois que je lui aurais fait sa fête (enfin, j’aurais essayé… je n’en sais rien, après tout il est peut-être ceinture noir de karaté ou il court très vite).

Heureusement bis, une courte explication m’a permis de comprendre qu’en fait, c’est un copain de la belle-fille de ma frangine, qui squatte la maison tout a fait officiellement. Il est donc reparti entier (en se disant que je devais être tarée) et moi aussi (rapport au fait qu’il aurait pu être ceinture noire de karaté).

Cela dit, faire redescendre mon adrénaline à un taux acceptable pour mon petit cœur a pris au moins une demi-heure. Parce que vous ne vous rendez pas compte de l’influx nerveux qu’il faut pour sauter sur un cambrioleur qui trifouille la porte de la maison de votre frangine (même s’il est tout a fait innocent, mais je rappelle que, cela, je ne l’ai su qu’après). On touche pas à ma frangine (ni à mes filles ni à personne de la famille d’ailleurs). Je ne supporte pas, c’est plus fort que moi, je vois rouge (je rappelle à toutes fins utiles que mon signe zodiacal est le taureau, olé !).

De cet incident, je tire deux conclusions 

– l’information est absolument primordiale pour la démocratie et la paix des peuples ;-) En effet, si j’avais été informée que ma sœur prêtait sa maison à sa belle-fille, j’aurais eu une toute autre réaction. Et probablement que je n’en aurais pas eue du tout (de réaction) vu que je n’aurais pas conduis ma fille aînée chez ma sœur pour qu’elle nourrisse les chats d’icelle. (Bref, la prochaine fois, prévenez-moi, je peux être dangereuse…)

– on ne fait pas justice soit-même parce qu’on risque de faire des conneries (cela dit, je me serais trouvée encore plus bête si j’avais appelé les pandores pour leur dire que des malfaiteurs squattaient la maison de ma frangine…).

dimanche 18 septembre 2011

Mon blog fait la gueule

:C’est vrai, je l’avoue, cela fait des jours et des jours (et même plutôt des mois) que je le délaisse. Trop d’occupations, trop de choses à penser pour pouvoir écrire sereinement. L’image que j’ai de moi en ce moment, c’est celle d’une femme arc-boutée. J’ai de nombreuses casseroles sur le feu (mais non, pas aux fesses, pour qui vous me prenez-vous ?) et elles sont toutes remplies de lait. Pas simple.

- D’abord, il y a cette VAE que je devrais commencer et qui me terrorise. La masse de boulot supplémentaire que cela représente, et toujours des doutes quant à mes capacités. Entendons-nous bien : je suis un cador dans mon métier. Je pense être une bonne journaliste et surtout une excellente secrétaire de rédaction., même si je ne l’ai pas toujours clamé sur les toits parce qu’une fois, cela m’est revenu en boomerang. Je suis une bonne enseignante parce que je suis exigeante avec moi, avec mes étudiants et que je connais mon métier (que je leur enseigne avec passion). Mais je ne pense pas être un jour une bonne universitaire. Ces gens-là me fatiguent. Déjà, quand j’étais étudiante, je fuyais ce milieu autocentré sur son petit nombril. Et qui fait si souvent passer ses intérêts propres bien avant ceux des étudiants au service desquels il devrait être. « Oui, mais vous comprenez, les étudiants passent, nous, nous restons », m’a répondu l’un deux un jour après avoir essuyé mes critiques. « Oui, mais tu comprends, moi j’enseigne parce que je suis obligée. Je suis une chercheuse », m’a rétorqué récemment un de ces purs esprits.

Pourtant, c’est entre les fourches caudines de ces gens-là que je vais devoir passer si je veux un jour avoir une chance d’être titularisée et ne pas me retrouver au chômage dans trois ans.

L’avantage de travailler dans un IUT, c’est que la plupart de mes interlocuteurs et collègues sont des professionnels avant d’être des enseignants, qu’ils ont travaillé dans le privé. Cela donne des repères différents. Les vrais enseignants qui travaillent avec moi sont imprégnés de cette ambiance là, et cela se passe plutôt bien. Mais ailleurs, non de Dieu, quelle méconnaissance du monde, quelle petit esprit mesquin de chapelle. Il y a des UFR qui se la pètent grave. Alors que, franchement, il n’y a pas tant de raisons que cela de ramener sa fraise. Hou ! cela me rendrait presque vulgaire…

Cela dit, le travail intellectuel que tout ceci me demande comble probablement un creux que j’avais au préalable rempli par mon activité bloguesque. Je ne manque pas de matière à réflexion…

- Ensuite il y a mes démêlés judiciaires. J’ai perdu mon divorce, mais au moins, je suis divorcée. Cela dit, j’ai un énorme dette vis-à-vis de mon ex-conjoint. Cela fait quelques semaines que je veux écrire là-dessus (pas sur ma dette, mais sur cette chose étrange qu’on appelle la justice dans les affaires familiales). Mais comme je n’ai toujours pas réussi à digérer la pilule, j’attends encore. J’ai rendez-vous avec mon avocate en début de mois prochain. La CAF m’a donné de bons conseils (je déduis de la prestation compensatoire toutes les pensions alimentaires non payées. Et je rembourse la CAF mensuellement de l’allocation parent isolée touchée en remplacement. Avantage, c’est comme un prêt à taux zéro. Comme de toute façon l’ex ne me versera jamais cette pension… A 200 euros par mois, j’en ai pour un peu plus de six ans. Et je garde mon capital pour l’éventuel achat d’une maison (ou pour les études des filles).

Ce qui m’épuise à l’avance, ce sont les contraintes judiciaires (et financières) : notaires pour solder la communauté, frais de justice (j’ai eu 900 euros à payer pour la procédure auprès du juge des enfants), facture de l’avocat. Pour le moment, j’en suis à presque 10 000 euros en frais divers sur les deux procédures. Au bout de trois ans et demi. Je suis hallucinée par le coût.

- Il y a aussi mes veilles sur Internet. En fait, sous prétexte de veille, pour mes étudiants, je passe beaucoup trop de temps sur Fesse de bouc et sur le petit oiseau. Bon, je bosse aussi tout de même. Mais la plupart du temps je glande. J’ai une immense envie de glander. En réaction à tout ce qui m’est imposé, j’ai énormément l’envie de glander à donf !

- Enfin, il y a les enfants qui grandissent. Et avec lesquelles parfois, je me sens bien impuissante. Ou dépassée. Ou les deux à la fois.

Donc, voilà, arc-boutée, pas vraiment sereine. Pas assez en tout cas pour m’occuper de ce blog. Et pourtant, cela me ferait du bien. Allez, je vais essayer de m’organiser. D’autant que j’ai une furieuse envie de diptyque.

Repost du lendemain : Je me rends compte que j’ai oublié ma mère. Oh ! le bel acte manqué. Mais c’est vrai qu”à elle seule elle mérite un billet…

Repost 2. Ce blog a maintenant huit ans…


jeudi 14 octobre 2010

Drôle d'idée, drôle de temps

Des fois, quand je conduis, ou que je prends mon bain, ou juste avant de m’endormir, il me vient de drôles d’idées. Comme celle-ci

J’ai 51 ans. Ma fille aînée en a 15. Soit l’inverse de 51.
Je suis née en 59, elle en 95. Soit l’inverse de 59.
C’est la seule fois que cela m’arrivera, et avec cette seule fille-là.

« J’avoue, me dit-elle quand je lui en fis la remarque, c’est stylé… » Un peu fière, comme moi, de cette coïncidence amusante, mais qui ne sert à rien et dont tout le monde se fout. Et se demandant d’où pouvait bien me venir ce genre d’idée. Ben, je sais pas… C’est comme ça. Des fois, c’est plus constructif quand même. Mais bon, c’était amusant.

En attendant, fille aînée a fait sa première manifestation toute seule aujourd’hui. Et demain, elle va bloquer son lycée. Pour ça, elle ne fait pas l’inverse de sa mère. Elle fait juste pareil.

A bas Haby, y a d’l’abus, on viendra à bout d’Haby (Ça c’était le slogan d’une de mes premières manifs, alors que j’allais au lycée Guillaume-Budé et qu’on luttait contre la réforme Haby, ministre de l’Education nationale)
Les Riches ont des couilles en or, les pauvres des nouilles encore (ça, c’était un slogan de la manif contre les retraites, à Tours)

O tempora o mores

vendredi 10 septembre 2010

Un nouveau jeu ?

Hier soir, j’étais dans mon bain et je me disais que j’avais envie de lancer un jeu sur le blog. Oui, mais qu’est-ce que j’allais pouvoir trouver ? » Je n’avais pas envie d’un diptyque. J’en referai, c’est sûr, mais pas tout de suite. Un jeu des couverture de CD ne m’enchantait guère plus. Je ne voulais pas un jeu des trouvaille, mais d’écriture. Pour les mêmes raisons je repoussais Les confitures (mais cela ne m’empêchera pas d’en organiser un prochainement, c’est l’affaire de quelques jours).

Et puis je me suis souvenue d’une interview de Zoé Varier dans « Nousautres », une émission que j’apprécie vraiment, une des rares rescapées de l’hécatombe Valesque, une qui fait que je reste encore, un peu, fidèle à Inter (que je n’arrive plus à écouter ni le matin ni le soir…, un peu le WE et dans l’après-midi et encore, pas longtemps). Bref, j’ai eu une idée. Qui m’a fait rire. Je ne sais pas si c’est faisable. Mais on va voir. Je vous en redonne des nouvelles dans quelques jours.

En attendant, et pour l’intérêt du jeu, citez moi chacun un nom d’entreprise. Si elle n’est pas connue, donnez quelques éléments descriptifs (type d’activités, etc.)

samedi 28 août 2010

Disparition

C’est le week-end de retour des filles. Je me dépêche de finir ce que je devais faire à la maison avant qu’elles n’arrivent. Pour le moment elles sont chez leur père. Ça me laisse un jour de répit. Mais je surveille les arrivées via mon téléphone portable.

Hier, Lou est arrivée la première. Une ado de son camp l’a prise en grippe pendant les quinze jours. Elle lui a piqué son portable et s’est acharné dessus. Quand Lou a constaté la disparition de son bien le plus précieux, tout le camp s’est mis à sa recherche. Et a trouvé des morceaux de la coque de protection, plus la batterie. Mais ni portable ni carte Sim. (Je lui foutrais des baffes à cette gamine). Lou m’appelle donc de la gare de Lyon à partir du téléphone d’un copain. Elle m’annonce que que les animateurs du camp on retrouvé le reste de son téléphone et la carte Sim dans la tente de la gamine. C’est toujours ça de gagné. Et elle ajoute : « Papa m’a dit qu’il fallait que je l’attende à la gare, qu’il ne viendrait que quand Garance arriverait. Ça me gave d’attendre trois heures toute seule. Est-ce que tu peux demander à papa si je peux pas aller avec E. ou B. (deux copines dont les enfants se sont retrouvés dans la même colo que Lou). »

Vu comme ça, je la comprends. J’appelle le père. Il est déjà à la gare. En fait, il n’avait jamais eu l’intention de la laisser attendre toute seule. Il l’a faisait marcher. J’adore son humour. Ma grande aussi… Enfin, ils se retrouvent. Je les laisse ensemble. J’ai à faire dans la maison.

Sur les coups de 21 heures, alors que je suis en réunion avec le bureau du club d’escrime, appel du père qui vient de récupérer la seconde. Il me l’a passe. Elle est en larmes. Ce qui est plutôt un bon signe. Oui, c’est le paradoxe du retour des colo. Plus l’enfant pleure, meilleure était sa colo, et plus sympas étaient les copains qu’il s’est fait. Je suis donc toute contente de l’entendre pleurer et je la console en lui disant combien je l’aime… Elle redouble de larmes et me repasse son père, un peu inquiet. Je le rassure. Je retourne à ma réunion.

22 heures et des brouettes. Coup de téléphone du père. Il a donné ses clés à Lou car elle ne voulait pas attendre Garance avec lui. Du coup, c’est le père qui a attendu tout seul. Ça lui apprendra à faire des plaisanteries idiotes. Lou est partie avec deux copines. Le problème c’est que le père est au pied de son immeuble avec Garance, mais Lou n’est pas là. Elle a dû déposer sa valise et ressortir (il voit ça à la position du verrou). Et elle n’est pas revenue. Du coup, il est à la rue avec Garance.

J’appelle E. et B. les deux amies qui sont venues chercher leur fils qui étaient dans la même colo que Lou. Ben non, elle n’est pas avec eux. Elles sont rentrées tout seules. Enfin, pas avec lou en tout cas. Je préviens le père. Il est maintenant 22h30. Je commence à me faire su soucis. Le père lui râle parce qu’elle a osé ressortir sans l’appeler. Du coup je m’énerve. D’abord, elle ne connait pas son numéro de téléphone par cœur. Il ne pense qu’à lui. Il ne s’imagine pas que si Lou n’est pas là à cette heure là, c’est peut-être parce qu’il lui est arrivé quelque chose. Je suis vraiment à cran.

Je retéléphone à mes amies. L’une fait la tournée des copains de colo dont son fils à le numéro de téléphone. L’autre voit du côté de l’HP. Je me sens totalement impuissante. Je rappelle le père que j’engueule copieusement. Il est paralysé devant l’appartement. Et Garance qui doit tomber de sommeil. Il est 23 heures passé maintenant. Je lui dis d’aller au commissariat. Une demi heure plus tard, il est toujours devant l’appartement. « Mais qu’est-ce que je fais de Garance ! Et puis comment je rerentre dans l’immeuble après (il y est entré grâce à un voisin…). » Une fois de plus, il ne pense qu’à lui…

Je suis totalement angoissée. Les amis du bureau deu club d’escrime tentent de me rassurer. De défendre le père (les hommes surtout : les mecs ne réagissent pas forcément comme nous et il doit aussi être pétrifié d’angoisse…). Je rappelle e. Rien de nouveau de son côté. Et elle me souffle à l’oreille : « Imagine qu’elle soit dans l’appartement en train de dormir… Mon fils, à peine rentré, c’est endormi d’un coup. Leur dernière nuit était blanche. » Je rappelle le père et lui soumet l’idée. Il y a bien pensé. Il a sonné : « Au moins cinq fois. » Et il ajoute : « Elle dort fort quand elle dort ? » Tu parles, dans certaines phases de sommeil, on pourrait faire sonner le canon qu’elle n’entendrait pas. Il a oublié ? C’est qu’il ne peut pas non plus faire trop de bruit à cause des voisins du dessous. « Oui, ils sont chiants, mais là, on les emmerde, non ? » Je raccroche.

Les amis autour de moi sont tous debout autour de la table. Ils sont tous inquiets et ne savent pas trop quoi me dire pour me rassurer. Nouveau coup de fil. C’est le père. Il a du sourire plein la voix. Lou était dans l’appartement. Elle dormait. Autour de moi, tout le monde se met à rigoler. C’est le soulagement général. Je rappelle E. pour la rassurer. Elle se charge d’appeler B. pour lui transmettre la bonne nouvelle.

Epilogue. Ce matin, le père a récupérer Léone, la petite dernière, à 6h54 du matin. Il ne m’a pas appelé pour me laisser dormir. Mais tout s’est bien passé. Quand je l’appelle à 11 heures, les trois filles sont en train de dormir.

Mortalité : quand la mère flippe, elle monte sur ses grands chevaux…
Mortalité 2 : quand la mère monte (sur ses grands chevaux), ça fait des vagues

mardi 13 juillet 2010

L'été en pente douce amère 1

Des vacances, enfin des vacances où je ne fais rien. Même pas aller à la plage, ou si peu. Le matin, nous nous levons, tard… Vers 10 heures, parfois plus tard. Petit-déjeuner puis promenade de Raïa, la chienne de la maison. Pendant une petite heure, elle court, nous marchons, dans un endroit étonnant, près d’un golf, ce qui aurait dû devenir un champ de villas cossues. Il y a des routes, des chemins, des lampadaires, des branchements électrique, Mais pas le début de construction d’une maison. Des herbes folles, des arbustes, des buissons et les bestioles qui vont avec. La chienne court en tout sens pour finir dans une marre d’eau due à une fuite d’eau présente depuis des mois, m’a-t-on dit. En Espagne plus qu’ailleurs, quand le bâtiment va, tout va. Et là, ça va pas très fort…

Nous suivons vaguement la chienne, en restant sur les parties goudronnées. Puis nous revenons lentement vers la voiture. Ensuite, comme l’endroit est le plus souvent désert, je donne ses premières leçons de conduite à Lou. Elle sait maintenant démarrer la voiture, passer une puis deux vitesses, rouler à peu près droit, freiner, rétrograder, s’arrêter. Ces petites leçons de conduite la motivent pour m’accompagner. Sinon, elle préfèrerait rester devant l’ordinateur ou la télé. Et puis les insectes qui pullulent ne lui disent rien de bon. Elle a la phobie de tout ce qui vole. Phobie renforcée par le fait que je me sois fait sauvagement agressée par une abeille. Nous marchions en discutant quand c’est arrivée. Je ne l’ai même pas vu venir. Par contre, je j’ai bien vu repartir la garce. Elle m’a fait un mal de chien.

De retour à la maison, en général, c’est piscine, histoire de prendre le frais. Les filles passent leur temps à sauter dans tous les sens. Moi, je fais de nombreux exercices. Je pédale. A chacun son Tour, certains font celui de la France. Moi je me contente de la piscine. Mes jambes qui souffrent de la chaleur se portent – et me portent – beaucoup mieux. Je retrouve la finesse de mes chevilles.

Je trouve rarement la motivation de préparer le déjeuner avant 14 heures, 15 heures. LEs déjeuners sont rapides : salades, tartes aux légumes, etc. Le soir, grillades sur le barbecue et pommes de terre sous la cendre dont les filles raffolent. Ou ratatouille.

Et je range tant bien que mal ce que sèment les filles. Elles sont… elles m’énervent. Moins qu’à la maison, parce que je suis plus détendue, mais tout de même. Pour me calmer, je pique une tête et me sèche au soleil. Hier, comme une idiote, j’y suis restée trop longtemps sans protection. Et j’ai attrapé un bon coup de soleil. Comme d’habitude, je ne brûle jamais la première semaine, je fais trop attention. Mais après…

La peau de Garance tient, elle, le coup. Le premier jour, elle a fait une allergie à la crème solaire que je lui avais acheté en pharmacie. La Roche Posay, la marque que l’on achète quand on a des problèmes de peau. C’était réussi ! La peau lui brûlait. Je l’ai envoyé se doucher pour faire partir le produit. Depuis elle utilise la Nivea achetée en grande surface avec bonheur. Garance est maintenant beige clair, c’est-à-dire pour elle très bronzée. Lou est noire et Léone dorée.

Parfois, en fin d’après-midi, nous allons à la plage. Il n’y a pas beaucoup de monde. D’ailleurs, quand nous roulons dans la ville,nous voyons un nombre impressionnant d’appartements et de villas à louer. Ce n’est pas la foule des grands jours. Tant mieux. Miami Platje ressemble à Salou d’il y a trente ans, la foule en moins. Salou ne ressemble plus à rien. Avant, il y avait entre cette ville et Cambrils, un adorable petit village de pêcheur, pendant 7 ou 8 kilomètres, une lande sauvage et quelques champs cultivés. Maintenant, ce sont les immeubles que l’on fait pousser et les deux villes se touchent.

Au premier bain en mer Léone était folle de joie. Elle aime l’eau, elle adore la mer. Elle s’amuse des vagues, du sable, des galets qu’elle collectionne et dont elle leste mes valises la chipie. Elle n’est que rire et bonheur.

A suivre

dimanche 30 mai 2010

Trois jours, part 1

C’est peu dire que j’appréhendais ce week-end. Il s’annonçait sur les chapeaux de roue. Il a tenu toutes ses promesses.

J’avais prévu un train qui quittait Tours après la sortie des classes mais qui arrivait à 20 heures à Paris. Vu le programme de la soirée, j’ai finalement choisi de faire manquer l’école aux trois filles et de partir plus tôt. J’ai bien fait. Nous avons garé la voiture près de la gare et nous avons emprunté le teuf teuf qui rallie la gare d’Austerlitz. Deux heures et demi de bagarre entre les deux dernières, ponctuées de presque siestes. Un peu avant 18 heures (avec un bon quart d’heure de retard), nous avons retrouvé mon amie P. qui prenait en charge mes deux harpies. Elle gardait la plus jeune avec elle et déposait la plus grande chez une de ses amies.

Je suis partie avec Lou en direction de son hôtel. Ib** Porte d’Italie, m’avait-on dit par SMS quand je m’étais rendue compte que personne ne nous avait donné l’adresse et que je n’avais pas pensé à la réclamer. Mon organisation laisse à désirer… Arrivées Porte d’Italie, nous n’avons pu que constater que d’Ib** il n’y en avait point. Grâce au kiosquier, nous avons compris que nous devions traverser le périphérique et marcher, beaucoup… et même encore plus. Nous devions longer la voie rapide, ça descendait, ça montait. Les indications qu’on nous donnaient étaient contradictoires. Au bout d’une bonne demi-heure, nous avons fini par arriver devant la réception totalement sur les genoux. J’ai installé Lou dans sa chambre, puis nous sommes descendues dans la salle de restauration pour dîner. Moment calme et agréable. Qui m’a aidé à reprendre des forces. Je m’étais levée tôt, la matinée avait été chargée avec la soutenance des étudiants, puis la course pour avoir le train en temps et en heure…

Vers 19h30, j’ai quitté Lou et suis partie à la recherche du RER B puisque, d’après le réceptionniste, c’était beaucoup plus près que le métro. Plus près est une notion toute relative. Certes, j’ai moins galéré pour trouver la station, mais j’ai dû marcher longtemps, longtemps, bien plus longtemps en tout cas que je ne l’avais prévu. Comme nous étions juste de l’autre côté du périphérique, mes tickets de métro n’étaient pas valable, je devais en acheter un spécial banlieue. Ensuite, RER B jusqu’à gare du nord, changement vers gare de l’Est, puis autre changement vers Crimée. Le trajet fut long et pour passer le temps, je discutais pas SMS avec Lou. Je n’aurais pas dû. J’ai mis la batterie à plat, quand je m’en suis rendue compte, il ne me restait que deux barre et j’avais deux journées entières à assurer avec des emploi du temps chargé et des rendez-vous compliqués.Je n’avais pas assez de stress comme cela, il fallait que je m’en ajoute.

Je suis arrivée en bas de l’immeuble de l’amie qui m’héberge sur les rotules. J’avais déjà laissé mes genoux du côté de la Porte d’Italie. Mais c’est devant l’ascenseur que j’ai vraiment compris que cette fin de semaine serait un long calvaire : il était en panne. Ma copine habite au septième étage.

Avec philosophie je me suis dit qu’il valait mieux que je me prenne tous les ennuis et que Lou en soit exempte. J’ai donc attaqué l’escalade des étages avec ce qu’il faut de pauses pour se dire qu’on n’est plus jeune (voire vieux), qu’on est trop gros (on est foutu on mange trop de toute façon) et qu’on a mal aux genoux (ah non, c’est vrai, je n’en avais déjà plus).

Heureusement, là haut m’attendais mon amie, et un bon lit.

Le lendemain, levée 6 heures. Petit déjeuner avec un thé succulent. Il faisait grand beau temps. Je descends mes sept étages toute guillerette, me dirige vers la banque pour prendre de la monnaie. Et me rends compte que j’ai oublié ma carte bancaire dans mon deuxième sac. Je remonte donc mes sept étages, pour les redescendre aussi sec, prendre les billets, m’engouffrer dans le métro et là… tout allait bien. Ligne direct jusqu’à l Halle Carpentier où se tenaient les épreuves, au hasard, sortir une station plus tôt, j’ai bien fait, la bouche de métro était pile poil à coté de l’entrée du gymnase ou les demoiselles fleurettistes officiaient.

J’ai retrouvé Lou tout de suite dans la foule. Elle faisait un peu la tête. Elle et ses amies avaient mis un temps fou à déposer leurs sacs dans la salle prévue à cet effet, elles devaient commencer les poules sans avoir pu s’échauffer. Ça n’a pas loupé. Au premier match, elle s’est pris 5-1 (les assauts en poule se font en cinq touches). Heureusement, elle s’est reprise et a gagné tous les autres, y compris contre celle qui était mieux classée qu’elle. Ce qui lui a permis de sortir des poules à la 18e places, ce qui était son classement avant la compétition.

A la pause pipi, je retrouve une copine de longue date. Nous faisions de l’équitation ensemble. Nous étions enceinte de nos aînés ensemble. Puis elle a suivi son mari en province et nous nous sommes perdues de vue. Son fils, deux mois de moins que Lou, faisait la compétition à l’épée.

Puis les tableaux ont commencé. Les assauts les plus difficiles de ma vie. Imaginez, une salle en effervescence avec  partout des jeunes qui laissent éclater leur victoire ou qui explosent en larmes. Ma fille sur la piste, face à des adversaires de plus en plus coriace. Et moi, en bout de piste, à la soutenir comme je peux, tendue comme une arbalète, allant jusqu’à prier je ne sais qui pour qu’elle passe un tour et encore un autre, et un autre. Elle en a passé trois, avec des matchs denses, serrés qu’elle n’a jamais lâché. Au quatrième, elle est tombée contre une tireuse qu’elle connaissait du temps qu’elle était encore à Paris et qu’elle craint. La championne de Paris. Et elle a baissé la garde. Je pense qu’elle avait les moyens de la battre. Mais c’est psychologiquement que l’autre était plus forte. Cela fait partie de la compétition. Lou a donc perdu. Il était un peu plus de 15 heures. La tension peu à peu a commencé à refluer. Et nous étions tous très contents : le maître d’armes de Lou, ses amies. Lou un peu moins. Elle ne se rendait pas vraiment compte en fait. Elle aurait voulu aller plus loin. Et moi aussi sans doute, mais j’y croyais plus qu’elle.

Elle est partie se changer. J’ai retrouvé avec plaisir son ancien maître d’armes avec qui j’ai papoté quelques minutes. Et c’est là que j’ai appris la nouvelle. Les vingt premiers étaient sélectionnés pour faire un stage d’une semaine, l’été prochain, à Vichy, stage évidemment très important avec comme perspective la détection de la future élite. Elle était arrivée à se qualifier ! J’ai déchanté quand on m’a appris la date : début, aout, pendant notre voyage au Maroc. J’ai acheté les billets la semaine dernière. Je n’ai pas pris d’assurance annulation. Entendons-nous bien. Je n’ai aucune intention d’annuler mon voyage là bas, ni celui de Léone et Garance. Mais il va bien falloir le faire pour Lou. Car du 2 au 8 août, c’est à Vichy qu’elle ira…

Du coup, je me suis assise. Le ciel s’éclaircissait à peine qu’un autre nuage s’annonçait (c’est une métaphore, dehors il faisait un temps de chien). Bien sûr, ce n’est pas une tuile. Mais il va me falloir développer tous les talents de logisticiennes qui sont les miens pour trouver une solution. C’est quelque chose que j’aurais dû ajouter dans mon dossier VAE. Ingénieure en logistique. Lou d’ajouter, perfide : « Mais maman, je te l’avais dit. » Mais ma chérie, sans doute, mais pas assez fort, pas de la bonne façon. » Je n’imaginais même pas que les stages dont elle me parlait avait cette fonction là…

Autour de ma perplexité, l’agitation était à son comble. Tout le monde est venu s’installer autour de moi. C’était gentil de venir me soutenir dans ce moment d’intense réflexion. Mais je me suis hélas rendue compte que j’étais près de la piste d’honneur, celle où devient avoir lieu les finales. Et que le spectacle promis était bien plus attirant que mes réflexions. Je me suis fait une raison. Et j’ai assisté à six assauts très intéressants. J’ai été impressionnée par le sabre, c’est puissant, rapide, étonnant. J’ai été saisie par la championne d’épée qui avait un air méchant, je ne lui aurais pas adressé la parole de peur qu’elle me morde. J’ai une fois de plus constater que mes critères de beauté masculine n’avaient rien à voir avec ceux de Lou quand elle m’a dit que le malheureux finaliste à l’épée homme était beau. Et j’ai hué avec les autres l’arbitre de la finale fleuret dames qui a volet au moins six touches à celle qui, du coup, a fini par perdre. A ce niveau-là, pour une finale, c’est inadmissible !

Et puis la journée a été finie. Je ne suis pas restée pour les remises de récompense. Je suis remonté vers mon 18e natal pour rejoindre une fête. J’avais plutôt envie d’une bonne douche et d’un lit, mais cela faisait longtemps que je n’avais pas vu tous mes amis. J’ai passé l soirée à discuter avec les uns, et les autres. Et à leur dire que, oui, à Tours, la vie était agréable et douce, mais que les amis me manquaient. Car ce n’est pas vraiment ici que je vais m’en faire.on m’a parlé de mon boulot. un ami qui veut créer des connexions. un autre des lauréats de notre école. C’est que nous avons fait fort cette année. Outre les gagnants de deux bourses majeures en radio, la Bourse Lauga d’Europe 1 et la bourse Dumas, de RTL, deux de nos étudiants sont lauréat, en télé, de la bourse Jean-Darcy, l’un en JRI, l’autre en journaliste-reporter. Et on n’est pas peu fier. A la clé de ces bourses, des CDD entre trois mois et un an dans les médias organisateurs. Bref, nous avons parlé parlé parlé (bu aussi, il faut dire). Et nous nous sommes caillés. Je n’avais pas prévu une aussi forte baisse dé régime du temps. Et je n’étais donc pas habillée en conséquence. J’ai bien cru que j’allais attraper mille mort. J’ai choppé un pull qui m’a bien aidé, c’est déjà ça. Mais ce mois de novembre fin mai commence à me lasser.

A 2 heures du matin, sous une pluie battante, on m’a déposé devant l’immeuble où je dors, et jai grimpé mes 7 étages. Pour m’écrouler sur le lit et m’endormir pour une bonne nuit de sommeil voire même une grasse matinée…

mardi 25 mai 2010

Rencontre

J’avais donné rendez-vous à Valérie dans un bar chic de la rue des Abbesses. Elle apprécie  cet endroit au confort bourgeois revendiqué et qui se situe pas très loin de son bureau. Avantage non négligeable quand on sait que Valérie travaille comme une damnée et est, du coup, régulièrement en retard à ses rendez-vous. Y compris avec moi. Mais je suis philosophe.

D’ailleurs, elle venait de m’appeler pour me dire qu’elle ne pourrait me rejoindre avant une bonne demi-heure, à cause de Jean-Denis qui avait oublié de mettre les visuels pour la prochaine campagne dans les bonnes chemises et elle devait tout vérifier pour le lendemain.
– Cela ne t’embête pas chéri, m’avait-elle sussuré à l’oreille.
– Non, mon amour, absolument pas. Mais ne tarde pas trop tout de même…

Elle eut un rire de gorge qui me promit qu’elle saurait se faire pardonner. Je raccrochais, restait un instant songeur avant de commander un picpoul de pinay. J’aime assez ce petit blanc sec et frais quand il fait chaud et un peu lourd, comme ce jour-là. J’allais sortir un livre quand mon regard tomba sur une femme assise quasi en face de moi. Elle avait une cinquantaine d’année, peut-être un peu moins. Rousse, un peu ronde, elle tournait lentement le doigt autour de son verre, l’air ailleurs. Puis elle redressa la tête, sourit avec ravissement, se leva et fit mine de serrer la main de quelqu’un. Il n’y avait pourtant personne. Elle se rassit et commença son monologue d’une voix joyeuse.

– Bonjour, vous êtes Frédéric, n’est-ce pas ? Vous ressemblez beaucoup à votre photo.
– Agréablement j’espère.
– Plus jeune, vraiment ?…
– Sans doute…, vous savez,  j’ai tellement peur de ne pas plaire que je donne en fait une photo de maman dans la soixantaine. il parait que nous nous ressemblons beaucoup. Si les hommes veulent malgré tout me rencontrer, j’espère leur faire une agréable surprise. Dix ans de moins, c’est un beau cadeau du temps.

Entre chacune de ses phrases, elle laissait un blanc, semblait écouter une réponse avec attention et repartait de plus belle. Toujours attentive à l’autre, qui n’existait pas, toujours souriante. Soudain, elle éclata d’un rire gai et léger, qui cascadait, sans même se rendre compte qu’en dehors de son interlocuteur invisible, tout le monde la regardait.

– Mon Dieu, quel taquin vous faites, affirma-t-elle en reprenant son souffle. Elle replaça une mèche qui lui tombait dans l’œil, lissa ses cheveux d’une main distraite, toujours absorbée par la conversation de l’autre, qu’elle relançait de temps à autre par des petits mots : ha oui ?… Mon Dieu !… Je ne vous crois pas… D’accord… je comprends… et alors ?…

Au bout d’un quart d’heure de ce manège, elle finit par dire
– Dîner ? Oui, bonne idée, je meurs de faim. Vous connaissez un restaurant dans le quartier ? … Sinon, il y a une petite brasserie juste à côté, on y mange très bien et pour des prix tout à fait convenables… Très bien, faisons ainsi.

Elle se leva alors, défroissant sa jupe du plat de la main et se retournant pour attraper son manteau. Puis elle regarda sa montre et se rassit. Elle ouvrit son sac, en sortit un poudrier et un rouge à lèvres, retoucha son maquillage. Puis elle rangea le tout et murmura : « Ça devrait aller. »

A ce moment, un homme grand et élégant se présenta à elle. Elle sourit avec ravissement, se leva et lui serra la main. Elle se rassit et entama la conversation d’une voix joyeuse.

– Vous êtes Frédéric, n’est-ce pas ? Vous ressemblez beaucoup à votre photo.
– Et vous Mathilde, vous ne lui ressemblez pas vraiment… Je suis surpris…
– Agréablement j’espère.
– Vous êtes tellement plus jeune que sur votre phot…
– Plus jeune, vraiment ?…
– Ne vous méprenez pas, ce n’est pas une critique, bien au contraire.
– Sans doute…, vous savez, j’ai tellement peur de ne pas plaire que je donne en fait une photo de maman dans la soixantaine. Si les hommes veulent malgré tout me rencontrer, j’espère leur faire une agréable surprise. Dix ans de moins, c’est un beau cadeau du temps.

Elle enchaînait les phrases les unes après les autres exactement telles qu’elle les avait répétées, je le comprenais maintenant. Mais comment avait-elle su ? Comment avait-elle pu anticiper ainsi ? Par quelle miracle ? J’en était estomaqué.

Au bout d’un quart d’heure, elle se leva avec son compagnon, lissa sa jupe du plat de la main et se retourna pour prendre son manteau. Puis elle sortit, ne laissant derrière elle que son verre de martini vide, une rondelle d’orange et des noyaux d’olive sur une coupelle…

Ceci est ma participation au Diptyque 5.3, l’histoire de la photo de Bladsurb

lundi 10 mai 2010

Un tropisme particulier pour l'écrit

Je suis en train d’étudier les dossiers de candidatures pour l’Année que je dirige à l’Ecole publique de journalisme de Tours, nouvelle appellation de IUT de Tours département Infocom. Nous sommes une des douze écoles reconnues par la profession, et il y en a encore qui pensent que nous ne sommes qu’un cursus de préparation aux dites écoles. Pas encore journalistes et déjà bien informés…

Bref, je lis donc des pages de résultats scolaires, des pages d’articles publiés en tant que correspondant de presse ou pigistes irréguliers et maladroits. Et des lettres de motivation en veux-tu en voilà. Certaines sont vraiment bien tournées. J’aurais sans doute pu y lire ceci :

J’ai toujours eu un tropisme particulier pour l’écrit, et cela depuis tout petit. Si tout est bon dans le cochon, toutes les occasions sont également bonnes pour lire, ainsi que tous les supports. Bande-dessinées, romans, journaux. J’ai pris l’habitude de lire le journal quotidiennement bien avant mes dix-huit ans. Étudiant à la faculté, Je bénéficiait des distributions gratuites du figaro tous les matin avant de me rendre en cours. J’avais déjà acheté Libération en sortant de chez moi et rachetait le Monde en quittant l’université. On appelle cela une addiction à l’information. Le soir, après avoir passé des heures à lire mes bouquins de cours, je me replongeais dans des textes bien plus distrayants avant de m’endormir, le nez entre deux pages.

Mais le texte n’est pas celui d’un candidat. Il est de Chondre. Et ceci est ma participation au Diptyque 5.1, l’illustration du texte.

vendredi 16 octobre 2009

La vierge des tueurs 2

La suite de là…

Au milieu de la nuit, je me réveille en sursaut. Une main fraîche et fine se pose sur ma bouche pour m’empêcher de crier.

– Chut, c’est moi, Dolores. Calmez-vous, et poussez-vous un peu pour me faire une petite place.
– Mais qu’est-ce que vous faites ?
– Je vous viole, vous ne vous en rendez pas compte ? Allez, soyez gentils, coopérez.
– Je ne sais pas si…
– Alleeeez ! Ne faites pas votre prude. Vous croyez que je n’ai pas remarqué comment vous me reluquiez pendant que nous discutions ? Je n’arrive pas à dormir. Vous êtes mignon, assez bien fait de votre personne et d’après ce que je sens, plutôt bien monté. Je ne suis pas laide non plus et, par contre, je suis chaude comme la braise. Entre personnes consentantes, on peut s’amuser un peu.

Avec de tels arguments, il est difficile de résister. Surtout qu’elle a des mains extrêmement actives. Une dernière réticence.
– Mais, il y a des enfants !
– Ils sont descendus avec leur mère à Brive. Il nous reste assez de temps pour nous amuser.
– Mais… Dolores…
– Appelle-moi Lol, fait-elle en m’embrassant furieusement.

Je rends les armes, si on peut dire. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’amour sur une couchette de train. Ce n’est guère confortable pour dormir. Ça ne l’est pas plus pour la gaudriolle. Mais Lol est d’une souplesse rare. Et je ne suis pas manchot. Nous n’en sommes qu’aux préliminaires qu’elle feule déjà. Le ravissement de Lol V. Stein est plutôt bruyant et décuple mes ardeurs. Elle se met en tête de me grimper dessus, vu l’étroitesse des lieux, c’est plutôt risqué. Nous manquons de tomber plusieurs fois. Nous aurions dû descendre carrément par-terre, ou monter dans les couchettes supérieures, nous aurions eu plus de place. Mais franchement, je me ferai couper en morceau plutôt que d’interrompre ce qu’elle est en train de me faire là, maintenant, tout de suite. Je suis au bord de l’apoplexie, ou de l’extase, enfin, j’en sais rien, quand elle se redresse pour m’embrasser avec toujours autant de sauvagerie. Je n’en peux plus. Je saisis ses hanche pour les faire descendre, pouvoir l’empaler, elle lève son bras comme pour me frapper. Et là, tout dérape. La porte du compartiment explose, des individus se saisissent de Lol qui hurle. Un long hurlement de louve qui me glace le sang. Je reçois en pleine face la lumière d’une torche qui m’aveugle. Je reste ahuri, à moitié à poil devant des gens que je ne vois même pas et dont je ne connais pas les intentions. Je mets un temps à reprendre mes esprits. Je commence à beugler

– Lol ! Lol ! Espèces de salopards, qu’est-ce que vous lui avez fait ?
– Calmez vous Monsieur, me dit une voix. Et couvrez-vous. Nous n’avons pas besoin d’admirer plus longtemps votre artillerie.
– Mais putain, qu’est-ce qui se passe ici ? Et pourquoi vous m’aveuglez, je vois rien. Qui êtes -vous ?
L’homme baisse sa lampe. Mes yeux mettent quelques minutes à s’accoutumer. Le compartiment est littéralement envahi par quatre mastodontes en uniformes.
– Nous sommes de la gendarmerie, et nous venons de vous sauvez la vie.
– La vie ? Vous vous foutez de ma gueule. Je n’était pas en danger. Où est Lol ?
Celui qui semble être le  gradé s’assied sur la couchette, en face de moi, il doit courber la tête ce qui le rend légèrement ridicule. Je ne le suis pas moins. Je remets de l’ordre dans ma tenue. Puis je tente de faire bonne figure. Mais je ne comprends toujours pas ce qui se passe. Calmement, tranquillement, comme si j’étais un enfant, le gradé m’explique que Dolores V. Stein n’est pas le nom de ma madone des sleeping.
J’éclate d’un rire nerveuxe : merde, Lol V. Stein, ça puait le pseudo à plein nez. Comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte ? La ficelle était un peu grosse.
– Qui est-elle ?
– Anna Morice, 25 ans, serial killeuse que nous recherchons depuis trois ans. Elle a déjà occis une dizaine de types, tous dans des wagons de nuit. Nous avons réussi à mettre un nom sur ces meurtres à cause de son mode opératoire et de son passé. Quand elle était gamine, sa mère s’est fait violée et assassinée devant elle, dans un compartiment. Elle a été élevée par son père. Quand celui-ci s’est tué dans un accident de voiture, elle a commencé à occire des individus de votre genre dans le train. Nous pensons que l’assassin de sa mère devait avoir le même profil. Heureusement pour vous, elle s’est fait repérer. Elle vous suivait dans la gare. Nous avons installé avec vous un agent de surveillance – la mère de famille – et quand nous avons été sûr qu’il s’agissait bien d’elle, nous avons attendu le flagrant délit.
– Mais nous étions juste en train de…
– Vous savez comment nous l’avons surnommée ? La vierge des tueurs. Elle égorge ses amants au moment où ils vont la pénétrer. Quand nous sommes intervenus, elle avait ce couteau dans les mains. Une seconde plus tard, vous étiez mort.

J’avale difficilement ma salive. La garce ! 
– Quand je pense qu’elle m’a dit qu’elle traquait les serial killers.
– Elle vous a dit ça ? Vous auriez dû vous méfier. Parce qu’en fait, c’est vrai. Tous les hommes qu’elle a tué, jusqu’à présent, étaient des criminels, des violeurs, des assassins, des pédophiles que nous n’avions pas réussi à coincer.
Je relevais la tête pour fixer mon interlocuteur. Qui poursuit tranquillement.
– D’ailleurs, quand nous l’avons repérée, ce n’était pas après elle que nous en avions. Mais après vous. Alors, si on parlait de vous, M. Rosselló ?


C’est ma deuxième participation pour le jeu des 5 titres. J’ai utilisé les propositions d’Alixire, une de mes sisters. Et qu’Anna Morice me pardonne l’emprunt de ce nom… Toute coïncidence avec des personnages existants ou ayant existé serait fortuite et involontaire.

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